ETHNOBOTANIQUE

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Archive pour Afrique

L’histoire agraire de la savane ouest-africaine à l’époque pré-coloniale

Appel à articles, revue Etudes Rurales, septembre 2017

Études Rurales, revue coéditée depuis 1961 par l’EHESS, le Collège de France et le CNRS, propose la publication d’un dossier thématique sur l’histoire agraire de la savane ouest-africaine à l’époque précoloniale.

Pendant cette période, du XIe au XIXe siècle, la vie d’une écrasante majorité de femmes et d’hommes était basée sur les activités agricoles. Mais ce secteur économique n’a jamais vraiment fait l’objet d’une monographie historique. Il est inclus, souvent de façon allusive, dans des synthèses d’histoire générale comme celles de Nehemia Levtzion, de John Illiffe et de Catherine Coquery-Vidrovitch ou dans les quelques rares œuvres d’histoire économique (Raymond Mauny, Claude Meillassoux, Antony Hopkins, Ralph Austen). Ces dernières se concentrent la plupart du temps sur le commerce et les questions liées à l’esclavage. Récemment la recherche en histoire économique de l’Afrique a repris une certaine vigueur, mais elle est dominée par les économistes qui partent de modèles préconçus qu’ils testent à partir de donnés sélectionnées et qui traitent le « matériau » historique d’une manière différente de celle des historiens. Par conséquent, nos connaissances des pratiques agricoles sont restées limitées.

Les articles aborderont l’intérieur de la région, les espaces de la savane et du Sahel. Les propositions d’articles traitant des pays côtiers, qui présentent des traits particuliers, ne seront pas retenues. Les contributions attendues doivent analyser des thématiques agricoles et pastorales, dont :

  • les systèmes agraires, leurs technologies et leurs dynamiques ;
  • l’organisation sociale du processus de production agricole : la main d’œuvre, le statut des producteurs, la répartition des tâches par genre ;
  • les produits et leur emploi : la consommation, le marché ;
  • les règlements d’accès aux ressources naturelles ;
  • l’influence des facteurs écologiques.

Les contributions qui utilisent des sources inédites et qui présentent une approche méthodologique innovante sont particulièrement encouragées. Les articles proposés, rédigés en français ou en anglais et conformément aux instructions aux auteurs sont à adresser par courriel à etudes.rurales(at)ehess.fr, le 30 septembre 2017 au plus tard.

Les produits du palmier à huile

Article de Georges Guille-Escuret  et de Claude Marcel Hladik paru dans  C.M. HLADIK, S. BAHUCHET et I. de GARINE (Eds.) « Se nourrir en forêt équatoriale : Anthropologie alimentaire des populations des régions forestières humides d’Afrique », Unesco, Paris : 55-57, 1989

Les deux techniques d’utilisation des palmiers à huile sont socialement contradictoires. La première renforce les liens lignagés et matrimoniaux, à travers une consommation familiale organisée : il existe, en effet, une liaison explicite entre la qualité gustative du vin et la qualité personnelle du producteur, ainsi qu’une relation entre la quantité régulièrement offerte et la force ainsi que la fidélité du prestataire. La seconde va à l’encontre des solidarités traditionnelles, favorisant un mode de répartition et de consommation indépendant des rapports de parenté. Le degré de signification qu’une boisson est amenée à véhiculer dans un contexte culturel donné, varie considérablement, en fait, d’une population à l’autre.

Article intégralement accessible en version PDF (952.58 ko) sur HAL-SHS.

La diffusion du maïs sur les Côtes de l’Or et des Esclaves aux 17° et 18° siècles.

Article de Dominique Juhé-Beaulaton, Revue Française d’Histoire d’Outre-Mer (1990), n° 198, p. 177-193

L’étude de la diffusion du maïs a pour préalable l’examen des problèmes posés par l’identification des céréales décrites par les voyageurs des 17e et 18e siècles, auteurs de récits constituant les sources consultées. Celles-ci permettent d’établir une cartographie de la diffusion du maïs qui met en valeur les différences régionales et de dégager les facteurs déterminants de cette rapide diffusion, qui sont à la fois agronomiques, écologiques et humains.

Lire l’intégralité de l’article en version PDF (837.4 Kb) sur HAL-SHS.

De l’Orient à l’Occident, une plante hallucinogène‎ : le Khat

Thèse d’exercice de pharmacie de Nicolas Zakar, Grenoble, 17/01/2013, Serge Krivobok (Dir.), 90 p.

Le khat (Catha edulis Forsk.), de la famille des Célastracées, est une plante endémique de l’est de l’Afrique et du Yémen. Traditionnellement consommées lors de longues séances de mastication, ses feuilles sont utilisées pour leurs propriétés euphorisantes et stimulantes. La cathinone, principal alcaloïde du khat responsable de ces effets, conduit à divers effets indésirables de trois types : à court terme (insomnie, léthargie, dépression), à moyen et long terme (hypertension artérielle, diabète, affections buccales, cancers, etc.). Le lien direct entre khat et maladie grave n’est pas systématiquement mis en évidence, mais n’est cependant pas à exclure. L’utilisation de cette plante comme anorexigène ou contre le sevrage tabagique est aujourd’hui désuète. Néanmoins, on s’intéresse de près aux propriétés cytotoxiques des alcaloïdes de cette plante pour développer de nouvelles thérapeutiques contre le cancer. Les drogues de synthèse issues du khat se sont fortement développées dans les pays occidentaux au cours de ces dernières années. Ainsi, la méphédrone prend une place grandissante auprès des jeunes du fait de la diminution de la qualité des autres drogues et de son prix attractif. Il est aussi à signaler que la consommation de Khat a des répercussions sociales, en particulier sur la vie de famille, et sur le plan économique. Concernant la législation vis à vis de cette plante hallucinogène, elle n’est pas uniforme de par le monde ; en France, le khat a été inscrit sur la liste des stupéfiants en 1957.

Thèse intégralement accessible en version PDF (3,6 Mb) sur Dumas.

Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone

Article de Jean-François Desessard, Bulletins Electroniques, 19/04/2012

De l’histoire de l’Afrique, a fortiori de celle de l’agriculture de ce continent, qu’en sait aujourd’hui le citoyen français moyen ? Fort peu le plus souvent, en raison d’une éducation restée trop eurocentriste. Difficile dans ces conditions de s’imaginer que « ceux d’en bas », vivant au sud du Sahara, qui plus est des paysans, aient pu faire preuve d’une extraordinaire créativité durant durant des siècles, notamment en matière d’agriculture. Or le « voyage », d’une durée de 10.000 années auquel nous invite l’agronome français René Tourte, nous conduit à voir l’Afrique autrement, sans a priori, tel qu’elle est et a été. Dans cette monumentale Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone que la FAO vient de faire paraître sur son site Internet, soit six volumes et quelque 3.000 pages fruit d’une quinzaine d’année de travail de l’agronome René Tourte, celui-ci nous fait découvrir en effet une Afrique créative et innovante qui ne semble pas avoir attendu que des puissances étrangères l’invitent à entrer dans l’histoire pour s’y installer.

En cela, le travail colossal de cet agronome qui a passé près d’une trentaine d’années sur le terrain, en Afrique tropicale, à partager la vie des chercheurs, des acteurs du développement, de certains hauts responsables politiques mais aussi des paysans au milieu desquels il a vécu, bouscule pas mal d’idées reçues sur ce continent et invite ses populations à regarder avec fierté ce passé car « il est plein de brillants futurs » comme l’affirme René Tourte dans sa postface. « J’ai découvert que ces gens humbles dont on ne parle quasiment jamais détiennent un savoir immense en matière d’agriculture. Aussi me suis-je posé la question de savoir ce qu’il en était de ces connaissances avant l’arrivée des Européens, et plus particulièrement des Français, en Afrique tropicale », résume-t-il avant d’ajouter : « Je pense que l’agriculture est la richesse principale de l’Afrique, tout simplement parce qu’elle intéresse les Africains, non seulement les producteurs, mais également tous les acteurs de la chaîne en amont et en aval ».

Nota Bene : la FAO vient de proposer à l’auteur de produire une version CD-ROM des six volumes de l’ouvrage à l’attention des lecteurs éventuels ne disposant pas de l’accès Internet.

L’alimentation en forêt tropicale : interactions bioculturelles et perspectives de développement Volume I Les ressources alimentaires: production et consommation

Ouvrage de Claude Marcel Hladik, Annette Hladik, Hélène Pagezy, Olga F. Linares, G.J.A. Koppert, Alain Froment paru en 1996

Nous présentons un ensemble de connaissances sur les ressources alimentaires des forêts tropicales et leurs utilisations, sous la forme d’un ouvrage en deux volumes qui constitue un prolongement de celui que nous avons publié en anglais dans la série UNESCO-MAB(I). Beaucoup plus qu’une simple traduction des chapitres revus et mis à jour de ce premier ouvrage en anglais, nous avons voulu apporter des éléments récents originaux, constituant 12 nouveaux chapitres; et la révision des textes des auteurs francophones et anglophones a souvent abouti à une version entièrement nouvelle. Faisant ainsi le point sur les connaissances relatives aux stratégies alimentaires et aux adaptations des populations des régions tropicales – adaptations de nature biologique et culturelle -, nous espérons, en mettant ces données à la disposition des responsables des projets de développement, contribuer à une gestion durable et équitable des ressources dans le respect des communautés locales.

Accessible intégralement en version PDF (9,1 Mb) sur HAL-SHS.

Se nourrir en forêt équatoriale : Anthropologie alimentaire des populations des régions forestières humides d’Afrique

HLADIK C.M., BAHUCHET S. et GARINE I. de , « Se nourrir en forêt équatoriale : Anthropologie alimentaire des populations des régions forestières humides d’Afrique », Unesco, Paris, 1989, 51 p.

Nous proposons au lecteur un ensemble de documents recueillis par les membres de l’équipe de recherche du C. N. R. S. « Anthropologie Alimentaire différentielle », dans des populations dont la localisation permetde suivre cette diversité à travers le vaste bloc forestier africain. Cet ouvrage qui ne saurait prétendre à l’exhaustivité fait suite à l’exposition que nous avons présentée à Paris (Maison des Sciences de l’ Homme). Nous avons cherché à en conserver le caractère visuel et l’efficacité documentaire. Afin d’en augmenter l’impact, nous avons indiqué quelques références et présentons, à côté de résultats déjà publiés, des données comparatives encore en cours d’analyse mais dont l’intérêt nous paraît justifier cette première synthèse sur l’alimentation des populations forestières d’Afrique.

Accessible intégralement en version PDF (10,9 Mb) sur HAL-SHS.