ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Garden plants dynamics at urban fallow land interfaces : influence of local versus landscape factors

Article (en anglais) de Audrey Marco, Sébastien Oliveau, Nicolas Pech, Thierry Dutoit, Valérie Bertaudiere-Montes paru dans Salzburger Geographische Arbeiten, 2008, pp.25-41

Rural areas have been subjected to a strong pressure of urbanization which reorganizes landscape mosaics in creating new ecological interfaces: garden/fallow land. These latter are the place of specific floristic dynamics through the movement of cultivated plants from garden to neighboring habitat. In order to understand these ecological processes, the pool of cultivated plants was firstly characterized in Mediterranean gardens. Then, the escaped garden plants and the factors explaining their presence in post-cultural fallow lands were identified with a spatial analysis of two hierarchical levels: the local structure of fallow lands is related to a well adapted pool of escaped garden plants to the Mediterranean climatic and edaphic constraints. The species richness of escaped garden plants in fallow lands was also mainly associated with four landscape variables (41%) corresponding to the proximity and the density of gardens and the openness of landscape around the fallow lands. The dispersal process occurs mainly over short distance. Three local factors related to vegetation structure and topo-edaphism conditions explain 4,8% of total variation. The set of these results highlight that in urbanized landscapes garden plants dynamics are more determined by the composition of landscape through the organization of introduction sites than ecological conditions within establishment sites.

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Arbres en otages : L’utilisation à Lyon de l’image de l’arbre en ville par le politique

Article de Inès Méliani et Paul Arnould paru dans François Lormant, Charles Dereix, Christine Farcy (dir.). « Forêt et communication : héritages, représentations et défis », L’Harmattan, 2016

Depuis les années 1990 à Lyon, le choix d’une politique de réhabilitation de l’image de l’arbre en milieu urbain a été soutenu par une communication territoriale assidue autour des concepts d’ « écologie urbaine » et de « nature en ville ». Les responsables de la communication institutionnelle du Grand Lyon ont peu à peu introduit dans leurs écrits les questions relatives à la présence de l’arbre en ville – l’arbre et plus généralement le tissu forestier y étant envisagés à la fois en tant que composantes fondatrices du paysage urbain mais aussi comme éléments structurants dans sa complexité. L’émergence et la fabrication d’un récit autour de l’image de l’arbre en ville repose sur sa valorisation procédant d’une stratégie conduisant à remporter l’adhésion des habitants et à la reconnaissance de l’arbre en tant qu’objet patrimonial. Mais pas seulement. Ce travail a aussi l’ambition de montrer qu’il existe une interdépendance entre la volonté de modeler l’identité du territoire et des motivations locales d’ordre essentiellement économiques : en jouant sur les concepts d’identité territoriale grâce à la présence d’objets de nature en ville, l’arbre en chef de file, le support d’une promotion territoriale pour la métropole lyonnaise est alors tout trouvé.

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Peindre l’arbre au Moyen Âge. Les herbiers enluminés de la Bibliothèque nationale de France.

Billet de Alice Laforêt paru sur le Carnet L’histoire à la BnF, 10.05.2017

« Du poirier familier au mythique arbre à baume, en passant par l’exotique grenadier ou le figuier fertile, de nombreuses essences d’arbres peuplent les pages des herbiers médiévaux. Mais qu’est-ce qu’un arbre dans le savoir médiéval ? Comment définir cette catégorie du monde végétal, et quelles sont les plantes qui y appartiennent ? Ces questions, auxquelles les botanistes actuels n’ont toujours pas donné de réponse définitive, taraudent déjà les naturalistes médiévaux. Les longues listes de plantes dressées dans les ouvrages scientifiques sont structurées selon des logiques internes qui reposent sur l’emploi de la nomenclature. Le monde végétal est scindé en deux grandes catégories que sont les arbres (arbor) d’une part et les herbes (herba) de l’autre. À cette distinction fondamentale s’ajoutent les arbustes (arbustum), arbrisseaux (frutex) et autres buissons. Déterminer ce qui relève de telle ou telle catégorie constitue néanmoins un enjeu de taille… »

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Musées et Jardins

Séminaire de muséologie, IRI (Centre Pompidou) Paris, France, 16 mai 2017, 17h30-20h

Malgré des différences marquées, musées et jardins entretiennent des liens étroits. Ces deux lieux sont ceux que le promeneur et le visiteur peuvent idéalement arpenter à leur propre rythme, espaces d’une temporalité différenciée du negotium quotidien, constituant des alcôves esthétiques et sensorielles qui ménagent les conditions d’une attention propice à la contemplation et, parfois, à la méditation. Deux lieux de savoir et de plaisir dont les éléments reflètent, de par leur histoires, différentes conceptions du monde. En effet, le jardin comme l’exposition sont des microcosmes qui renvoient à des cosmologies, à des univers symboliques, sensoriels et poétiques, qui servent de guides pour un certain usage du monde. Dans cette séance, au travers d’un questionnement avec Gilles Clément, jardiniste, et Coline Zellal, Commissaire de l’exposition « Jardins », il s’agira d’approcher les jardins à la lumière de la pratique et de la théorie du jardiniste autant que du point de vue de la muséographie et de la muséologie. 

Intervenants : 

– Coline ZELLAL : Conservatrice du patrimoine au Musée national Picasso-Paris, Commissaire de l’exposition « Jardins » aux côtés de Laurent le Bon (Musée Picasso) et de Marc Jeanson (MNHN)

– Gilles CLÉMENT : jardinier, paysagiste, entomologue, botaniste, biologiste et écrivain. Auteur notamment de « Le jardin en mouvement » ainsi que concepteur de nombreux jardins, parmi lesquels, celui du Musée du Quai Branly. 

 

 

Du fouillis végétal à l’espace gazonné : structure et typologie des jardins réunionnais de la Ravine des Cabris

Article de Dominique Soulance, Daniel Bley, Maryse Gaimard, Nicole Vernazza-Licht paru dans Menozzi Marie Jo, et al. (eds). « Les jardins dans la ville entre nature et culture », Presses Universitaires de Rennes & Société d’Ecologie Humaine, pp.317-339, 2014, Collection « Espaces et territoires »

S’intéresser aux jardins de l’île de la Réunion ne procède pas uniquement d’un attrait naturaliste ou esthétique car les jardins sont aussi des espaces de vie qui ont été au centre des préoccupations lors de l’épidémie de chikungunya qui a sévit sur l’île de 2005 à 2006. Les politiques de prévention ont mis l’accent sur le risque que constituait le jardin et il a été rapidement demandé à la population de devenir acteur en agissant sur son environnement et en éliminant les sources potentielles de gîtes. Dans le cadre d’un projet de recherches ANR SEST (2006-2009) « Anthropo-MTV » sur la gestion de l’épidémie de chikungunya les auteurs ont mené une enquête sur les jardins de la Ravine des Cabris à La Réunion (415 ménages ont été enquêtés et les jardins ont fait l’objet d’une observation minutieuse et détaillée à partir d’un questionnaire). 11 jardins représentatifs de la Ravine des Cabris, parmi les 415 jardins visités, ont été plus particulièrement étudiés : cartographie de chaque parcelle (habitation, espèces cultivées, plantées, points d’eau) et inventaire complet des espèces présentes. Une typologie propre à la Ravine des Cabris a été dressée : du simple fouillis végétal au jardin-pelouse facile d’entretien en passant par le fouillis bien coloré et organisé ou encore par le jardin bien structuré, utile et géré de manière écologique. Les auteurs concluent que le jardin est une dimension importante de la vie des Réunionnais de par le nombre et la diversité des espèces végétales plantées, le temps consacré à l’entretien, les multiples usages, l’investissement affectif et la fierté du résultat. Les habitants des maisons traditionnelles comme ceux des maisons plus modernes considèrent que le jardin est indispensable à leur qualité de vie : les uns soulignent la dimension esthétique, les autres la dimension ludique. La kour reste toute l’année colorée et attrayante du fait de l’abondance des espèces et de la floraison perpétuelle : les nouvelles fleurs masquent celles qui se fanent. Même si l’étude met en évidence des types de jardins très différents, chaque jardin garde cependant son originalité. À la Ravine des Cabris, il y a une grande hétérogénéité des habitats et des jardins : dans une même rue, le jardin de la petite case créole peut avoisiner une grande maison clôturée. Cette passion des Réunionnais pour leur jardin explique également leur faible adhésion aux mesures de lutte anti-vectorielle lors de l’épidémie de chikungunya. Les auteurs font toutefois le constat que 18 mois après l’épidémie, une grande partie de la population avait suivi les conseils de prévention pour éliminer les gîtes larvaires en enlevant les soucoupes sous les pots de fleurs, en nettoyant l’arrière de leur maison et en couvrant leurs réservoirs d’eau pluviale.

Article intégralement accessible en version PDF (5.94 Mo) sur Hal-Shs.

Vulnérabilités environnementales : perspectives historiques

Revue VertigO, vol. 16 n°3, décembre 2016

Sous la direction de Charles-François Mathis (Université Bordeaux Montaigne, France), Stéphane Frioux (Université Lumière Lyon 2, France ), Michèle Dagenais (Université de Montréal, Canada) et François Walter (Université de Genève, Suisse)

L’explication des vulnérabilités réside dans une combinaison de facteurs liés aux conditions naturelles, aux aménagements et au contexte social : le regard des sciences humaines est dès lors indispensable pour mieux les comprendre. La géographie,la sociologie,par exemple, se sont emparées de cette notion, mais l’histoire beaucoup moins, ou alors à propos d’autres problématiques. C’est l’objectif de ce numéro consacré à l’histoire environnementale francophone, de réunir des contributions donnant à la notion de vulnérabilité une épaisseur historique qui lui fait trop souvent défaut. Il peut bien sûr sembler problématique d’envisager la « vulnérabilité avant la vulnérabilité », c’est-à-dire de discuter de cette notion pour des situations environnementales qui précèdent l’élaboration de ce concept. Mais si le mot peut manquer, les articles du présent dossier prouvent que les situations qui lui correspondent, les tentatives de réponses et les réflexions n’en ont pas moins existé depuis longtemps.

Numéro intégralement accessible sur le site de la revue.

La vulnérabilité de la forêt provençale face aux incendies : naissance d’une notion (fin XIXe siècle)

Article de Martine Chalvet paru dans VertigO, vol. 16 n°3, décembre 2016

Au XIXe siècle, la notion de vulnérabilité environnementale n’est pas encore définie. Pourtant, l’idée de vulnérabilité des forêts face aux incendies en Provence commence à apparaître. L’article cherche à comprendre pourquoi et comment, les incendies sont perçus comme « un fléau » dans le nouveau contexte économique et technique de l’exploitation des lièges et de la gemme. Dans les années 1860, cette nouvelle perception des incendies entraîne la mise en place de groupes de pression efficaces. Les notables provençaux, comme Charles de Ribbe, et l’administration des Eaux et Forêts, dirigée par Henri Faré, se battent pour obtenir l’élaboration d’une politique publique et la reconnaissance d’une spécificité régionale des Maures et de l’Esterel, désormais appelés « la région du feu ». Dans le contexte scientifique et libéral de la fin du XIXe siècle, que recouvre véritablement cette nouvelle idée de vulnérabilité ? Quels acteurs construisent ce nouveau discours ? Quelles politiques et quelles législations sont proposées ? Et avec quel succès ?

Article intégralement accessible sur le site de la revue.