ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Articles

Enquête ethnobotanique et effets de l’extrait aqueux des rhizomes de Anchomanes difformis Blume. Engl (Araceae) sur la motricité utérine de cobaye

Article de Makemba Nkounkou G. S. et al,  paru dans la Revue CAMES – Série Pharm. Méd. Trad. Afr., 2017, n°18(2), pp. 13-20

Le fonctionnement normal de l’utérus conditionne la nidation, le maintien de la gestation et le travail au moment de l’accouchement. Dans le but de contribuer à la valorisation des plantes utérotropes de la pharmacopée congolaise une enquête ethnobotanique a été réalisée pour lister ces différentes plantes. Anchomanes difformis a été sélectionné pour un screening chimique par réaction en tube et pour une évaluation des effets sur l’utérus de Cobaye. L’enquête ethnobotanique a permis de recenser vingt-une (21) plantes appartenant à seize (16) familles différentes. Le rhizome d’Anchomanes difformis contient des alcaloïdes, des flavonoïdes, des saponines, des tanins, des hétérosides, des terpénoïdes, des stérols et des anthocyanes. L’extrait aqueux de ces rhizomes aux doses de 400 et 800 mg/kg augmente significativement (**p˂0,001) le temps de latence des contractions utérines et diminue significativement (**p˂0,001) la fréquence des ces contractions. Cet effet chronotope négatif  serait lié à la présence de métabolites secondaires. Ce résultat confirme l’utilisation de cette plante en médecine traditionnelle. Cet extrait peut être envisagé pour la nidation, le maintien de la gestation ou contre les fausses couches.

b_1_q_0_p_0

Article intégralement accessible en version PDF (813.75 Ko) sur le site de la revue.

Publicités

Les jardins flottants du lac Inlé (Birmanie), ou la construction d’un paysage agricole et touristique original

Article de Martin Michalon paru dans la Revue en ligne Projets de Paysage, 21 septembre 2016

Le lac Inlé, dans les collines de l’Est birman, présente un paysage très caractéristique de jardins flottants, créés au cours du 20 ème siècle par l’ethnie locale intha. Ces derniers ont réussi à mettre en place un système agricole très intensif, fortement connecté au reste de la Birmanie et du monde. Dans le contexte de l’ouverture de la Birmanie au monde, ce paysage extrêmement spécifique est valorisé par les acteurs touristiques. Cependant, ces derniers ont tendance à occulter la dimension intensive, mondialisée, innovante de cette pratique agricole. Au contraire, leurs discours présentent les jardins flottants comme des symboles de la « tradition », de l’«authenticité » de la « Birmanie intemporelle».

mm_figure_10

Article intégralement accessible en version PDF (1.6 Mo) sur Hal-Shs ou en ligne sur le site de la revue.

Jardin et mélancolie en Europe entre le XVIIIe siècle et l’époque contemporaine

Appel à articles, revue électronique Histoire culturelle de l’Europe, automne 2018

Jardin de paradis ou jardin des supplices, hortus conclusus ou locus amoenus, utopie ou idylle, miroir de la société ou antithèse, lieu de mémoire ou lieu de l’oubli, lieu vivant et cultivé par l’homme, « work in progress » sans fin ou lieu oublié et délaissé, vivant néanmoins – le microcosme du jardin est toujours non seulement l’espace onirique par excellence, mais souvent aussi celui de la mélancolie. Sous ses multiples facettes, le jardin reflète toujours son créateur et le  sujet  se prête à mettre en lumière des aspects essentiels de l’histoire des consciences.

Qu’il s’agisse  d’une œuvre implantée dans la réalité, ou d’une représentation dans une œuvre, texte, image, musique, – le jardin exerce une fascination universelle, sur les architectes paysagistes comme sur les littérateurs, poètes, cinéastes, graphistes, peintres, philosophes et musiciens. Cette fascination connait tout récemment un renouveau qui va de pair avec une conscience de plus en plus aigüe de la crise climatique et donne de nouvelles impulsions aussi bien aux pratiques jardinistes qu’à la réflexion théorique. On peut parler d’un véritable engouement, signe de changements fondamentaux de nos sociétés. Le jardin devient aujourd’hui espace de résistance contre le libéralisme exacerbé voire, plus généralement, la perte d’humanité.

Qui dit résistance, dit mélancolie. Le jardin, comme « hétérotopie » semble par essence le lieu « où dort la mélancolie » (Apollinaire). On peut le considérer dans une visée thérapeutique : s’y promener, le contempler apaise et libère l’âme ; en prendre soin signifie exercer une activité humaine et sociale fondamentale et « universelle ». Dès les Lumières, le jardin devient ainsi un élément de politique hygiéniste. La médecine et la psychiatrie s’en servent à des fins thérapeutiques. Ou on  peut lui donner une place dans une œuvre d’art. Là aussi son rôle est intimement lié à la mélancolie, il peut agir comme une drogue, comme un remède, il peut être le lieu de la réflexion, de la prise de distance par rapport à la réalité, il peut mettre en évidence le lien entre la beauté et la mort, ou simplement séduire par la réponse que son silence éloquent oppose à la violence du monde des humains : il est toujours l’espace dans lequel on vit à la fois librement sa mélancolie et celui où on peut s’en libérer, voire en guérir, celui où la mélancolie pathologique peut se transformer en « mélancolie douce », celui où la mélancolie devient créatrice. Le jardin peut même éveiller le désir de la métamorphose, le désir de devenir plante, car la plante y devient perceptible comme l’image, voire le modèle de la puissance de ce qui n’aspire pas au pouvoir. Voilà quelques pistes de réflexion autour du jardin et la mélancolie.

Le dossier thématique cherchera à éclairer sous divers angles ce lien qu’entretient le jardin avec la mélancolie. Suivant la nature de son objet,  interdisciplinaire, il se propose de réunir des articles issus des divers domaines linguistiques européens dans les disciplines suivantes : littérature, sociologie, psychologie, histoire de l’art et architecture, histoire de la médecine, géographie, philosophie, sciences des médias, arts plastiques et musique.

Voir toutes les modalités sur Calenda.

La végétalisation des villes et la tragi-comédie des communs

Article de Lionel Maurel paru dans la revue Vacarme, n°81, automne 2017

À Paris et ailleurs, les grilles de métal au pied des grands platanes disparaissent pour laisser place aux fleurs, fruits, légumes et herbes folles. Ces initiatives, contrôlées et encadrées par la puissance publique, semblent constituer une forme de réappropriation de l’espace urbain par ses habitants les plus proches. Mais elles posent aussi des questions relatives à la gestion des communs et à l’idée d’une gouvernance collective de l’espace, de son appropriation, de sa gestion par des acteurs aux stratégies souvent éclatées et parfois contradictoires.

Article intégralement accessible en version PDF (388.5 Ko) sur Hal-Shs.

 

La paille, nouveau champ d’innovation dans les villes

Article de Jessica Gourdon, Le Monde, 13.10.2017

« La ville de Rosny-sous-Bois a inauguré une école avec des murs porteurs en paille, premier bâtiment public du genre. La technique suscite l’intérêt de toute une filière. Elle pose néanmoins quelques problèmes.

Lorsqu’il a présenté à ses assureurs son projet d’école avec des murs porteurs en paille, la réponse a été sèche. « C’était non, se souvient Rémy Beauvisage, directeur d’Apij Bat, une entreprise de constructions écologiques. Les experts n’y croyaient pas. Ce n’est pas une technique réglementée, et ils avaient du mal à comprendre comment cela pourrait tenir. Ça a été une vraie bataille pour les convaincre », lâche-t-il, ne cachant pas avoir gagné « quelques cheveux blancs » dans l’affaire. Aujourd’hui, il regarde avec satisfaction son bâtiment pilote, devant lequel courent de jeunes enfants.

Ce bâtiment, c’est l’école maternelle des Boutours, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), inauguré vendredi 6 octobre. Toute une partie de cet édifice – dont le coût total s’élève à 7 millions d’euros – est construite en « paille porteuse ». Ici, la paille n’est pas seulement utilisée en remplissage pour l’isolation thermique des murs, comme pour de nombreux bâtiments, mais comme élément structurel. « C’est la première fois qu’un bâtiment recevant du public utilise cette technique », se félicite Emmanuel Pezrès, directeur de l’innovation territoriale à la mairie de Rosny-sous-Bois… »

Article intégralement accessible sur le site du journal.

Perception paysanne et importance socioculturelle et ethnobotanique de Pterocarpus erinaceus au Burkina Faso et au Niger

Article de Habou RABIOU, Babou André BATIONO, Kossi ADJONOU, Adzo Dzifa KOKUTSE, Ali MAHAMANZ et Kouami KOKOU paru ans Afrique Sciences, 2017, 13 (5), pp. 43-60

L’article porte sur le rôle de Pterocarpus erinaceus, espèce multi-usages, dans la vie socio-économique et culturelle des populations surtout en zone rurale du Niger et du Burkina. L’objectif de la présente étude porte sur l’inventaire des utilisations faites des organes de P. erinaceus au Niger et au Burkina Faso en vue de mettre en évidence les connaissances paysannes sur P. erinaceus en relation avec la diversité culturelle. Des enquêtes ont été menées dans 44 villages dont 13 au Niger et 31 au Burkina Faso.

Un total de 360 personnes a été interviewé au Niger au Burkina Faso. Le bois de P. erinaceus est utilisé pour la confection des objets d’arts et divers outils. Les feuilles sont utilisées comme fourrage et dans le traitement de 23 maladies et symptômes. Les écorces et les racines ayant presque la même utilisation sont impliquées dans le traitement de 33 maladies et symptômes. Les ethnies originaires de la zone de distribution de l’espèce se sont bien distinguées par leur grande connaissance des utilisations de l’espèce. Les utilisations de l’espèce conjuguées aux variations climatiques ne sont pas sans conséquence sur la dynamique des peuplements naturels de l’espèce.

Article intégralement accessible en version PDF (695 Ko) ici.

Étude ethnobotanique de Boscia senegalensis (Pers.) Lam (Capparaceae) dans le Département de Banh, Province du Loroum, au Nord du Burkina Faso

Article de Mamounata O. BELEM, Joséphine YAMEOGO, Souleymane OUEDRAOGO, Moumouni NABALOUM paru dans Journal of Animal &Plant Sciences, 2017. Vol.34, pp. 5390-5403 

La présente étude porte sur les connaissances ethnobotaniques de Boscia senegalensis (Pers.) Lam (Capparaceae), un ligneux aux usages multiples, très prisé, mais qui se raréfie au Burkina Faso. Les enquêtes et prospections de terrain ont révélé la présence de l’espèce dans cinq villages du département de Banh, dans la
province du Loroum. Il s’agit de Banh, Delga, Madougou, Nongodoum et Ségué. Les populations de ces villages appartiennent à trois groupes socioculturels différents. L’importance de l’espèce s’est révélée lors de
l’enquête ethnobotanique auprès d’un échantillon de cent dix femmes ; ces femmes sont les actrices principales de la récolte, de la transformation et de la vente des produits issus du B. senegalensis.


L’étude a permis de recenser vingt et trois utilisations pour les différents organes et produits. Par rapport aux organes utilisés, il ressort que les feuilles sont les plus recherchées, avec 45% des opinions suivies des fruits (28 %), des graines (19,14%), des racines (6%). Les autres utilisations relatives au bois et au parasite (Gui) sont
marginales avec 2% d’opinions exprimées. L’alimentation est l’un des domaines d’utilisation commun aux trois groupes socioculturels. Les disparités se retrouvent dans les usages médicinaux des parties de la plante.

Artilce intégralement accessible en version PDF(746 Ko) sur le site de la revue.