ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Emissions de télévision

La loi de la banane

Documentaire de Mathilde Damoisel, Arte, novembre 2017

Sur ce simple fruit s’est bâti un empire. Raconter l’épopée édifiante de la banane, entre l’Amérique centrale et les États-Unis, c’est revenir aux sources d’un modèle plus que jamais d’actualité – un capitalisme se jouant des frontières et des lois nationales pour assurer à ses actionnaires des profits maximaux, jusqu’à menacer la démocratie. Quand elle apparaît au tournant du XXe siècle sur le marché nord-américain, la banane, denrée rare et chère, est réservée à une élite aisée. Minor Cooper Keith, entrepreneur visionnaire et dur en affaires, va faire d’elle un produit de consommation populaire, sur lequel il édifiera la première multinationale au monde. Bâtisseur du chemin de fer costaricain, il promet au lendemain de la Première Guerre mondiale aux jeunes nations d’Amérique centrale un développement basé sur la monoculture et l’exportation de la banane, en échange de terres achetées à vil prix, souvent confisquées aux petits paysans indiens, de l’usage gratuit des lignes ferroviaires qu’il construit et d’une quasi-exemption d’impôts.
Née en 1899, l’United Fruit Company (UFC) constitue trente ans plus tard une puissance régionale incontestée, édictant ses propres lois sur d’immenses plantations qui s’étendent jusqu’en Colombie. « Le Poulpe », comme on la surnomme, fait venir de Jamaïque une main-d’œuvre corvéable à merci, pourchasse les syndicalistes et fait pression sur les gouvernements des républiques « bananières ». Quand, en 1933, quatre ans après la mort de Keith, un self-made-man né en Moldavie, Samuel Zemurray, alias « le tsar de la banane », reprend les rênes du mastodonte, il amplifie ces méthodes, notamment grâce aux services du père des « spin doctors » Edward Bernays. En 1954, avec l’appui du gouvernement Eisenhower, tous deux chasseront du pouvoir au Guatemala le social-démocrate Jacobo Árbenz Guzmán, coupable d’avoir nationalisé pour sa réforme agraire des milliers d’hectares de l’UFC. La guerre civile déclenchée alors fera plus de cent mille morts jusqu’en 1996…
Les multinationales d’aujourd’hui ont repris les pratiques inaugurées par l’UFC en Amérique latine : intégration verticale, poursuite du monopole, privatisation des ressources, évitement fiscal. La monoculture intensive d’un produit d’exportation, qui épuise les sols et empoisonne les travailleurs, reste elle aussi en vigueur dans une grande partie du monde. Grâce à un montage d’archives rares, le film retrace près d’un siècle de règne sans partage. Des spécialistes (Geoffrey Jones, historien des multinationales à la Harvard Business School, Gaël Giraud, économiste à l’Agence française pour le développement, et la philosophe Cécile Renouard, enseignante à l’Essec) commentent cette histoire édifiante et en partie oubliée, illustration éclairante des dérives du capitalisme.

A revoir en replay sur le site de la chaine.

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Quinoa, prenez-en de la graine

Documentaire de Clémentine Mazoyer, France 5, 22.10.2017

Depuis vingt ans, les consommateurs occidentaux découvrent les vertus nutritives du quinoa et la consommation de cette graine a littéralement explosé. Dans les grandes surfaces, aux cartes des restaurants, elle fait désormais partie du quotidien. Aujourd’hui, une partie est toujours produite dans la cordillère des Andes, à près de 4000 mètres d’altitude. Sa culture s’effectue dans la pure tradition andine, à la main et sans produit chimique, car c’est une plante ultra-résistante. Mais son succès a fait des envieux. Il y a dix ans, le Pérou s’est lancé dans la course. Les méthodes de production ont évolué.

Documentaire à revoir pendant une semaine ici.

Au fil du monde

Série de documentaires, chaîne Arte, octobre 2017

En cinq épisodes, ce voyage en Extrême-Orient lie les étoffes les plus rares aux destins romanesques de ceux qui les transforment. Pousser les portes d’ateliers textiles du bout du monde pour lever le voile sur les gestes et le savoir-faire des fileurs, brodeurs, tisserands, teinturiers… d’exception : Isabelle Dupuy-Chavanat et Jill Coulon partent à la découverte d’artisans singuliers du textile aux récits de vie hors du commun.

  • Sur la petite île d’Iriomote, dans le sud-ouest de l’archipel nippon, Akiko tisse la fibre de bananier et teint les étoffes avec les plantes de son jardin pour des créations honorées par Issey Miyake et les musées d’art contemporain. À 78 ans, elle transmet sa passion et partage ses secrets pour la première fois.
  • Au Tibet, Dechen relance depuis dix ans le tissage de la laine de yak sur les hauts plateaux tibétains de l’Amdo, aux confins de la Chine de l’Ouest. Son atelier, situé à 3 200 mètres d’altitude, emploie plus de cent artisans, dont une majorité d’anciens nomades. Ces étoffes, d’une qualité exceptionnelle, sont portées de Pékin à Paris.
  • En Inde, visite des ateliers de Max, où plus de six cents brodeurs travaillent pour les plus grands noms de la haute couture internationale. Né à Paris et diplômé de stylisme, Max a tout quitté pour l’Inde et milite au quotidien pour donner à ses artisans une véritable place dans la société.
  • Au Laos, rencontre avec Anou, designer textile et créateur de soies pour les plus grandes maisons parisiennes et new-yorkaises, qui a décidé de se réinstaller dans son pays natal, après y être retourné pour la première fois depuis ses 4 ans.
  • En Mongolie, Christopher, ancien producteur de rock allemand, a rencontré la femme de sa vie. Ensemble, ils produisent aujourd’hui l’un des plus beaux cachemires au monde.

Le génie des plantes

Reportages, Arte, janvier 2017

Médicinales, aromatiques ou d’apparat, les plantes présentent mille vertus. Un tour du monde végétal en cinq épisodes.

  • Génie des plantes en Amérique du Sud
  • Génie des plantes dans les Alpes
  • Génie des plantes dans les Balkans
  • Génie des plantes en Inde
  • Génie des plantes en Provence

Série d’émissions à revoir ici.

Jardin d’ici et d’ailleurs, sur Arte

Émission « L’instant Télé » radio France Inter, 4 avril 2016

A l’heure du thé, tous les jours sur Arte, si vous n’êtes pas encore rentré du boulot, vous le regardez sur le site Arte+7 et vous piochez : France, Espagne, Italie, Portugal. 25 minutes d’histoire de l’art, du paysage et de l’architecture. Le jardin, maîtrise absolue de l’espace et du temps.

Plus qu’un exercice de style, une réflexion enchanteresse sur la façon dont les hommes ont fait dialoguer au cours des siècles la fleur et la pierre, l’eau et la lumière, le sauvage et le sublime, les saisons et l’éternité. Pour faire simple, la nature et la culture.

Un architecte paysagiste, Jean-Philippe Teyssier, vous servira de guide à la rencontre de botanistes, de jardiniers, de châtelains et d’urbanistes. Car l’intelligence de cette série tient à sa variété, alternant les espaces publics de grandes métropoles et les trésors cachés de monuments historiques. Le jardin, c’est donc – aussi –  une réflexion sur le rapport entre l’intérieur et l’extérieur, entre le clos et l’ouvert, entre le privé et le lieu partagé par tous.

Reste la question de la figuration. Beaucoup de cinéastes s’y sont frottés, beaucoup de revues de décoration, aussi. Comment montrer le jardin ? Faut-il le filmer du ciel, alors qu’il est pensé pour être vu à hauteur d’œil ? Faut-il le donner dans sa globalité, alors qu’il est conçu pour être découvert, espace après espace, au grès de la promenade ? Faut-il que l’image s’organise autour d’éléments manufacturés (fontaines, statues, treille, bancs, gloriette) ou que le végétal y trône en majesté ? Bref, comment remettre en scène sans la trahir une œuvre qui n’est déjà en elle-même que mise en scène ?

Arte ne s’en tire pas mal, même si la réalisation aurait pu être un peu plus créative. Ce n’est pas très dommageable. Vous l’aurez compris, pas besoin de savoir, ni d’aimer planter les choux.

Le jardinage et moi, on n’est pas copain du tout. Le jardin n’en demeure pas moins une expérience historique et esthétique absolument passionnante.

« Jardin d’ici et d’ailleurs », c’est sur Arte, tous les jours à 17h45, jusqu’au 28 avril 2016.

Enquête de santé. Plantes médicinales : la santé est dans le pré ?

Émission « Enquête de santé », France 5, 3 mars 2015, 20h40 avec le reportage « Phytothérapie : des racines et des herbes »  de Laetitia Fouque.

Tisanes, huiles essentielles, compléments alimentaires… Les plantes médicinales ont envahi les rayons des pharmacies et des grandes surfaces. Et des millions de Français, à la recherche d’une médecine plus naturelle, se tournent vers la phytothérapie pour se soigner. Une cure d’ortie contre la fatigue, du ginseng pour prévenir la grippe, de la passiflore contre le stress… Des spécialistes affirment que la phytothérapie permet de soigner plus de 80 troubles et maladies. Pendant des siècles, les plantes ont fourni aux hommes l’essentiel des remèdes. Aujourd’hui encore, de nombreux médicaments tels que l’aspirine et la morphine sont la synthèse de molécules extraites de plantes.

Mais avec l’avènement de la chimie, la médecine moderne s’est détournée de cette pharmacopée naturelle, reléguant les plantes médicinales au rang de simples « remèdes de grands-mères ». La phytothérapie n’est pas reconnue en tant que spécialité médicale et les herboristes n’ont plus le droit d’exercer. Seuls les pharmaciens sont habilités à vendre des plantes médicinales, mais leur formation à la phytothérapie est très limitée : une trentaine d’heures seulement sur 6 années d’études.

Si la santé par les plantes est à la mode, sa pratique doit être encadrée, car ces traitements contiennent des actifs puissants, souvent difficiles à doser. Naturel ne veut pas dire sans danger, et il arrive que la potion magique se transforme en poison toxique.

Face à ces risques peut-on encore faire confiance aux plantes médicinales pour se soigner ? Comment être sûr de la qualité et de l’efficacité de ces traitements ? A quels contrôles sont-ils soumis ?

Invités :

  • Christelle Chapteuil (Vice-présidente du Syndicat National des Compléments Alimentaires)
  • Pr Alain Astier (Chef de service de pharmacologie à l’hôpital Henri Mondor à Créteil)
  • Thierry Thévenin (Producteur-cueilleur de plantes médicinales)
  • Raphaël Jankowski (Pharmacien d’officine)

A revoir ici pendant une semaine.

La financiarisation du vivant

Émission de radio « Terre à terre » de Ruth Stégassy, radio France Culture, 31.01.2015

Avec Sandrine Feydel, autour de son film documentaire « Nature, le nouvel eldorado de la finance » diffusé le mardi 03 février sur Arte.

Ré-écouter l’émission de radio ici ou lire des informations sur le documentaire .