ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Usages religieux des végétaux

Séminaire Nature(s) et religion(s)

Séminaire coordonné par Marlène Albert-Llorca, Georges Favraud et Guillaume Rozenberg (LISST-Centre d’anthropologie sociale, UMR 5193), Université de Toulouse Jean-Jaurès, Toulouse, année 2017

Ce séminaire propose de poser la question, centrale pour les sciences humaines et sociales, du rapport à la nature en situant au premier plan de la réflexion le fait religieux. L’hypothèse est que les représentations et les pratiques religieuses, étant une clé de voûte du social, constituent un champ premier et déterminant de façonnage du rapport des groupes humains à leur milieu. Un champ où, en d’autres termes, les manières dont les groupes humains entrent en interaction avec les diverses composantes de leur milieu, aussi bien que les manières dont ils configurent ce milieu, se laissent saisir avec acuité. La réflexion se déploiera autour de trois grands dossiers, qui offrent trois points de vue féconds et complémentaires pour interroger les relations entre nature(s) et religion(s), et par là les processus variables de socialisation de la nature et de constitution du religieux : lieux et paysages sacrés ; conception et gestion de la vie ; modes de (re)sacralisation de la nature dans le monde occidental.

Programme

20 janvier 2017 (9h30-12h30)
Les dieux successeurs des astres ? Cultes de la nature et explication naturaliste des cultes
Jean-Pierre Albert (EHESS, LISST-Centre d’anthropologie sociale)

10 février 2017 (10h30-12h30)
De la perception aux représentations : intérêt et limites d’une phénoménologie du religieux.
Considérations à partir de l’appréhension totonaque de l’environnement (Mexique)
Nicolas Ellison (EHESS, Centre des Etudes Mexicaines et Centre-Américaines)

17 mars 2017 (10h30-12h30)
Sacrifice des volailles et oiseaux sentinelles. Lévy-Bruhl, Lévi-Strauss et la grippe aviaire
Frédéric Keck (CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale / Musée du quai Branly)

28 avril 2017 (14h-16h)
Le chemin et le champ. Rites sacrificiels et théorie de la vie chez les Mixe de Oaxaca (Mexique)
Perig Pitrou (CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale)

19 mai 2017 (10h30-12h30)
Le monde perpétuellement en mouvement : des dieux que l’on cultive et des animaux qui
séduisent les hommes en pays mandingue (Afrique de l’Ouest)
Agnès Kedzierska-Manzon (LISST-Centre d’anthropologie sociale)

16 juin 2017 (10h30-12h30)
La fonction naturelle de la religion chez Bergson
Pierre Montebello (Université Toulouse-Jean Jaurès, ERRAPHIS)

Les fleurs qui rendent immortel

Blog L’Avventura, blog scientifique (en bande dessinée) de Fiamma Luzzati, 24. 11. 2016

herbier-4Lire le reportage bd en intégralité sur le blog.

Les bois sacrés

Actes du Colloque International (Naples 1989), Publications du Centre Jean Bérard, 1993, 206 p.

Le 8 Mars 1890, au Trinity College de Cambridge, un ethnologue de trente-six ans, James George Frazer, achève et signe la préface de l’œuvre en deux volumes à laquelle il travaille depuis le printemps précédent. Cette première version du Rameau d’Or sera, comme on sait, suivie de plusieurs autres, qui porteront cette « étude séparée » sur « la règle, jusqu’ici inexpliquée, de la prêtris d’Aricie » aux dimensions monumentales de la troisième édition (1911-1915) en douze volumes.
Il nous a semblé intéressant de marquer, par une rencontre scientifique, le centenaire — à quelques mois près — de la première parution du Golden Bough. Moins peut-être pour l’œuvre elle-même qui, après avoir nourri plusieurs générations de chercheurs, s’est trouvée ensuite progressivement délaissée, que pour ce qu’elle représente : l’acte fondateur de l’anthropologie culturelle moderne.

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Ouvrage en accès intégral libre sur OpenEdition Book.

Les fleurs artificielles du cimetière de Cayenne

Reportage de Maxime Brousse, Vice News, 4 .11. 2014

« Les milliers de fleurs soigneusement alignées devant les « Libre Service » de Cayenne plusieurs semaines avant la Toussaint sont toutes fausses. Œillets, roses, pivoines et un tas d’autres variétés parfois difficilement identifiables sont disponibles dans à peu près tous les coloris, et parfois même recouverts de paillettes. Les fleurs sont placées dans des petits pots en plastique remplis d’un mélange de sable et de ciment­ – uniquement de sable pour les moins chers – et attendent de trouver preneur sans faner sous les 33°C de la fin octobre.

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J’ai cru trouver l’explication à cette opulence de plastique et de tissu sur les grandes affiches de l’« Opération Toussaint » placardées par l’Agence Régionale de Santé dans le centre-ville, lesquelles demandaient à chacun de prendre ses responsabilités pour « mieux combattre la reproduction du moustique (Aedes aegypti) », vecteur de la dengue et du chikungunya.

Mais d’après un vendeur paisiblement installé devant sa plantation factice, cet engouement pour le synthétique est avant tout une question de moyens : les œillets se trouvent pour 2€50, et les plantes les plus « chic », comme les lys tournent autour de 8 euros… »

Lire la suite de l’article sur le site de Vice.

Les Plantes des Dieux. Les plantes hallucinogènes. Botanique et ethnologie

Ouvrage de Richard Evans-Shultes et Albert Hofmann, Ed. du Lézard, 2005, 208 p.

Que ce soit le datura, le chanvre, le peyotl, la belladone ou d’autres, chacune des quatre-vingt-onze plantes hallucinogènes ici détaillées a laissé une empreinte profonde sur nombre de civilisations qui les consommaient et continuent parfois de le faire. Des fameuses pythies grecques aux prêtres mayas en passant par les chamans sibériens, l’accès à un monde surnaturel, magique, divin, voire au cosmos, est passé pendant des siècles et sur tous les continents par le filtre de ces substances phénoménales. N’était-ce pour les travaux d’audacieux savants – dont les auteurs figurent au premier rang -, ça n’est pas seulement le secret de ces mystérieux végétaux qui serait tombé dans l’oubli, mais toute une culture universelle que nos préjugés occidentaux menaçaient de perdre dans le trou noir de l’ignorance. Mêlant la botanique, l’ethnologie, la chimie, la mythologie, l’histoire de l’art et des religions, cet ouvrage, devenu un véritable classique, est une somptueuse invitation à voyager dans la mémoire de l’humanité.

Plantes des dieux

Ouvrage intégralement accessible en version PDF (84,3 Mb) – et autres formats- sur Internet Archive.

Le principe de floraison : Manières végétales de faire des mondes

Emission de radio « Un autre jour est possible » par Tewfik Hakem,

13 juin 2012, 6h-6h30

Thierry Marin «Le Principe de Floraison : Manières végétales de faire des mondes» (editions Max Milo, 2012)

« Le christianisme a mené une guerre contre le paganisme et ses manières végétales de faire des mondes, qui ont été reléguées dans l’indifférence ou la simple ornementation. Refoulées, elles n’ont cessé pourtant de rejaillir : en philosophie, mais aussi dans l’architecture ou la littérature. La description de la cathédrale gothique, de l’arabesque musulmane ou du roman proustien, par exemple, ouvrent un nouveau champ pour l’esthétique, comprise comme l’ensemble des expériences faites sur un monde commun pour créer des mondes nouveaux. Un principe de floraison dégagé au ras des herbes et de la poussée des plantes remplace alors le principe de raison sacrificielle juché au surplomb du monde, qui nous rend incapables d’entendre les forces imperceptibles de la croissance végétale. Comme un premier pas sur le chemin d’une nouvelle philosophie de la Nature… » (4ème de couverture)

Emission à réécouter sur le site.

Les fleurs de la dévotion

Ouvrage (en anglais) de Biba Vilayleck & Baj Strobel paru aux Editions Pha Tad Ke, Luang Prabang, 2011

Abondamment illustré, cet ouvrage est le fruit d’une enquête menée durant près de trois ans par les deux auteurs, respectivement ethnobotaniste et historienne de l’art. Harmonieusement composé par leur ami graphiste, Olivier Leduc Stein, ce livre, imprimé au Laos, est l’une des premières publications du programme initié à Luang Prabang par Rik Gadella, directeur du Jardin botanique Pha Tad Ké.

Comme son titre l’indique, le propos général de l’ouvrage concerne l’imbrication subtile mais essentielle de l’univers végétal, sous toutes ses composantes, dans la vie religieuse et quotidienne des populations bouddhistes du Laos. Support de sacralité, la flore, qu’elle soit modeste comme la simple laitue d’eau ou majestueuse comme l’imposant ficus religiosa, agit comme médiatrice pour signifier, par ses formes et symboles autant que son parfum et sa couleur, les liens qui relient les humains, à la fois entre eux par le biais des rites, mais aussi à ce qui les dépasse et qui constitue le domaine spirituel.

Au Laos, la création artistique a été fortement influencée par les motifs végétaux et s’est en particulier évertuée, selon une tradition indienne avérée, à toujours accompagner l’image du Bouddha pour la magnifier et l’honorer.

C’est dans les temples-monastères du centre-ville de Vientiane que se concentre la majorité des analyses et témoignages rapportés dans l’ouvrage. Mais les auteurs se sont aussi attachés à montrer comment le végétal, au­-delà de l’espace sacré, ponctue le parcours des Laotiens tout au long de leur vie, à travers notamment différents rites de passage.

Ainsi, trois grandes parties constituent le corps du livre :

  • Les temples dans la ville : présentation des vat de Vientiane, organisation des espaces, des bâtiments, etc.
  • La place des plantes dans la vie religieuse et sociale : analyse d’une extension du domaine du sacré et des cérémonies religieuses vers l’espace domestique.
  • L’art et le décor  : les relations entre le végétal et ses représentations, le passage des formes naturelles aux projections artistiques.

Enfin, un appareil scientifique rassemble une phytonimie vernaculaire, un index des noms scientifiques, un glossaire, ainsi qu’une bibliographie.

L’ouvrage est en vente à la librairie « Monument Books » de Vientiane.

[Info Ambassade de France au Laos]