ETHNOBOTANIQUE

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Archive pour Usages médicinaux des végétaux

Etude ethnobotanique sur les plantes médicinales spontanées poussant dans le versant nord de l’Atlas d’Azilal (Maroc)

Article de Abderrazak El Alami, Farouk Loubna, Abderrahman Chait paru dans Algerian Journal of Natural Products, vol. 4, n°2, 2016, pp. 271-282.

Dans ce manuscrit, l’inventaire ainsi que les usages thérapeutiques des plantes médicinales spontanées poussant dans le versant nord de l’Atlas d’Azilal (Maroc) ont été répertoriés. 66 espèces végétales spontanées sont utilisées en phytothérapie dont 14 espèces ont un usage fréquent. Les Gymnospermes ne sont représentées que par trois espèces, tandis que les Angiospermes sont représentées par 63 espèces dont 55 sont des dicotylédones et huit sont des monocotylédones. Les familles végétales, bien représentées dans la région explorée, sont les Lamiaceae et les Asteraceae. A la base de l’enquête ethnobotanique, nous avons recensé 25 plantes médicinales spontanées destinées au traitement  des affections digestives, huit plantes pour traiter les troubles uro-génitaux, cinq espèces sont connues pour leurs effets sur le système nerveux, 14 plantes sont utilisées contre les affections métaboliques, 11 plantes pour soigner les maladies de l’appareil respiratoire  et 26 plantes sont employées pour les soins la peau et les cheveux.

Article intégralement accessible en version PDF (504 Ko) sur le site du journal.

Enquête ethnopharmacologique et ethnobotanique sur les plantes médicinales dans le Haut Atlas central du Maroc

Article de Abderrazak El Alami, Abderrahman Chait paru dans Algerian Journal of Natural products, vol. 5, n°1, 2017, pp. 427-445

Cette étude ethnopharmacologique et ethnobotanique a été réalisée entre janvier 2012 et juillet 2016 dans le Haut Atlas central d’Azilal. Dans cette région, 172plantes sont utilisées en phytothérapie. Cinq espèces appartiennent à l’embranchement des gymnospermes. L’embranchement des angiospermes est représenté par 167 espèces, réparties en 62 familles dont 140 espèces sont des dicotylédones et 27 espèces sont des monocotylédones. Les familles les plus représentées par des plantes utilisées en phytothérapie sont : les Lamiaceae (19 espèces), Apiaceae (14), Asteraceae (13), Fabaceae (8), Liliaceae (7), Rosaceae (7), Poaceae (6), Solanaceae (6) et les Zingiberaceae (5). Le grand nombre de plantes médicinales est utilisé pour la prévention et pour traiter les affections digestives, les troubles respiratoires et les soins de la peau et des cheveux. Les modes de préparations les plus utilisées sont le séchage-broyage, la décoction et l’infusion et le mode d’utilisation le plus fréquent et l’administration par voie orale. 

Article intégralement accessible en version PDF (811 Ko) sur Zenodo.

Étude ethnobotanique des plantes médicinales utilisées dans le traitement du diabète dans le Département de Zouénoula (Côte d’Ivoire)

Article de AS Gnagne, D Camara, K Bene, GN Zirihi paru dans Journal of Applied Biosciences, n°113, 2017

Le but de cette étude est de contribuer à une meilleure connaissance des plantes médicinales antidiabétiques utilisées dans le département de Zouénoula. Des enquêtes ethnobotaniques ont été réalisées à l’aide de questionnaires auprès des guérisseurs du département. Les résultats obtenus ont permis d’inventorier dix-sept espèces de plantes médicinales appartenant à quatorze familles botaniques et réparties en seize genres. Parmi ces espèces, Ageratum conyzoides (Herbe aux sorciers), Anthocleista djalonensis (Arbre chou) et Bidens pilosa (Piquant noir) sont les plus recommandées. Les feuilles sont les organes les plus utilisés. La décoction est le mode de préparation le plus sollicité et l’administration se fait majoritairement par voie orale. Ce travail constitue une source d’informations pouvant servir de base pour des études pharmacologiques afin d’évaluer l’efficacité thérapeutique et l’innocuité de ces trois plantes à effet antidiabétique traditionnel.

Article intégralement accessible en version PDF (1.5 Mo) sur le site de la revue.

 

 

L’ingestion d’ayahuasca parmi les populations indigènes et métisses de l’actuel Pérou. Une définition du chamanisme amazonien

Article de Sébastien Baud paru sur « ethnographiques.org », Les nouveaux mouvements religieux, 2008

Connue au Pérou sous le nom d’ayahuasca, Banisteriopsis caapi est une liane qui, bue en décoction, est émétique et laxative. Associée à d’autres plantes, elle est un inhibiteur de monoamine oxydase (IMAO), c’est-à-dire qu’elle favorise le passage hémato-encéphalique du DMT et autres alcaloïdes hallucinogènes présents dans ces dernières. Voilà ce qu’en disent les pharmacologues. Banisteriopsis caapi jouerait donc un rôle secondaire lors de l’ivresse hallucinogène induite par l’absorption du breuvage parmi les populations amérindiennes et métisses de l’Ouest amazonien. Pourquoi alors le breuvage est-il communément appelé du nom de cette liane ? La réponse nous vient du discours indigène. Celui-ci affirme en effet que l’ayahuasca est ingérée avant tout pour ses propriétés purgatives : elle est una planta maestra, une plante qui enseigne. Purgative et fortifiante, elle est de fait médiatrice entre l’homme et le monde-autre. Autrement dit, elle aide à l’introduction dans le corps de l’apprenti chaman d’un principe spirituel, à l’origine des visions.

Article en ligne sur le site de la revue et en version PDF (300.74 Ko) sur Hal-Shs.

Les vertus des plantes : deux films avec Rodolphe Balz

La Drôme a un potentiel extraordinaire de plantes qui peuvent servir à la fabrication d’huiles essentielles. C’en est au point que cette activité est devenue un point fort de l’économie départementale. Un des hommes qui a joué un rôle important dans cette redécouverte est Rodolphe Balz, fondateur, dans les années 70-80 de Sanoflore, à Gigors et Lozeron, puis de l’IRIS à Eygluy.  Dans un premier film, il décrit la richesse médicinale des plantes. Toute la vallée de la Gervanne a connu Sanoflore, entreprise spécialisée dans la production d’huiles essentielles qui fut une bénédiction pour l’emploi local et pour bien des paysans. En voici, dans un second film, Rodolphe Balz qui raconte toute cette aventure.

Films à visionner sur le site des productions de vidéos Val de Drôme.

 

Se soigner par les plantes : traditions, pratiques, territoires

Colloque de la Société Française d’Ethnopharmacologie, Metz (France), 9 septembre 2017

Programme

9h00 – Introduction
Jacques Fleurentin et Déborah Kessler-Bilthauer

9h15 – Savoirs traditionnels et récolte sauvage de plantes médicinales dans les montagnes du sud-est de l’Albanie
Sabrina Tomasini, Doctorante au Department of Food and Resource Economics – Sections for Global Development, Université de Copenhague, Danemark

10h00 – Paysans herboristes, vers une appropriation de savoirs et de savoir-faire de la santé ?
Thierry Thévenin, producteur-herboriste, porte-parole du Syndicat Simples, président de la Fédération des Paysans-herboristes

11h15 – Histoire et enjeux des usages populaires des plantes sauvages médicinales dans le Diois (Drôme) : traditions et mutations
Grégori Lemoine, ethnobotaniste, Association FloréMonts, Soubreroche 26410 Boulc-en-Diois

13h30 – Soins par les plantes en Haute-Provence, d’hier à aujourd’hui. L’approche ethnobotanique
Laurence Chaber, ethnobotaniste

14h15 – Usages populaires des plantes sauvages dans le bocage du Pays de Chimay (Belgique)
Samuel Puissant, animateur et coordinateur du Centre Ethnobotanique de l’Etang de Virelles (Belgique)

15h30 – Les plantes, les hommes et les enchevêtrements ambitieux. Exemples dans l’ethnobotanique des pays germanophones
Ekkehard Schröder, psychiatre, ethnologue et éditeur de la revue « Curare. Journal of Medical Anthropology (Medizinethnologie) ». Représentant de l’AGEM, une association allemande d’anthropologie médicale

16h15 – Un exemple d’enquête ethnobotanique dans les Vosges : prépondérance des savoirs médicinaux et particularismes locaux
Elise Bain, ethnologue, Association « Alchémille et compagnie », Musée de Salagon

17h00 – Table ronde avec les intervenants de la journée
Introduction : Etat des lieux de l’ethnobotanique française
Carole Brousse, doctorante en ethnologie à l’IDEMEC, Aix-Marseille

Informations sur le site de la SFE.

 

Ethnobotanique et herboristerie paysanne en France. Anthropologie de la relation des hommes au végétal médicinal (deuxième moitié du XXe siècle – première moitié du XXIe siècle)

Soutenance de thèse de Carole Brousse, MMSH, Aix-en-Provence, 13.07.2017 à 13h

L’herboristerie, activité consacrée à la préparation et à la vente de plantes médicinales, se renouvelle depuis les années 1970 autour d’acteurs aux pratiques techniques et approches scientifiques divergentes. Parmi eux, des paysans-herboristes cultivent, cueillent puis transforment eux-mêmes les espèces végétales qu’ils commercialisent tout en mobilisant les usages de la médecine végétale populaire transmis par l’ethnobotanique pour qualifier leurs qualités thérapeutiques. L’ethnobotanique est une discipline vouée à l’étude des relations flore-société investie notamment par des acteurs non-académiques qui travaillent sur le recueil des savoirs naturalistes populaires. La thèse met en lumière les ressorts de la relation que les paysans-herboristes tissent avec le végétal et la façon dont ils utilisent l’ethnobotanique pour asseoir la légitimité de leurs pratiques. En échangeant des savoirs sur les propriétés médicinales du végétal, il apparaît que les institutions de la recherche et du patrimoine d’une part, les paysans-herboristes et les ethnobotanistes d’autre part, participent à un processus de production collective de connaissances sur les plantes orienté vers le développement de l’autonomie thérapeutique. La thèse met également en évidence l’attention particulière des paysans-producteurs aux vulnérabilités humaines et végétales et la prise en compte de l’intentionnalité des plantes qui caractérise leur pratique de l’herboristerie. Les données de terrain ont été recueillies dans différents contextes entrelacés : les institutions patrimoniales et scientifiques (séminaires de l’ethnopôle de Salagon, collections ethnobotaniques du musée du quai Branly et du Muséum national d’Histoire naturelle), les arènes de l’herboristerie française et les fermes des paysans-herboristes.

Jury composé de :
– Nicolas ADELL, Maître de conférences HDR, LISST, Université de Toulouse II Le Mirail, Examinateur.
– Serge BAHUCHET, Directeur de recherche, Éco-anthropologie et Ethnobiologie, CNRS, Rapporteur.
– Élise DEMEULENAERE, Chargée de recherche, Éco-anthropologie et Ethnobiologie, CNRS, Examinatrice.
– Valérie FESCHET, Maître de conférences HDR, IDEMEC, Université d’Aix-Marseille, Directrice de thèse.
– Jean-Paul GAUDILLIÈRE, Directeur de recherche et directeur d’études INSERM-CERMES3, EHESS, Rapporteur.
– Cyril ISNART, Chargé de recherche, IDEMEC, CNRS, Examinateur.