ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Usages généraux des végétaux

Venenum, un monde empoisonné

Exposition, Musée des Confluences, Lyon (69, France), 15.04.2017-15.01.2018

Que ce soit un moyen de défense ou de pouvoir, une arme mortelle ciblée ou diffuse, une menace environnementale ou encore un espoir pour la médecine de demain, les poisons ont toujours suscité crainte et fascination. Le mot latin venenum désigne aussi bien les poisons élaborés par l’homme que les substances vénéneuses des plantes et des champignons ou encore le venin du serpent. Le poison évoque une double ambiguïté : il est à la fois une substance originellement présente dans le milieu naturel mais également une mixture préparée à des fins criminelles, qui en fonction de la dose, pourra être mortelle ou salvatrice. L’exposition décrit les différents rôles joués par le poison dans l’histoire et la culture, la science et les croyances, la médecine et la criminologie.

Site de l’exposition ici.

C’est quoi, l’ethnobotanique ?

Appel à communication, 16ème séminaire annuel d’ethnobotanique du domaine méditerranéen, Salagon, Mane (France), 5-6-7 octobre 2017

Au début du XXIe siècle, la relation des sociétés humaines avec les plantes conserve beaucoup des attitudes anciennes. Certaines d’entre-elles se perdent, d’autres se transforment. Il s’y ajoute en permanence de nouveaux usages/nouvelles représentations, souvent reliés à la construction de l’idée contemporaine de nature. C’est au moment où les sociétés urbaines se font de plus en plus urbaines, que l’attention aux “choses de la nature” s’exacerbe, requiert de l’éclaircissement. L’ethnobotanique, longtemps regardée comme l’inventaire anachronique d’histoires feuillues plus ou moins folkloriques, est aujourd’hui en droit, sinon de revendiquer une situation de discipline autonome, en tout cas de s’interroger sur elle-même comme champ particulier des sciences humaines. C’est ce sur quoi propose de s’attarder le 16ème séminaire d’ethnobotanique de Salagon. 

Le Musée de Salagon (Haute-Provence) lance son appel à contribution pour son seizième Séminaire annuel d’ethnobotanique ; vous le trouverez intégralement ici.
Les propositions (un résumé de 5000 caractères maximum) sont à renvoyer avant le 31 mai 2017 à l’adresse suivante : elisebain@hotmail.fr

Enquête ethnobotanique sur l’utilisation de Coriaria myrtifolia au Nord du Maroc

Article de Maha Hafse, Abdellah Farah, et Kawtar Fikri Benbrahim paru dans International Journal of Innovation and Applied Studies, Volume 20, Issue 3, June 2017, Pages 1011–1019

Cette enquête s’inscrit dans le cadre d’un travail portant sur la valorisation de Coriaria myrtifolia du Nord du Maroc. Elle a comme objectif la détermination de l’usage traditionnel de cette plante par la population locale. Afin d’atteindre cet objectif, un questionnaire est utilisé auprès des habitants, des herboristes et des phytothérapeutes de la région de chefchaouene. Les résultats ont révélé que Coriaria myrtifolia est généralement utilisée toute entière (90%) pour différents usages comme la combustion (87%), le lavage des ustensiles de la cuisine (3%) et le tannage des cuirs (10%).

Article intégralement accessible en version PDF (566 Ko) sur le site de la revue.

L’asclépiade, la plante miracle à tout faire

Article de Frédérique Féron paru dans Paris Match le 14.12.2016

« C’est une plante incroyable qui pousse comme du chiendent au Canada. L’asclépiade produit une fibre d’une douceur incomparable qui tient chaud sur les glaciers de l’Everest et peut dépolluer les océans… Un ingénieur québécois a redécouvert ce qui était au XVIIe siècle, à la cour de France, l’étoffe des rois. Et va ouvrir une nouvelle « route de la soie » qui sillonnera l’Amérique du Nord du Québec jusqu’au Mexique.

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Moissonner un champ de mauvaises herbes, cela ne s’était encore jamais vu. Cet automne, au Canada, dans la vallée du Saint-Laurent, c’est pourtant ce qu’il s’est passé. De là à penser que les Québécois sont tombés sur la tête… Quelques dizaines d’agriculteurs se sont en effet laissé convaincre d’ensemencer l’asclépiade, une plante envahissante qui pousse comme du chiendent en Amérique du Nord, au bord des autoroutes et dans les terrains mal entretenus. La bête noire de tous les Canadiens, sauf pour François Simard. Ce n’est pas sa jolie fleur rose qui intéresse l’ingénieur mais son fruit en forme de gousse qui laisse flotter au vent comme des dizaines de fils blancs, plus doux que le coton, ce qui vaut à la plante le surnom de «soyer du Québec»… »

Lire l’intégralité de l’article ici.

Les gens du lin

Expositions et photographies de Eric Bénard

« Eric Bénard nous raconte une autre histoire du lin : celle d’une nouvelle économie, allant du textile aux nouvelles applications, dans laquelle notre pays redresse la tête en s’associant au reste du monde, plutôt qu’en luttant contre.

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Il attire notre attention sur des visages exprimant le plus souvent la concentration. Les travailleurs de France et d’ailleurs n’ont pas de regards absents, ils réfléchissent, calculent, projettent. Ils ont le souci du travail bien fait et de la qualité du produit. On ne s’étonne pas que notre pays occupe la première place dans la culture du lin.
Et pourtant, il ne s’agit plus d’une activité locale, fermée sur un petit monde mais d’une collaboration mondiale entre des hommes de nations différentes. » (extrait de la préface du catalogue, Jean Ruffier)

Informations ici et catalogue de l’expo en PDF.

 

Mapuche les hommes – plantes

Emission « Tout un monde », radio France Culture, 04.02.2017

Malgré les exactions coloniales, les spoliations territoriales, près de un million de Mapuche vivent au Chili. Leurs subtiles connaissances des plantes, les usages qu’ils en font pour l’artisanat, la construction, l’alimentation, la médecine ou les activités rituelles pratiquées par les machis (leurs chamanes), perdurent et même renaissent sous nos yeux. Dans cette perspective, l’émission fera le point sur l’application du protocole de Nagoya en matière de biodiversité dans le monde et sur l’appropriation illégale des ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées, sans partage des avantages issus de leur utilisation.

Émission à (re) écouter sur le site de la radio.

De la friche urbaine à la biodiversité. Ethnologie d’une reconquête : La petite ceinture de Paris

Thèse de Julie Scapino, Architecture, aménagement de l’espace. Museum national d’histoire naturelle – MNHN Paris, 2016, 525 p.

L’attention pour la biodiversité se porte aujourd’hui sur les villes : il faut désormais prendre soin des espèces et des écosystèmes jusqu’au cœur des milieux les plus artificiels. Or, accueillir une nature sauvage bouleverse les critères d’ordre et de propreté des espaces urbains, et modifie les cultures professionnelles de leurs concepteurs et gestionnaires. Fin 2011, la Ville de Paris s’est dotée d’un Plan biodiversité. Fondé sur les savoirs de l’écologie scientifique, il doit permettre de renforcer la présence du vivant dans la capitale et affiche la volonté de changer le regard sur le sauvage en ville. Cette politique est confrontée à l’ethnographie d’une vaste friche urbaine, enjeu territorial pour la biodiversité parisienne : la petite ceinture. Construite au XIXe siècle autour de Paris, cette voie ferrée, en grande partie inutilisée, a été colonisée par la flore et la faune. Officiellement interdite au public, elle est pourtant intensément fréquentée par de nombreux habitants. Les rapports au lieu et à la nature qu’il abrite ont été étudiés chez les usagers informels des rails. L’absence de fonction officielle et une surveillance lâche permettent l’existence d’une vie sociale diversifiée, transgressive et inventive. Si la nature n’est pas centrale dans les relations à la friche, elle est une composante de l’identité du lieu. Le développement libre du végétal est valorisé pour sa rareté dans un monde urbain ultra-contrôlé, alors que son intérêt écologique est peu évoqué. En parallèle, la petite ceinture s’institutionnalise au titre de la nature. D’une part, une gestion différenciée est appliquée depuis 2006 par des équipes dont l’action participe d’une mise en ordre de l’espace. D’autre part, la Mairie de Paris aménage certains points du linéaire en jardins associatifs ou publics. L’étude du cas d’une promenade dans le XVe arrondissement révèle une véritable attention portée à la biodiversité. Mais la reconquête du délaissé va aussi de pair avec des modalités nouvelles de maîtrise du vivant et une normalisation du lieu et de sa pratique sociale. Herbes folles et pratiques informelles émergent là où le contrôle se desserre. Si les mauvaises herbes ont été réhabilitées, peut-être est-il possible de changer notre regard sur la fertilité sociale de la friche.

Thèse intégralement accessible en version PDF (23.92 Mo) sur Tel.