ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Usages alimentaires des végétaux

Stratégie de valorisation des espèces ressources des produits non ligneux de la savane des environs de Kinshasa: I. Enquête ethnobotanique

Article de E. Makumbelo, L. Lukoki, J.J.s.j Paulus et N. Luyindula paru dans « Tropicultura« , 2007, 25, 1, pp.51-55

Une enquête ethnobotanique a porté sur les espèces ressources en produits non ligneux de la savane dont les fruits sont souvent consommés entre les repas. Les produits récoltés et leurs usages ont été étudiés, auprès de la population de 522 parcelles. Les 13 espèces identifiées à Kinshasa sont aussi présentes dans les districts du Bas-Congo et du Kasaï. Le prélèvement abusif des graines et des rhizomes conjugué à l’action du feu de brousse et de mauvaises pratiques culturales rendent ces espèces vulnérables et entraînent la dégénérescence de l’écosystème herbeux.

Accessible intégralement en version PDF (140 Ko) sur le site de la revue.

Etude ethnobotanique d’une noix comestible : les Canarium de Vanuatu

Article de Annie Walter, C. Sam et Geneviève Bourdy paru dans le Journal de la Société des Océanistes, 1994, 98 (1), pp. 81-98.

L’une des noix comestibles les plus répandues et les plus consommées en Mélanésie est la noix de kanari (Canarium sp.), Canarium almond en anglais, nangai en bichelamar ou galip en pidgin de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Bien que le Canarium eût été consommé avant l’arrivée des premiers Européens en Mélanésie, il a fallu attendre les années quatre-vingts pour qu’une attention particulière lui soit portée, en raison des potentialités économiques de certaines de ses espèces.

Plusieurs États de l’aire mélanésienne, soucieux de trouver dans leur environnement de nouvelles ressources commerciales, de parvenir à un développement durable en gérant de façon adéquate leurs forêts et les produits utiles qu’elles renferment et de promouvoir la consommation des produits alimentaires locaux, ont entrepris des inventaires systématiques de leurs fruitiers au sein desquels se trouvent immanquablement les Canarium. C’est le cas des Salomons (Evans,1991) et de Vanuatu où les auteurs de cet article ont mené leurs enquêtes.


Accessible intégralement en version PDF (1,7 Mo) sur la base Horizon de l’IRD.

Et l’homme des cavernes inventa le pain

Article de Stéphane Foucart paru Le Monde, 23 octobre 2010, p. 18

Des pierres taillées par nos ancêtres du paléolithique, on a surtout retenu qu’elles étaient faites pour découper la chair, déchirer des tendons, racler des peaux, briser des os. Des chercheurs russes et européens montrent, lundi 18 octobre, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), qu’elles pouvaient avoir d’autres fonctions. Et que, il y a 30 000 ans, les hommes du gravettien étaient sans doute autant chasseurs et bouchers que meuniers et boulangers. Lire la suite l’articleEn analysant les industries lithiques de trois sites datés d’environ 30 000 ans, Anna Revedin (Institut italien de préhistoire et de protohistoire à Florence) et ses coauteurs ont, en effet, découvert des traces ténues d’amidon. La répartition de ces traces sur les instruments étudiés indique que ces derniers ont été utilisés comme meules, pour broyer certaines parties de plantes, transformées en une manière de farine.
Les trois sites analysés recouvrent une vaste aire géographique : le premier se trouve en Italie, les deux autres en Tchéquie et en Russie. Cette pratique semble donc avoir été indépendante des climats et des environnements divers auxquels étaient soumis les hommes qui s’y livraient.
Ceux-ci exploitaient une grande variété de végétaux pour produire cette farine : l’analyse des microtraces suggère qu’ils utilisaient différentes herbacées – massette à feuilles étroites (Typha angustifolia), rubaniers (du genre Sparganium), fougères (du genre Botrychium)… Les hommes du paléolithique supérieur ont, en outre, mis à profit diverses parties de la plante : racine, rhizome (partie souterraine de la tige) ou graines. La farine obtenue ne devait donc pas avoir grand-chose à voir avec celles utilisées aujourd’hui…
C’est la confirmation, par analyse de microtraces, de choses qui étaient largement soupçonnées, « c’est-à-dire que les hommes du paléolithique ne mangeaient pas que de la viande »‘, dit l’archéologue et préhistorien Pascal Depaepe (Institut national de recherches archéologiques préventives). Et pour cause, membres de l’espèce Homo sapiens, les représentants de la culture gravettienne n’étaient morphologiquement guère différents des hommes actuels. Au contraire des Néandertaliens dont l’analyse chimique des ossements a montré que leur alimentation était essentiellement carnée.
Transformation des végétaux
La proximité biologique entre les Gravettiens et les hommes actuels a un autre corollaire immédiat : pour pouvoir digérer ces farines issues de végétaux préalablement séchés, les sapiens du paléolithique supérieur devaient les faire cuire. Et pour ce faire, devaient les mêler à de l’eau. Le résultat devait être une sorte de galette : le pain n’est pas très loin. Selon Anna Revedin et ses coauteurs, cette transformation de la matière végétale permettrait une meilleure conservation, offrant « une plus grande indépendance aux fluctuations saisonnières et environnementales ».
Identifiée pour la culture gravettienne qui s’étire d’environ -30 000 ans à – 20 000 ans et recouvre l’essentiel du Vieux Continent, cette pratique, s’interroge M. Depaepe, relève-t-elle d’une « spécificité culturelle  » ? « Il serait très intéressant, ajoute-t-il, de reproduire ce genre d’analyse sur du matériel magdalénien », du nom de la culture bien plus tardive installée entre -17 000 ans et  10 000 ans sur une partie de l’Europe.
La découverte de ces trois « boulangeries archaïques » montre que, plus de 20 000 ans avant l’invention de l’agriculture, les hommes maitrisaient déjà des techniques complexes de transformation des végétaux. Jusqu’à présent, les plus anciennes pierres identifiées comme des meules avaient été découvertes en Chine orientale et datées d’environ 20 000 ans.
Au début des années 1990, l’analyse des marques d’usure de certains outils  avait permis de suggérer qu’ils avaient été utilisés pour broyer des végétaux, mais la démonstration nen avait pas été apportée par la recherche de microtraces d’amidon. Les travaux d’Anna Revedin et de ses coauteurs renforcent  donc cette interprétation. Et suggèrent que les hommes fabriquent, depuis très longtemps et un peu partout, une sorte de pain.

L’olivier : histoire, botanique, régions, culture, produits, usages, commerce, industrie, etc.

Ouvrage de Amédée Coutance, Paris : J. Rothschild, 1877, 456 p.

Ouvrage en trois parties : l’olivier, l’olive et l’huile d’olive.


Ouvrage numérisé entièrement consultable page par page sur E-Corpus et téléchargeable sur Gallica.

La cuisine de Tombouctou (Mali) entre Afrique subsaharienne et Maghreb

Article de Monique Chastanet paru dans Horizons Maghrebins, n° 59, numéro spécial “ Manger au Maghreb ” (2008), pp. 47-73

Le nom de Tombouctou est surtout associé à son ancien rôle de carrefour commercial et de haut lieu de la culture islamique. Sa renommée au Mali est également liée à sa cuisine. Celle-ci témoigne de la rencontre de plusieurs influences, sahélo-soudaniennes, sahariennes et maghrébines. Du XIVe au XVIIIe siècle, voyageurs “arabes” et chroniques locales nous informent sur les principaux produits alimentaires et sur certains plats. Au XIXe et au début du XXe siècle, les voyageurs européens puis les premiers témoignages de la période coloniale évoquent l’animation commerciale de la ville et nous renseignent plus précisément sur certains mets. Enfin un recueil d’une cinquantaine de recettes, publié récemment par une habitante de Tombouctou, nous permet d’appréhender les traits caractéristiques de cette tradition culinaire. À travers ces différentes sources, c’est la cuisine des familles aisées de la ville qui est la mieux documentée. On dispose toutefois de quelques informations sur les habitudes alimentaires des autres milieux sociaux. On peut également “suivre” certaines préparations du XIVe siècle à nos jours, telles que le pain, le couscous ou le “dokhnou”.

Article intégralement accessible en version PDF (563 Kb) sur HAL-SHS.

Pensée magique et utopie dans la science. De l’incorporation à la «diète méditerranéenne»

Article de Claude Fischler paru dans les Cahiers de l’Ocha n°5 (Pensée magique et alimentation aujourd’hui, Claude Fischler, dir.) (1996), pp. 1-17

Dans le rapport anthropologique à l’alimentation, le principe d’incorporation joue un rôle fondamental : je suis, je deviens ce que je mange ; le mangeur est transformé analogiquement par le mangé, acquiert certaines de ses caractéristiques. Les travaux de Rozin et de Nemeroff nous montrent expérimentalement que ce principe d’incorporation, le « je suis ce que je mange », s’il relève de la « pensée magique », dépasse largement le débat anthropologique qui a fait rage depuis la fin du siècle dernier, puisqu’il concerne, non pas seulement un « stade » de la pensée ou de la civilisation mais, selon toute apparence, le fonctionnement mental humain en général. On en trouve en tout cas les manifestations ici et maintenant, dans les populations des pays développés (en particulier dans le régime dit « diète méditerranéenne »), en fait chez chacun d’entre nous.

Article intégralement accessible en version PDF sur HAL-SHS.

Les chasseurs-cueilleurs du bassin du Congo

Conférence internationale, du 22 au 24 septembre 2010, Montpellier (France)

Dans l’esprit du CHAGS (International Conference on Hunting and Gathering Societies) malheureusement interrompu à l’issue de sa 9ème édition (Edimbourg 2002), cette conférence internationale réunira les plus grands spécialistes et étudiants travaillant sur les chasseurs-cueilleurs du bassin du Congo . Cette rencontre interdisciplinaire sera l’occasion de faire un état des lieux de l’avancée des recherches sur les chasseurs-cueilleurs de cette partie de l’Afrique, avec un accent particulier accordé au devenir de ces sociétés dans un monde en plein changement.

Site du symposium avec toutes les informations.

Contact : conference@congobasin-hg.org