ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Usages alimentaires des végétaux

L’homme de Néandertal cuisait sa nourriture

Article du Monde, 27.12.2010

Éteint il y a environ 30 000 ans, l’homme de Neandertal ne se nourrissait pas exclusivement de viande mais aussi de végétaux et cuisait sa nourriture, à l’instar de son cousin l’homme moderne, selon une étude publiée lundi 27 décembre dans les Annales de l’Académie américaine des sciences.
Selon de précédentes recherches, les Néandertaliens étaient surtout des chasseurs carnivores, ce qui aurait précipité leur extinction. Les premiers hommes modernes avec lesquels ils ont coexisté pendant quelque 10 000 ans ont pu survivre, selon l’hypothèse avancée jusqu’à présent, en s’adaptant mieux à d’autres sources de nourriture que la viande, c’est-à-dire en consommant des aliments à base de végétaux, mais aussi des poissons et des fruits de mer selon l’endroit où ils se trouvaient.
La nouvelle étude publiée dans les Annales a été effectuée à partir d’analyses de particules de nourriture enfermées dans des plaques de tartre provenant de dents fossilisées de Néandertaliens découvertes sur des sites archéologiques en Irak et en Belgique. Des chercheurs y ont découvert des grains d’amidon provenant de nombreuses plantes, dont une herbe sauvage, des traces de différents légumes, de racines et de tubercules.
PAS D’AGRICULTURE
Un grand nombre de ces aliments ont subi des modifications physiques correspondant à la cuisson, notamment des grains d’amidon, ce qui laisse penser que l’homme de Neandertal maîtrisait le feu, comme les premiers hommes modernes. Ces dents contenaient également des traces de particules de datte et de l’amidon provenant de beaucoup d’autres végétaux sur lesquels les chercheurs continuent à travailler pour les identifier.
Aucun artefact de pierre n’indique toutefois que les Néandertaliens utilisaient des outils pour broyer les graines, ce qui conduit à penser qu’ils ne pratiquaient probablement pas l’agriculture.
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La Préhistoire des autres. Comment l’archéologie et l’anthropologie abordent le passé des sociétés non occidentales

Colloque international organisé par le Musée du Quai Branly et l’Inrap, 18 et 19 janvier 2011, au Théâtre Claude Lévi-Strauss, Musée du Quai Branly, Paris (France)

Comment l’anthropologie prend-elle en compte le passé des sociétés dites « tribales » qu’elle étudie ? Comment ces sociétés se représentent-elles leur passé et comment l’archéologie peut-elle leur apporter une profondeur historique ? Quel est l’apport de l’archéologie à la connaissance de ces sociétés souvent appréhendées de manière intemporelle ? Dans quelles perspectives historiques et archéologiques replacer ces sociétés ? Comment, en retour, l’anthropologie et l’archéologie des sociétés non européennes permettent-elles de donner des perspectives renouvelées à l’archéologie « occidentale » ?
Associant archéologues et anthropologues travaillant sur des cultures non occidentales, ce colloque présentera les avancées récentes dans le champ de la recherche, en mettant l’accent sur la Préhistoire et la Protohistoire non occidentale. Synthèses générales et études de cas permettront de faire le point sur la diversité des domaines et des zones géographiques abordées.

Programme
Mardi 18 janvier 2011
Archéologie et anthropologie sociale (matin)

Les sociétés dans leur environnement
Source de gibier et de matières premières pour les chasseurs-cueilleurs, l’environnement naturel assure une certaine stabilité des populations. Avec la domestication des plantes et des animaux, avec la sédentarisation et l’urbanisation, l’exploitation de l’environnement s’intensifie, mais aussi les risques et les perturbations.
Séance présidée par Danièle Lavallée, cnrs
– La coévolution homme-environnement sur la longue durée, Sander Van der Leuuw, Arizona State University, Tempe
– L’agriculture a-t-elle joué un rôle important dans l’organisation sociale de l’Amazonie ancienne ? Eduardo Góes Neves, Universidade de São Paulo
– Little Foot à Sterkfontein (Afrique du Sud) : géoarchéologie d’un « chasseur chassé », Laurent Bruxelles, Inrap, umr 5608
– Les premiers ensembles de céramique de Saint-Louis sur le bas Maroni en Guyane française, Martijn Van den Bel, Inrap
– Usages des coquillages dans les sociétés précolombiennes des Petites Antilles : éléments de systèmes techniques, sociaux et culturels, Nathalie Serrand, Inrap, umr 7209
– La figure atemporelle du « nomade des steppes » en Asie intérieure, Carole Ferret, cnrs, Laboratoire d’anthropologie sociale
– Discussion


Mercredi 19 janvier 2011
Les sociétés et leurs objets
L’idéel et le matériel

Inscription gratuite en ligne ici.

Denrées et cultures nouvelles : perceptions et lectures croisées autour des fruits de la Méditerranée historique

Séminaire, Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris, France), 7 janvier 2011

Dans le cadre de l’ANR FRUCTIMEDHIS « Denrées et cultures nouvelles : perceptions et lectures croisées autour des fruits de la Méditerranée historique », aura lieu un séminaire de réflexion sur l’introduction d’espèces fruitières nouvelles en France se tiendra au . Il s’agit de confronter les regards et les approches à partir de sources variées iconographiques, historiques, bioarchéologiques, archéogénétiques afin de mieux cerner les proccessus techniques, culturaux, économiques, sociaux d’introduction des fruits venus de l’ailleurs dans le monde occidental aux périodes historiques.

Programme

– Introduction, Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille), coordinatrice
– Un « fruit sec » aromatique de la cuisine romaine : le cas du Cyprès (Cupressus sempervirens) en Gaule d’après les données archéobotaniques, Marie-Pierre Ruas (AASPE, CNRS) et Laurent Bouby (CBAE, CNRS)
– Introduction des agrumes en Méditerranée occidentale: données textuelles, iconographiques, archéobotaniques. Nouvelles perspectives, Clémence Pagnoux (Paris 1, Master 2), Sylvie Coubray (AASPE, INRAP) et Véronique Zech-Matterne (AASPE, CNRS)
– Les fruits exotiques dans la religion chrétienne au Moyen Age (images et objets), Danielle Alexandre-Bidon (CRH, EHESS)
– Une pratique culturale méconnue au Moyen Âge : le complantage, Carole Puig (ACTER) et Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille)
– Histoire évolutive et biogéographique du palmier dattier (Phoenix dactylifera), Muriel Gros-Balthazard (CBAE, doctorante Université Montpellier 2), Sarah Ivorra (CBAE, CNRS), Claire Newton (CBAE, université de Nottingham), Jean-Christophe Pintaud (IRD, Montpellier), Jean-Frédéric Terral (CBAE, Université Montpellier 2)
– Le palmier-dattier d’après la littérature agronomique antique et médiévale, Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille)
– Les vestiges archéobotaniques de dattes (Phoenix dactylifera) en France : contextes et statut du fruit, Laurent Bouby (CBAE, CNRS) et Marie-Pierre Ruas (AASPE, CNRS)
– Production et commerce des dattes dans la Méditerranée médiévale, Mohammed Ouerfelli (LAMM, Université Aix-Marseille)
Contact
Aline Durand (adurand@mmsh.univ-aix.fr)

Ignames sauvages des écotones forêt-savane et forêt-culture du sud-est du Cameroun

Article de Edmond Dounias, Annette Hladik et Claude Marcel Hladik publié en 2003, In : In Froment, A. & Guffroy, J. (eds) Peuplements anciens et actuels des forêts tropicale, pp. 235-247. IRD Éditions, Paris.

Le phénomène de transgression forestière sur les savanes a été signalé par des botanistes et des géographes depuis plusieurs décennies, en divers pays d’Afrique forestière, aussi bien au Ghana qu’en Côte d’Ivoire,au Togo, au Nigeria, au Cameroun, en Centrafrique et au Congo (voir revue in Dounias 2000). Dans des zones actuellement couvertes par une forêt semi-caducifoliée, les monticules correspondant à des termitiè res anciennes de Macrotermes bellicosus (de 2 à 10 par hectare) témoignent de la présence antérieure de savanes (voir Boulvert 1990). Dans le présent  chapitre, nous discutons de l’éventualité du rôle de certaines plantes lianescentes à tubercules dans  la dynamique des écotones. Il s’agit des ignames sauvages, considérées ici à un double titre : d’une  part elles constituent un groupe de lianes particulièrement abondant sur la lisière forestière ; d’autre part la consommation des tubercules de certaines espèces, correspond  à une forte intervention humaine sur ces zones de frange.
Accessible intégralement en version PDF (1 Mb)sur HAL-SHS.

Symposium international autour des teintures et des colorants naturels

Symposium international, La Rochelle (France), 25 au 30 avril 2011

Plus de 500 participants, de plus de 70 pays, sont attendus au Symposium International « ISEND 2011 Europe.  Un programme particulièrement riche et dense sera proposé aux chercheurs, artisans, producteurs de plantes tinctoriales, designers, producteurs de colorants naturels, entreprises textiles ou encore de cosmétiques, qui seront présents. Au programme, des conférences, des présentations de posters et de films, des démonstrations de teintures et d’impressions textiles, mais également des visites techniques notamment chez des agriculteurs producteurs de plantes tinctoriales ou encore au sein de laboratoires d’extraction et d’application.


Les participants à ce grand rendez-vous mondial des teintures et des colorants naturels pourront également y découvrir un marché de colorants, de pigments naturels et de produits fabriqués avec ceux-ci. Par ailleurs, plusieurs expositions seront spécialement organisées à cette occasion au Muséum d’Histoire naturelle et à l’Aquarium.

Informations sur le site du symposium.

Agriculture et alimentation végétale en milieu montagnard durant le Néolithique : nouvelles données carpologiques dans les Alpes françaises du Nord

Thèse de Lucie Martin, Université Panthéon-Sorbonne – Paris I Universität Basel (Archéobotanique), 30/09/2010, Stéphanie Thiébault; Stefanie Jacomet (Dir.), 284 p.

Depuis quelques années, plusieurs fouilles archéologiques dans les Alpes françaises du Nord ont révélé la présence de macrorestes végétaux, dont de nombreuses graines carbonisées de plantes sauvages et cultivées. L’analyse carpologique porte sur trois sites néolithiques en cours de fouille et une fouille menée auparavant. Il s’agit de l’abri sous roche de la Grande-Rivoire à Sassenage, dans le massif du Vercors (Isère) ; du site de plein air du Chenet des Pierres à Bozel, dans la vallée de la Tarentaise (Savoie) ; de la grotte des Balmes à Sollières-Sardières dans la Haute-Maurienne (Savoie) et de l’abri sous bloc ALP 1 de l’Aulp du Seuil, à Saint-Bernard-du-Touvet dans le massif de la Chartreuse (Isère). La problématique générale de ce travail est de définir, par ces nouvelles analyses et les connaissances disponibles, la façon dont les communautés humaines tiraient profit de leurs ressources végétales, cultivées ou sauvages, pour subvenir à leur besoin. Ce travail permet de répondre notamment à plusieurs interrogations sur la gestion de l’environnement végétal par l’homme au Néolithique, dans un contexte montagnard. Dans cette région aux biotopes variés et étagés, nous avons mis en évidence l’importance des céréales sur deux sites, et la possibilité de cultures en altitude. La cueillette, qui tient également une place importante, est pratiquée sur un large territoire, couvrant plusieurs étages de végétation. L’analyse carpologique de niveaux de bergerie nous permet de comprendre la façon dont les hommes géraient les ressources végétales pour l’entretien du bétail. Plusieurs taxons, comme les céréales, le sapin, le gui et l’if ont été reconnus pour leur usage vétérinaire et sanitaire. Enfin les données carpologiques contribuent à la compréhension de la fonction et de l’occupation des sites au sein du territoire alpin en fonction de la production et/ou de la consommation de plantes cultivées, d’un apport de la plaine ou encore de l’importance de la cueillette.

Thèse accessible intégralement accessible en version PDF (126.4 MB) sur TEL.

Green leafy vegetables of rural India: ethnobotany and contribution to eye health

Thèse (en anglais) de Julie Bélanger, McGill University (Montréal), mai 2010, Timothy A Johns (Dir.), 232 p.

Afin de reconnaître la contribution de la biodiversité à la santé humaine, de solides preuves scientifiques additionnelles sont requises. D’autre part, la nature multifactorielle de cette relation nécessite l’élaboration de cadres de recherche innovateurs. Ce mémoire présente une étude de cas multidisciplinaire sur la contribution d’éléments de la biodiversité, en particulier les légumes feuillus cultivés et sauvages, en relation avec la prévention de la cataracte liée à l’âge dans le contexte rural de l’Inde du Sud. Au coeur de ce projet, une étude ethnobotanique a permis d’identifier les facteurs déterminant la consommation de légumes feuillus, et de démontrer l’influence significative des propriétés qui leur sont attribuées et de leur statut de culture sur les habitudes de consommation. Les espèces analysées par chromatographie en phase liquide à haute performance ont affiché d’importantes concentrations de lutéine et de β-carotène. Se basant sur ces données ethnobotaniques et analytiques, une étude cas témoin a été conduite dans un centre d’ophtalmologie afin de comparer la consommation de légumes feuillus, en quantité et en diversité, et de lutéine et zéaxanthine, chez des patientes diagnostiquées et des témoins sains. Des associations contradictoires concernant la consommation de légumes feuillus et le risque de cataracte ont été observées. En revanche, certains aliments traditionnels, comme le yaourt et le thé, ont démontré une association négative avec la cataracte. L’intégration de ces études à l’intérieur d’un cadre multidisciplinaire a permis de tenir compte des relations complexes entre les composantes biologiques, socio-économiques et environnementales de la santé de l’oeil et de la diversité botanique, permettant ainsi la découverte d’importantes connaissances applicables à la prévention de la cataracte chez des populations à risque.

Accessible intégralement en version PDF (4Mo) sur le site de l’Université Mc Gill.