ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Usages alimentaires des végétaux

L’image des légumes. Circulation des discours dans l’espace médiatique et désenchantement

Article de Hélène Burzala-Ory, Clémentine Hugol-Gential et Jean-Jacques Boutaud, Revue Anthropology of Food, Varia le numéro permanent, 15.07.2017

Au sein du vaste champ de recherche qu’est l’alimentation, les légumes et les représentations qu’en ont les mangeurs ont été délaissés malgré la place importante qu’ils occupent dans les discours officiels depuis la mise en place en 2001 du PNNS. Dans un contexte de stagnation de leur consommation, il semble judicieux de tenter de comprendre quels en sont les freins. Notre hypothèse veut que les discours médiatiques sur le sujet, dans la lignée du discours des autorités publiques, présentent les légumes avant tout comme un aliment fonctionnel, dans un pays où le goût et le plaisir restent pourtant des piliers de la culture alimentaire. Pour mettre à l’épreuve ce postulat, notamment à travers la circulation des discours sur les légumes, il est question ici d’analyser un corpus constitué à partir d’une source unique, l’agrégateur d’informations Google Actualités, qui a l’avantage d’agréger indistinctement les informations mises en circulation. Les premiers résultats obtenus montrent l’intérêt de cette méthode et confortent l’idée d’une image désenchantée des légumes dans les discours médiatiques malgré toutes les recommandations et prescriptions dont les médias se font aussi les relais.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

 

Jardins et jardiniers : les pieds dans la terre, la tête dans les nuages. Une anthropologie du potager

Thèse de Vincent Larbey, Sociologie. Université Paul Valéry – Montpellier III, 2013, 460 p.

Depuis le XIXe siècle en France, l’opposition entre agrément et utilitaire détermine nos représentations du jardin. Ainsi, le potager s’inscrirait avant tout dans une logique de production, à l’opposé du plaisir créatif et distingué propre au jardin d’agrément. L’observation de nombreux jardins vivriers et des manières de faire de leurs jardiniers, montre que ces jardins sont chargés d’intentions et de symboles dépassant la seule préoccupation de produire de la nourriture. C’est le cas des jardins éloignés du domicile, tels les jardins collectifs, familiaux ou partagés, mais aussi d’autres jardins, vivriers en Papouasie et en Amazonie, transitoires à New York. L’intimité du jardin, la mémoire du lieu, le « contact » avec la terre, l’autoproduction de nourriture, la dimension collective et l’exposition au regard des autres sont sources d’un fort investissement symbolique, suscitant des formes particulières d’appropriation, de sociabilité et d’expression ; une façon de concrétiser sa présence au monde, sa relation au temps, à « l’environnement », aux autres et à soi-même. Sans doute le mythe paradisiaque se construit-il sur ces aspects, dont se saisissent aussi les philosophes et les poètes. Cette recherche a également pour objet de souligner le hiatus entre la conception des jardins proposés par les collectivités publiques et les pratiques quotidiennes des jardiniers.

Thèse intégralement accessible en version PDF (77.43 Mo) sur Tel.

1 730 nouvelles plantes découvertes en 2016

Article de Pierre Le Hir, Le Monde, 18.05.2017

« L’organisation scientifique Les Jardins botaniques royaux de Kew dresse un nouvel inventaire de la flore mondiale. De possibles aliments du futur y figurent.

C’est une publication qui ravira les naturalistes et, plus largement, les amoureux du monde végétal. Les Jardins botaniques royaux de Kew, organisation scientifique qui gère notamment les célèbres Kew Gardens de la banlieue londonienne, inscrits au patrimoine de l’Unesco, livrent, jeudi 18 mai, la deuxième édition de leur rapport annuel sur l’état des lieux mondial des plantes. Un « herbier » auquel ont contribué 128 scientifiques de 12 pays.

On y apprend que 1 730 nouvelles espèces de plantes ont été découvertes en 2016 sur la planète, dont certaines constitueront peut-être des aliments du futur. C’est le cas de onze variétés brésiliennes de manioc (Manihot esculenta), la denrée de base la plus répandue dans le monde après le maïs et le riz. Ces nouvelles variétés pourraient contribuer à diversifier la production du manioc, estiment les auteurs, en permettant sa culture sous des climats plus arides que ceux où il pousse aujourd’hui… »

Lire l’article sur le site du journal.

Les plantes alimentaires de la Sardaigne : un patrimoine ethnobotanique et culturel d’ancienne origine

Article de I. Camarda, L. Carta, G. Vacca, A. Brunu paru dans Flora Mediterranea, n°27, pp.77-90

« L’importance de l’utilisation des plantes sauvages pour aide à celles cultivées à été déjà souligné depuis longtemps par Targioni-Tozzetti (1764) et il semble superflu d’insister sur cet aspect. Au cours du siècle dernier, en particulier en Europe, les grandes transformations sociales et la concentration de la population dans les grandes villes, a conduit à la disparition d’une grande partie des connaissances et de la pratique traditionnelle de recueillir les plantes spontanées d’intérêt alimentaire. Cependant, nous assistons aujourd’hui dans le monde entier  à  la  «redécouverte»  des  plantes  médicinales  et  alimentaires  sauvages  en général, un phénomène qui est devenu quelque chose de plus qu’une mode de notre époque lié  au  “désir  de  nature”,  impliquant  en  particulier  les  habitants  des  grandes  villes.  La connaissance des plantes alimentaires sauvages vit encore principalement dans les petites communautés qui préservent les usages traditionnels, non seulement en cas de besoin, mais aussi dans la pratique quotidienne et surtout pendant les fêtes traditionnelles… »

Lire, et télécharger, l’intégralité de l’article ici.

Mooc ProtéiNNOV

La prise de conscience d’une raréfaction des ressources en protéines animales dans les décennies à venir et la nécessité de produire plus durablement ces ressources alimentaires nous conduit à repenser aux autres sources de protéines, notamment les protéines d’origine végétale. Parmi les sources de protéines végétales, la plus employée comme substitut des protéines animales est le soja, mais le soja n’est pas la seule source de protéines végétales. Il est donc opportun de faire le point sur les autres sources de protéines végétales et sur leur utilisation. Le développement de nouveaux produits alimentaires riches en protéines végétales passe par la connaissance des atouts tant technologiques que nutritionnels de ces ingrédients, mais aussi des freins à leur introduction dans le régime alimentaire des européens.

Le MOOC proposé est donc ciblé sur les protéines végétales et sur leur utilisation dans l’alimentation humaine. Le cours a pour but d’apporter des connaissances dans quatre domaines ciblés sur l’utilisation des protéines végétales pour l’innovation de produits alimentaires : Agronomie, Nutrition, Technologie alimentaire et Innovation produits.

Informations sur ce Mooc sur la plateforme Fun.

Quand la châtaigne rit…

Emission « Co2 mon amour », radio France Inter, 18.03.2017

Denis Cheissoux a arpenté la vallée du Galeizon (Cévennes), en compagnie notamment de Stephan Garnier, délégué territorial au Parc National des Cévenneset d’Emeric Sulmont, garde moniteur et botaniste au Parc national des Cévennes.

A (re) écouter ici.

Produits oubliés, produits menacés, produits disparus Causes et mécanismes du déclin, XIVe-XXIe siècle

Colloque international, Université Bordeaux Montaigne, 4-6 avril 2017

Dans le cadre du programme TERESMA qui s’intéresse aux liens entre produits de terroirs, territoires, espaces et marchés hier et aujourd’hui, ce colloque se propose d’essayer de comprendre les causes et les mécanismes du déclin de certains produits du XIVe au XXIe siècle. Si l’histoire et les sciences sociales en général se sont beaucoup intéressées aux success stories, aux produits qui ont réussi à se diffuser largement, à s’inscrire dans la durée, à assoir leur notoriété et à entraîner la croissance de secteurs économiques, d’entreprises ou de territoires, l’échec peut lui aussi être un objet historique permettant de mettre en lumière les transformations économiques, sociales et culturelles d’une époque et d’un espace. Étudier les multiples processus de déclin, de la menace latente sur un aliment à sa disparition définitive, conduit ainsi à interroger les choix alimentaires et leurs contraintes, les orientations du secteur agro-alimentaire ou les politiques menées dans ce domaine.

Programme sur le carnet de Teresma.