ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Les végétaux et l'économie

L’amande, reine de Californie

Article de Elisa Bellanger, Marianne Boyer, Laurence Girard, Agathe Dahyot et Paul Pichot, Le Monde, 7.01.2018

« En l’espace de dix ans, la « Central Valley », principale zone agricole de Californie, a doublé la surface de ses vergers pour produire le fruit à coque. En apportant près de 80 % des volumes vendus sur la planète, elle écrase toute concurrence. Elle est parfois fourrée aux pommes. Ou au chocolat. Mais huit fois sur dix, la traditionnelle galette à la frangipane s’impose pour tirer les rois. Et pas uniquement lors de l’Épiphanie, célébrée dans les églises dimanche 7 janvier. Pendant tout le mois de janvier, une véritable fringale sucrée s’empare des Français, qui se ruent sur les galettes. Un jackpot pour les boulangers-pâtissiers prêts à faire leur beurre de cette douceur roborative. Mais aussi pour les vendeurs de poudre d’amande, l’ingrédient star de la recette de la frangipane. Avec les Rois, l’amande est reine… »

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L’Oréal se convertit à la coloration végétale

Article de Juliette Garnier paru dans Le Monde, 13.12.2017

« C’est une petite révolution. L’Oréal, numéro un mondial des cosmétiques, a dévoilé, mercredi 13 décembre, le lancement de Botanéa, une gamme de coloration capillaire 100 % végétale. Destinée aux seuls salons de coiffure, cette gamme à base de plantes – trois poudres de henné, de cassia et d’indigo, enrobées d’huile de noix de coco – sera disponible en Europe à compter de mai 2018.

En France, le groupe espère vendre cette gamme à 5 000 des 85 700 salons de coiffure de l’Hexagone. L’enjeu : convertir coiffeurs et coloristes à ce mode de coloration par cataplasme inspiré des méthodes employées par les femmes en Inde ou en Afrique du Nord.

A en croire la direction du groupe, malgré un temps de pose de 30 à 60 minutes (pour un coût de 50 à 80 euros), la tâche ne sera pas difficile. « La naturalité est une vraie attente des consommatrices aujourd’hui », juge Marion Brunet, directrice générale Internationale de L’Oréal Professionnel… »

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Des plantes dans l’illégalité. Récit d’une interdiction

Article de Benoit paru dans Nunatak, hiver-printemps n°1, 2017, pp. 43-52

Malgré la multiplication de scandales autour des médicaments (Médiator, Isoméride, Distilbène, Vioxx, Dépakine) et de leurs suites judiciaires spectaculaires, les géants de l’industrie pharmaceutique s’en tirent toujours à bon compte… Dans le même temps, nombreux sont ceux qui se tournent vers les remèdes naturels, la phytothérapie et les huiles essentielles, mais les contrôles s’intensifient auprès des producteurs de ces mêmes remèdes… Benoît, producteur de plantes, explique les conflits liés au commerce interdit de certaines plantes, comme la prêle ou l’hysope. Au-delà des particularités administratives spécifiques à un type d’artisanat, il nous importe d’analyser comment l’économie participe à la dépossession généralisée à travers la normalisation des pratiques et des productions.
Article (et numéro de la revue) intégralement accessible en version PDF (3.6 Mo) sur le site de la revue.

Fête des Simples 2017

Mise en ligne des enregistrements des conférences de la Fête des Simples 2017 (Rosans, 26)

– « La médecine traditionnelle africaine à Keur Massar » de Chantal Perrin, cinéaste (75), Djibril Bâ, directeur de lʼhôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal)

– « Comment circulent les graines quand les hommes sont enfermés, de la Provence à la Syrie » par la Coopérative Longo Maï (04)

 – « La réglementation des plantes médicinales et les paysans herboristes » par Évelyne Boyer, paysanne-herboriste (04) et Thomas Échantillac, paysan-herboriste (26)

– « Liberté dʼaccès à la terre, histoire, perspectives et actions concrètes » par Pierre Fabre, président de Terre de Liens PACA (06) Samuel Genas, maraîcher en cours d’installation à Rosans (05)

-« Odeurs de liberté » par Marie-Thérèse Esneault, musicothérapeute et aromacologue (94)

-« Pour une reconnaissance des alternatives aux pesticides » par Jean François Liphout, Président d’ASPRO PNPP (ASsociation pour la PROmotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes)

 

La loi de la banane

Documentaire de Mathilde Damoisel, Arte, novembre 2017

Sur ce simple fruit s’est bâti un empire. Raconter l’épopée édifiante de la banane, entre l’Amérique centrale et les États-Unis, c’est revenir aux sources d’un modèle plus que jamais d’actualité – un capitalisme se jouant des frontières et des lois nationales pour assurer à ses actionnaires des profits maximaux, jusqu’à menacer la démocratie. Quand elle apparaît au tournant du XXe siècle sur le marché nord-américain, la banane, denrée rare et chère, est réservée à une élite aisée. Minor Cooper Keith, entrepreneur visionnaire et dur en affaires, va faire d’elle un produit de consommation populaire, sur lequel il édifiera la première multinationale au monde. Bâtisseur du chemin de fer costaricain, il promet au lendemain de la Première Guerre mondiale aux jeunes nations d’Amérique centrale un développement basé sur la monoculture et l’exportation de la banane, en échange de terres achetées à vil prix, souvent confisquées aux petits paysans indiens, de l’usage gratuit des lignes ferroviaires qu’il construit et d’une quasi-exemption d’impôts.
Née en 1899, l’United Fruit Company (UFC) constitue trente ans plus tard une puissance régionale incontestée, édictant ses propres lois sur d’immenses plantations qui s’étendent jusqu’en Colombie. « Le Poulpe », comme on la surnomme, fait venir de Jamaïque une main-d’œuvre corvéable à merci, pourchasse les syndicalistes et fait pression sur les gouvernements des républiques « bananières ». Quand, en 1933, quatre ans après la mort de Keith, un self-made-man né en Moldavie, Samuel Zemurray, alias « le tsar de la banane », reprend les rênes du mastodonte, il amplifie ces méthodes, notamment grâce aux services du père des « spin doctors » Edward Bernays. En 1954, avec l’appui du gouvernement Eisenhower, tous deux chasseront du pouvoir au Guatemala le social-démocrate Jacobo Árbenz Guzmán, coupable d’avoir nationalisé pour sa réforme agraire des milliers d’hectares de l’UFC. La guerre civile déclenchée alors fera plus de cent mille morts jusqu’en 1996…
Les multinationales d’aujourd’hui ont repris les pratiques inaugurées par l’UFC en Amérique latine : intégration verticale, poursuite du monopole, privatisation des ressources, évitement fiscal. La monoculture intensive d’un produit d’exportation, qui épuise les sols et empoisonne les travailleurs, reste elle aussi en vigueur dans une grande partie du monde. Grâce à un montage d’archives rares, le film retrace près d’un siècle de règne sans partage. Des spécialistes (Geoffrey Jones, historien des multinationales à la Harvard Business School, Gaël Giraud, économiste à l’Agence française pour le développement, et la philosophe Cécile Renouard, enseignante à l’Essec) commentent cette histoire édifiante et en partie oubliée, illustration éclairante des dérives du capitalisme.

A revoir en replay sur le site de la chaine.

Le poivre, de l’Antiquité à l’époque moderne : un luxe populaire ?

Colloque international, Ecole normale supérieure, Campus Jourdan, Grand amphithéâtre – 48 boulevard Jourdan
Paris, France, 23-25 novembre 2017

Le poivre – dont la circulation et le commerce font l’objet du colloque – est un produit phare et un bon marqueur archéologique des échanges. Le poivre a déjà donné lieu à de nombreuses études, mais celles-ci restent le plus souvent segmentées d’un point de vue chronologique et géographique. Prenant comme point de départ la période antique, notre recherche entend s’inscrire dans la longue durée des échanges entre la Chine, l’Inde et secondairement l’Insulinde, et le monde méditerranéen, en multipliant les comparaisons entre les époques. En décloisonnant l’étude du commerce du poivre nous visons à repérer les évolutions et les déplacements significatifs et à faire progresser les connaissances et la réflexion sur des pans encore mal connus de la question.

Voir le programme ici.

Les jardins flottants du lac Inlé (Birmanie), ou la construction d’un paysage agricole et touristique original

Article de Martin Michalon paru dans la Revue en ligne Projets de Paysage, 21 septembre 2016

Le lac Inlé, dans les collines de l’Est birman, présente un paysage très caractéristique de jardins flottants, créés au cours du 20 ème siècle par l’ethnie locale intha. Ces derniers ont réussi à mettre en place un système agricole très intensif, fortement connecté au reste de la Birmanie et du monde. Dans le contexte de l’ouverture de la Birmanie au monde, ce paysage extrêmement spécifique est valorisé par les acteurs touristiques. Cependant, ces derniers ont tendance à occulter la dimension intensive, mondialisée, innovante de cette pratique agricole. Au contraire, leurs discours présentent les jardins flottants comme des symboles de la « tradition », de l’«authenticité » de la « Birmanie intemporelle».

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Article intégralement accessible en version PDF (1.6 Mo) sur Hal-Shs ou en ligne sur le site de la revue.