ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Les végétaux dans l'Histoire

La culture du riz dans le delta du Tonkin

Ouvrage de René Dumont, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Prince of Songkla University, Paris, 1995, 596 p.

C’est en Indochine, dans les rizières du Tonkin – le nord de l’actuel Vietnam – que le célèbre agronome a débuté sa carrière en 1929. Au terme de trois années de terrain, il a acquis une connaissance rare de la situation agricole régionale.
Dans une langue limpide. René Dumont nous fait découvrir avec profondeur et force l’une des civilisations du riz, aliment vital et élément culturel primordial au Vietnam et dans toute l’Asie du Sud-Est où « manger le riz » signifie « se nourrir ».
Rien n’y manque descriptions techniques, analyses agronomiques, observations économique s et sociologiques, réflexions politiques et sur le développement – confirmées par les faits – se conjuguent avec bonheur pour former un témoignage exceptionnel par sa densité et sa modernité. Cet ouvrage de référence n’avait jusqu’à présent jamais été réédité. Augmente d’autres écrits de l’auteur sur le Vietnam, il est illustré par des photographies anciennes et des cartes d’époque.
Pour la première fois, la bibliographie de René Dumont – près de mille dent cents litres publiés et inédits présentée ici comme un hommage à ce personnage hors du commun.

Ouvrage intégralement accessible sur OpenEdition Books.

Revue Archéopages. Jardins

Revue Archéopages, n°37, avril 2013

Que les jardins soient privés ou publics, laïcs ou religieux, leur construction relève de modèles, de mode, d’innovations agronomiques et technologiques. Comment leurs architectes les articulent-ils avec le bâti ? Comment composent-ils avec les contraintes naturelles ? Quelle est la pérennité de ces installations ? Et pour quels usages les édifie t-on ?

Numéro en accès intégral et libre sur le site de la revue.

Défendons les fruits défendus

Émission « On ne parle pas la bouche pleine », radio France Culture, 04.06.2017

Défendons les cépages interdits et les fruits oubliés… Quand au19ème, le mildiou ruine le vignoble occitan les viticulteurs implantent des cépages venus d’Amérique : le noah, le clinton, l’herbemont, l’isabelle, le jacquez et l’othello, ces vieux cépages vont servir de porte greffe mais s’ils vont sauver le vignoble ils nous apportent un puceron : le phylloxera. En 1934 pour lutter contre la surproduction on prétend que ces cépages rendent fou ils sont interdits. Les Cévennes des camisards résisteront à ces interdictions.

Avec Dominique Garrel, président de lassociation Fruits Oubliés Réseau.

Emission en ré-écoute ici.

 

Jardin et mélancolie

Colloque, Caen, 1er et 2 juin 2017

Le jardin apaise et repose les âmes, il  est le lieu d’une activité humaine « universelle » – le soin. Dès les Lumières, il devient un élément de politique hygiéniste. La médecine et la psychiatrie s’en servent à des fins thérapeutiques. Le jardin imaginé par les poètes et autres artistes a, lui-aussi, cette fonction thérapeutique, et par là un lien avec la mélancolie. Lui aussi apaise et libère, concentre et distrait – le créateur comme son public – par sa double nature d’espace clos contenant l’infini, à la fois bien réel et onirique par essence.

Ce colloque éclairera sous divers angles le lien qu’entretient le jardin avec la mélancolie, afin de mieux comprendre l’intérêt constant voire croissant que lui portent artistes, médecins, pédagogues et hommes et femmes politiques et de comprendre aussi en quoi cette référence au jardin se métamorphose au fil des époques.

Programme

Jeudi, 1er juin 2017

  •  9.30-10.00  Introduction : Hildegard Haberl
  • 10.00-10.45 Conférence inaugurale : Hervé Brunon (Centre André Chastel, Université Paris Sorbonne), Conjurer la mélancolie, ou la physiologie de l’allégresse dans l’Italie du XVIe siècle

10.45-11.00 Café

Modération : Elsa Jaubert (Université de Caen Normandie)

  • 11.00-11.45 Eugénie Jamet (Université Paris Sorbonne), Réalité et illusion mélancolique au jardin en Angleterre au XVIIème siècle
  • 11.45-12.30 Valentina Vestroni (Paris) : Nourrir la mélancolie: promenades au jardin dans le roman français du XVIIIème siècle

12.30-14.00 Déjeuner

Modération : Anne-Marie Pailhès (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense)

  • 14.00-14.45 Adrian von Buttlar (TU Berlin), Szenen der Trauer und der Melancholie im Landschaftsgarten
  • 14.45-15.30 Eric Leroy du Cardonnoy (Université de Caen Normandie) : Le jardin dans deux textes d’Adalbert Stifter, « L’arrière-saison » et « Fleurs des Champs »

15.30-16.00 Café

16.00-16.45 Annemarie Gresser (Université de Caen Normandie) : Du jardin comme destin : l’irrésistible itinéraire du Petit Monsieur Friedemann 

Espaces thérapeutiques

Modération : Hildegard Haberl et Annette Lensing (Université de Caen Normandie)

17.00-19.00 Dialogue : Le jardin thérapeutique entre soin et esthétique

  • Caroline Hurvy (Université de Caen Normandie) : Rêver au jardin et rêver le jardin : des vertus thérapeutiques du jardin comme espace transitionnel
  • Anne Chahine : Présidente de l’Association « Jardins et Santé »

Dîner convivial

Vendredi, 2 juin 2017

Modération : Valérie Dubslaff (Université de Caen Normandie)

  • 10.00 – 10.45 Iris Lauterbach (Zentralinstitut für Kunstgeschichte) : Le cimetière dans la métropole: le deuil et les espaces verts

10.45 – 11.00 Café

  • 11.00 – 11.45 Regine Bonnefoit (Université de Neuchâtel): Les représentations de jardins et de plantes dans l’œuvre de Paul Klee.
  • 11.45 – 12.30 Corona Schmiele (Université de Caen Normandie): « Arpenter à nouveau mes sombres jardins »: Les jardins mélancoliques de Gottfried Benn

12.30-14.00 Déjeuner

Modération : Didier Wirth (Institut Européen des Jardins et Paysages)

  • 14.00 – 14.45 Sophie Nezri-Dufour (Université d’Aix-Marseille) : Mémoire et mélancolie du Jardin des Finzi-Contini: espace personnel et microcosme universel
  • 14.45-15.30 Pascale Van Praet (Lycée Châtelet Douai et Université de Caen Normandie) : Le jardin ouvrier dans la littérature contemporaine germanophone : un laboratoire de vie et d’observation 

15.30-16.00 Café

16.00-16.45 Jürgen Ritte (Université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle): Mélancolie – jardin – mémoire

16.45-17.00 Discussion de clôture

[Info Calenda]

Le pouvoir des fleurs, Pierre-Joseph Redouté

Exposition au Musée de la Vie Romantique, Paris, 26.04 au 1.10.2017

Entre science et beaux-arts, Pierre-Joseph Redouté incarne l’apogée de la peinture florale ; surnommé le « Raphaël des Fleurs », il est devenu un modèle encore célébré aujourd’hui grâce à l’élégance et à la justesse de son interprétation d’une nouvelle flore venue orner les jardins entre la fin de l’Ancien Régime et la Monarchie de Juillet.
Grâce à la générosité du Muséum national d’Histoire naturelle, le musée de la Vie romantique organise pour la première fois en France, une exposition consacrée à Redouté et à son influence. Peintre botaniste, il a contribué à l’âge d’or des sciences naturelles en collaborant avec les plus grands naturalistes de son temps. Il a répondu à leur préoccupation de classement et d’identification de plantes rapportées des quatre continents en les reproduisant à l’aquarelle sur de précieux vélins avec une rigueur scientifique et un talent artistiques inégalés. Peintre des souveraines, de l’impératrice Joséphine à la reine Marie Amélie, il est aussi graveur, éditeur, et professeur.


Plus de 250 peintures, aquarelles, objets d’art, et vélins qui, en raison de leur fragilité, seront présentés suivant un accrochage en partie renouvelé en trois « saisons » proviennent de nombreuses collections publiques françaises (musée du Louvre, musée des Beaux-Arts de Lyon, musée de Grenoble, musée Fabre de Montpellier…) et des musées de Belgique.

Ecouter également cette émission de France Culture.

Peindre l’arbre au Moyen Âge. Les herbiers enluminés de la Bibliothèque nationale de France.

Billet de Alice Laforêt paru sur le Carnet L’histoire à la BnF, 10.05.2017

« Du poirier familier au mythique arbre à baume, en passant par l’exotique grenadier ou le figuier fertile, de nombreuses essences d’arbres peuplent les pages des herbiers médiévaux. Mais qu’est-ce qu’un arbre dans le savoir médiéval ? Comment définir cette catégorie du monde végétal, et quelles sont les plantes qui y appartiennent ? Ces questions, auxquelles les botanistes actuels n’ont toujours pas donné de réponse définitive, taraudent déjà les naturalistes médiévaux. Les longues listes de plantes dressées dans les ouvrages scientifiques sont structurées selon des logiques internes qui reposent sur l’emploi de la nomenclature. Le monde végétal est scindé en deux grandes catégories que sont les arbres (arbor) d’une part et les herbes (herba) de l’autre. À cette distinction fondamentale s’ajoutent les arbustes (arbustum), arbrisseaux (frutex) et autres buissons. Déterminer ce qui relève de telle ou telle catégorie constitue néanmoins un enjeu de taille… »

Lire l’intégralité du billet sur le carnet.

La vulnérabilité de la forêt provençale face aux incendies : naissance d’une notion (fin XIXe siècle)

Article de Martine Chalvet paru dans VertigO, vol. 16 n°3, décembre 2016

Au XIXe siècle, la notion de vulnérabilité environnementale n’est pas encore définie. Pourtant, l’idée de vulnérabilité des forêts face aux incendies en Provence commence à apparaître. L’article cherche à comprendre pourquoi et comment, les incendies sont perçus comme « un fléau » dans le nouveau contexte économique et technique de l’exploitation des lièges et de la gemme. Dans les années 1860, cette nouvelle perception des incendies entraîne la mise en place de groupes de pression efficaces. Les notables provençaux, comme Charles de Ribbe, et l’administration des Eaux et Forêts, dirigée par Henri Faré, se battent pour obtenir l’élaboration d’une politique publique et la reconnaissance d’une spécificité régionale des Maures et de l’Esterel, désormais appelés « la région du feu ». Dans le contexte scientifique et libéral de la fin du XIXe siècle, que recouvre véritablement cette nouvelle idée de vulnérabilité ? Quels acteurs construisent ce nouveau discours ? Quelles politiques et quelles législations sont proposées ? Et avec quel succès ?

Article intégralement accessible sur le site de la revue.