ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de Les végétaux dans l'Art et l'Architecture

L’homme des bois et l’homme vert. L’imaginaire de l’homme sylvestre dans la littérature et les arts

Colloque international, Université de Toulouse, 8 et 9 février 2017

Ce colloque international représente le dernier volet d’un projet de recherche engagé sur trois ans (2015-2017) et ayant pour objet l’étude diachronique et transdisciplinaire de la représentation de l’homme et de la femme sauvages. Après avoir analysé les caractéristiques physiques et morales de l’homme sauvage allogène (soit le représentant des habitants des confins de la terre, ou le barbare envahisseur, étranger à toute norme et à la civilisation) ou indigène (soit le représentant des « enfances » de la civilisation, ou l’habitant des territoires « découverts » par le voyageur-colonisateur), il s’agit à présent d’interroger des aspects spécifiques liés à l’imaginaire de l’homme sauvage : son interdépendance avec la nature « sauvage » d’une part et son caractère ambivalent et souvent instable de l’autre.

Programme et informations ici.

[Info Calenda]

Forêt, arts et culture, l’esprit des lieux

Journée d’étude du GHFF, Sorbonne (Paris), 28 janvier 2017

La journée d’études sera précédée le 27 janvier d’une soirée cinéma avec conférence. Nul besoin de présenter le film « Lady Chatterley », réalisé par Pascale Ferran en 2006. Ses nombreux prix attestent sa notoriété. Mais peu savent que ses paysages ont été filmés dans les forêts limousines. La forêt tient une place majeure et abrite plusieurs scènes essentielles. L’esprit de la forêt habite les personnages…

Le paysagiste Gilles Clément abordera l’idée d’un génie naturel des écosystèmes forestiers et les questions soulevées par leur mise en paysage. Sa contribution au choix des paysages du film de Pascale Ferran illustre les enjeux de la spatialité forestière.

Télécharger le flyer avec la totalité du programme : flyer-programme-j2-051216

 

Jeff Koons nous offre des fleurs mais il faudra payer le vase

Article de Harry Bellet paru dans le Monde, 22. 11. 2016

« En signe de « fraternité » après les attentats du 13 novembre, l’artiste américain a annoncé, lundi, qu’il fera don à la France d’une sculpture qui devrait être implantée à l’été 2017 à Paris.

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Lundi 21 novembre, à la résidence de l’ambassadrice américaine à Paris, Jane D. Hartley, Jeff Koons a annoncé son intention de faire don à la France d’une importante sculpture intitulée Bouquet of Tulips. Assemblage de bronze et d’aluminium poli, de près de 12 mètres de haut, et pesant environ 33 tonnes avec sa base, elle figure une main hyperréaliste tenant un bouquet de tulipes qui le sont beaucoup moins, et devrait être implantée d’ici à l’été prochain sur l’espace séparant le Musée d’art moderne de la Ville de Paris et le Palais de Tokyo, dans le 16e arrondissement… »

Lire la suite de l’article sur le site du journal.

Puissances du végétal. Cinéma animiste et anthropologie de la vie

Colloque international, INHA, Paris, 22 et 23 novembre 2016.

En partant de la discussion fondatrice autour des « herbiers cinématographiques » des années 1920 et 1930 et de la dimension animiste du cinéma, l’objectif de ce colloque est à la fois d’enquêter sur les puissances du végétal dans le domaine du cinéma et des études visuelles et d’interroger les définitions du vivant et les complexités concernant sa théorisation. Dans le cadre de la réflexion contemporaine qui se déploie autour de la vie et du vivant, dans les sciences de la nature comme en anthropologie et en philosophie, il sera en particulier intéressant de s’interroger sur la diversité des processus vitaux – morphogenèse, reproduction, photosynthèse, pour ne prendre que quelques exemples – que les végétaux donnent à voir. Pendant longtemps, l’absence de mouvement (relative d’ailleurs) a conduit à considérer les végétaux comme des êtres vivants inférieurs par rapport aux animaux. En réalité, il se révèle plus fécond de repenser le mouvement dans une perspective élargie, notamment pour porter le regard sur la complexité de l’auto-organisation des organismes et des populations dont fait preuve le monde végétal. Ces deux journées de débats proposent ainsi de faire circuler la parole entre ces différents domaines : études cinématographiques et visuelles, esthétique et philosophie, anthropologie de la vie et du vivant.

Voir le programme sur ce blog.

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Le végétal

Appel à article, catalogue d’art

Dans le cadre de sa triennale d’art contemporain « April Dapsilis », qui portera cette année sur « Le Végétal », la Galerie Le point Fort désire éditer un catalogue faisant état de l’actualité de la recherche à ce sujet, qui approfondira les questions relatives à la place et aux acceptations possibles de la notion de « végétal » dans l’art contemporain. Si la Nature fut, plusieurs siècles durant, enjeu de l’invention mimétique et de la sublimation du réel tout à la fois, et en tant que telle modèle idéel des Beaux-Arts, sa position, à l’aune du XXIe siècle, reste à définir. L’abandon des académismes au siècle dernier, tout comme l’arrivée de nouveaux matériaux dans le champ de l’art, ont remis en question le modèle en place et fait vaciller ses certitudes.

Le catalogue de l’exposition comportera, afin de préciser notre cadre d’étude, trois sections développant chacune une sous-thématique :

Le Végétal, memento… mori ? : cette problématique envisage les relations entre le modèle végétal, a priori éphémère, et la mémoire. Le modèle végétal peut alors être entendu au sens propre — le rapport au temps dans la peinture de bouquets, la symbolique florale, les herbiers et photogrammes réalisés par contact direct montés autour d’un portrait — comme au sens figuré — en terme de modèle euristique dont le foisonnement fait écho à celle de la cartographie cérébrale d’un souvenir.

Le Végétal, inspiration esthétique : des colonnes corinthiennes aux volutes Art Nouveau, le végétal, en tant qu’ornement isolé de l’esthétique de la Nature, conquiert les temples, les églises et les rampes d’escalier, jusqu’à la courbe de nos lampes et pieds de meubles. Quels modèles esthétiques le Végétal engendre-t-il, hier comme aujourd’hui ? Qu’advient-il de ce modèle lorsque le végétal devient lui-même matière de l’œuvre ?

Le Végétal, facteur de dés-ordre(s) : mêlant des paysages d’extérieur à des scènes d’intérieur, cette section désire aborder le végétal comme élément perturbateur de notre organisation rationnelle du monde, et jouer sur son ambiguité entre l’ordre — naturel, saisonnier — dont il est le symbole et le désordre qu’il engendre — lorsqu’il prend possession des ruines ou devient envahissant. Par la métaphore de l’espace sauvage et de l’espace domestique, le Végétal semble s’apprivoiser mais maintient son énergie vitale, inquiétant les certitudes intellectuelles.

Toute contribution relevant de l’une de ses trois thématiques, dans les domaines des arts visuels, des sciences historiques et humaines ou de la philosophie fera l’objet d’une sélection anonymisée par un comité de relecture.

Comité de relecture

  •  Arthur van Hoey, directeur de la Galerie d’art contemporain Le point Fort
  •  Aurélie Arena, conseillère artistique et doctorante en histoire de l’art contemporain
  •  Mélodie Boubel, coordinatrice de la revue Gros Gris

Modalités de soumission

Une première sélection s’effectuera sur la base d’un résumé de 4 000 signes maximum (hors notes de bas de page) détaillant la problématique, la méthode et le propos de l’article, à envoyer à l’adresse suivante : catalogue@lepointfort.eu. Il sera accompagné d’une bibliographie sélective, d’un CV avec liste de publications et d’une courte présentation de l’auteur (en trois lignes).

Les auteurs seront notifiés de l’avis du comité dans les 5 jours suivant la cloture de l’appel à article, et disposeront ensuite d’un mois pour écrire un article comprenant entre 10 000 et 12 000 signes. 

[Info Calenda]

Précieux vélins – Trois siècles d’illustration naturaliste

Exposition au Museum National d’Histoire Naturelle, Jardin des Plantes, Paris, Du 28 septembre 2016 au 2 janvier 2017

Pour la première fois depuis sa création en 1793, le Muséum national d’Histoire naturelle présente au public près de 150 vélins, aquarelles naturalistes exceptionnelles, choisis parmi les 7000 vélins de la collection hors du commun de l’institution.
Présentés à l’occasion de la sortie du beau livre « Les Vélins du Muséum » (coédition Muséum – Citadelles & Mazenod), la sélection exposée en reprend le découpage chronologique du XVIIe siècle à nos jours. Chaque mois, les vélins seront renouvelés en raison de leur fragilité ne permettant pas une exposition trop longue… l’occasion de visiter non pas une, mais trois expositions inédites.

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Sept mille illustrations représentant fleurs et animaux forment la collection des vélins du Muséum. Cet impressionnant ensemble est composé de dessins naturalistes, qui, certes diffèrent par leur sujet mais partagent tous une technique invariable : une représentation à l’aquarelle ou à la gouache sur une peau de veau mort-né. Ici, l’art et la science se partagent ce patrimoine exceptionnel traduisant l’importance de l’observation et de la description dans les sciences de la nature.

Informations complémentaires sur le site du MNHN.

Raconter le haschich dans l’époque mamelouke : étude et édition critique partielle de la Rāḥat al-arwāḥ fī l-ḥašīš wa-l-rāḥ de Badr al-Dīn Abū l-Tuqā al-Badrī (847-894/1443-1489)

Thèse de Danilo Marino, Littératures. Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Paris, 2015, 209 p.

Dans cette étude nous cherchons à explorer le lien entre haschich et humour par l’analyse du corpus des récits arabes contenus dans la Rāḥat al-arwāḥ fī l-ḥašīš wa-l-rāḥ (“Le repos des âmes dans le haschich et le vin”) de Badr al-Dīn Abū l-Tuqā al-Badrī (847-894/1443-1489). L’originalité de cette anthologie qui existe en quatre manuscrits dont seulement deux étaient connus à la critique, découle du fait qu’elle est le plus ancien recueil en langue arabe de textes en prose et en vers inspirés du haschich. Dans la première partie, nous abordons le haschich d’un point de vue historique, médicale et juridico-religieux. Longtemps utilisé en médicine et pour la fabrication de cordes et tissus, on ignore quand le cannabis (qinnab) est passé de médicament à substance enivrante et récréative. Cependant l’utilisation de cette herbe était devenue un problème social, si entre le VIIe/XIIIe et le VIIIe/XIVe siècle plusieurs oulémas y consacrèrent des écrits, tant qu’ils l’incluront dans la liste des munkarāt, (les choses blâmables, défendues), à côté du vin (ḫamr), de la fornication (zinā) et de l’homosexualité (liwāṭ). Parallèlement, la littérature n’a pas manqué de représenter l’expérience de psychotropes. Et c’est autour des enjeux littéraires soulevés par cette substance que nous centrons la deuxième partie de notre travail. Par l’étude d’un certain nombre de motifs nous montrons que le personnage du ḥaššāš fonctionne comme un «catalyseur thématique» des motifs littéraires auparavant associés aux ivrognes, aux stupides ou aux fous. L’ordre que nous avons suivi est: la méprise, la stupidité et folie, le rapport au rêve et à l’imaginaire et l’avidité. Nous concluons sur le fait que le passage à la littérature du motif du mangeur de haschich représente le processus de cristallisation d’une figure narrative à potentiel fortement humoristique, née dans la première époque post-abbasside et dérivée d’une série de matériaux narratifs attribués auparavant à d’autres figures littéraires.

Thèse intégralement accessible en version PDF (2.83 Mo) sur Tel.