ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Les représentations des végétaux

Les Cévennes, « Théâtre sacré », nature profane …

Communication de Catherine Bernié-Boissard, Colloque international « Sacrée nature, paysages du sacré ! », Jan 2009, ORLEANS UFR Lettres, Langues et Sciences Humaines, France

Les Cévennes offrent une double caractéristique. Celle d’être à la fois une réalité géomorphologique et une réalité anthropomorphique, dont le sacré serait le trait d’union. Si l’on excepte le Mont Sinaï, dans le désert égyptien –le Mont Horeb de l’Ancien-Testament –il est peu de massifs montagneux qui présentent une telle dualité en géographie des représentations. Mais ce qui, dans le premier cas, voit le sacré émerger naturellement du lieu de la Révélation monothéiste, lie ce même sacré à la violence de l’Histoire dans l’occurrence cévenole.

Communication intégralement accessible en version PDF (534 Ko) sur Hal-Shs.

 

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L’arbre, la pente et la ville

Article de Pascal Amphoux paru dans « Architecture et Comportement/Architecture and Behaviour, Colloquia »/ Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, 1993, vol. 9 (n°4), pp. 431 – 442.

Cet article fait état de quelques résultats d’une étude de cas portant sur les pratiques, les usages et l’imaginaire des parcs et promenades à Lausanne. Ce travail s’inscrit dans un domaine de recherche plus vaste portant sur les représentations urbaines de la nature. Après une brève introduction qui situe la problématique, la méthodologie et le type de résultats obtenus, sont listés et brièvement développés un ensemble de critères d’analyse inédits, dont la formalisation répond au souci d’orienter la pratique de l’architecte ou de l’urbaniste. Ces critères sont ici regroupes en deux grandes catégories : des critères topologiques et des critères psychomoteurs.

Article intégralement accessible en version PDF (605.82 Ko) sur Hal-Shs.

L’image des légumes. Circulation des discours dans l’espace médiatique et désenchantement

Article de Hélène Burzala-Ory, Clémentine Hugol-Gential et Jean-Jacques Boutaud, Revue Anthropology of Food, Varia le numéro permanent, 15.07.2017

Au sein du vaste champ de recherche qu’est l’alimentation, les légumes et les représentations qu’en ont les mangeurs ont été délaissés malgré la place importante qu’ils occupent dans les discours officiels depuis la mise en place en 2001 du PNNS. Dans un contexte de stagnation de leur consommation, il semble judicieux de tenter de comprendre quels en sont les freins. Notre hypothèse veut que les discours médiatiques sur le sujet, dans la lignée du discours des autorités publiques, présentent les légumes avant tout comme un aliment fonctionnel, dans un pays où le goût et le plaisir restent pourtant des piliers de la culture alimentaire. Pour mettre à l’épreuve ce postulat, notamment à travers la circulation des discours sur les légumes, il est question ici d’analyser un corpus constitué à partir d’une source unique, l’agrégateur d’informations Google Actualités, qui a l’avantage d’agréger indistinctement les informations mises en circulation. Les premiers résultats obtenus montrent l’intérêt de cette méthode et confortent l’idée d’une image désenchantée des légumes dans les discours médiatiques malgré toutes les recommandations et prescriptions dont les médias se font aussi les relais.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

 

Ethnobotanique et herboristerie paysanne en France. Anthropologie de la relation des hommes au végétal médicinal (deuxième moitié du XXe siècle – première moitié du XXIe siècle)

Soutenance de thèse de Carole Brousse, MMSH, Aix-en-Provence, 13.07.2017 à 13h

L’herboristerie, activité consacrée à la préparation et à la vente de plantes médicinales, se renouvelle depuis les années 1970 autour d’acteurs aux pratiques techniques et approches scientifiques divergentes. Parmi eux, des paysans-herboristes cultivent, cueillent puis transforment eux-mêmes les espèces végétales qu’ils commercialisent tout en mobilisant les usages de la médecine végétale populaire transmis par l’ethnobotanique pour qualifier leurs qualités thérapeutiques. L’ethnobotanique est une discipline vouée à l’étude des relations flore-société investie notamment par des acteurs non-académiques qui travaillent sur le recueil des savoirs naturalistes populaires. La thèse met en lumière les ressorts de la relation que les paysans-herboristes tissent avec le végétal et la façon dont ils utilisent l’ethnobotanique pour asseoir la légitimité de leurs pratiques. En échangeant des savoirs sur les propriétés médicinales du végétal, il apparaît que les institutions de la recherche et du patrimoine d’une part, les paysans-herboristes et les ethnobotanistes d’autre part, participent à un processus de production collective de connaissances sur les plantes orienté vers le développement de l’autonomie thérapeutique. La thèse met également en évidence l’attention particulière des paysans-producteurs aux vulnérabilités humaines et végétales et la prise en compte de l’intentionnalité des plantes qui caractérise leur pratique de l’herboristerie. Les données de terrain ont été recueillies dans différents contextes entrelacés : les institutions patrimoniales et scientifiques (séminaires de l’ethnopôle de Salagon, collections ethnobotaniques du musée du quai Branly et du Muséum national d’Histoire naturelle), les arènes de l’herboristerie française et les fermes des paysans-herboristes.

Jury composé de :
– Nicolas ADELL, Maître de conférences HDR, LISST, Université de Toulouse II Le Mirail, Examinateur.
– Serge BAHUCHET, Directeur de recherche, Éco-anthropologie et Ethnobiologie, CNRS, Rapporteur.
– Élise DEMEULENAERE, Chargée de recherche, Éco-anthropologie et Ethnobiologie, CNRS, Examinatrice.
– Valérie FESCHET, Maître de conférences HDR, IDEMEC, Université d’Aix-Marseille, Directrice de thèse.
– Jean-Paul GAUDILLIÈRE, Directeur de recherche et directeur d’études INSERM-CERMES3, EHESS, Rapporteur.
– Cyril ISNART, Chargé de recherche, IDEMEC, CNRS, Examinateur.

L’arbre anthropomorphique, l’homme arborescent. Les trames arborescentes et le corps humain de l’Antiquité à nos jours

Appel à communication, colloque, Paris, 9 novembre 2017

La quatrième journée du projet « Trames arborescentes » s’attachera aux formes, aux figures et aux processus qui assimilent le corps humain à une trame arborescente. Quel est le statut des rapprochements entre corps humain et univers végétal ? Sont-ils purement rhétoriques ou illustratifs ou bien reflètent-ils le sentiment d’une affinité profonde entre l’arbre et l’humain ? Conduisent-ils à une assimilation entre humain et végétal ou, au contraire, s’appuient-ils sur une différence maintenue entre l’un et l’autre ? Reflètent-ils les conceptions des relations entre corps humain et règne végétal propres à une civilisation ou relèvent-ils de constantes anthropologiques universelles ? À quelles fins une telle assimilation est-elle mise en place ? Par qui, dans quel contexte, pour quel destinataire ? Quels peuvent en être les exemples et comment opèrent-ils ? La trame arborescente structure-t-elle le corps, et si oui, en quoi ?

Détails de l’appel à lire sur Calenda.

Peindre l’arbre au Moyen Âge. Les herbiers enluminés de la Bibliothèque nationale de France.

Billet de Alice Laforêt paru sur le Carnet L’histoire à la BnF, 10.05.2017

« Du poirier familier au mythique arbre à baume, en passant par l’exotique grenadier ou le figuier fertile, de nombreuses essences d’arbres peuplent les pages des herbiers médiévaux. Mais qu’est-ce qu’un arbre dans le savoir médiéval ? Comment définir cette catégorie du monde végétal, et quelles sont les plantes qui y appartiennent ? Ces questions, auxquelles les botanistes actuels n’ont toujours pas donné de réponse définitive, taraudent déjà les naturalistes médiévaux. Les longues listes de plantes dressées dans les ouvrages scientifiques sont structurées selon des logiques internes qui reposent sur l’emploi de la nomenclature. Le monde végétal est scindé en deux grandes catégories que sont les arbres (arbor) d’une part et les herbes (herba) de l’autre. À cette distinction fondamentale s’ajoutent les arbustes (arbustum), arbrisseaux (frutex) et autres buissons. Déterminer ce qui relève de telle ou telle catégorie constitue néanmoins un enjeu de taille… »

Lire l’intégralité du billet sur le carnet.

Croyants de nature ? Sociologie religieuse de l’Agriculture paysanne

Article de Mathieu Gervais paru dans Etudes Rurales, janvier-juin 2016, n°197, pp. 177-194

Après avoir été un grand thème de l’analyse de la modernisation des campagnes et donc de la sociologie rurale entre les années 1950 et 1970, la sociologie religieuse du monde rural semble aujourd’hui quelque peu délaissée. Cela s’explique en partie par la baisse de la pratique religieuse des ruraux, emblématique du rapprochement entre les villes et les campagnes. Toutefois, nous discutons, ici, l’intérêt actuel d’études croisant sociologie des religions et sociologie rurale. À partir de l’exemple de l’Agriculture paysanne, nous montrons comment la critique de l’agriculture conventionnelle actualise des contenus religieux. Le catholicisme issu de l’action catholique continue ainsi d’influencer plus ou moins directement cette agriculture alternative. De plus, il existe une dimension « spirituelle » invoquée par certains agriculteurs paysans pour légitimer une relation non instrumentale à la nature et au « vivant ». S’intéresser à la religion permet donc de préciser les représentations de la nature et les pratiques des agriculteurs dans un contexte d’écologisation.

Article intégralement accessible en version PDF (508.18 Ko) sur Hal-Shs.