ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Les représentations des végétaux

Peindre l’arbre au Moyen Âge. Les herbiers enluminés de la Bibliothèque nationale de France.

Billet de Alice Laforêt paru sur le Carnet L’histoire à la BnF, 10.05.2017

« Du poirier familier au mythique arbre à baume, en passant par l’exotique grenadier ou le figuier fertile, de nombreuses essences d’arbres peuplent les pages des herbiers médiévaux. Mais qu’est-ce qu’un arbre dans le savoir médiéval ? Comment définir cette catégorie du monde végétal, et quelles sont les plantes qui y appartiennent ? Ces questions, auxquelles les botanistes actuels n’ont toujours pas donné de réponse définitive, taraudent déjà les naturalistes médiévaux. Les longues listes de plantes dressées dans les ouvrages scientifiques sont structurées selon des logiques internes qui reposent sur l’emploi de la nomenclature. Le monde végétal est scindé en deux grandes catégories que sont les arbres (arbor) d’une part et les herbes (herba) de l’autre. À cette distinction fondamentale s’ajoutent les arbustes (arbustum), arbrisseaux (frutex) et autres buissons. Déterminer ce qui relève de telle ou telle catégorie constitue néanmoins un enjeu de taille… »

Lire l’intégralité du billet sur le carnet.

Croyants de nature ? Sociologie religieuse de l’Agriculture paysanne

Article de Mathieu Gervais paru dans Etudes Rurales, janvier-juin 2016, n°197, pp. 177-194

Après avoir été un grand thème de l’analyse de la modernisation des campagnes et donc de la sociologie rurale entre les années 1950 et 1970, la sociologie religieuse du monde rural semble aujourd’hui quelque peu délaissée. Cela s’explique en partie par la baisse de la pratique religieuse des ruraux, emblématique du rapprochement entre les villes et les campagnes. Toutefois, nous discutons, ici, l’intérêt actuel d’études croisant sociologie des religions et sociologie rurale. À partir de l’exemple de l’Agriculture paysanne, nous montrons comment la critique de l’agriculture conventionnelle actualise des contenus religieux. Le catholicisme issu de l’action catholique continue ainsi d’influencer plus ou moins directement cette agriculture alternative. De plus, il existe une dimension « spirituelle » invoquée par certains agriculteurs paysans pour légitimer une relation non instrumentale à la nature et au « vivant ». S’intéresser à la religion permet donc de préciser les représentations de la nature et les pratiques des agriculteurs dans un contexte d’écologisation.

Article intégralement accessible en version PDF (508.18 Ko) sur Hal-Shs.

L’homme des bois et l’homme vert. L’imaginaire de l’homme sylvestre dans la littérature et les arts

Colloque international, Université de Toulouse, 8 et 9 février 2017

Ce colloque international représente le dernier volet d’un projet de recherche engagé sur trois ans (2015-2017) et ayant pour objet l’étude diachronique et transdisciplinaire de la représentation de l’homme et de la femme sauvages. Après avoir analysé les caractéristiques physiques et morales de l’homme sauvage allogène (soit le représentant des habitants des confins de la terre, ou le barbare envahisseur, étranger à toute norme et à la civilisation) ou indigène (soit le représentant des « enfances » de la civilisation, ou l’habitant des territoires « découverts » par le voyageur-colonisateur), il s’agit à présent d’interroger des aspects spécifiques liés à l’imaginaire de l’homme sauvage : son interdépendance avec la nature « sauvage » d’une part et son caractère ambivalent et souvent instable de l’autre.

Programme et informations ici.

[Info Calenda]

Dites-le avec des fleurs

Émission de radio « Le journal des idées », radio France Culture, 16.12.2016

  • Entre écologie pratique et plaisir esthétique, un mouvement se développe en Angleterre pour réhabiliter la culture des fleurs locales.
  • Dans son dernier livre, le philosophe Emanuele Coccia fait un vibrant hommage du monde négligé des plantes et des fleurs
  • Il est vrai que nous sommes plus sensibles aux fleurs, et à leurs insolentes couleurs

Écouter l’émission ici.

Hommes, plantes et animaux : usages, mythes et représentations de la nature

Séminaire de l’Ecole des Chartes (Paris, France), année 2016-2017

À l’ère de l’« Anthropocène », des nouvelles disciplines, comme l’histoire de l’environnement, nous interrogent sur la trajectoire commune entre l’homme et les autres êtres vivants.

Programme

Le programme est disponible ici

Lundi 12 décembre 2016

  • Introduction et présentation / Une nouvelle discipline : l’histoire de l’environnement par Grégory Quenet, membre junior de l’Institut Universitaire de France

Lundi 16 janvier 2017

  • Penser l’homme dans la nature à l’ère de l’Anthropocène par Dominique Lestel, philosophe

Lundi 30 janvier 2017

  • L’historien face à l’animal : l’exemple du Moyen Âge par Michel Pastoureau, directeur d’études à l’Éphé

Lundi 27 février 2017

  • Hommes, plantes et animaux : pratiques et représentations en France Équinoxiale sous l’Ancien Régime par Egle Barone Visigalli, responsable de la formation continue

Lundi 13 mars 2017

  • Société et prédation : le sacrifice par substitution et le loup-garou par Jean-Michel Leniaud

Lundi 27 mars 2017

  • Humains et non humains dans l’univers de la chasse (chiens, hommes et chevaux) par Philippe Dulac, président de la fondation Sommer

Lundi 24 avril 2017

  • Esthétiques de la vénerie, représentations et rituels par Charles-Éloi Vial, conservateur

Lundi 15 mai 2017

  • L’arbre médiéval : discours savant et dimension symbolique (XIIIᵉ – XVᵉ siècle) par Alice Laforêt, conservateur des bibliothèques stagiaire

Lundi 29 mai 2017

  • Vigne, vin et hommes : utilisation du tastevin par Maurice Dussort, antiquaire

Lundi 5 juin 2017

  • Le Sublime, la Raison et le Sentiment dans la nature par Gabrielle de Lassus, docteur en histoire de l’art, chef du service de la scolarité

 

Le végétal

Appel à article, catalogue d’art

Dans le cadre de sa triennale d’art contemporain « April Dapsilis », qui portera cette année sur « Le Végétal », la Galerie Le point Fort désire éditer un catalogue faisant état de l’actualité de la recherche à ce sujet, qui approfondira les questions relatives à la place et aux acceptations possibles de la notion de « végétal » dans l’art contemporain. Si la Nature fut, plusieurs siècles durant, enjeu de l’invention mimétique et de la sublimation du réel tout à la fois, et en tant que telle modèle idéel des Beaux-Arts, sa position, à l’aune du XXIe siècle, reste à définir. L’abandon des académismes au siècle dernier, tout comme l’arrivée de nouveaux matériaux dans le champ de l’art, ont remis en question le modèle en place et fait vaciller ses certitudes.

Le catalogue de l’exposition comportera, afin de préciser notre cadre d’étude, trois sections développant chacune une sous-thématique :

Le Végétal, memento… mori ? : cette problématique envisage les relations entre le modèle végétal, a priori éphémère, et la mémoire. Le modèle végétal peut alors être entendu au sens propre — le rapport au temps dans la peinture de bouquets, la symbolique florale, les herbiers et photogrammes réalisés par contact direct montés autour d’un portrait — comme au sens figuré — en terme de modèle euristique dont le foisonnement fait écho à celle de la cartographie cérébrale d’un souvenir.

Le Végétal, inspiration esthétique : des colonnes corinthiennes aux volutes Art Nouveau, le végétal, en tant qu’ornement isolé de l’esthétique de la Nature, conquiert les temples, les églises et les rampes d’escalier, jusqu’à la courbe de nos lampes et pieds de meubles. Quels modèles esthétiques le Végétal engendre-t-il, hier comme aujourd’hui ? Qu’advient-il de ce modèle lorsque le végétal devient lui-même matière de l’œuvre ?

Le Végétal, facteur de dés-ordre(s) : mêlant des paysages d’extérieur à des scènes d’intérieur, cette section désire aborder le végétal comme élément perturbateur de notre organisation rationnelle du monde, et jouer sur son ambiguité entre l’ordre — naturel, saisonnier — dont il est le symbole et le désordre qu’il engendre — lorsqu’il prend possession des ruines ou devient envahissant. Par la métaphore de l’espace sauvage et de l’espace domestique, le Végétal semble s’apprivoiser mais maintient son énergie vitale, inquiétant les certitudes intellectuelles.

Toute contribution relevant de l’une de ses trois thématiques, dans les domaines des arts visuels, des sciences historiques et humaines ou de la philosophie fera l’objet d’une sélection anonymisée par un comité de relecture.

Comité de relecture

  •  Arthur van Hoey, directeur de la Galerie d’art contemporain Le point Fort
  •  Aurélie Arena, conseillère artistique et doctorante en histoire de l’art contemporain
  •  Mélodie Boubel, coordinatrice de la revue Gros Gris

Modalités de soumission

Une première sélection s’effectuera sur la base d’un résumé de 4 000 signes maximum (hors notes de bas de page) détaillant la problématique, la méthode et le propos de l’article, à envoyer à l’adresse suivante : catalogue@lepointfort.eu. Il sera accompagné d’une bibliographie sélective, d’un CV avec liste de publications et d’une courte présentation de l’auteur (en trois lignes).

Les auteurs seront notifiés de l’avis du comité dans les 5 jours suivant la cloture de l’appel à article, et disposeront ensuite d’un mois pour écrire un article comprenant entre 10 000 et 12 000 signes. 

[Info Calenda]

La tête végétalisée dans les décors romains : origine, diffusion et signification d’un thème ornemental

Thèse de Stéphanie Derwael, École doctorale Histoire de l’art et archéologie (Paris), 2016

La tête végétalisée est un témoin privilégié de la culture visuelle des Romains. Innovation de l’époque tardo-républicaine et proto-impériale, elle n’en demeure pas moins l’héritière du traitement formel de figures telles que la Rankenfrau et le Rankengott et d’un symbolisme végétal séculaire. Elle évoque une nature naissante ou renaissante qui ne possède pas encore les frontières du cosmos ordonné, et fonctionne comme une épithète iconographique permettant de mettre en évidence un aspect particulier d’un personnage, tel le dieu Oceanus. L’étude des spécificités culturelles et des traditions iconographiques des différentes régions de l’Empire romain, couplée à la mise en série et à l’analyse contextualisée des documents, permet de mettre en évidence les formes de diffusion, de réception et d’appropriation de ce thème ornemental, de sa naissance à son assimilation par le monde chrétien. A côté de tendances relativement homogènes communes à l’Empire, se dessinent quelques courants particuliers, comme l’enrichissement nord-africain de la forme océanique, le renouveau oriental de la bordure à rinceau peuplé héritée de la tradition picturalisante hellénistique, ou « l’humanisation du végétal » gallo-germanique. Entre traditions et innovations, la tête végétalisée du monde romain développe des spécificités iconographiques pérennes qui lui confèrent une signification inhérente à toute forme d’hybridité végétale, tout en permettant à différentes visions du monde de s’exprimer en elle sans se dissoudre.

Mention de thèse, pas encore en accès.