ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Jardins et patrimoine

De Grenoble à Sofia : une sociologie des parcs et jardins publics en milieu urbain

Soutenance de thèse en sociologie, Julien Doutre,  jeudi 12 octobre 2017 à 14h30, à l’Université Grenoble Alpes, salle Jacques Cartier

Les parcs et jardins, à contrario des bâtiments et des constructions pérennes des villes, sont vivants. Au fil des saisons et des années ils changent, les arbres grandissent, les feuilles tombent, les fleurs éclosent et se fanent. De la même manière que les hommes entretiennent leur corps, il faut prendre soin de ces espaces verts. Dans cette perspective, les espaces verts sont à la fois acteurs sociaux et espaces sociaux, et ils peuvent être appréhendés comme producteurs de territorialités, en élaborant des règles d’appropriation particulières, des histoires, des mythes et le sens qu’ils recèlent. Cette thèse a pour objectif d’étudier comment ces territoires peuvent être producteurs d’action publique et de sens, à la fois pour les décideurs publics, les professionnels des espaces verts et les usagers. A travers trois angles d’approche distincts, nous abordons les parcs publics de Grenoble et de Sofia par l’histoire, les représentations et les usages, et enfin par une dimension esthétique qui leur est propre, et qui permet de mettre en évidence des processus communs à tous les milieux urbains, tels que les conflits d’acteurs, la gentrification ou encore la patrimonialisation.
Si de nombreuses études traitent des espaces verts, non seulement en sociologie, mais aussi en urbanisme, géographie, sciences politiques, le travail que nous proposons ici est original et se propose d’aborder cette thématique du parc sous un angle inédit. En effet, cette étude met en avant une dimension comparative forte avec un terrain qui a pris place dans des villes très différentes, éloignées géographiquement et culturellement. Par ailleurs, l’étude ne se centre pas sur un espace en particulier, mais sur une myriade de parcs et jardins urbains dispersés dans les deux villes. Ce sont donc davantage des phénomènes globaux et structurels qui sont apparus et sur lesquels nous avons mis l’accent. Enfin, cette étude est également originale dans le sens où nous proposons de mobiliser une sociologie urbaine plus qu’une sociologie de l’environnement pour traiter de ces espaces. Nous proposons ainsi une critique de la sociologie de l’environnement et nous montrons qu’elle n’est pas nécessairement la plus pertinente pour comprendre le fonctionnement des parcs urbains. 

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Jardins et communs : terreaux de transition ?

Cinquième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés », Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement, Besançon (France), 12 octobre 2017

Tandis que les jardins collectifs, jardins partagés, sèment divers territoires urbains, périurbains, ruraux, l’idée de changement, d’alternatives en cours, s’affirme sur ces terrains cultivés à plusieurs. Entre nature et culture et au croisement des problématiques de l’habiter, différentes qualités, sociales, économiques, politiques, esthétiques, sanitaires et environnementales, ont été associées aux jardins selon les époques, les sociétés et les territoires. Aujourd’hui, leur essor s’observe notamment au cœur de nouveaux collectifs. Le mouvement des « villes en transition » développe ainsi des potagers et des vergers urbains, gérés en groupe et présentés comme les « ingrédients » fondamentaux d’un territoire résilient face à la déplétion pétrolière et au réchauffement climatique. Si les jardins collectifs constituent une des initiatives les plus concrètes, fréquentes et visibles pour « rendre la Transition palpable par la communauté », cet atelier vise à poser plus largement la question…

Informations sur le site du réseau AC/DD.

« Cent ans de chlorophylle : des jardins ouvriers aux jardins partagés », à Paris

Jardin sur le toit, 89-91 rue des Haies, Paris 20e, 8 septembre 2017

Dans le cadre de Ciné-Jardins 2017, nous vous proposons de venir au Jardin sur le toit (Paris 20e) pour un buffet partagé suivi de la diffusion du documentaire Cent ans de chlorophylle : des jardins ouvriers aux jardins partagés !

Mais CENT ANS DE CHLOROPHYLLE… qu’est-ce que c’est ?
De la plaine des Flandres où les jardins ouvriers furent inventés au Lower East Side de Manhattan où les premiers Community Gardens furent créés, ce film en forme de voyage à travers le monde et le temps relate l’histoire de tout un siècle de jardins ouvriers et partagés…
Réalisation Pierre Guyot / 2016 / 54 min / France

En savoir plus ici.

En introduction, le court métrage Auto Reverse réalisé par Haja Leca

19h – Buffet participatif, tendance bio végétarien zéro déchet (voir notre charte)
20h30 – Projection en plein air (court métrage en introduction)

En partenariat avec Reporterre.

Journées d’études Archives de paysagistes et projet de paysage

Journée d’études,19-20 octobre 2017 – Archives Nationales de Pierrefitte-sur-Seine, ENSP Versailles (France)

A l’heure où l’activité humaine soit-disant dématérialisée produit paradoxalement toujours plus de documents à archiver, dans une époque où tout devient patrimoine, il est un domaine professionnel qui est peu représenté dans les fonds archivistiques, qu’ils soient privés ou publics. Les paysagistes, dont la profession s’est lentement organisée, ont longtemps entretenu une relation difficile à leur mémoire et ils ont rencontré des difficultés à effectuer ces dépôts. Archives encore orphelines, appelées à se multiplier rapidement, elles représentent pourtant le témoignage d’un rapport nouveau au projet sur le paysage de la part d’une génération qui quitte aujourd’hui progressivement la vie professionnelle après avoir forgé un enseignement, étoffé une discipline et fait rayonner l’approche française du projet de paysage dans le monde entier. Sources précieuses pour reconstituer l’histoire des paysages péri-urbains et urbains depuis la fin du XIXe siècle, pour établir la constitution d’une profession et tracer des filiations à travers les pratiques et les générations, elles sont surtout un élément crucial pour la possibilité de prolonger ce mode d’intervention sur le paysage vivant, et de fonder l’enseignement sur le paysage.
Regardant nécessairement les logiques et méthodes qui ont présidé à la constitution d’archives de l’architecture et de l’art des jardins, et conscientes des différences de statut, de moment historique, des voix s’élèvent néanmoins pour demander une véritable stratégie pour les archives de paysagistes et pour inviter à explorer l’ancrage que ces archives pourraient offrir à un renouvellement de l’enseignement du projet.

Voir le programme de la journée ici.

Le jardin partagé de Jacques Lenoir, une oasis pour les réfugiés de Vichy

Article de Maryline Baumard, Le Monde, 18.08.2017

« Un matin, Jacques Lenoir a été tiré de son sommeil par une idée fixe. Celle que Rezan devait être protégé par la France. C’est ce qu’il s’est encore répété en avalant un petit-déjeuner et en s’attelant au dossier de ce jeune Kurde pour qui il prépare un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).

À 67 ans, ce Vichyssois d’adoption né à Paris vient de finir une formation pour défendre les migrants qui font appel de leur refus du droit d’asile. Durant des semaines, il a observé et interrogé une bénévole chevronnée de la Cimade, à Clermont-Ferrand, retenant ses arguments juridiques, sa façon de monter les dossiers. À la rentrée, après un stage en droits des étrangers à Paris, il ouvrira à Vichy une annexe de l’association pour que les exilés de sa ville aient un espace juridique où se référer. Un nouveau combat pour cet homme qui en est déjà à sa seconde vie. Avant 2013, ce maître d’œuvre en bâtiment, qui gagnait bien sa vie dans le Jura, n’avait rien contre la société de consommation. « Je ne renie pas cette période où j’évoluais dans le confort matériel, mais je suis passé à autre chose », explique celui qui, il y a quatre ans, a troqué l’avoir pour se centrer un peu plus sur l’être et porte désormais sur le monde un regard plus protecteur, plus respectueux de la terre et des hommes.

« Avant, je n’aurais sans doute pas prêté attention aux réfugiés. Aujourd’hui ils font partie de mon environnement », commente celui qui, comme eux, a vu la mort de près. Son ennemi à lui, ce n’était pas un gouvernement liberticide, mais une maladie. Une expérience qui les rapproche sans doute, inconsciemment, et les rend plus enclins à célébrer ensemble la première « fête de la vie » que Jacques veut organiser dans le jardin partagé, à l’automne, quand la terre aura donné ses récoltes estivales.

Car pour les réfugiés, Jacques est devenu l’homme du jardin, celui qui a mis à leur disposition un lopin de terre et tout ce que celui-ci peut offrir : des herbes aromatiques, des tomates ou des courges. Des cultures bios, respectueuses du sol. Ce n’est pas pour rien que Jacques s’est offert une semaine de stage chez le pionnier de l’agriculture biologique Pierre Rabhi. Il n’en est pas sorti expert mais il a appris « à aimer la terre », dit-il. « Et j’essaie aujourd’hui de transmettre cet amour. »

Lire l’intégralité de l’article ici.

Les Agités du Potager ! Regards croisés sur un potager

Bulletin des CAUE, avril 2017, 47 p.

Après avoir mené une étude sur les jardins collectifs du département de la Somme, le CAUE 80 a souhaité développer une action favorisant leur développement et leur reconnaissance. Menée de 2012 à 2016, accompagnée et financée par le Conseil départemental de la Somme, elle s’est traduite par un appel à projets en 2013 nommé “Les Agités du Potager !”, consistant à créer des espaces de rencontre au sein de ces jardins pouvant prendre des formes très diverses. Elle a ainsi permis à l’ensemble de ces jardiniers de se rencontrer et d’échanger tout au long de l’action lors d’ateliers ou de visites.

Cet ouvrage évoque le cheminement de l’action participative qui a pris la forme d’une étude sur les jardins collectifs avant de se décliner “concrètement” à travers des ateliers, esquisses, visites et enfin la réalisation de projets par les principaux acteurs de la démarche : les jardiniers eux-mêmes.

Témoignage de cette démarche, la publication offre le regard de Sylvie Gosselin Photographe, afin de mieux donner à voir, à apprécier et à comprendre tout ce qui fait la richesse de ces jardins : les paysages et les territoires, leurs histoires, les productions vivrières ou plus artistiques et bien sûr les femmes et les hommes qui les font vivre au quotidien.

Bulletin à télécharger en version PDF sur le site du CAUE80.

Jardins et Communs : terreaux de « transitions » ?

Colloque, Cinquième atelier « Habiter la transition », MSH de Besançon (France), 12 octobre 2017

Jardins partagés, jardins collectifs ou jardins communautaires, toutes ces dénominations mettent en avant l’usage et la gestion en commun de pratiques auxquelles les jardins offrent un horizon de possibles. Ces possibles partagent l’idée de commun aussi, c’est à cette notion que sera décernée cette journée. L’idée de communs est née d’une critique de l’intérêt général, dont elle se distingue sans renier l’intérêt d’une montée en généralité. Il s’agit de jouer d’équilibres instables, non comme d’une fragilité, mais comme l’affirmation d’une ouverture : ouverture à l’altérité (humaine et non humaine), ouverture sur le monde et le devenir.

Programme

Introduction de Sophie Némoz

Matinée (10h00 – 12h30) : Fragments locaux

  • Christian Guinchard : « Le nouveau monde de Charles Fourier est un jardin »
  • Éric Doidy et Sophie Némoz : « Pistes pour une pragmatique terrestre : quels jardins pour dessiner quelles communautés ? »
  • Karine Terral, Floriane Vauthier et Patrick Bourque : « Du jardin partagé à l’habitat participatif de La Pernotte : comment le jardin partagé a nourri notre futur mode d’habiter ? »

Discutante : Laurence Granchamp

Après-midi (14h – 17h) : Mises en perspectives internationales

  • Alexandre Aebi : « Regard interdisciplinaire sur trois projets de jardins potagers dans le canton de Neuchâtel. Du militantisme étudiant aux tentatives d’institutionnalisation d’un projet communal »
  • Arnaud Frauenfelder : « La mise en ordre des jardins ouvriers comme instrument de régulation sociale entre hier et aujourd’hui. Le cas de Genève »
  • Sandrine Baudry et Sandrine Glatron : « Perspective historique sur le jardinage urbain en temps de crise aux États-Unis et au Royaume-Uni (1890-2017) »

Discutante : Sophie Némoz

Conclusion de la journée : Florence Rudolf

Entrée libre (sur inscription : communication@mshe.univ-fcomte.fr)

[Info Calenda]