ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de Forêt

Mettre le feu à la forêt pour exploiter ses ressources ?

Article de Sébastien Poublanc, carnet Mondes sociaux, 15.09.2016

« Notre mémoire collective l’a oublié, les forêts ont longtemps été le contraire de ces représentations. Elles étaient des lieux grouillants de vie, fournissant du bois pour la construction, des pâtures pour les bestiaux et du charbon pour alimenter âtres et industries. De cette mémoire passée, il ne nous reste presque rien, si ce n’est quelques témoignages enfouis dans les archives. L’exode rural est passé par là. Le vieillissement des arbres, la disparition de l’activité agricole, l’enfrichement et les boisements de substitution condamnent la trace de ce qui fut. Seuls de rares témoins se souviennent encore de cette époque, des gestes réalisés et des techniques utilisées pour profiter des fruits de la forêt.

Afin que leurs souvenirs ne s’éteignent pas avec eux, l’Université de Gênes et le Parc de l’Antola ont initié une mission dans le Val Vobbia, vallée encaissée de l’Apennin ligure. Dédiée à la production de charbon de bois entre 1920 et 1950, elle renferme encore quelques charbonniers à même de reproduire les gestes anciens. La mission procède ainsi à la reconstitution expérimentale d’une charbonnière afin de l’observer et de recueillir les données liées à sa construction, sa combustion et son impact sur l’environnement. Tout au long du film Les charbonniers de l’Antola, les géographes Jean-Paul Métailié et Guiseppina Poggi, filment les deux charbonniers à l’oeuvre, les interrogent sur le choix des essences à brûler, sur leurs techniques, sur l’importance de la terre et sur les conditions de vie à l’époque. La nuit succède au jour tandis que la charbonnière continue de brûler, nécessitant une vigilance de tous les instants pendant la semaine qu’elle met à se consumer… »

Lire l’article et voir le film de la mission sur le carnet.

 

Into the woods . Overlapping perspectives on the history of “ancient forests”

Appel à communication, colloque international, Padoue (Italie), 18-20 avril 2017

Depuis une quinzaine d’années les actions et projets en faveur des « forêts anciennes » se multiplient (label forêts d’exceptions de l’ONF, programme forêts anciennes du WWF, journée internationale de la forêt, etc.). Ces espaces forestiers sont concernés par des usages multiples, à la croisée des enjeux écologiques, économiques et sociétaux.

Les définitions des « forêts anciennes » varient en fonction des pays, mais aussi des champs disciplinaires par lesquels elles sont abordées. Travailler sur les « forêts anciennes » amène à écarter les « anciennes forêts » les forêts qui aujourd’hui ont disparu, et parmi les « forêts actuelles » celles qui n’auraient pas d’ancienneté. Les « forêts anciennes », sont donc des « forêts actuelles» pourvues d’une certaine ancienneté, mais l’appréciation de cette ancienneté est tributaire de seuils temporels qui dépendent, entre autres, des sources à disposition pour reconstruire ce passé.

Les approches intégrées, inter/multidisciplinaires, réunissant connaissances historiques (fonction sociale et économique de la forêt) et approches naturalistes (étude des écosystèmes forestiers) ouvrent aujourd’hui une nouvelle manière d’aborder la question des « forêts anciennes ». Si la diversité des approches et des outils mis en œuvre sont garants d’une meilleure compréhension du passé des espaces forestiers, le cloisonnement encore trop disciplinaire et régional limite l’approche globale et intégrée. Se positionner au carrefour des sciences humaines et des sciences naturelles est indispensable pour comprendre les facteurs engendrant la différenciation des espaces boisés historiques.

L’objectif de ce colloque est de faire se rencontrer et échanger des spécialistes et chercheurs, de disciplines, de cultures et horizons professionnels différents, sur l’étude des forêts anciennes. Forestiers, aménageurs, écologues, biologistes, agronomes, géographes, historiens, philosophes, ethnologues, cartographes, archéologues, archéobotanistes, sociologues…, de tous horizons sont invités à mettre en débat la notion et l’idée de « forêts anciennes ».

Infos pratique sur Calenda.

Approches territorialisées des usages de la forêt

Appel à communication, colloque du Réseau des Sciences Économiques, Humaines et Sociales d’Ecofor, 12 janvier 2017

Les forêts sont largement ancrées dans des territoires dont les spécificités déterminent les usages qui en sont faits. Inversement, ces usages forestiers participent à l’identité des territoires. Il n’est donc guère étonnant que la notion de territoire soit prégnante pour les forêts.

Si le territoire revêt des significations variables, il constitue surtout une interface entre nature et culture : c’est le lieu de rencontre entre un ensemble de services socio-écosystémiques et une pluralité de demandes, locales et lointaines, d’usage des forêts. Il est le siège de concurrences spatiales (urbanisation, forêt et agriculture) et conflits d’usages (récréation versus exploitation). Le couple forêt – territoire (les pins d’Aquitaine, la forêt de Tronçais, …) fait aussi l’objet de représentations immatérielles. Celle-ci participent à l’identité du territoire jusqu’à parfois devenir argument pour des stratégies commerciales (appellation d’origine). Historiquement régis par des réglementations nationales, l’État met néanmoins en avant les territoires pour l’organisation des usages forestiers depuis 2001 avec les chartes forestières de territoire et récemment avec les déclinaisons régionales du Programme national de la forêt et du bois (PNFB). Le territoire est un support pour les politiques publiques relatives à la forêt, aussi bien pour adapter au contexte des mesures générales que pour intégrer les spécificités locales dans des schémas globaux ou encore promouvoir des développements endogènes jugés plus vertueux.

Ainsi, les usages de la forêt sont-ils l’occasion de réinterroger la notion de territoire et la place qu’y occupe les espaces boisés.

Public visé

Ce colloque s’adresse à tous chercheurs, gestionnaires ou acteurs se sentant concernés par l’ancrage territorial des forêts, les sciences économiques, humaines et sociales et leur croisement avec les sciences de la nature, par l’application de ces approches scientifiques à la pratique.

Appel à contributions

Ce colloque est organisé sur la base des contributions volontaires qui seront proposées en ligne jusqu’au 15 septembre 2016.

Chaque contribution précisera en quoi elle se rattache à la notion de territoire et associera en tant que de besoin acteur(s) et scientifique(s).

Les contributions doivent être faites en ligne dès maintenant en 250 à 500 mots.

Informations pratiques

Le lieu précis à Paris du colloque sera indiqué ultérieurement.

Contacts

Francis de Morogues (aspects scientifiques) et  Anaïs Jallais (aspects pratiques).

Les chênaies des montagnes pyrénéo-cantabriques, un élément forestier du système agro-pastoral

Article de Jean-Paul Métailié paru dans la Revue Géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, 1986, 57 (3), pp.313-324

Les chênaies constituent dans les montagnes pyrénéo-cantabriques un révélateur des relations entre forêt et société montagnarde. Elles sont le maillon de l’espace villageois où se sont concentrés les usages les plus variés, tant pastoraux que forestiers. Ces peuplements furent à la fois victimes de l’exploitation traditionnelle (pastoralisme intense, pratique du feu), qui les a profondément remodelés, et soigneusement protégés en tant que réserve de bois indispensable. Aujourd’hui les déséquilibres sont généraux, la chênaie représentant soit un fossile sylvo-pastoral, soit une forme d’enfrichement transitoire.

Article intégralement accessible en version PDF (1.36 Mo) sur le portail Hal de l’Université de Toulouse.

Le bois dont les rêves sont faits

Documentaire de Claire Simon, 2016, 2h26min

Il y a des jours où on n’en peut plus de la ville, où nos yeux ne supportent plus de ne voir que des immeubles et nos oreilles de n’entendre que des moteurs… Alors on se souvient de la Nature, et on pense au Bois. On passe du trottoir au sentier et nous y voilà ! La rumeur de la ville s’éloigne, on est dans une prairie très loin. C’est la campagne, la forêt, l’enfance qui revient. On y croit, on y est. C’est une illusion vraie, un monde sauvage à portée de main, un lieu pour tous, riches et pauvres, Français et étrangers, homos et hétéros, vieux et jeunes, vieux-jeu ou branchés. Le paradis retrouvé. Qui sait ?

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Descriptif ici, sorti en DVD.

Reportage du Monde sur les SDF du Bois de Vincennes.

« Dernière chance pour la biodiversité ». Les arbres de Verdun, déplacés pour le climat

Article de Angela Bolis et Nicolas Leblanc, Le Monde, juillet 2016

« Pour les forestiers, habitués au temps long des arbres et à une certaine constance de leurs conditions de vie, le grand défi du XXIe siècle sera de faire face à un facteur nouveau d’instabilité : le changement climatique. Son rythme, inédit, confrontera nombre d’essences à des températures et des précipitations qui auront sensiblement évolué au cours même de leur vie séculaire. Depuis 2011, l’Office national des forêts (ONF) tente d’anticiper ce phénomène grâce au projet Giono : une expérience de «  migration assistée » d’arbres provenant du sud de la France, où ils sont particulièrement menacés par le réchauffement, pour les planter en forêt de Verdun. Reportage sur ces plantations de jeunes chênes et hêtres, pionniers d’une lente migration climatique de la flore vers des latitudes plus clémentes… »
Lire et regarder le reportage interactif ici.

Sensuelles essences : ce que nos sens nous disent du bois

Conférences issues du colloque « Xylomanies ! Explorer les savoir-faire du bois », Fondation d’entreprise Hermès, France Culture Plus

Le bois convoque tous les sens et aime à les surprendre. Il appelle le contact pour découvrir sa douceur ou sa rugosité. On l’apprécie par son odeur, celle des copeaux dans un atelier, celle du cèdre, de l’encens ou des notes boisées d’un parfum. Et aussi pour son goût : le bâton de réglisse de l’enfance ou la pincée de cannelle… Relié à nos cinq sens, il est un véritable héritage commun tant naturel que culturel.

  • « Le bois que l’on goûte… et que l’on sent ». Olivier Roellinger, chef étoilé, spécialiste des épices et Jean-Claude Ellena, parfumeur
  • « A l’écoute du bois « . Stéphane Vaiedelich, directeur du laboratoire de recherche et de restauration du musée de la Musique – Cité de la musique et Miguel Henry, luthier
  • « L’arbre, le bois et la forêt » : points de vue d’un artiste. Grégory Chapuisat, plasticien.

Interventions à ré-écouter ici.