ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Ecologie, Environnement, Biodiversité, Protection de la nature, Développement durable

Écologisation des arbres dans les agroforêts des Ghâts occidentaux (Inde)

Article de Christelle Hinnewinkel, Sylvie Guillerme et Béatrice Moppert paru dans Développement Durable et territoires, Vol. 8, n°1 | Avril 2017 : Modalités de qualification et de gestion des ressources naturelles (2/2)

Habités depuis plus de 12 000 ans, les paysages arborés des Ghâts occidentaux constituent un objet d’étude intéressant pour comprendre comment, de nos jours, le discours écologiste à propos de l’arbre s’articule avec celui des agriculteurs sur la ressource arborée. L’analyse des manières de concevoir les arbres et leurs usages, de l’évolution de celles-ci et des modalités d’accès à la ressource arborée ainsi que des pratiques de gestion des arbres a été réalisée à partir 1/ d’observations de terrain associées à des enquêtes auprès d’agriculteurs valorisant la ressource arborée, et 2/ de l’étude des plans de gestion des forêts réservées, des inventaires forestiers et de la législation forestière. Ce travail montre que les agriculteurs font la distinction au sein de leurs agroforêts entre ce qu’ils qualifient d’« arbres forestiers » d’une part et « leurs arbres » d’autre part. L’analyse des politiques forestières permet de comprendre que cette manière de qualifier les arbres est le résultat de la mise en avant de l’agenda environnemental par l’administration forestière, et de l’intégration de cet agenda par les populations qui dépendent de la ressource arborée dans leur quotidien. Dans le discours, la majorité des agriculteurs mobilisent l’argument écologique en particulier pour justifier l’interdiction de couper les arbres qualifiés de « forestiers », mais ils n’en oublient pas pour autant leurs valeurs sociales et économiques.

Article intégralement accessible en version PDF sur Hal-Shs ou en ligne sur le site de la revue.

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Les espèces invasives

Emission « La tête au carré », radio France Inter, 19.12.2017

Le moustique tigre, le frelon asiatique, l’ambroisie, la pyrale du buis, le nématode du pin, la termite de Formose, xylella fastidiosa ou la grenouille taureau ont la particularité de faire partie des  » EEE », les espèces exotiques envahissantes nuisibles pour la biodiversité et la santé.

C’est un fait  : de nombreuses espèces exotiques envahissantes – micro-organismes, animaux et plantes invasives se propagent à la surface du globe de façon accélérée en suivant les voies de circulation d’une mondialisation coupable de négligence . Ce sont des espèces qui peuvent devenir de sérieux dangers sanitaires en cas de proliférations.  Ces espèces ont fait irruption en Europe ces 35 dernières années et selon les scientifiques, leur nombre a bondi de 76 % dans ce laps de temps. On compte désormais 12 212 espèces exotiques sur le Vieux Continent dont plus de 1 000 sont considérées comme invasives.

Affectant non seulement l’agriculture, à travers l’émergence de ravageurs, mais aussi la santé publique, à l’image du moustique tigre vecteur des virus de la dengue et du chikungunya, ces bios agresseurs invasifs sont également de graves nuisances écologiques pour les écosystèmes et la biodiversité, tels que le charançon nuisible aux palmiers de la Côte d’ Azur, les grenouilles-taureaux fatales aux reinettes, ou la plante jussie,  cauchemar des milieux aquatiques… On attend la déclinaison pratique de la nouvelle Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes en 2018 pour les  surveiller et les contrôler.

Avec  Serge Muller, Professeur de botanique au MNHN et responsable de l’herbier national du MNHN. Il a coordonné en 2016 un groupe de travail qui a produit un projet de stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes (EEE) pour 2018 . Il a signé : » Plantes invasives en France-Etat des connaissances et propositions d’actions » 2006 Ed Mnhn

et Hugues Demeude  journaliste spécialiste des sujets  Environnement et Société et scénariste de documentaires. Il est l’ auteur de  « ALERTE AUX FLÉAUX BIOLOGIQUES – Espèces invasives : dangers sanitaires et nuisances écologiques » Ed Michalon.

Émission à ré-écouter ici.

 

A-t-on perdu notre lien à la nature ?

Émission de radio « La tête au carré », France Inter, 14.12.2017

L’attitude des Français vis-à-vis de la nature est très différente celle de nos voisins germanophones et anglophones. C’est le constat que fait Valérie Chansigaud dans son nouveau livre intitulé « Les Français et la nature, Pourquoi si peu d’amour ? ».

Comment expliquer cette désaffection ? Pourquoi est-il si difficile de mobiliser les Français pour la sauvegarde de la faune et  de la flore ? 

Pour cette historienne des sciences et de l’environnement, l’intérêt pour la nature s’accompagne toujours d’une dimension sociale et politique. 

Pour Valérie Cabanes, l’humanité doit retrouver son rôle  originel : celui de gardienne de la Terre pour vivre « en harmonie avec  la nature ». 

Juriste, elle appelle à une métamorphose du droit international pour mieux protéger la planète Terre et ses habitants.

Émission à ré-écouter ici.

Jardins de terre, jardins de mer à Tongoa (Vanuatu). Une anthropologie de la nature domestique dans un milieu affecté par la catastrophe

Soutenance de thèse de Maëlle Calandra, Campus St Charles Marseille, 11 décembre 2017

Fondée sur dix-sept mois d’enquête ethnographique à Tongoa (entre 2013 et 2015), une île du Vanuatu, cette thèse et la réflexion qui la sous-tend portent sur les espaces travaillés, en mer comme sur terre. Elle prend comme fil conducteur les jardins de subsistance et met en évidence les relations qu’entretiennent les habitants de l’île, tant entre eux et avec ces deux types d’espaces, qu’avec les collectifs de non-humains qui peuplent leur monde. L’étude de la nature domestique révèle que la terre et la mer sont pensées dans un cadre commun et montre en quoi elles sont constitutives du mode de vie et des représentations de ceux qui les créent et les exploitent. L’environnement dans lequel évoluent les Man-Tongoa est marqué du sceau de catastrophes, dont la contingence constitue, pour eux, un inéluctable donné de l’existence. Les espaces appropriés sont régulièrement bouleversés, voire temporairement anéantis, par un événement sismique ou climatique de grande ampleur – comme le cyclone Pam, intervenu en mars 2015. L’ethnographie de cet événement et l’étude des différents phénomènes relevant de la catégorie locale de disasta démontrent comment est localement construite la notion de catastrophe lorsque la « tradition », les dénominations chrétiennes et les ONG en proposent des explications parfois incompatibles.

 

 

Fête des Simples 2017

Mise en ligne des enregistrements des conférences de la Fête des Simples 2017 (Rosans, 26)

– « La médecine traditionnelle africaine à Keur Massar » de Chantal Perrin, cinéaste (75), Djibril Bâ, directeur de lʼhôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal)

– « Comment circulent les graines quand les hommes sont enfermés, de la Provence à la Syrie » par la Coopérative Longo Maï (04)

 – « La réglementation des plantes médicinales et les paysans herboristes » par Évelyne Boyer, paysanne-herboriste (04) et Thomas Échantillac, paysan-herboriste (26)

– « Liberté dʼaccès à la terre, histoire, perspectives et actions concrètes » par Pierre Fabre, président de Terre de Liens PACA (06) Samuel Genas, maraîcher en cours d’installation à Rosans (05)

-« Odeurs de liberté » par Marie-Thérèse Esneault, musicothérapeute et aromacologue (94)

-« Pour une reconnaissance des alternatives aux pesticides » par Jean François Liphout, Président d’ASPRO PNPP (ASsociation pour la PROmotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes)

 

La forêt perdue et le paradis retrouvé

Article de Hervé Brunon paru (en italien et en anglais) dans Skrúður, Núpur. Premio Internazionale Carlo Scarpa per il Giardino, XXIV edizione, a cura di Patrizia BOSCHIERO, Luigi LATINI, Domenico LUCIANI, Treviso, Fondazione Beneton Studi Ricerche, coll. « Memorie », 2013, p. 150-157 

Créé en 1909, le jardin de Skrúður à Núpur (Dýrafjörður, Islande), lieu exceptionnel signalé par la XIVe édition du Premio Internazionale Carlo Scarpa per il Giardino décerné par la Fondazione Benetton Studi Ricerche (Trévise, Italie), invite à réfléchir sur l’histoire de la forêt en Islande, depuis l’époque de la colonisation jusqu’à aujourd’hui, et plus largement sur les enjeux actuels de la déforestation au niveau planétaire et les initiatives locales contre la désertification et en faveur du reboisement.

Article intégralement accessible en version PDF (3.4 Mo) sur Hal-Shs.

Quinoa, prenez-en de la graine

Documentaire de Clémentine Mazoyer, France 5, 22.10.2017

Depuis vingt ans, les consommateurs occidentaux découvrent les vertus nutritives du quinoa et la consommation de cette graine a littéralement explosé. Dans les grandes surfaces, aux cartes des restaurants, elle fait désormais partie du quotidien. Aujourd’hui, une partie est toujours produite dans la cordillère des Andes, à près de 4000 mètres d’altitude. Sa culture s’effectue dans la pure tradition andine, à la main et sans produit chimique, car c’est une plante ultra-résistante. Mais son succès a fait des envieux. Il y a dix ans, le Pérou s’est lancé dans la course. Les méthodes de production ont évolué.

Documentaire à revoir pendant une semaine ici.