ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Ecologie, Environnement, Biodiversité, Protection de la nature, Développement durable

1 730 nouvelles plantes découvertes en 2016

Article de Pierre Le Hir, Le Monde, 18.05.2017

« L’organisation scientifique Les Jardins botaniques royaux de Kew dresse un nouvel inventaire de la flore mondiale. De possibles aliments du futur y figurent.

C’est une publication qui ravira les naturalistes et, plus largement, les amoureux du monde végétal. Les Jardins botaniques royaux de Kew, organisation scientifique qui gère notamment les célèbres Kew Gardens de la banlieue londonienne, inscrits au patrimoine de l’Unesco, livrent, jeudi 18 mai, la deuxième édition de leur rapport annuel sur l’état des lieux mondial des plantes. Un « herbier » auquel ont contribué 128 scientifiques de 12 pays.

On y apprend que 1 730 nouvelles espèces de plantes ont été découvertes en 2016 sur la planète, dont certaines constitueront peut-être des aliments du futur. C’est le cas de onze variétés brésiliennes de manioc (Manihot esculenta), la denrée de base la plus répandue dans le monde après le maïs et le riz. Ces nouvelles variétés pourraient contribuer à diversifier la production du manioc, estiment les auteurs, en permettant sa culture sous des climats plus arides que ceux où il pousse aujourd’hui… »

Lire l’article sur le site du journal.

Quand la musique adoucit l’esprit du vin

Documentaire de Lydia Ben Ytzhak, réalisé par Anna Szmuc, radio France Culture, 14.05.2017

On connaissait les vertus de la musique pour adoucir les mœurs. On s’était même laissé dire que les tomates rougissaient un peu plus lorsqu’elles étaient bercées par du Mozart. Michel Duhamel, lui, va un cran plus loin. Son petit air bougon, il ne faut pas s’y fier : lorsqu’il commence à expliquer comment fonctionne « la musique des protéines », son regard s’éclaire, sa parole prend le ton de la confidence… S’appuyant sur les découvertes de physiciens, avec la société Genodics,il met la mécanique quantique au service de la biologie. Par les vibrations de la musique, ils réussissent à lutter contre les maladies de certaines plantes (champignons, virus, bactéries…), limitant ainsi l’usage des pesticides, surtout quand ils sont peu efficaces sur ce type d’affections des plantes.

Ré-écouter l’émission ici.

 

Mooc ProtéiNNOV

La prise de conscience d’une raréfaction des ressources en protéines animales dans les décennies à venir et la nécessité de produire plus durablement ces ressources alimentaires nous conduit à repenser aux autres sources de protéines, notamment les protéines d’origine végétale. Parmi les sources de protéines végétales, la plus employée comme substitut des protéines animales est le soja, mais le soja n’est pas la seule source de protéines végétales. Il est donc opportun de faire le point sur les autres sources de protéines végétales et sur leur utilisation. Le développement de nouveaux produits alimentaires riches en protéines végétales passe par la connaissance des atouts tant technologiques que nutritionnels de ces ingrédients, mais aussi des freins à leur introduction dans le régime alimentaire des européens.

Le MOOC proposé est donc ciblé sur les protéines végétales et sur leur utilisation dans l’alimentation humaine. Le cours a pour but d’apporter des connaissances dans quatre domaines ciblés sur l’utilisation des protéines végétales pour l’innovation de produits alimentaires : Agronomie, Nutrition, Technologie alimentaire et Innovation produits.

Informations sur ce Mooc sur la plateforme Fun.

La nature en ville, entre protection, communication et patrimonialisation : approches géographiques dans les territoires du Grand Lyon

Thèse de Inès Méliani, Géographie. Ecole normale supérieure de lyon – ENS LYON, 2013, 297 p.

À l’heure où la notion de ville durable s’inscrit au cœur des objectifs des politiques d’aménagement urbain, la nature revient sur le devant de la scène. Il en est ainsi pour ce qui concerne l’Agglomération lyonnaise où, dans leurs démarches visant à écrire la ville d’aujourd’hui et de demain, les acteurs confèrent à la « restauration » de la nature en ville une place majeure. En effet, alors que, longtemps, la présence de la nature dans les villes n’était regardée que comme l’un des éléments consubstantiels au tissu urbain, l’émergence des préoccupations écologistes dans le champ politique a, à partir des années 1990, changé la donne : aujourd’hui, les espaces de nature constituent l’une des pièces prépondérantes dans la panoplie des outils et des mesures mobilisés par les aménageurs pour répondre aux problématiques des villes contemporaines et concevoir la ville de demain. La question des relations entre ville et nature recouvre un champ sémantique complexe conduisant à soulever nombre d’interrogations, auxquelles la présente recherche tente de répondre. Comment et quand les politiques prennent-ils en compte la place de la nature dans la ville ? Au service de qui ? Au service de quoi ? Et à quelles fins ? Ce travail s’appuie sur deux études de cas, complémentaires l’une de l’autre. La première s’applique à analyser la façon dont les instances politiques lyonnaises communiquent sur la nature auprès de leurs administrés depuis vingt ans : de 1989 (élection de Michel Noir à la fonction de maire de Lyon) à 2009 (sous la mandature actuelle de Gérard Collomb). La seconde étude s’est appliquée à analyser les représentations, propres aux acteurs politiques, de la nature en milieu urbain : la patrimonialisation de la nature est apparue, simultanément aux préoccupations environnementales, comme un outil efficace pour prendre en compte la nature en ville.

Thèse intégralement accessible en version PDF (14.44 Mo) sur Hal-Shs.

Garden plants dynamics at urban fallow land interfaces : influence of local versus landscape factors

Article (en anglais) de Audrey Marco, Sébastien Oliveau, Nicolas Pech, Thierry Dutoit, Valérie Bertaudiere-Montes paru dans Salzburger Geographische Arbeiten, 2008, pp.25-41

Rural areas have been subjected to a strong pressure of urbanization which reorganizes landscape mosaics in creating new ecological interfaces: garden/fallow land. These latter are the place of specific floristic dynamics through the movement of cultivated plants from garden to neighboring habitat. In order to understand these ecological processes, the pool of cultivated plants was firstly characterized in Mediterranean gardens. Then, the escaped garden plants and the factors explaining their presence in post-cultural fallow lands were identified with a spatial analysis of two hierarchical levels: the local structure of fallow lands is related to a well adapted pool of escaped garden plants to the Mediterranean climatic and edaphic constraints. The species richness of escaped garden plants in fallow lands was also mainly associated with four landscape variables (41%) corresponding to the proximity and the density of gardens and the openness of landscape around the fallow lands. The dispersal process occurs mainly over short distance. Three local factors related to vegetation structure and topo-edaphism conditions explain 4,8% of total variation. The set of these results highlight that in urbanized landscapes garden plants dynamics are more determined by the composition of landscape through the organization of introduction sites than ecological conditions within establishment sites.

Article intégralement accessible en version PDF (2.1 Mo) sur Hal-Shs.

Arbres en otages : L’utilisation à Lyon de l’image de l’arbre en ville par le politique

Article de Inès Méliani et Paul Arnould paru dans François Lormant, Charles Dereix, Christine Farcy (dir.). « Forêt et communication : héritages, représentations et défis », L’Harmattan, 2016

Depuis les années 1990 à Lyon, le choix d’une politique de réhabilitation de l’image de l’arbre en milieu urbain a été soutenu par une communication territoriale assidue autour des concepts d’ « écologie urbaine » et de « nature en ville ». Les responsables de la communication institutionnelle du Grand Lyon ont peu à peu introduit dans leurs écrits les questions relatives à la présence de l’arbre en ville – l’arbre et plus généralement le tissu forestier y étant envisagés à la fois en tant que composantes fondatrices du paysage urbain mais aussi comme éléments structurants dans sa complexité. L’émergence et la fabrication d’un récit autour de l’image de l’arbre en ville repose sur sa valorisation procédant d’une stratégie conduisant à remporter l’adhésion des habitants et à la reconnaissance de l’arbre en tant qu’objet patrimonial. Mais pas seulement. Ce travail a aussi l’ambition de montrer qu’il existe une interdépendance entre la volonté de modeler l’identité du territoire et des motivations locales d’ordre essentiellement économiques : en jouant sur les concepts d’identité territoriale grâce à la présence d’objets de nature en ville, l’arbre en chef de file, le support d’une promotion territoriale pour la métropole lyonnaise est alors tout trouvé.

Article intégralement accessible en version PDF (1.45 Mo) sur Hal-Shs.

Du fouillis végétal à l’espace gazonné : structure et typologie des jardins réunionnais de la Ravine des Cabris

Article de Dominique Soulance, Daniel Bley, Maryse Gaimard, Nicole Vernazza-Licht paru dans Menozzi Marie Jo, et al. (eds). « Les jardins dans la ville entre nature et culture », Presses Universitaires de Rennes & Société d’Ecologie Humaine, pp.317-339, 2014, Collection « Espaces et territoires »

S’intéresser aux jardins de l’île de la Réunion ne procède pas uniquement d’un attrait naturaliste ou esthétique car les jardins sont aussi des espaces de vie qui ont été au centre des préoccupations lors de l’épidémie de chikungunya qui a sévit sur l’île de 2005 à 2006. Les politiques de prévention ont mis l’accent sur le risque que constituait le jardin et il a été rapidement demandé à la population de devenir acteur en agissant sur son environnement et en éliminant les sources potentielles de gîtes. Dans le cadre d’un projet de recherches ANR SEST (2006-2009) « Anthropo-MTV » sur la gestion de l’épidémie de chikungunya les auteurs ont mené une enquête sur les jardins de la Ravine des Cabris à La Réunion (415 ménages ont été enquêtés et les jardins ont fait l’objet d’une observation minutieuse et détaillée à partir d’un questionnaire). 11 jardins représentatifs de la Ravine des Cabris, parmi les 415 jardins visités, ont été plus particulièrement étudiés : cartographie de chaque parcelle (habitation, espèces cultivées, plantées, points d’eau) et inventaire complet des espèces présentes. Une typologie propre à la Ravine des Cabris a été dressée : du simple fouillis végétal au jardin-pelouse facile d’entretien en passant par le fouillis bien coloré et organisé ou encore par le jardin bien structuré, utile et géré de manière écologique. Les auteurs concluent que le jardin est une dimension importante de la vie des Réunionnais de par le nombre et la diversité des espèces végétales plantées, le temps consacré à l’entretien, les multiples usages, l’investissement affectif et la fierté du résultat. Les habitants des maisons traditionnelles comme ceux des maisons plus modernes considèrent que le jardin est indispensable à leur qualité de vie : les uns soulignent la dimension esthétique, les autres la dimension ludique. La kour reste toute l’année colorée et attrayante du fait de l’abondance des espèces et de la floraison perpétuelle : les nouvelles fleurs masquent celles qui se fanent. Même si l’étude met en évidence des types de jardins très différents, chaque jardin garde cependant son originalité. À la Ravine des Cabris, il y a une grande hétérogénéité des habitats et des jardins : dans une même rue, le jardin de la petite case créole peut avoisiner une grande maison clôturée. Cette passion des Réunionnais pour leur jardin explique également leur faible adhésion aux mesures de lutte anti-vectorielle lors de l’épidémie de chikungunya. Les auteurs font toutefois le constat que 18 mois après l’épidémie, une grande partie de la population avait suivi les conseils de prévention pour éliminer les gîtes larvaires en enlevant les soucoupes sous les pots de fleurs, en nettoyant l’arrière de leur maison et en couvrant leurs réservoirs d’eau pluviale.

Article intégralement accessible en version PDF (5.94 Mo) sur Hal-Shs.