ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Ecologie, Environnement, Biodiversité, Protection de la nature, Développement durable

Le projet ARBELE

Le programme Casdar ARBELE : l’ARBre dans les exploitations d’ELEvage herbivore, réunit des partenaires de la recherche et du développement dans le domaine de l’élevage, de la forêt et de l’agroforesterie et a pour objectif d’étudier et évaluer dans le contexte actuel la pertinence des différentes pratiques agroforestières.

Différentes actions sont conduites afin d’une part de cerner les atouts et limites de l’agroforesterie (intérêt fourrager, bien-être animal, bois litière, bois-énergie, impacts environnementaux,…), et d’autre part de capitaliser des références technico-économiques (évaluation des coûts, temps et matériel des chantiers, itinéraires d’exploitation…).

Fiche de présentation synthétique du projet ici.

Cosmétiques  : innover sans piller

Article de Nathalie Picard, Le Monde, 13.03.2017

« L’application du protocole de Nagoya et le succès des cosmétiques naturels incitent industriels et chercheurs à trouver localement des matières premières végétales.

Dans les années 1970-1980, la quintessence du produit cosmétique était d’origine chimique, se rappelle Claude Fromageot, directeur du développement durable chez Yves Rocher, pionnier de la cosmétique végétale. Le mouvement vers le naturel s’est amorcé au début des années 2000 et ne cesse de s’amplifier depuis. » Une attente des consommateurs, soutenue par une législation de plus en plus stricte.

Le 14 mars, à Orléans, la réglementation en cosmétique était justement le thème d’une journée scientifique nationale organisée par le groupement de recherche Cosm’actifs (CNRS) et le programme Cosmétosciences de la région Centre-Val de Loire. Des ­industriels ont présenté aux chercheurs académiques les enjeux réglementaires, de l’approvisionnement en matières premières à la sécurité des produits finis… »

Article payant sur le site du journal.

Dîtes-le avec des fleurs !

Edito de Denis Cheissoux, radio France Inter, 11.02.2017

« Dîtes-le avec des fleurs ! Et plutôt deux fois qu’une !.. à la St Valentin… mais sans doute pas avec n’importe lesquelles !… Voilà le message que nous susurre à l’oreille cette semaine, Reporterre, le magazine de l’écologie sur Internet.

Fleurs que nous Français – peuple autant sentimental que bucolique – importons gaillardement, essentiellement depuis le pays des tulipes et des moulins à vent, qui lui-même pratique une cueillette intensive dans les pays du Sud, depuis le Kenya notamment.

Séduisantes mais ces jolies fleurs ont un côté « peau de vache », et nous dissimulent quelques surprises passées sous silence par les producteurs. Ben oui, autant de beauté cache une gourmandise sans bornes en énergie, en eau et en produits chimiques. Une chimie pas toujours homologuée que des ouvriers payés au lance-pierres appliquent au mieux … en bermuda. Bah, le salarié kenyan résiste à tout !.. »

Edito à ré-écouter ici.

Écouter également le Billet économique, France Culture du 14.02.2017 ici.

Lire l’article de Reporterre sur les fleurs bio.

Étude ethnobotanique, phytochimique et écotoxicologique de Ocimum gratissimum Linn (Lamiaceae) à Cotonou

Article de Wilfrid Hinnoutondji Kpètèhoto, Septime Hessou, Victorien Tamègnon Dougnon  , Roch Christian  Johnson, Gratien Boni, Eustache Enock Houéto,  Fidèle Assogba, Elias Pognon, Frédéric Loko, Michel Boko, Joachim Gbénou paru dans Journal of Applied Biosciences, vol.109, janvier 2017

L’usage de Ocimum gratissimum Lamiaceae (Basilic tropical) est très répandu au Bénin. Cette utilisation repose sur les connaissances empiriques des populations. Il est légitime de se demander si les vertus attribuées à cette plante reposent sur des bases scientifiques et sa consommation sans conséquences néfastes pour la santé humaine. Une étude ethnobotanique a ciblé les vendeurs de légumes feuilles des trois principaux marchés (Dantokpa ; Saint Michel ; Vêdoko), quelques phytothérapeutes, des agents de santé et des consommateurs de Cotonou la capitale de la République du Bénin. Elle a été complétée par une étude phytochimique basée sur des réactions de précipitations différentielles, complétée par le dosage des métaux lourds  (Plomb ;  Cadmium),  de  quelques  éléments  nutritifs  et  oligo-éléments par  spectrophotométrie d’absorption moléculaire.  Il ressort des investigations plusieurs usages de Ocimum gratissimum Linn (médicinal ; alimentaire ; rituel ; chimique ; ornemental). Cette plante renferme plusieurs groupes phytochimique (phénoliques ; azotés ; stéroïdes ; terpènes ; mucilages ; dérivés cyanogéniques), des éléments nutritifs (Protéines ; Azote ; Fer ; Zinc ; Cuivre). Par ailleurs, nos résultats montrent la présence de métaux lourds (Plomb ; Cadmium) dans des concentrations supérieures aux normes OMS.  Les  résultats  des  analyses  phytochimiques  et  nutritionnelles  confirment les usages empiriques identifiés lors de l’étude ethnobotanique. Cette plante est un remède dans la prévention et le traitement de certaines maladies, un complément alimentaire, une solution alternative dans la lutte chimique. Toutefois, la présence des Éléments Traces Métalliques avec des concentrations supérieures aux normes OMS traduit un risque potentiel pour la santé humaine. Il urge pour l’état central, les partenaires sociaux et la communauté scientifique de repenser la production de Ocimum gratissimum Linn de qualité phytosanitaire acceptable afin de garantir à la population l’usage sans risque de cette Plante Médicinale à caractère de Légumes feuilles, gage de bonne santé et de Développement Durable.

Article intégralement accessible en version PDF (172 Ko) sur le site du Journal.

Le permis de végétaliser pour fleurir son trottoir

Émission « L’esprit des initiatives », radio France Inter, 06.02.2017

Des permis de végétaliser sont délivrés par les mairies aux habitants qui souhaitent planter sur l’espace public. Il est possible d’embellir sa rue avec des fleurs et des légumes à condition d’obtenir de la Mairie un permis de végétaliser. A Paris, celui-c i s’accompagne d’une charte qui encadre ces cultures. Il est par exemple interdit de cultiver des choses illicites, d’utiliser des pesticides et des tondeuses à gazon… Elle incite aussi à redistribuer les produits aux habitants.

Émission à (re) écouter ici.

De la friche urbaine à la biodiversité. Ethnologie d’une reconquête : La petite ceinture de Paris

Thèse de Julie Scapino, Architecture, aménagement de l’espace. Museum national d’histoire naturelle – MNHN Paris, 2016, 525 p.

L’attention pour la biodiversité se porte aujourd’hui sur les villes : il faut désormais prendre soin des espèces et des écosystèmes jusqu’au cœur des milieux les plus artificiels. Or, accueillir une nature sauvage bouleverse les critères d’ordre et de propreté des espaces urbains, et modifie les cultures professionnelles de leurs concepteurs et gestionnaires. Fin 2011, la Ville de Paris s’est dotée d’un Plan biodiversité. Fondé sur les savoirs de l’écologie scientifique, il doit permettre de renforcer la présence du vivant dans la capitale et affiche la volonté de changer le regard sur le sauvage en ville. Cette politique est confrontée à l’ethnographie d’une vaste friche urbaine, enjeu territorial pour la biodiversité parisienne : la petite ceinture. Construite au XIXe siècle autour de Paris, cette voie ferrée, en grande partie inutilisée, a été colonisée par la flore et la faune. Officiellement interdite au public, elle est pourtant intensément fréquentée par de nombreux habitants. Les rapports au lieu et à la nature qu’il abrite ont été étudiés chez les usagers informels des rails. L’absence de fonction officielle et une surveillance lâche permettent l’existence d’une vie sociale diversifiée, transgressive et inventive. Si la nature n’est pas centrale dans les relations à la friche, elle est une composante de l’identité du lieu. Le développement libre du végétal est valorisé pour sa rareté dans un monde urbain ultra-contrôlé, alors que son intérêt écologique est peu évoqué. En parallèle, la petite ceinture s’institutionnalise au titre de la nature. D’une part, une gestion différenciée est appliquée depuis 2006 par des équipes dont l’action participe d’une mise en ordre de l’espace. D’autre part, la Mairie de Paris aménage certains points du linéaire en jardins associatifs ou publics. L’étude du cas d’une promenade dans le XVe arrondissement révèle une véritable attention portée à la biodiversité. Mais la reconquête du délaissé va aussi de pair avec des modalités nouvelles de maîtrise du vivant et une normalisation du lieu et de sa pratique sociale. Herbes folles et pratiques informelles émergent là où le contrôle se desserre. Si les mauvaises herbes ont été réhabilitées, peut-être est-il possible de changer notre regard sur la fertilité sociale de la friche.

Thèse intégralement accessible en version PDF (23.92 Mo) sur Tel.

Croyants de nature ? Sociologie religieuse de l’Agriculture paysanne

Article de Mathieu Gervais paru dans Etudes Rurales, janvier-juin 2016, n°197, pp. 177-194

Après avoir été un grand thème de l’analyse de la modernisation des campagnes et donc de la sociologie rurale entre les années 1950 et 1970, la sociologie religieuse du monde rural semble aujourd’hui quelque peu délaissée. Cela s’explique en partie par la baisse de la pratique religieuse des ruraux, emblématique du rapprochement entre les villes et les campagnes. Toutefois, nous discutons, ici, l’intérêt actuel d’études croisant sociologie des religions et sociologie rurale. À partir de l’exemple de l’Agriculture paysanne, nous montrons comment la critique de l’agriculture conventionnelle actualise des contenus religieux. Le catholicisme issu de l’action catholique continue ainsi d’influencer plus ou moins directement cette agriculture alternative. De plus, il existe une dimension « spirituelle » invoquée par certains agriculteurs paysans pour légitimer une relation non instrumentale à la nature et au « vivant ». S’intéresser à la religion permet donc de préciser les représentations de la nature et les pratiques des agriculteurs dans un contexte d’écologisation.

Article intégralement accessible en version PDF (508.18 Ko) sur Hal-Shs.