ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Botanique

Le pouvoir des fleurs, Pierre-Joseph Redouté

Exposition au Musée de la Vie Romantique, Paris, 26.04 au 1.10.2017

Entre science et beaux-arts, Pierre-Joseph Redouté incarne l’apogée de la peinture florale ; surnommé le « Raphaël des Fleurs », il est devenu un modèle encore célébré aujourd’hui grâce à l’élégance et à la justesse de son interprétation d’une nouvelle flore venue orner les jardins entre la fin de l’Ancien Régime et la Monarchie de Juillet.
Grâce à la générosité du Muséum national d’Histoire naturelle, le musée de la Vie romantique organise pour la première fois en France, une exposition consacrée à Redouté et à son influence. Peintre botaniste, il a contribué à l’âge d’or des sciences naturelles en collaborant avec les plus grands naturalistes de son temps. Il a répondu à leur préoccupation de classement et d’identification de plantes rapportées des quatre continents en les reproduisant à l’aquarelle sur de précieux vélins avec une rigueur scientifique et un talent artistiques inégalés. Peintre des souveraines, de l’impératrice Joséphine à la reine Marie Amélie, il est aussi graveur, éditeur, et professeur.


Plus de 250 peintures, aquarelles, objets d’art, et vélins qui, en raison de leur fragilité, seront présentés suivant un accrochage en partie renouvelé en trois « saisons » proviennent de nombreuses collections publiques françaises (musée du Louvre, musée des Beaux-Arts de Lyon, musée de Grenoble, musée Fabre de Montpellier…) et des musées de Belgique.

Ecouter également cette émission de France Culture.

1 730 nouvelles plantes découvertes en 2016

Article de Pierre Le Hir, Le Monde, 18.05.2017

« L’organisation scientifique Les Jardins botaniques royaux de Kew dresse un nouvel inventaire de la flore mondiale. De possibles aliments du futur y figurent.

C’est une publication qui ravira les naturalistes et, plus largement, les amoureux du monde végétal. Les Jardins botaniques royaux de Kew, organisation scientifique qui gère notamment les célèbres Kew Gardens de la banlieue londonienne, inscrits au patrimoine de l’Unesco, livrent, jeudi 18 mai, la deuxième édition de leur rapport annuel sur l’état des lieux mondial des plantes. Un « herbier » auquel ont contribué 128 scientifiques de 12 pays.

On y apprend que 1 730 nouvelles espèces de plantes ont été découvertes en 2016 sur la planète, dont certaines constitueront peut-être des aliments du futur. C’est le cas de onze variétés brésiliennes de manioc (Manihot esculenta), la denrée de base la plus répandue dans le monde après le maïs et le riz. Ces nouvelles variétés pourraient contribuer à diversifier la production du manioc, estiment les auteurs, en permettant sa culture sous des climats plus arides que ceux où il pousse aujourd’hui… »

Lire l’article sur le site du journal.

Le buis dans tous ses états

Emission « CO2 mon amour » de Denis Cheissoux, radio France Inter, 15. 10. 2016

Emission thématique sur le buis à (re) écouter ici.

Quels sont les facteurs naturels et humains conduisant au statut public d’espèce invasive ? Le cas de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur l’île de La Réunion

Thèse de Nathalie Udo, Environnement et Société. Université de Rennes 1; Université Européenne de Bretagne, 2016, 377 p.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les espèces invasives ont été hissées au rang des problèmes publics majeurs en raison de leurs effets sur l’environnement, l’économie ou la santé. L’objectif général de cette thèse est d’identifier les facteurs naturels et humains conduisant à attribuer au cours du temps le statut public d’espèce invasive à certaines espèces et dans certains contextes, à travers le cas de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur l’île de La Réunion (Océan Indien). Ce travail se structure en trois parties : (i) une comparaison des caractéristiques biologiques de l’ajonc entre La Réunion, où il est déclaré invasif, et la France métropolitaine, d’où est-il originaire, (ii) une analyse historique de sa dynamique d’expansion géographique et des facteurs naturels et humains qui l’ont favorisée, et (iii) une étude de la construction des statuts publics qui lui ont été attribués depuis son introduction. Les résultats ont révélé une évolution biologique entre des populations d’ajonc de France et de La Réunion sur le taux et la vitesse de germination, et la production et dispersion des graines. Couplée à une croissance des individus plus rapide précédemment démontrée, ceci suggère que les capacités de colonisation de l’ajonc sont plus importantes dans l’île que dans sa zone d’origine. Ces capacités ont favorisé son expansion géographique dans les milieux agricoles et naturels, en interaction avec les usages du sol, les pratiques agricoles et les savoir-faire liés à l’ajonc. Ces éléments découlent eux-mêmes du contexte socio-économique global à l’œuvre, de l’échelle européenne à l’échelle de l’exploitation agricole familiale. La construction et publicisation du statut invasif de l’ajonc dans l’île résulte d’une combinaison entre ces éléments écologiques et les éléments sociologiques suivants : une nouvelle lecture scientifique écologique du monde à l’échelle globale, et, à l’échelle régionale, des jeux d’acteurs complexes autour de la gestion des milieux naturels protégés. Ces résultats mettent une fois de plus en évidence l’importance des approches interdisciplinaires pour appréhender les objets foncièrement hybrides, produits de nature et de culture.

Thèse intégralement accessible en version PDF (9,96 Mo) sur Hal-Shs.

Comment la Nouvelle-Calédonie protège l’utilisation de sa nature

Article de Angela Bolis, Le Monde, 19.01. 2016

« Dans le maquis minier du sud de la Nouvelle-Calédonie, les sols rouges, pauvres et métalliques sont par endroits si chargés de nickel que la sève des plantes en devient bleue. C’est cette flore singulière, adaptée à des conditions extrêmes, que viennent explorer les chercheurs de l’équipe de chimie des substances naturelles de l’université de Nouvelle-Calédonie (UNC).

Guidés par un passionné de botanique, les chimistes prospectent la végétation éparse en quête de plantes à huile essentielle, de diospyros, étudiés pour leurs propriétés anticancéreuses, et d’hépatiques, classe aux multiples vertus, « antibactérienne, anticancéreuse, antiradicalaire », énumère le doctorant Benjamin Metoyer. Une fois un spécimen repéré, ils le localisent et le décrivent, avant de récolter quelques échantillons de feuilles, d’écorce ou de fruits.

Ces extraits végétaux seront ensuite testés en laboratoire pour déceler leur activité biologique. Si les résultats se révèlent prometteurs, des chimistes tenteront d’isoler les molécules actives afin de les identifier, puis éventuellement de les synthétiser. De la plante au médicament, toutefois, les étapes sont multiples et l’aboutissement à un produit fini rarissime. Il n’empêche : la biodiversité suscite toujours l’intérêt de la recherche et de l’industrie pharmaceutique, et le partage des bénéfices qui en découle baigne dans un grand flou juridique, entouré de soupçons de biopiraterie… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

Canal du midi, les platanes qu’on abat

Émission « Interception », reportage de Corinne Cutilla, radio France Inter, 19. 07. 2015

Le Canal du Midi : c’est l’un des joyaux paysagers et touristiques de la France. Il est inscrit depuis 1996 au patrimoine de l’Humanité établi par l’UNESCO.  Mais aujourd’hui, sa parure est en danger. Interception vous propose une balade le long du Canal du Midi.
Cette voie conçue au XVIIe siècle chemine entre les régions Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon sur une longueur de 240 km. Elle est bordée par 42 000 platanes. Les plus anciens ont deux siècles d’existence. Ils formaient jusqu’à présent une voûte végétale unique.

Mais le Canal se « déplume » : en 2006, on y a découvert un parasite, le chancre coloré. Un parasite tellement virulent qu’il met en péril l’ensemble des platanes du Canal. Et au-delà, ce sont tous les platanes de France qui sont menacés.

Pour tenter de contenir, ou au moins de ralentir l’extension du mal, un immense chantier est en cours : c’est un chantier radical, puisqu’il s’agit d’abattre, non seulement les arbres malades, mais aussi tous ceux qui les entourent, pendant qu’à Toulouse, des chercheurs espèrent trouver une solution qui mettra un terme au massacre.

A ré-écouter sur le site de l’émission.

 

Les restructurations productives chez de grands rosiéristes français

Communication de congrès de Blandine Veith, Journées Internationales de Sociologie du Travail, Juin 2007, Londres, United Kingdom

Le propos est de comprendre comment de grands rosiéristes français, obtenteurs de nouvelles variétés horticoles, ont pu restructurer leurs entreprises dès les années soixante-dix, voire avant, en mettant en oeuvre des principes qui se sont développés plus tard dans l’industrie et le commerce français. Ils ont déconcentré l’essentiel de la production de fleurs coupées et de rosiers pour jardins en la déléguant à des « partenaires » sous contrat, en la délocalisant en partie à l’étranger ; ils se sont recentrés sur des activités de recherche appliquée et d’obtention de nouveaux cultivars, de marketing, de protection juridique du végétal et de traque des contrefaçons. Selon les principes de l’autonomie contrôlée (Appay, 1993, 2005), ces entreprises sont devenues des firmes cerveau à l’échelle internationale en organisant le travail de centaines de personnes sans forcément les employer directement. Après avoir resitué cette recherche qualitative dans son évolution historique et dans son contexte international, il s’agira d’analyser les spécificités des parcours biographiques de ces entreprises familiales constituées sur plusieurs générations ; de comprendre en quoi ces restructurations productives sont aussi liées, pour certains, à la mise en place de la protection juridique des obtentions. En analysant plus particulièrement l’action d’une famille impliquée dans la promotion de la propriété intellectuelle des roses, nous avançons l’hypothèse que le brevetage du végétal a créé les conditions non seulement financières mais aussi cognitives de ces restructurations productives.

Communication intégralement accessible en version PDF (401,75 Ko) sur Hal-Shs.