ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Agriculture

Agriculteurs urbains

Ouvrage de Guillaume Morel-Chevillet , « Agriculteurs urbains », ed. Editions France Agricole, 2017, 280 p.

Ce guide présente, pour ceux qui les pratiquent ou qui veulent se lancer, les trois formes d’agricultures urbaines, ou comment d’initiatives individuelles de production agricole en ville, se développent de nouveaux métiers, les agriculteurs urbains :

  • L’agriculture urbaine amateur  : la production végétale et même animale à l’échelle du citadin privé. Les balcons, terrasses et petits jardins de ville sont en effet propices à l’implantation de microprojets individuels d’agriculture urbaine. Comment les citadins s’emparent-ils du phénomène ? Comment s’y prennent-ils pour produire chez eux ? Quelles sont les techniques innovantes et traditionnelles à leur disposition ?
  • L’agriculture urbaine collective, très souvent à but non lucratif. Elle montre la dynamique actuelle et les multitudes de projets existants de jardins collectifs en France et à l’étranger à travers un assez large mouvement de « retour à la terre ». Qu’est qui anime ces citadins-jardiniers à l’origine de ces actions de végétalisation collective ? Comment fonctionnent ces projets (gouvernance, techniques, etc.) ? Quels rôles peuvent jouer les collectivités ?
  • L’agriculture urbaine professionnelle. Les exemples de projets d’agriculture urbaine à but marchand en France et dans le monde, cités dans le livre, permettent d’expliquer les systèmes de production économiquement et techniquement viables. Un chapitre est dédié aux microfermes urbaines. Les projets plus techniques comme les serres en toitures et l’agriculture urbaine en milieu clos sont également décrits.

Informations sur le site de l’éditeur.

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L’amande, reine de Californie

Article de Elisa Bellanger, Marianne Boyer, Laurence Girard, Agathe Dahyot et Paul Pichot, Le Monde, 7.01.2018

« En l’espace de dix ans, la « Central Valley », principale zone agricole de Californie, a doublé la surface de ses vergers pour produire le fruit à coque. En apportant près de 80 % des volumes vendus sur la planète, elle écrase toute concurrence. Elle est parfois fourrée aux pommes. Ou au chocolat. Mais huit fois sur dix, la traditionnelle galette à la frangipane s’impose pour tirer les rois. Et pas uniquement lors de l’Épiphanie, célébrée dans les églises dimanche 7 janvier. Pendant tout le mois de janvier, une véritable fringale sucrée s’empare des Français, qui se ruent sur les galettes. Un jackpot pour les boulangers-pâtissiers prêts à faire leur beurre de cette douceur roborative. Mais aussi pour les vendeurs de poudre d’amande, l’ingrédient star de la recette de la frangipane. Avec les Rois, l’amande est reine… »

Lire la suite de l’article ici.

Écologisation des arbres dans les agroforêts des Ghâts occidentaux (Inde)

Article de Christelle Hinnewinkel, Sylvie Guillerme et Béatrice Moppert paru dans Développement Durable et territoires, Vol. 8, n°1 | Avril 2017 : Modalités de qualification et de gestion des ressources naturelles (2/2)

Habités depuis plus de 12 000 ans, les paysages arborés des Ghâts occidentaux constituent un objet d’étude intéressant pour comprendre comment, de nos jours, le discours écologiste à propos de l’arbre s’articule avec celui des agriculteurs sur la ressource arborée. L’analyse des manières de concevoir les arbres et leurs usages, de l’évolution de celles-ci et des modalités d’accès à la ressource arborée ainsi que des pratiques de gestion des arbres a été réalisée à partir 1/ d’observations de terrain associées à des enquêtes auprès d’agriculteurs valorisant la ressource arborée, et 2/ de l’étude des plans de gestion des forêts réservées, des inventaires forestiers et de la législation forestière. Ce travail montre que les agriculteurs font la distinction au sein de leurs agroforêts entre ce qu’ils qualifient d’« arbres forestiers » d’une part et « leurs arbres » d’autre part. L’analyse des politiques forestières permet de comprendre que cette manière de qualifier les arbres est le résultat de la mise en avant de l’agenda environnemental par l’administration forestière, et de l’intégration de cet agenda par les populations qui dépendent de la ressource arborée dans leur quotidien. Dans le discours, la majorité des agriculteurs mobilisent l’argument écologique en particulier pour justifier l’interdiction de couper les arbres qualifiés de « forestiers », mais ils n’en oublient pas pour autant leurs valeurs sociales et économiques.

Article intégralement accessible en version PDF sur Hal-Shs ou en ligne sur le site de la revue.

Fête des Simples 2017

Mise en ligne des enregistrements des conférences de la Fête des Simples 2017 (Rosans, 26)

– « La médecine traditionnelle africaine à Keur Massar » de Chantal Perrin, cinéaste (75), Djibril Bâ, directeur de lʼhôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal)

– « Comment circulent les graines quand les hommes sont enfermés, de la Provence à la Syrie » par la Coopérative Longo Maï (04)

 – « La réglementation des plantes médicinales et les paysans herboristes » par Évelyne Boyer, paysanne-herboriste (04) et Thomas Échantillac, paysan-herboriste (26)

– « Liberté dʼaccès à la terre, histoire, perspectives et actions concrètes » par Pierre Fabre, président de Terre de Liens PACA (06) Samuel Genas, maraîcher en cours d’installation à Rosans (05)

-« Odeurs de liberté » par Marie-Thérèse Esneault, musicothérapeute et aromacologue (94)

-« Pour une reconnaissance des alternatives aux pesticides » par Jean François Liphout, Président d’ASPRO PNPP (ASsociation pour la PROmotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes)

 

La loi de la banane

Documentaire de Mathilde Damoisel, Arte, novembre 2017

Sur ce simple fruit s’est bâti un empire. Raconter l’épopée édifiante de la banane, entre l’Amérique centrale et les États-Unis, c’est revenir aux sources d’un modèle plus que jamais d’actualité – un capitalisme se jouant des frontières et des lois nationales pour assurer à ses actionnaires des profits maximaux, jusqu’à menacer la démocratie. Quand elle apparaît au tournant du XXe siècle sur le marché nord-américain, la banane, denrée rare et chère, est réservée à une élite aisée. Minor Cooper Keith, entrepreneur visionnaire et dur en affaires, va faire d’elle un produit de consommation populaire, sur lequel il édifiera la première multinationale au monde. Bâtisseur du chemin de fer costaricain, il promet au lendemain de la Première Guerre mondiale aux jeunes nations d’Amérique centrale un développement basé sur la monoculture et l’exportation de la banane, en échange de terres achetées à vil prix, souvent confisquées aux petits paysans indiens, de l’usage gratuit des lignes ferroviaires qu’il construit et d’une quasi-exemption d’impôts.
Née en 1899, l’United Fruit Company (UFC) constitue trente ans plus tard une puissance régionale incontestée, édictant ses propres lois sur d’immenses plantations qui s’étendent jusqu’en Colombie. « Le Poulpe », comme on la surnomme, fait venir de Jamaïque une main-d’œuvre corvéable à merci, pourchasse les syndicalistes et fait pression sur les gouvernements des républiques « bananières ». Quand, en 1933, quatre ans après la mort de Keith, un self-made-man né en Moldavie, Samuel Zemurray, alias « le tsar de la banane », reprend les rênes du mastodonte, il amplifie ces méthodes, notamment grâce aux services du père des « spin doctors » Edward Bernays. En 1954, avec l’appui du gouvernement Eisenhower, tous deux chasseront du pouvoir au Guatemala le social-démocrate Jacobo Árbenz Guzmán, coupable d’avoir nationalisé pour sa réforme agraire des milliers d’hectares de l’UFC. La guerre civile déclenchée alors fera plus de cent mille morts jusqu’en 1996…
Les multinationales d’aujourd’hui ont repris les pratiques inaugurées par l’UFC en Amérique latine : intégration verticale, poursuite du monopole, privatisation des ressources, évitement fiscal. La monoculture intensive d’un produit d’exportation, qui épuise les sols et empoisonne les travailleurs, reste elle aussi en vigueur dans une grande partie du monde. Grâce à un montage d’archives rares, le film retrace près d’un siècle de règne sans partage. Des spécialistes (Geoffrey Jones, historien des multinationales à la Harvard Business School, Gaël Giraud, économiste à l’Agence française pour le développement, et la philosophe Cécile Renouard, enseignante à l’Essec) commentent cette histoire édifiante et en partie oubliée, illustration éclairante des dérives du capitalisme.

A revoir en replay sur le site de la chaine.

Les jardins flottants du lac Inlé (Birmanie), ou la construction d’un paysage agricole et touristique original

Article de Martin Michalon paru dans la Revue en ligne Projets de Paysage, 21 septembre 2016

Le lac Inlé, dans les collines de l’Est birman, présente un paysage très caractéristique de jardins flottants, créés au cours du 20 ème siècle par l’ethnie locale intha. Ces derniers ont réussi à mettre en place un système agricole très intensif, fortement connecté au reste de la Birmanie et du monde. Dans le contexte de l’ouverture de la Birmanie au monde, ce paysage extrêmement spécifique est valorisé par les acteurs touristiques. Cependant, ces derniers ont tendance à occulter la dimension intensive, mondialisée, innovante de cette pratique agricole. Au contraire, leurs discours présentent les jardins flottants comme des symboles de la « tradition », de l’«authenticité » de la « Birmanie intemporelle».

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Article intégralement accessible en version PDF (1.6 Mo) sur Hal-Shs ou en ligne sur le site de la revue.

Quinoa, prenez-en de la graine

Documentaire de Clémentine Mazoyer, France 5, 22.10.2017

Depuis vingt ans, les consommateurs occidentaux découvrent les vertus nutritives du quinoa et la consommation de cette graine a littéralement explosé. Dans les grandes surfaces, aux cartes des restaurants, elle fait désormais partie du quotidien. Aujourd’hui, une partie est toujours produite dans la cordillère des Andes, à près de 4000 mètres d’altitude. Sa culture s’effectue dans la pure tradition andine, à la main et sans produit chimique, car c’est une plante ultra-résistante. Mais son succès a fait des envieux. Il y a dix ans, le Pérou s’est lancé dans la course. Les méthodes de production ont évolué.

Documentaire à revoir pendant une semaine ici.