ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Océanie

A Madagascar, la filière du clou de girofle se modernise

Article de Pierre Lepidi, Le Monde, 14.12.2016

« L’odeur du bois brûlé se mêle aux senteurs de vanille, de banane, de litchi et de giroflier. Il est 17 heures et, dans le silence des collines de Madagascar, le soleil affiche son attirance vers l’ouest. A l’intérieur de la cuve d’un alambic de brousse, installé à flanc de coteau depuis 2010, plusieurs dizaines de kilos de feuilles de giroflier mijotent. « Le produit de la distillation est prélevé ici dans ce récipient après une douzaine d’heures, c’est de l’huile essentielle de feuilles de giroflier », montre Rica Rakotobé, responsable des agents de collecte de la société Givaudan, leader mondial de l’industrie des arômes et des parfums. Au terme du processus et après refroidissement, le précieux liquide est filtré et recueilli dans un seau qu’on manipule avec précaution.

Située dans la province de Tamatave, dans le nord-est de Madagascar, l’Analanjirofo (« la région des clous de girofle » en malgache) porte bien son nom. C’est de ces collines verdoyantes que viennent la majorité des 1 300 tonnes de clous de girofle, soit 40 % de la production mondiale, qui sont exportées par la Grande Ile chaque année. Madagascar est le premier exportateur mondial, le deuxième producteur après l’Indonésie. Introduit au début du XIXe siècle, le giroflier, qui est originaire de l’archipel des Moluques, est aujourd’hui une source de revenus régulière pour les 31 000 producteurs et les ménages malgaches. Il est souvent utilisé en complément d’autres cultures (vanille, poivre, litchis…) »…

Lire l’intégralité de l’article ici.

 

Quels sont les facteurs naturels et humains conduisant au statut public d’espèce invasive ? Le cas de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur l’île de La Réunion

Thèse de Nathalie Udo, Environnement et Société. Université de Rennes 1; Université Européenne de Bretagne, 2016, 377 p.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les espèces invasives ont été hissées au rang des problèmes publics majeurs en raison de leurs effets sur l’environnement, l’économie ou la santé. L’objectif général de cette thèse est d’identifier les facteurs naturels et humains conduisant à attribuer au cours du temps le statut public d’espèce invasive à certaines espèces et dans certains contextes, à travers le cas de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur l’île de La Réunion (Océan Indien). Ce travail se structure en trois parties : (i) une comparaison des caractéristiques biologiques de l’ajonc entre La Réunion, où il est déclaré invasif, et la France métropolitaine, d’où est-il originaire, (ii) une analyse historique de sa dynamique d’expansion géographique et des facteurs naturels et humains qui l’ont favorisée, et (iii) une étude de la construction des statuts publics qui lui ont été attribués depuis son introduction. Les résultats ont révélé une évolution biologique entre des populations d’ajonc de France et de La Réunion sur le taux et la vitesse de germination, et la production et dispersion des graines. Couplée à une croissance des individus plus rapide précédemment démontrée, ceci suggère que les capacités de colonisation de l’ajonc sont plus importantes dans l’île que dans sa zone d’origine. Ces capacités ont favorisé son expansion géographique dans les milieux agricoles et naturels, en interaction avec les usages du sol, les pratiques agricoles et les savoir-faire liés à l’ajonc. Ces éléments découlent eux-mêmes du contexte socio-économique global à l’œuvre, de l’échelle européenne à l’échelle de l’exploitation agricole familiale. La construction et publicisation du statut invasif de l’ajonc dans l’île résulte d’une combinaison entre ces éléments écologiques et les éléments sociologiques suivants : une nouvelle lecture scientifique écologique du monde à l’échelle globale, et, à l’échelle régionale, des jeux d’acteurs complexes autour de la gestion des milieux naturels protégés. Ces résultats mettent une fois de plus en évidence l’importance des approches interdisciplinaires pour appréhender les objets foncièrement hybrides, produits de nature et de culture.

Thèse intégralement accessible en version PDF (9,96 Mo) sur Hal-Shs.

MÉDECINE TRADITIONNELLE ET « MÉDECINE INTÉGRATIVE » À MADAGASCAR : ENTRE DÉCISIONS INTERNATIONALES ET APPLICATIONS LOCALES

Thèse de Perrine Didier, Anthropologie sociale et ethnologie, Université de Bordeaux, 2015, 600 p.

Depuis les recommandations de l’OMS de la fin des années 1970, de nombreux pays en Afrique ont mis en place des dynamiques de reconnaissance de la médecine traditionnelle et de ses praticiens. Cette thèse s’intéresse au projet de développement de la « médecine intégrative » à Madagascar, consistant en son intégration au sein du système de soins officiel et conventionnel. Ce projet a pour objectif l’amélioration de la santé des populations et passe par une double évaluation : au niveau social avec l’encadrement des activités des tradipraticiens et au niveau thérapeutique avec la recherche sur les plantes médicinales et le développement de remèdes traditionnels améliorés. Cette recherche est le fruit d’une démarche méthodologique qui s’appuie sur des enquêtes multi-situées, avec un terrain de recherche dans la capitale malgache et ses environs et avec l’ethnographie d’une localité rurale de la région Analanjirofo (côte est de Madagascar). Cette approche s’intéresse d’un côté aux tentatives d’applications des décisions politiques en matière d’encadrement de la médecine traditionnelle et de l’autre à la pratique concrète des soins traditionnels ainsi qu’aux comportements individuels et communautaires face à la gestion des maux, des malheurs et de la maladie avec des études de cas approfondies. Cette thèse s’inscrit dans le champ de l’anthropologie de la santé avec une orientation sur les dynamiques politiques et de développement. Un intérêt particulier est porté à la nature de la cohabitation entre praticiens (médecins, guérisseurs) se déclinant d’un simple référencement de patients à une plus rare collaboration. Cette étude met en exergue le décalage pouvant exister entre des décisions gouvernementales et leurs applications locales ainsi que les enjeux sociaux, politiques et économiques qui en résultent.

Thèse intégralement accessible en version PDF (7,57 Mo) sur Hal-Shs.

Ecocide, épisode n°1 : Bolabola, le bois qui saigne

Reportage de Laurence Caramel, Le Monde, 26.01. 2015

Enquête sur le commerce illégal de bois de rose, une essence précieuse au cœur rouge sang convoitée par les nouveaux riches chinois.
a-l-entree-du-village-d-antanandavehely-une_f0617f2e44e2b6f478a99f785a24bdc4
Article à lire ici et visuels à regarder .

Etude de la natte ta’ovala à Wallis (Polynésie occidentale)

Article (version préparatoire) de Sophie Chave-Dartoen paru dans « Se vêtir pour dire », Cahiers de Linguistique Sociale, Yvonne Broutin (Ed.), 1997, pp. 61-75

Cet article a pour objet l’étude de la place et du rôle d’une des pièces du costume wallisien qui consiste en une petite natte de fine texture appelée ta’ovala. Elle se porte par-dessus le vêtement, couvrant la taille et les hanches des femmes, des hommes et parfois des enfants, lors de certaines cérémonies religieuses ou lors d’occasions telles qu’une visite formelle au hau, personnage que nous définirons ici comme le  » roi  » de l’île. Après une rapide présentation de l’histoire et de la composition du costume wallisien, nous étudierons la natte ta’ovala afin d’en dégager les spécificités et la signification pour la société de l’île Wallis. Nous verrons que son port constitue plus qu’une simple marque de respect. Cette natte signifie une distinction particulièrement importante dans le système des représentations et désigne le lieu où le fruit de cette distinction, la vie et la reproduction de la société, est mené à terme.

Article intégralement accessible en version PDF (86,6 Kb) sur HAL-SHS.

Analyse comparative des processus d’adoption et des impacts du Semis direct sur Couverture Végétale permanente (SCV) sur les exploitations agricoles familiales dans 3 régions tropicales : Madagascar, Cameroun et Laos

Memoire d’ingénieur de Anais Lamantia, Agrocampus Ouest, 19/09/2012, Patrick Dugue (Dir.)

Le Semis direct sous Couverture Végétale permanente est un des systèmes d’Agriculture de Conservation qui a été développé dans le cadre du Programme d’Actions Multi Pays en Agroécologie. Les SCV reposent sur trois principes : non travail du sol, couverture du sol permanente et rotation et/ou association des cultures. Ce mémoire traite de trois terrains où les SCV ont été diffusés depuis plus de 5 ans : le lac Alaotra à Madagascar, la zone cotonnière du Nord-Cameroun et les provinces de Xieng Khouang et Sayabouri au Laos. L’objectif de l’étude est d’expliquer les faibles taux d’adoption des SCV dans ces terrains en comparant les processus d’adoption des SCV dans le but ensuite de développer un modèle générique expliquant l’adoption des SCV en agriculture familiale. L’analyse de différents facteurs montre que le contexte au lac Alaotra est propice à la pratique des SCV et que les projets de développement ont un rôle essentiel dans leur diffusion. Ce rôle est cependant temporaire contrairement au Nord-Cameroun où la société cotonnière apporte un soutien sur le long terme. Au Nord-Cameroun, la principale contrainte repose sur un problème de gestion collective des ressources (vaine pâture et feux de brousse) qui rend difficile la conservation du mulch en saison sèche, il y a compétition entre agriculture et élevage. L’étude montre également la capacité des paysans à s’adapter aux contraintes en modifiant les systèmes diffusés (SCV à bas niveau d’intrants, Systèmes de Culture Innovants fourragers). Cependant, l’impact de ces innovations paysannes reste à étudier par la recherche.

Accessible integralement en version PDF (6,4 Mb) sur Dumas.

Les plantes magiques traditionnelles les plus réputées des femmes de la ville de Mahajanga

Article inédit de RANARIJAONA Hery Lisy Tiana, TSITOMOTRA Arsène, Ravoniarisoa Jolicia Bapdistine, ANDRIANASETRA Georges Simon, 2012, 20 p.

Les plantes médicinales prennent une place importante dans la vie quotidienne de la population Malagasy, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Les femmes majungaises ne peuvent pas se séparer de la plante. Des enquêtes ont été effectuées auprès des femmes âgées de plus de 25 ans dans la ville de Mahajanga, auprès des herboristes des trois grands marchés locaux, ainsi qu’aux femmes choisies au hasard dans les hôpitaux et auprès des boutiques qui valorisent les plantes médicinales à Mahajanga. 
Quinze plantes médicinales et cosmétiques de l’ouest de Madagascar ont été recensées comme étant les plus utilisées par les femmes dans la commune urbaine de Mahajanga. Ces plantes sont en général très faciles à trouver, car elles sont rencontrées soit tout près de l’habitation, dans la cour, soit dans les lieux publics ou bien vendues par les herboristes. Parmi les quinze espèces recensées, des plantes sont également alimentaires. 
Le présent travail révèle les actions curatives et cosmétiques des plantes recensées. Parmi les espèces les plus réputées utilisées : l’espèce endémique Coptosperma madagascariensis (Baill.) De Block ou « masinjoany » est la célèbre plante cosmétique des Majungaises tandis que Aloe vera L. ou « vahona » est la plante à usage médicinal la plus employée. Par ailleurs, les plantes recensées sont également valorisées par les laboratoires de recherche et pharmaceutiques Malagasy alliant science et tradition.

Article intégralement accessible en version PDF (655 ko) dans les Publications de TelaBotanica.