ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Europe

Paysages français. Une aventure photographique (1984 – 2017)

Exposition, BnF, Paris, 24.10.2017/04.02.2018

Cette exposition est le récit d’une aventure photographique, commencée à l’orée du XXIe siècle, que la BnF vous invite à découvrir au travers de plus de mille œuvres.

Au rythme d’une ballade sur quatre décennies, les photographes présentés dans l’exposition tentent de dresser un nouveau « portrait » de la France et racontent avec humour et délicatesse, les histoires de nos paysages qui s’inventent, s’inversent, s’hybrident, répandant ainsi, selon la belle formule du poète Philippe Jaccottet dans Paysages avec figures absentes, « le pollen de leur regard ».

À partir des années 1980, alors que la France change de physionomie, que le pays devient « territoire », le regard des photographes sur le paysage français est convoqué, à l’initiative de quelques grands commanditaires, pour rendre compte de ces métamorphoses. Le goût pour le pittoresque s’efface au profit d’une esthétique sensible à d’autres thèmes : transfiguration du banal, nature modifiée par l’homme… Les écritures photographiques parlent du patrimoine comme du quotidien et surtout s’invitent dans le débat pour proposer des manières nouvelles d’habiter poétiquement le monde. Ce sont ces mouvements croisés entre réalité physique, politique, socio-économique et regards qu’y posent les photographes depuis plus de 30 ans que l’exposition de la BnF « Paysages Français Une aventure photographique, 1984-2017 » donne à voir. Par son ampleur scénographique, le nombre de photographes et d’œuvres présentés – plus de 160 auteurs et quelque 1 000 tirages -, cette exposition d’envergure, déployée dans deux galeries de la Bibliothèque, se présente comme un panorama qui permet de découvrir la France sous l’œil de grands photographes contemporains.

Informations sur le site de la BnF.

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La végétalisation des villes et la tragi-comédie des communs

Article de Lionel Maurel paru dans la revue Vacarme, n°81, automne 2017

À Paris et ailleurs, les grilles de métal au pied des grands platanes disparaissent pour laisser place aux fleurs, fruits, légumes et herbes folles. Ces initiatives, contrôlées et encadrées par la puissance publique, semblent constituer une forme de réappropriation de l’espace urbain par ses habitants les plus proches. Mais elles posent aussi des questions relatives à la gestion des communs et à l’idée d’une gouvernance collective de l’espace, de son appropriation, de sa gestion par des acteurs aux stratégies souvent éclatées et parfois contradictoires.

Article intégralement accessible en version PDF (388.5 Ko) sur Hal-Shs.

 

La paille, nouveau champ d’innovation dans les villes

Article de Jessica Gourdon, Le Monde, 13.10.2017

« La ville de Rosny-sous-Bois a inauguré une école avec des murs porteurs en paille, premier bâtiment public du genre. La technique suscite l’intérêt de toute une filière. Elle pose néanmoins quelques problèmes.

Lorsqu’il a présenté à ses assureurs son projet d’école avec des murs porteurs en paille, la réponse a été sèche. « C’était non, se souvient Rémy Beauvisage, directeur d’Apij Bat, une entreprise de constructions écologiques. Les experts n’y croyaient pas. Ce n’est pas une technique réglementée, et ils avaient du mal à comprendre comment cela pourrait tenir. Ça a été une vraie bataille pour les convaincre », lâche-t-il, ne cachant pas avoir gagné « quelques cheveux blancs » dans l’affaire. Aujourd’hui, il regarde avec satisfaction son bâtiment pilote, devant lequel courent de jeunes enfants.

Ce bâtiment, c’est l’école maternelle des Boutours, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), inauguré vendredi 6 octobre. Toute une partie de cet édifice – dont le coût total s’élève à 7 millions d’euros – est construite en « paille porteuse ». Ici, la paille n’est pas seulement utilisée en remplissage pour l’isolation thermique des murs, comme pour de nombreux bâtiments, mais comme élément structurel. « C’est la première fois qu’un bâtiment recevant du public utilise cette technique », se félicite Emmanuel Pezrès, directeur de l’innovation territoriale à la mairie de Rosny-sous-Bois… »

Article intégralement accessible sur le site du journal.

Ruralités contemporaines

Séminaire interdisciplinaire de recherches, EHESS, 105 Bd Raspail, Paris, année 2017-2018

C’est à l’échelle européenne et dans une perspective pluridisciplinaire que ce séminaire interroge les ruralités contemporaines. L’évolution de l’agriculture, la diversification des activités professionnelles, les nouvelles configurations des territoires témoignent des transformations remarquables du monde rural. L’émergence de l’expertise environnementale, les nouvelles formes d’habiter et de mobilités, la gestion et la valorisation des paysages, comme l’invention de nouveaux circuits de production et de commercialisation seront particulièrement observées.

Programme

19 octobre 2017
Les enjeux de l’eau au Portugal – Fabienne Wateau, ethnologue
Présentation : Sophie Bobbé

16 novembre 2017
Travailleurs saisonniers étrangers dans l’agriculture – Alain Morice et Emmanuelle Hellio, sociologues
Présentation : Martyne Perrot

21 décembre 2017
La pratique des tendelles sur les grands Causses, enjeux identitaires et patrimoniaux – Christophe Baticle, sociologue
Présentation : Françoise Dubost

18 janvier 2018
Agriculture et paysannerie laotienne au coeur des échanges mondiaux. Le circuit long des plantes médicinales – Audrey Bochaton, géographe
Présentation : Michel Streith

15 février 2018
L’Association des maires ruraux de France – Cédric Szabo, directeur de L’AMRF
Présentation : Aline Brochot et Martin de la Soudière

15 mars 2018
Une ethnologie impliquée : la montagne, le berger et l’ethnologue- Guillaume Lebaudy, ethnologue, directeur de « La Maison du berger » (Champsaur, Hautes Alpes)
Présentation : Bernadette Lizet et Martin De la Soudière

19 avril 2018
La paysannerie à l’épreuve du capitalisme – Pierre Bitoun et Yves Dupont, sociologues, auteurs du livre Le sacrifice des paysans, 2016, éditions L’Échappée.
Présentation : Pierre Alphandéry et Bernadette Lizet

17 mai 2018
Le rural en question
Séance préparée par des membres du séminaire Ruralités contemporaines

 

De Grenoble à Sofia : une sociologie des parcs et jardins publics en milieu urbain

Soutenance de thèse en sociologie, Julien Doutre,  jeudi 12 octobre 2017 à 14h30, à l’Université Grenoble Alpes, salle Jacques Cartier

Les parcs et jardins, à contrario des bâtiments et des constructions pérennes des villes, sont vivants. Au fil des saisons et des années ils changent, les arbres grandissent, les feuilles tombent, les fleurs éclosent et se fanent. De la même manière que les hommes entretiennent leur corps, il faut prendre soin de ces espaces verts. Dans cette perspective, les espaces verts sont à la fois acteurs sociaux et espaces sociaux, et ils peuvent être appréhendés comme producteurs de territorialités, en élaborant des règles d’appropriation particulières, des histoires, des mythes et le sens qu’ils recèlent. Cette thèse a pour objectif d’étudier comment ces territoires peuvent être producteurs d’action publique et de sens, à la fois pour les décideurs publics, les professionnels des espaces verts et les usagers. A travers trois angles d’approche distincts, nous abordons les parcs publics de Grenoble et de Sofia par l’histoire, les représentations et les usages, et enfin par une dimension esthétique qui leur est propre, et qui permet de mettre en évidence des processus communs à tous les milieux urbains, tels que les conflits d’acteurs, la gentrification ou encore la patrimonialisation.
Si de nombreuses études traitent des espaces verts, non seulement en sociologie, mais aussi en urbanisme, géographie, sciences politiques, le travail que nous proposons ici est original et se propose d’aborder cette thématique du parc sous un angle inédit. En effet, cette étude met en avant une dimension comparative forte avec un terrain qui a pris place dans des villes très différentes, éloignées géographiquement et culturellement. Par ailleurs, l’étude ne se centre pas sur un espace en particulier, mais sur une myriade de parcs et jardins urbains dispersés dans les deux villes. Ce sont donc davantage des phénomènes globaux et structurels qui sont apparus et sur lesquels nous avons mis l’accent. Enfin, cette étude est également originale dans le sens où nous proposons de mobiliser une sociologie urbaine plus qu’une sociologie de l’environnement pour traiter de ces espaces. Nous proposons ainsi une critique de la sociologie de l’environnement et nous montrons qu’elle n’est pas nécessairement la plus pertinente pour comprendre le fonctionnement des parcs urbains. 

Un jardin pour les morts qui apaise les vivants

Article de Benoît Vandestick paru dans Reporterre, 06.10.2017

« Aux Jardins de mémoire, au bord du golfe du Morbihan, c’est au pied d’un arbre que reposent les cendres des défunts. Et que se recueillent leurs proches, apaisé par ce lieu plus chaleureux et vivant que les froids columbariums.

Il est près de 16 heures quand David arrive aux Jardins de mémoire, dans la commune du Bono, dans le golfe du Morbihan. Accompagné de sa fille et d’amis, il sort de sa voiture quelques instruments de musique ainsi qu’une malle remplie de décorations. Et puis l’urne, aussi, contenant les cendres de sa femme, Christine. « Nous commencerons la cérémonie dans une heure », annonce le jeune homme à Lionel Maguer, propriétaire du lieu. Une centaine de personnes a été conviée à participer à ce moment, où les cendres de Christine seront enfouies au pied d’un arbre, au milieu de ce site cinéraire. « Nous sommes ici dans un lieu unique en France, et même en Europe », fait remarquer Lionel. Environ un millier d’arbres s’épanouissent dans ce jardin de 4,5 ha. Au pied de chacun reposent les cendres d’une ou plusieurs personnes. Comme dans un cimetière, chaque arbre est décoré selon le désir de la famille et des amis : photos, statuettes de Bouddha ou de saints, marbres gravés, fleurs et objets personnels viennent rappeler à chacun la nature de l’endroit. Des bancs et des chaises, aussi, pour s’assoir et contempler les voiliers navigants sur le bras de mer qui borde le jardin… »

Lire l’intégralité de l’article ici.

L’arbre, la pente et la ville

Article de Pascal Amphoux paru dans « Architecture et Comportement/Architecture and Behaviour, Colloquia »/ Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, 1993, vol. 9 (n°4), pp. 431 – 442.

Cet article fait état de quelques résultats d’une étude de cas portant sur les pratiques, les usages et l’imaginaire des parcs et promenades à Lausanne. Ce travail s’inscrit dans un domaine de recherche plus vaste portant sur les représentations urbaines de la nature. Après une brève introduction qui situe la problématique, la méthodologie et le type de résultats obtenus, sont listés et brièvement développés un ensemble de critères d’analyse inédits, dont la formalisation répond au souci d’orienter la pratique de l’architecte ou de l’urbaniste. Ces critères sont ici regroupes en deux grandes catégories : des critères topologiques et des critères psychomoteurs.

Article intégralement accessible en version PDF (605.82 Ko) sur Hal-Shs.