ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Europe

La Ville végétale. Une histoire de la nature en milieu urbain (France, XVIIe-XXIe siècle)

Ouvrage de Emilie-Anne Pépy et de Charles-François Mathis, ed. Champ Vallon, Ceyzérieu, 2017, 360 p.

Cette vaste synthèse étudie l’occupation urbaine depuis le XVIIe siècle par les plantes, parcs et jardins, mais aussi plantes « hors-sol » qui circulent dans l’espace urbain (fruits et légumes, fleurs coupées, déchets végétaux, etc.). Il s’agit de montrer que loin d’être un espace absolument artificialisé, non « naturel », la ville a constamment été imprégnée de végétaux, mais que cette présence a fluctué au fil des siècles. Sont interrogés les raisons, les acteurs et les défis de la végétalisation urbaine qui repose sur des motivations nombreuses, esthétiques, sanitaires, écologiques. De même, la végétalisation a sans cesse été soutenue par ceux que nous appelons les mains vertes, qui sont tout aussi bien des particuliers, des professionnels que les pouvoirs publics. Mais étendre ou maintenir la présence végétale en ville impose de relever de multiples défis (fonciers, financiers, esthétiques, biologiques…) qui ont pu varier au cours des siècles.

Ce livre propose aussi une réflexion neuve sur les usages qui ont été faits de la nature en ville, paradoxalement instrument d’urbanité, de sociabilité et donc d’affirmation sociale, mais aussi inversement jungle, ferment de discorde et d’ensauvagement, objet d’affrontements politiques. On peut également faire usage du végétal pour bien être et bien vivre, accompagner les plaisirs, exercer les corps ou cultiver les esprits. Plus prosaïquement, la ville est aussi, tout au long de ces quatre siècles, un lieu de production et de consommation important de végétal. Enfin, c’est aussi en ville qu’une science botaniste et un savoir sur les plantes se développent.

Ce tableau général, inédit, permet ainsi de voir la ville autrement et d’offrir des pistes de réflexion sur la nature en milieu urbain aujourd’hui.

Lire le sommaire (et se procurer l’ouvrage) sur le site de l’éditeur.

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Des arbres et des hommes

Conférence de Josiane Ubaud, Maison de la Région à Béziers (France), 13 décembre 18h30

La Région OCCITANIE/Pyrénées-Méditerranée organise à la Maison de Région à Béziers une conférence littéraire pour la présentation de l’ouvrage de Mme Josiane UBAUD « Des arbres et des hommes » (ed. Edisud).

De formation scientifique, professeur de mathématiques pendant 8 ans, puis lexicographe en domaine occitan, elle mène depuis 25 ans des recherches en ethnobotanique occitane, par dépouillements des sources et enquêtes sur le terrain, pour analyser le regard occitan sur l’environnement.
Interventions dans des séminaires et colloques sur les paysages ou les plantes de la garrigue.

Les Cévennes, « Théâtre sacré », nature profane …

Communication de Catherine Bernié-Boissard, Colloque international « Sacrée nature, paysages du sacré ! », Jan 2009, ORLEANS UFR Lettres, Langues et Sciences Humaines, France

Les Cévennes offrent une double caractéristique. Celle d’être à la fois une réalité géomorphologique et une réalité anthropomorphique, dont le sacré serait le trait d’union. Si l’on excepte le Mont Sinaï, dans le désert égyptien –le Mont Horeb de l’Ancien-Testament –il est peu de massifs montagneux qui présentent une telle dualité en géographie des représentations. Mais ce qui, dans le premier cas, voit le sacré émerger naturellement du lieu de la Révélation monothéiste, lie ce même sacré à la violence de l’Histoire dans l’occurrence cévenole.

Communication intégralement accessible en version PDF (534 Ko) sur Hal-Shs.

 

L’arbre qui a vu l’Homme (2)

Émission « Les pieds sur terre », radio France Culture, reportage d’Elise Andrieu, 13. 11. 2017

Le premier ne veut pas se laisser prendre en photo, le deuxième menace de tomber, le troisième est millénaire et se trouve soudain arrosé de « round up »…

Trois récits autour de la vie des arbres, racontés par ceux qui les regardent.

Reportage à (re) écouter ici.

Premier feuilleton à réécouter .

 

Jardin et mélancolie en Europe entre le XVIIIe siècle et l’époque contemporaine

Appel à articles, revue électronique Histoire culturelle de l’Europe, automne 2018

Jardin de paradis ou jardin des supplices, hortus conclusus ou locus amoenus, utopie ou idylle, miroir de la société ou antithèse, lieu de mémoire ou lieu de l’oubli, lieu vivant et cultivé par l’homme, « work in progress » sans fin ou lieu oublié et délaissé, vivant néanmoins – le microcosme du jardin est toujours non seulement l’espace onirique par excellence, mais souvent aussi celui de la mélancolie. Sous ses multiples facettes, le jardin reflète toujours son créateur et le  sujet  se prête à mettre en lumière des aspects essentiels de l’histoire des consciences.

Qu’il s’agisse  d’une œuvre implantée dans la réalité, ou d’une représentation dans une œuvre, texte, image, musique, – le jardin exerce une fascination universelle, sur les architectes paysagistes comme sur les littérateurs, poètes, cinéastes, graphistes, peintres, philosophes et musiciens. Cette fascination connait tout récemment un renouveau qui va de pair avec une conscience de plus en plus aigüe de la crise climatique et donne de nouvelles impulsions aussi bien aux pratiques jardinistes qu’à la réflexion théorique. On peut parler d’un véritable engouement, signe de changements fondamentaux de nos sociétés. Le jardin devient aujourd’hui espace de résistance contre le libéralisme exacerbé voire, plus généralement, la perte d’humanité.

Qui dit résistance, dit mélancolie. Le jardin, comme « hétérotopie » semble par essence le lieu « où dort la mélancolie » (Apollinaire). On peut le considérer dans une visée thérapeutique : s’y promener, le contempler apaise et libère l’âme ; en prendre soin signifie exercer une activité humaine et sociale fondamentale et « universelle ». Dès les Lumières, le jardin devient ainsi un élément de politique hygiéniste. La médecine et la psychiatrie s’en servent à des fins thérapeutiques. Ou on  peut lui donner une place dans une œuvre d’art. Là aussi son rôle est intimement lié à la mélancolie, il peut agir comme une drogue, comme un remède, il peut être le lieu de la réflexion, de la prise de distance par rapport à la réalité, il peut mettre en évidence le lien entre la beauté et la mort, ou simplement séduire par la réponse que son silence éloquent oppose à la violence du monde des humains : il est toujours l’espace dans lequel on vit à la fois librement sa mélancolie et celui où on peut s’en libérer, voire en guérir, celui où la mélancolie pathologique peut se transformer en « mélancolie douce », celui où la mélancolie devient créatrice. Le jardin peut même éveiller le désir de la métamorphose, le désir de devenir plante, car la plante y devient perceptible comme l’image, voire le modèle de la puissance de ce qui n’aspire pas au pouvoir. Voilà quelques pistes de réflexion autour du jardin et la mélancolie.

Le dossier thématique cherchera à éclairer sous divers angles ce lien qu’entretient le jardin avec la mélancolie. Suivant la nature de son objet,  interdisciplinaire, il se propose de réunir des articles issus des divers domaines linguistiques européens dans les disciplines suivantes : littérature, sociologie, psychologie, histoire de l’art et architecture, histoire de la médecine, géographie, philosophie, sciences des médias, arts plastiques et musique.

Voir toutes les modalités sur Calenda.

Cueilleurs de sens

Projection, mairie de Montgaillard (Hautes-Pyrénées, France), 12.11.2017 à 16h30

L’équipe de la bibliothèque-médiathèque de Montgaillard propose, avec le concours de la médiathèque départementale, une projection-débat, ce dimanche 12 novembre, à 16 h 30, au premier étage de la mairie de Montgaillard. La projection de «Cueilleurs de sens», film documentaire réalisé dans les Hautes-Pyrénées, sera suivie d’une rencontre avec les deux réalisateurs, Sofian Achabe et Vanessa Zarattin, et Pascale Ferrari, cueilleuse de nature. Un buffet façon «auberge espagnole sauvage» viendra clôturer l’après-midi. Pensez donc à amener vos plats faits, si possible, de plantes sauvages comestibles. Présenté en avant-première au Festival des bonnes herbes du Centre ethnobotanique de l’étang de Virelles (Belgique) en juillet 2017, ce film documentaire est né d’une rencontre entre deux regards, l’un issu du cinéma, l’autre de l’ethnologie. Les cueilleurs de sens, ce sont celles et ceux qui sortent de chez eux pour partir en quête de plantes sauvages. En chemin, c’est leur solitude qu’ils rencontrent. Avec eux, la cueillette prend une teinte nourricière, médicinale ou récréative, mais elle reste avant tout prétexte à une escapade, à un rapport intime à la nature. Pascale Ferrari et Geoffroy de Valensart (naturopathe et apiculteur dans les Baronnies) incarnent ici cette approche du végétal. Ils nous mèneront, au fil de leurs pensées sauvages et de leur quotidien, à la rencontre d’eux-mêmes, à la recherche du sens de leurs cueillettes.

À noter que Vanessa Zarattin, passionnée d’ethnobotanique, a été chargée d’enquête ethnobotanique au Conservatoire botanique des Pyrénées et Midi-Pyrénées de Bagnères-de-Bigorre.

Entrée libre. Renseignements au 05.62.91.54.26. et sur http ://www.hapybiblio.fr

 

Les Français et la nature, amour ou indifférence ?

Émission de radio De cause à effets, le magazine de l’environnement, radio France culture, 22.10.2017

La campagne présidentielle 2017 fut globalement, sur le plan de l’environnement, l’illustration même du manque d’intérêt en haut lieu pour les questions relatives à la nature et au devenir de la planète. Peu de débats ont donné l’occasion d’entrer dans le vif du sujet, et les questions des journalistes politiques, à ce sujet, n’étaient pas légion…

On dit que les Français seraient indifférents à la nature et à sa protection… Lieu commun ou réalité de terrain ? Il est vrai que les Français s’intéressent moins à la nature que leurs voisins anglophones et germanophones, et qu’il est souvent plus difficile de les mobiliser pour la sauvegarde de la faune et de la flore au sein d’associations.

Comment la culture française s’est-elle construite dans son rapport à l’environnement ? Quelles sont les différences avec nos voisins européens ? Français et nature, quelles sont les raisons de ce désamour ?

C’est à cette complexité et à ces questions historico-politico-culturelles que notre invitée, Valérie Chansigaud (historienne des sciences et de l’environnement, chercheuse associée au laboratoire SPHERE, Paris Diderot-CNRS), spécialiste de l’histoire des relations entre l’espèce humaine et la nature. a décidé de répondre dans son dernier livre Les français et la nature, pourquoi si peu d’amour ?” paru chez Actes Sud.

Emission à ré-écouter ici.