ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Asie

La culture du riz dans le delta du Tonkin

Ouvrage de René Dumont, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Prince of Songkla University, Paris, 1995, 596 p.

C’est en Indochine, dans les rizières du Tonkin – le nord de l’actuel Vietnam – que le célèbre agronome a débuté sa carrière en 1929. Au terme de trois années de terrain, il a acquis une connaissance rare de la situation agricole régionale.
Dans une langue limpide. René Dumont nous fait découvrir avec profondeur et force l’une des civilisations du riz, aliment vital et élément culturel primordial au Vietnam et dans toute l’Asie du Sud-Est où « manger le riz » signifie « se nourrir ».
Rien n’y manque descriptions techniques, analyses agronomiques, observations économique s et sociologiques, réflexions politiques et sur le développement – confirmées par les faits – se conjuguent avec bonheur pour former un témoignage exceptionnel par sa densité et sa modernité. Cet ouvrage de référence n’avait jusqu’à présent jamais été réédité. Augmente d’autres écrits de l’auteur sur le Vietnam, il est illustré par des photographies anciennes et des cartes d’époque.
Pour la première fois, la bibliographie de René Dumont – près de mille dent cents litres publiés et inédits présentée ici comme un hommage à ce personnage hors du commun.

Ouvrage intégralement accessible sur OpenEdition Books.

Teintures naturelles et teinturiers au Cambodge

Article de Bernard Dupaigne paru dans la Revue d’Ethnoécologie, n°11, 2017

À partir de notes prises lors de visites dans de nombreux villages du Cambodge à la fin des années 60, l’auteur explique comment les villageois teignaient alors de manière traditionnelle les écheveaux de fils de soie ou de coton, d’étoffes, dans les couleurs suivantes : jaune, rouge, indigo, vert, noir. La plupart des teintes sont obtenues à partir de plantes. Seul le rouge est obtenu à partir d’un produit animal, l’exsudat formé sur des branches d’arbre par des essaims d’insectes parasites, entretenus à cet effet. Pour chaque teinte, on trouve aussi bien des informations détaillées sur la collecte des produits de base, aussi bien les colorants que les adjuvants (mordants), la préparation de la teinture et les diverses étapes du travail du teinturier (proportions, temps, etc.).

Le génie des plantes

Reportages, Arte, janvier 2017

Médicinales, aromatiques ou d’apparat, les plantes présentent mille vertus. Un tour du monde végétal en cinq épisodes.

  • Génie des plantes en Amérique du Sud
  • Génie des plantes dans les Alpes
  • Génie des plantes dans les Balkans
  • Génie des plantes en Inde
  • Génie des plantes en Provence

Série d’émissions à revoir ici.

Travaux forcés, exploitation d’enfants… Des abus dans la production d’huile de palme

Article, Le Monde, 30.11.2016

Dans un rapport, Amnesty International dénonce les conditions de travail dans des plantations en Indonésie et souligne l’apathie des multinationales.

Des multinationales commercialisent des produits alimentaires et cosmétiques contenant de l’huile de palme dont la production est entachée de multiples infractions, affirme Amnesty International dans un rapport publié mercredi 30 novembre. L’ONG s’appuie sur des investigations effectuées dans des plantations en Indonésie, appartenant au géant singapourien des matières premières agricoles Wilmar.

Parmi les abus constatés, des enfants âgés de 8 à 14 ans transportent des sacs pesant de 12 à 25 kilos et travaillent sans équipements de protection dans des exploitations où des pesticides toxiques sont utilisés, dénonce l’ONG. Certains quittent l’école pour toute ou partie de la journée pour venir en aide à leurs parents. En outre, des femmes sont contraintes de travailler pendant de longues heures sous la menace de réduction de salaire, et sont payées moins que le salaire minimum, gagnant seulement 2,50 dollars (2,30 euros) par jour dans les cas extrêmes… »

Lire la suite de l’article ici.

Les rites d’ordination d’arbres. Mise en scène de l’écologie indigène en Thaïlande

Article de Abigaël Pesses paru dans Aséanie, Sciences humaines en Asie du Sud-Est, n°25, 2010

Cet article décrit et analyse une cérémonie d’ « ordination » d’arbres organisée en 1999 par un réseau de villages karen, la principale minorité montagnarde de la Thaïlande. Ce dispositif rituel d’origine récente consiste à sanctifier des espaces forestiers protégés, symboliquement offerts au roi, à travers des procédures qui combinent bouddhisme et cultes dédiés aux esprits des cosmologies locales. L’hommage rendu au roi permet, le temps de cette performance spectaculaire, de créer un espace de rencontre et de dialogue pacifié entre les principaux protagonistes concernés par la gestion du capital forestier national : la communauté monastique, les fonctionnaires de l’administration, les gardes forestiers, les organisations non gouvernementales, les paysans des plaines et des montagnes, leurs porte-parole et les médias. En retraçant les modalités d’appropriation de ce rituel par les montagnards karen, le propos est ici de montrer comment ils s’efforcent de refonder un statut territorial et identitaire leur garantissant le droit de rester au sein des « aires protégées », autoritairement contrôlées par l’État.

Article intégralement accessible en version PDF (8,17 Mo) sur HAL-SHS.

L’huile de palme rallume la mèche de la déforestation en Indonésie

Article de Maria Laforcade paru ans Le Monde, 16. 07. 2015

« L’île indonésienne de Sumatra est de nouveau dans le brouillard. Comme chaque année à la saison sèche, des nuages de fumée se sont formés au-dessus de la province de Riau. En cause, la série d’incendies qui s’y est déclenchée depuis mai et qui touche particulièrement le parc national de Tesso Nilo, si l’on en croit les images satellites, mises en ligne par le think tank américain World Resources Institute (WRI) le 9 juillet.

Sauf que ces incendies n’ont rien à voir avec les fortes chaleurs enregistrées à la saison sèche dans la région. Ils sont en grande majorité d’origine criminelle. Alternatives moins coûteuses que le défrichement mécanique, les brûlis permettent de débroussailler la forêt pour y planter d’autres cultures. Le marché le plus florissant sur l’île indonésienne de Sumatra, c’est celui de l’huile de palme, dont l’archipel asiatique est le premier producteur au monde. Cette huile, tirée de la pulpe du fruit du palmier, a particulièrement mauvaise réputation en Europe depuis quelques années. Dangereuse pour la santé à cause de sa forte teneur en acides gras saturés, connus pour affaiblir l’appareil cardio-vasculaire, elle est aussi dénoncée pour son impact environnemental… »

Lire la suite de l’article sur le site du journal.

Les impacts de la guerre du Việt Nam sur les forêts d’A Lưới

Article de Amélie Robert-Charmeteau paru dans VertigO, vol. 15, n°1, mai 2015

Au cours de la guerre du Việt Nam, l’actuel district d’A Lưới (province de Thừa Thiên Huế, Việt Nam central), traversé par la piste Hồ Chí Minh, subit de nombreux épandages d’herbicides et pilonnages. Les forêts sont une cible privilégiée. Mais les conséquences de ces pratiques militaires sur les sylvosystèmes sont sujettes à controverses. Pour identifier objectivement le poids de la guerre sur les dynamiques paysagères, l’étude se fonde sur une analyse diachronique régressive des paysages et privilégie les sources iconographiques, a priori non biaisées (images satellitales, photographies aériennes). La guerre n’est pas la seule période étudiée puisque les conséquences environnementales des pratiques militaires sont analysées autant à court terme qu’à long terme ; les impacts sur les paysages actuels sont interrogés. Par ailleurs doit être vérifiée l’hypothèse selon laquelle les pratiques pré et post-guerre ont aggravé le strict impact du conflit. Sont ainsi analysées les dynamiques paysagères et les pratiques anthropiques qui affectent la région d’A Lưới pour chaque période clé identifiée, de la colonisation à aujourd’hui. Au terme de la recherche, menée dans le cadre d’un doctorat, la guerre apparaît comme un facteur de recul des forêts mais loin d’être le seul ; elle ne marque aujourd’hui que ponctuellement les paysages.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.