ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Amérique Centrale

Le cacao vénézuélien : une plantation à front pionnier

Article de Nikita Harwich paru dans « Caravelle. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien », Presses Universitaires du Mirail, 2005, pp.17-30

C’est en 1607 que les registres d’exportation de la province de Caracas font pour la première fois mention d’une modeste quantité de 4,5 fanegas (environ 250 kg ) de cacao. Quelques années plus tard, le chroniqueur Antonio Vásquez de Espinosa pouvait déjà parler d’«abondantes récoltes ». La culture du cacaoyer s’étendit tout d’abord vers l’ouest de la ville de Caracas : le long des vallées bordées par la chaîne côtière des Andes, autour des villages de Choroní, Ocumare de la Costa et Turiamo; le long de la rivière Aroa; dans les terres basses de Trujillo et de Mérida; ainsi qu’au sud du lac de Maracaibo. Les fèves vénézuéliennes apparurent régulièrement sur le marché mexicain – alors le principal débouché pour la consommation du chocolat – dès 1620 et, en 1632, le montant des exportations vers la Nouvelle-Espagne atteignait déjà 2 000 fanegas (environ 110 tonnes ), pour se stabiliser ensuite jusqu’en 1650 aux alentours de 5 000 fanegas (environ 225 tonnes) par an. L’utilisation, au départ, d’une main-d’oeuvre indigène, soumise au régime tributaire de l’encomienda, limitait le montant de l’investissement requis pour mener à bien l’exploitation d’une cacaoyère et permettait ainsi d’en obtenir une marge de bénéfices confortable.

Article intégralement accessible en version PDF (220.52 Ko) sur Hal-Shs.

Dinosaure à plumes, guêpe croque-mort, araignée roulante, dix étonnantes nouvelles espèces

Article de Nathaniel Herzberg paru dans Le Monde, 21. 05. 2015

C’est devenu une tradition. Chaque année, la prestigieuse université de Syracuse dresse la liste des dix plus étonnantes nouvelles espèces découvertes l’année précédente. Un choix particulièrement délicat. En 2014, pas moins de 18 000 animaux ou végétaux ont été mis au jour par les scientifiques du monde entier. Une goutte d’eau dans un océan d’environ 2 millions d’espèces inventoriées depuis que le grand Linné a entrepris la première classification. « Et on estime qu’il en resterait 10 millions à découvrir », précise Quentin Wheeler, directeur du Suny College of Environmental Science and Forestry (ou ESF) et créateur du classement… »

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Parmi ces espèces, à noter une plante : la Bromelia de Noël (Tillandsia religiosa) du Mexique.

Article et photos ici.

Étude des enjeux socio-environnementaux de l’exploitation de charbon de chêne, Quercus spp (encinos), issu des forêts communautaires des alentours de la ville de San Cristobal de las Casas, Los Altos de Chiapas, Mexique

Mémoire d’ingénieur de Margaux Llamas-Bruschet, Horticulture, 16/10/2013, Romain Taravella (Dir.), 60 p.

La ville de San Cristobal de las Casas, dans los Altos de Chiapas, est un marché régional important du charbon de bois. De nombreux foyers et commerces dépendent encore aujourd’hui de cette ressource pour des raisons économiques et culturelles. Pour répondre à la demande, les producteurs exploitent des forêts de plus en plus éloignées de la ville. L’exploitation du charbon de bois provoque une cascade d’effets écologiques et climatiques associées à une dégradation des forêts tempérées et un appauvrissement des populations de chêne (Quercus spp.). Les scientifiques s’inquiètent de cette situation mais le gouvernement mexicain ne trouve pas d’intérêt dans le chêne, contrairement au pin, l’espèce économique dominante. Les producteurs sont des paysans en situation précaire, qui ont trouvé dans le charbonnage l’unique source de revenus complémentaire à une agriculture d’autosubsistance. Le charbonnage se déploie dans un contexte totalement illégal. Il n’est pas rentable pour les producteurs, bloqués par les intermédiaires qui contrôlent le marché. Sans simplification de la loi forestière mexicaine, ni organisation des producteurs, la situation actuelle, des forêts et des producteurs, progressera difficilement.

Mémoire intégralement accessible en version PDF (5,1 Mb) sur Dumas.

¿Por qué se invierte en plantaciones de Jatropha? Respuestas desde Costa Rica

 Rapport (en espagnol) de Abigaïl Fallot et David Palacios Palacios, CIRAD Montpellier, 18/03/2013, 19 p.

In a global context of incomplete information and controversies about the development of Jatropha curcas plantations for biofuel production, we analyze the case of Costa Rica where diverse actors have gotten involved in the promotion and the plantation of Jatropha, and abandoned it quite soon afterwards, without significant production. Trying to explain the renewed interest for Jatropha in spite of the observed disillusions, we identified a specific role for the plant in different strategies. We analyze that for reasons of competition between actors of research on Jatropha, there is little interest in systemizing and sharing knowledge about the plant and its potential for the production of energy. We conclude about the possible evolutions of the Jatropha situation according to alternatives for the different key actors of the plant development.

Rapport intégralement accessible en version PDF (762 Kb) sur HAL-SHS.

El brócoli en Ecuador : la fiebre del oro verde

Article (en espagnol) de Julie Le Gall paru dans Anuario Americanista Europeo, n°6-7 (2009), pp. 261-288

La especialización en un cultivo de exportación no tradicional es una de las respuestas de los países del Sur a los procesos de globalización que afectan a la agricultura. En efecto, desde la década de los noventa, se observa en la parte andina de Ecuador, que presenta condiciones relativas a los días de sol y a la altitud únicas en todo el mundo, una verdadera fiebre del brócoli, producido en gran parte en haciendas y destinado a ser congelado. Sin embargo, los pequeños productores, a quienes se cree marginalizados y empobrecidos, no han sido excluídos de esta lógica de nicho económico y forman parte de la recomposición del mundo rural que conlleva. Con la ayuda de una ONG nacional, unos cuantos han podido integrarse a varios niveles: más allá de la producción, la estrategia campesina que se ha adoptado consiste en la creación de redes de comercialización. Se trata de redes verticales entre espacios de producción, de transformación, de exportación, y de redes horizontales entre pequeños productores ecuatorianos y andinos que intercambian sus experiencias. En contrapartida, las repercusiones de este nuevo cultivo en términos de desarrollo son muy locales e invitan a distinguir entre varias comunidades de la Sierra (Ibarra, Riobamba), y entre los productores en el seno de cada comunidad. De este modo, se comprueba que la integración se basa sobre todo en los pequeños productores que ya están sólidamente organizados, y tiende entonces a reforzar estos lazos, dando al territorio una identidad fundada en su capacidad para la innovación.

Article intégralement accessible en version PDF (792,2 Kb) sur HAL-SHS.

La Préhistoire des autres. Comment l’archéologie et l’anthropologie abordent le passé des sociétés non occidentales

Colloque international organisé par le Musée du Quai Branly et l’Inrap, 18 et 19 janvier 2011, au Théâtre Claude Lévi-Strauss, Musée du Quai Branly, Paris (France)

Comment l’anthropologie prend-elle en compte le passé des sociétés dites « tribales » qu’elle étudie ? Comment ces sociétés se représentent-elles leur passé et comment l’archéologie peut-elle leur apporter une profondeur historique ? Quel est l’apport de l’archéologie à la connaissance de ces sociétés souvent appréhendées de manière intemporelle ? Dans quelles perspectives historiques et archéologiques replacer ces sociétés ? Comment, en retour, l’anthropologie et l’archéologie des sociétés non européennes permettent-elles de donner des perspectives renouvelées à l’archéologie « occidentale » ?
Associant archéologues et anthropologues travaillant sur des cultures non occidentales, ce colloque présentera les avancées récentes dans le champ de la recherche, en mettant l’accent sur la Préhistoire et la Protohistoire non occidentale. Synthèses générales et études de cas permettront de faire le point sur la diversité des domaines et des zones géographiques abordées.

Programme
Mardi 18 janvier 2011
Archéologie et anthropologie sociale (matin)

Les sociétés dans leur environnement
Source de gibier et de matières premières pour les chasseurs-cueilleurs, l’environnement naturel assure une certaine stabilité des populations. Avec la domestication des plantes et des animaux, avec la sédentarisation et l’urbanisation, l’exploitation de l’environnement s’intensifie, mais aussi les risques et les perturbations.
Séance présidée par Danièle Lavallée, cnrs
– La coévolution homme-environnement sur la longue durée, Sander Van der Leuuw, Arizona State University, Tempe
– L’agriculture a-t-elle joué un rôle important dans l’organisation sociale de l’Amazonie ancienne ? Eduardo Góes Neves, Universidade de São Paulo
– Little Foot à Sterkfontein (Afrique du Sud) : géoarchéologie d’un « chasseur chassé », Laurent Bruxelles, Inrap, umr 5608
– Les premiers ensembles de céramique de Saint-Louis sur le bas Maroni en Guyane française, Martijn Van den Bel, Inrap
– Usages des coquillages dans les sociétés précolombiennes des Petites Antilles : éléments de systèmes techniques, sociaux et culturels, Nathalie Serrand, Inrap, umr 7209
– La figure atemporelle du « nomade des steppes » en Asie intérieure, Carole Ferret, cnrs, Laboratoire d’anthropologie sociale
– Discussion


Mercredi 19 janvier 2011
Les sociétés et leurs objets
L’idéel et le matériel

Inscription gratuite en ligne ici.

Paradigme environnemental et action publique urbaine à Monterrey (Mexique)

Article de Patrice Melé paru dans la revue Autrepart, n°21 « Gérer la ville entre global et local », 2002, pp. 41-54

La construction de l’environnement comme nouveau paradigme pour penser l’urbanisation a instauré une nouvelle forme d’intérêt général conditionnant une intervention publique spécifique. A partir de l’étude de l’agglomération de Monterrey, l’auteur interroge les interactions entre renforcement de la protection de l’environnement et contrôle de l’expansion urbaine. Le Mexique constitue un exemple de mutation des modalités de l’action publique sous l’impact d’injonctions et de références internationales. Après la construction d’une action publique environnementale, soumise à une forte exposition internationale et instituée dans une tension entre pouvoirs locaux et administrations fédérales, l’auteur analyse des situations de conflits, les processus de contrôle de l’urbanisation et le rôle des nouveaux acteurs de l’environnement. Il est ainsi possible de montrer que si l’action publique environnementale est dans l’incapacité de se saisir du contrôle de l’urbanisation, l’environnement constitue un nouveau secteur de l’action publique locale qui ouvre un nouveau canal d’expression des conflits urbains.

Accessible intégralement en version PDF (110,2Kb) sur HAL-SHS.