ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour décembre, 2017

Écologisation des arbres dans les agroforêts des Ghâts occidentaux (Inde)

Article de Christelle Hinnewinkel, Sylvie Guillerme et Béatrice Moppert paru dans Développement Durable et territoires, Vol. 8, n°1 | Avril 2017 : Modalités de qualification et de gestion des ressources naturelles (2/2)

Habités depuis plus de 12 000 ans, les paysages arborés des Ghâts occidentaux constituent un objet d’étude intéressant pour comprendre comment, de nos jours, le discours écologiste à propos de l’arbre s’articule avec celui des agriculteurs sur la ressource arborée. L’analyse des manières de concevoir les arbres et leurs usages, de l’évolution de celles-ci et des modalités d’accès à la ressource arborée ainsi que des pratiques de gestion des arbres a été réalisée à partir 1/ d’observations de terrain associées à des enquêtes auprès d’agriculteurs valorisant la ressource arborée, et 2/ de l’étude des plans de gestion des forêts réservées, des inventaires forestiers et de la législation forestière. Ce travail montre que les agriculteurs font la distinction au sein de leurs agroforêts entre ce qu’ils qualifient d’« arbres forestiers » d’une part et « leurs arbres » d’autre part. L’analyse des politiques forestières permet de comprendre que cette manière de qualifier les arbres est le résultat de la mise en avant de l’agenda environnemental par l’administration forestière, et de l’intégration de cet agenda par les populations qui dépendent de la ressource arborée dans leur quotidien. Dans le discours, la majorité des agriculteurs mobilisent l’argument écologique en particulier pour justifier l’interdiction de couper les arbres qualifiés de « forestiers », mais ils n’en oublient pas pour autant leurs valeurs sociales et économiques.

Article intégralement accessible en version PDF sur Hal-Shs ou en ligne sur le site de la revue.

Publicités

De Brocéliande au bois de nos instruments de musique : l’âme des arbres

Que serait Noël sans un sapin dans la maison ? Notre monde sans ses arbres ? Et d’ailleurs les arbres ont-ils une âme ? A travers plusieurs émissions de France Culture, hommage à ces grands compagnons en « armures et fanfreluches complètes de prêtre-guerrier », comme les décrivait Giono.

A lire et écouter ici.

Garance voyageuse, spécial ethnobotanique

Revue Garance Voyageuse, n°120, hiver 2017

La Garance voyageuse, dans son numéro d’hiver, s’interroge sur le domaine de l’ethnobotanique, discipline qui a pour objectif de recueillir les savoirs et d’étudier les pratiques des sociétés en relation avec le monde végétal. Une quinzaine de spécialistes en la matière apportent leurs témoignages, un aperçu de leurs recherches dans ce vaste domaine. D’Indochine en Kurdistan, d’Amazonie en Haute-Provence, de la Bretagne aux Alpes et au Tibet, les relations traditionnelles qu’entretiennent les hommes avec les plantes sont évoquées, sans négliger les menaces que font peser sur certaines ressources végétales les explorations passées et les exploitations contemporaines. En écho riche et complexe à l’engouement actuel pour les « cueillettes sauvages », l’ethnobotanique révèle ici la multiplicité des disciplines qui entrent en jeu dans ses recherches, où se marient l’ethnologie, la botanique, la linguistique, la pharmacologie, l’histoire, l’économie et le droit.

Sommaire

– « Bois-bambou » et « arbre-liane », une ethnobotanique indochinoise avec Jacques Dournes : Une leçon d’ethnobotanique empathique d’Élisabeth Biba Vilayleck

– Des noms de plantes voyageurs ; Entre ethnologie, linguistique et botanique de Laurent Gall

– Que mangeaient les Lotophages ? Contribution de l’ethnobotanique maghrébine à l’interprétation d’un passage de l’Odyssée de Jamal Bellakhdar (adapté par Françoise Dumas)

– Le Musée de Salagon ; Comment Salagon est devenu un haut-lieu de l’ethnobotanique… de Danièle Musset & Pierre Lieutaghi

– Feuilles d’herbes ; Le rôle de la culture écrite dans la recherche ethnobotanique de Pascal Luccioni

– Approche ethnobotanique de Juniperus thurifera L. ; dans les Alpes du Sud et en Corse de Laurence Chaber

– Une ethnobotanique associative engagée ; L’exemple de l’association Jardins du Monde Montagnes d’Aline Mercan

– Montagnes du Zagros ; où les Kurdes conservent des pratiques ethnobotaniques vivantes de Sami Youssef, Ahmed Mahmood, Wajed Hussein & Errol Véla

– Au cœur des enjeux de la globalisation, une plante amazonienne : le guaraná ; Des confins du Brésil aux marchés de la phytothérapie de Mélanie Congretel

– Bioprospection, dépôts de brevet… nouvelles formes d’appropriation du vivant de Claire Laurant

– Enquêtes sur les savoirs vétérinaires liés aux plantes ; La redécouverte de la pharmacopée de nos ancêtres en Haute-Provence de Priscilla Parard

– L’aventure Flora armorica ; collectage ethnobotanique en Bretagne d’Isabelle Mazo, Élise Charpentier, Josiane Le Guern & Viviane Carlier

– Ethnobotanique et herboristerie paysanne ; savoirs de la médecine végétale populaire de Carole Brousse

et les rubriques :
– Lectures ; recensions d’une sélection de livres
– Échos des sciences ; Actualités scientifiques du monde végétal
– En bref ; Formations à l’ethnobotanique

Numéro en vente sur le site de la revue.

 

Les espèces invasives

Emission « La tête au carré », radio France Inter, 19.12.2017

Le moustique tigre, le frelon asiatique, l’ambroisie, la pyrale du buis, le nématode du pin, la termite de Formose, xylella fastidiosa ou la grenouille taureau ont la particularité de faire partie des  » EEE », les espèces exotiques envahissantes nuisibles pour la biodiversité et la santé.

C’est un fait  : de nombreuses espèces exotiques envahissantes – micro-organismes, animaux et plantes invasives se propagent à la surface du globe de façon accélérée en suivant les voies de circulation d’une mondialisation coupable de négligence . Ce sont des espèces qui peuvent devenir de sérieux dangers sanitaires en cas de proliférations.  Ces espèces ont fait irruption en Europe ces 35 dernières années et selon les scientifiques, leur nombre a bondi de 76 % dans ce laps de temps. On compte désormais 12 212 espèces exotiques sur le Vieux Continent dont plus de 1 000 sont considérées comme invasives.

Affectant non seulement l’agriculture, à travers l’émergence de ravageurs, mais aussi la santé publique, à l’image du moustique tigre vecteur des virus de la dengue et du chikungunya, ces bios agresseurs invasifs sont également de graves nuisances écologiques pour les écosystèmes et la biodiversité, tels que le charançon nuisible aux palmiers de la Côte d’ Azur, les grenouilles-taureaux fatales aux reinettes, ou la plante jussie,  cauchemar des milieux aquatiques… On attend la déclinaison pratique de la nouvelle Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes en 2018 pour les  surveiller et les contrôler.

Avec  Serge Muller, Professeur de botanique au MNHN et responsable de l’herbier national du MNHN. Il a coordonné en 2016 un groupe de travail qui a produit un projet de stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes (EEE) pour 2018 . Il a signé : » Plantes invasives en France-Etat des connaissances et propositions d’actions » 2006 Ed Mnhn

et Hugues Demeude  journaliste spécialiste des sujets  Environnement et Société et scénariste de documentaires. Il est l’ auteur de  « ALERTE AUX FLÉAUX BIOLOGIQUES – Espèces invasives : dangers sanitaires et nuisances écologiques » Ed Michalon.

Émission à ré-écouter ici.

 

Le citadin et la nature : entre représentations et pratiques sociales de la nature sauvage et domestique à Grenoble

Article de Anthony Tchékémian paru dans Publications de l’Université Paul Valéry, Montpellier III. « Imaginaire, Territoires, Sociétés. Contribution à un déploiement transdisciplinaire de la géographie sociale », 2007, Montpellier, France. pp. 379-399, 2007, Territoires en mutation

La présente contribution étudie les représentations sociales des éléments de nature sauvage et de nature domestique à Grenoble. Dans un premier temps, l’analyse montre l’influence des montagnes sur les représentations sociales de nature des grenoblois. Ensuite, elle explique pourquoi les éléments de nature domestique sont révélateurs d’assise socioculturelle et procurent à la ville et à ses habitants, outre une qualité de vie, un refuge physique et cognitif.

Article intégralement accessible en version PDF (540 Ko) sur Hal-Shs.

Les nourritures agro-forestières

Émission » On en parle pas la bouche pleine » avec Geneviève Michon, radio France Culture, 17.12.2017

Pourquoi les vaches mangent des arbres et les cochons des glands même s’ils ne sont plus des sangliers ? Pourquoi les poules préfèrent l’ombre ?

Donc, pour l’intervention, on pourrait partir de ces nourritures agroforestières, ces délices que nous donnent les arbres quand les paysans les intègrent dans leurs champs : veaux, vaches, cochons, durians. Mais aussi café, cacao, et les épices qui vont avec : café à la cardamome des agroforêts du Karnataka, chocolat au poivre des agroforêts de Sumatra, avec pincée de cannelle et un tout petit clou de girofle. L’odeur de cathédrale des agroforêts à Damar, ça ne se mange pas, mais ça nourrit l’âme. Et tous ces petits fruits oubliés des haies au nom de confiture ancienne ou de liqueur de grand-mère : cornouilles, gratte-cul, pommettes, prunelles.

Pourquoi les vaches mangent des arbres et les cochons des glands même s’ils ne sont plus des sangliers ? Pourquoi les poules préfèrent l’ombre ? Pourquoi est-il recommandé de porter un casque lorsque l’on va cueillir son durian ? Pourquoi l’agriculture intensive a détruit les haies et nous a rendus dépressifs ?

Émission à ré-écouter ici.

A-t-on perdu notre lien à la nature ?

Émission de radio « La tête au carré », France Inter, 14.12.2017

L’attitude des Français vis-à-vis de la nature est très différente celle de nos voisins germanophones et anglophones. C’est le constat que fait Valérie Chansigaud dans son nouveau livre intitulé « Les Français et la nature, Pourquoi si peu d’amour ? ».

Comment expliquer cette désaffection ? Pourquoi est-il si difficile de mobiliser les Français pour la sauvegarde de la faune et  de la flore ? 

Pour cette historienne des sciences et de l’environnement, l’intérêt pour la nature s’accompagne toujours d’une dimension sociale et politique. 

Pour Valérie Cabanes, l’humanité doit retrouver son rôle  originel : celui de gardienne de la Terre pour vivre « en harmonie avec  la nature ». 

Juriste, elle appelle à une métamorphose du droit international pour mieux protéger la planète Terre et ses habitants.

Émission à ré-écouter ici.