ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour novembre, 2017

Fête des Simples 2017

Mise en ligne des enregistrements des conférences de la Fête des Simples 2017 (Rosans, 26)

– « La médecine traditionnelle africaine à Keur Massar » de Chantal Perrin, cinéaste (75), Djibril Bâ, directeur de lʼhôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal)

– « Comment circulent les graines quand les hommes sont enfermés, de la Provence à la Syrie » par la Coopérative Longo Maï (04)

 – « La réglementation des plantes médicinales et les paysans herboristes » par Évelyne Boyer, paysanne-herboriste (04) et Thomas Échantillac, paysan-herboriste (26)

– « Liberté dʼaccès à la terre, histoire, perspectives et actions concrètes » par Pierre Fabre, président de Terre de Liens PACA (06) Samuel Genas, maraîcher en cours d’installation à Rosans (05)

-« Odeurs de liberté » par Marie-Thérèse Esneault, musicothérapeute et aromacologue (94)

-« Pour une reconnaissance des alternatives aux pesticides » par Jean François Liphout, Président d’ASPRO PNPP (ASsociation pour la PROmotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes)

 

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La forêt perdue et le paradis retrouvé

Article de Hervé Brunon paru (en italien et en anglais) dans Skrúður, Núpur. Premio Internazionale Carlo Scarpa per il Giardino, XXIV edizione, a cura di Patrizia BOSCHIERO, Luigi LATINI, Domenico LUCIANI, Treviso, Fondazione Beneton Studi Ricerche, coll. « Memorie », 2013, p. 150-157 

Créé en 1909, le jardin de Skrúður à Núpur (Dýrafjörður, Islande), lieu exceptionnel signalé par la XIVe édition du Premio Internazionale Carlo Scarpa per il Giardino décerné par la Fondazione Benetton Studi Ricerche (Trévise, Italie), invite à réfléchir sur l’histoire de la forêt en Islande, depuis l’époque de la colonisation jusqu’à aujourd’hui, et plus largement sur les enjeux actuels de la déforestation au niveau planétaire et les initiatives locales contre la désertification et en faveur du reboisement.

Article intégralement accessible en version PDF (3.4 Mo) sur Hal-Shs.

Approche ethnobotanique d’une endémique ibéro marocaine : Thymelaea lythroides (Thymelaeaceae)

Article (en français) de N. Dohou, K. Yamni et N. Gmra paru dans Quaderni di Botanica Ambientale e Applicata, 17/2, 2006, pp. 175-177

A l’heure actuelle et depuis toujours, les plantes représentent le premier réservoir de nouveaux médicaments grâce à leur richesse en métabolites secondaires. Le présent travail s’inscrit dans le cadre d’une contribution à la valorisation des substances naturelles des plantes médicinales de la région du Gharb. L’espère étudfiée est une plante endémique ibéro-marocaine très répandue dans la forêt de la Mamora : Thymelaea lythroides. Elle appartient à la famille des Thymeléacées et – à notre connaissance- n’a jamais fait l’objet d’une étude phytochimique. Pour une première approche, une étude ethnobotanique a été effectuée à travers des enquêtes conduites dans différentes villes marocaines. Celles-ci ont mis en évidence que Thymelaea lythroides est très utilisée dans la médecine traditionnelle. Les différentes thérapeutiques ont été exposées et discutées.

Article intégralement accessible en version PDF (1.9 Mo) sur le site de la revue.

 

Forêt, arts et culture : critiques et utopies

Journée d’études organisée par le GHFF, Paris, 27 janvier 2018

Après « L’épreuve des sens » en 2016, puis « L’esprit des lieux » en 2017, le Groupe d’Histoire des Forêts Françaises entend clôturer sa trilogie « Forêt, arts et culture » en scrutant les critiques et utopies exprimées par les ambiances et sensibilités forestières. Les séances précédentes ont permis de baliser la diversité de mise en scène de la forêt dans des sociétés très diverses et de mettre en évidence les enjeux cachés de sa présence dans une œuvre. Il s’agit cette fois de révéler les mutations sociétales et les engagements politiques qui en font l’arrière-plan.

« A l’écoute de la forêt »
Immersion sensorielle proposée par Boris Jollivet, preneur de son

Conférences
– Diana B. Viñoles,
Pr., Université nationale de la Terre de Feu : Le Parc National de la Terre de Feu comme métaphore épistémique et espace de paix

Étienne Bourel, Doctorant, Université Lumière Lyon 2 : Une anthropologie politique des forêts ?
Élias Burgel, Elève de l’ENS Ulm : Une guerre des forêts solognote : retour analytique sur le Raboliot (1925) de Maurice Genevoix
François Lormant, IGR, Université de Lorraine : La forêt dans le monde d’Avatar (J. Cameron, 2009) : un lieu imaginaire loin d’être totalement utopique…
Matouš Turek, Doctorant, Université Rennes 2 et Université de Prague : La rationalisation du mythe d’origine de la Bohême ou le défrichement d’une utopie
Catherine Szanto, École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette : Un Laboratoire pour une appropriation vécue du paysage : notes sur la forêt expérimentale d’Alnarp (Suède)
Sylvie Dallet, Pr., Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines : La quête libertaire des écrivains de la forêt

Informations sur le site du GHFF.

La loi de la banane

Documentaire de Mathilde Damoisel, Arte, novembre 2017

Sur ce simple fruit s’est bâti un empire. Raconter l’épopée édifiante de la banane, entre l’Amérique centrale et les États-Unis, c’est revenir aux sources d’un modèle plus que jamais d’actualité – un capitalisme se jouant des frontières et des lois nationales pour assurer à ses actionnaires des profits maximaux, jusqu’à menacer la démocratie. Quand elle apparaît au tournant du XXe siècle sur le marché nord-américain, la banane, denrée rare et chère, est réservée à une élite aisée. Minor Cooper Keith, entrepreneur visionnaire et dur en affaires, va faire d’elle un produit de consommation populaire, sur lequel il édifiera la première multinationale au monde. Bâtisseur du chemin de fer costaricain, il promet au lendemain de la Première Guerre mondiale aux jeunes nations d’Amérique centrale un développement basé sur la monoculture et l’exportation de la banane, en échange de terres achetées à vil prix, souvent confisquées aux petits paysans indiens, de l’usage gratuit des lignes ferroviaires qu’il construit et d’une quasi-exemption d’impôts.
Née en 1899, l’United Fruit Company (UFC) constitue trente ans plus tard une puissance régionale incontestée, édictant ses propres lois sur d’immenses plantations qui s’étendent jusqu’en Colombie. « Le Poulpe », comme on la surnomme, fait venir de Jamaïque une main-d’œuvre corvéable à merci, pourchasse les syndicalistes et fait pression sur les gouvernements des républiques « bananières ». Quand, en 1933, quatre ans après la mort de Keith, un self-made-man né en Moldavie, Samuel Zemurray, alias « le tsar de la banane », reprend les rênes du mastodonte, il amplifie ces méthodes, notamment grâce aux services du père des « spin doctors » Edward Bernays. En 1954, avec l’appui du gouvernement Eisenhower, tous deux chasseront du pouvoir au Guatemala le social-démocrate Jacobo Árbenz Guzmán, coupable d’avoir nationalisé pour sa réforme agraire des milliers d’hectares de l’UFC. La guerre civile déclenchée alors fera plus de cent mille morts jusqu’en 1996…
Les multinationales d’aujourd’hui ont repris les pratiques inaugurées par l’UFC en Amérique latine : intégration verticale, poursuite du monopole, privatisation des ressources, évitement fiscal. La monoculture intensive d’un produit d’exportation, qui épuise les sols et empoisonne les travailleurs, reste elle aussi en vigueur dans une grande partie du monde. Grâce à un montage d’archives rares, le film retrace près d’un siècle de règne sans partage. Des spécialistes (Geoffrey Jones, historien des multinationales à la Harvard Business School, Gaël Giraud, économiste à l’Agence française pour le développement, et la philosophe Cécile Renouard, enseignante à l’Essec) commentent cette histoire édifiante et en partie oubliée, illustration éclairante des dérives du capitalisme.

A revoir en replay sur le site de la chaine.

Le poivre, de l’Antiquité à l’époque moderne : un luxe populaire ?

Colloque international, Ecole normale supérieure, Campus Jourdan, Grand amphithéâtre – 48 boulevard Jourdan
Paris, France, 23-25 novembre 2017

Le poivre – dont la circulation et le commerce font l’objet du colloque – est un produit phare et un bon marqueur archéologique des échanges. Le poivre a déjà donné lieu à de nombreuses études, mais celles-ci restent le plus souvent segmentées d’un point de vue chronologique et géographique. Prenant comme point de départ la période antique, notre recherche entend s’inscrire dans la longue durée des échanges entre la Chine, l’Inde et secondairement l’Insulinde, et le monde méditerranéen, en multipliant les comparaisons entre les époques. En décloisonnant l’étude du commerce du poivre nous visons à repérer les évolutions et les déplacements significatifs et à faire progresser les connaissances et la réflexion sur des pans encore mal connus de la question.

Voir le programme ici.

La Ville végétale. Une histoire de la nature en milieu urbain (France, XVIIe-XXIe siècle)

Ouvrage de Emilie-Anne Pépy et de Charles-François Mathis, ed. Champ Vallon, Ceyzérieu, 2017, 360 p.

Cette vaste synthèse étudie l’occupation urbaine depuis le XVIIe siècle par les plantes, parcs et jardins, mais aussi plantes « hors-sol » qui circulent dans l’espace urbain (fruits et légumes, fleurs coupées, déchets végétaux, etc.). Il s’agit de montrer que loin d’être un espace absolument artificialisé, non « naturel », la ville a constamment été imprégnée de végétaux, mais que cette présence a fluctué au fil des siècles. Sont interrogés les raisons, les acteurs et les défis de la végétalisation urbaine qui repose sur des motivations nombreuses, esthétiques, sanitaires, écologiques. De même, la végétalisation a sans cesse été soutenue par ceux que nous appelons les mains vertes, qui sont tout aussi bien des particuliers, des professionnels que les pouvoirs publics. Mais étendre ou maintenir la présence végétale en ville impose de relever de multiples défis (fonciers, financiers, esthétiques, biologiques…) qui ont pu varier au cours des siècles.

Ce livre propose aussi une réflexion neuve sur les usages qui ont été faits de la nature en ville, paradoxalement instrument d’urbanité, de sociabilité et donc d’affirmation sociale, mais aussi inversement jungle, ferment de discorde et d’ensauvagement, objet d’affrontements politiques. On peut également faire usage du végétal pour bien être et bien vivre, accompagner les plaisirs, exercer les corps ou cultiver les esprits. Plus prosaïquement, la ville est aussi, tout au long de ces quatre siècles, un lieu de production et de consommation important de végétal. Enfin, c’est aussi en ville qu’une science botaniste et un savoir sur les plantes se développent.

Ce tableau général, inédit, permet ainsi de voir la ville autrement et d’offrir des pistes de réflexion sur la nature en milieu urbain aujourd’hui.

Lire le sommaire (et se procurer l’ouvrage) sur le site de l’éditeur.