ETHNOBOTANIQUE

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De l’écriture du paysage au déchiffrement du monde : Art des jardins et création chez Edgar Poe

Article de Isabelle Krzywkowski, version présentée au colloque Edgar Allan Poe de Cerisy-la-Salle, 2008

L’article réfléchit sur la fonction du jardin dans l’œuvre d’Edgar Poe. La première partie propose une analyse renouvelée des sources, qui fait apparaître l’influence déterminante des théories du second pittoresque (Gilpin, Paine, Knight). Dans un second temps, il analyse les raisons qui incitent Poe à défendre le parallèle entre le jardinier-paysagiste et l’artiste : l’art des jardins (et singulièrement sa variante pittoresque) fait écho à sa théorie esthétique (le rapport à l’imitation, la place centrale du principe de composition, la fonction d’évocation et de révélation, le principe stylistique de l’arabesque, etc.). Enfin, l’étude revient, à l’aune de ces sources, sur la place des deux contes, « The Domain of Arnheim » et « Landor’s Cottage », qu’on invite à lire comme un triptyque autour d' »Eureka » : le voyage initiatique que décrit « Arnheim » (nekhya qui révèle la fonction réelle de l’art telle qu’elle sera présentée l’année suivante dans « Eureka ») est repris de manière ironique un an plus tard dans « Landor », récit d’une initiation ratée qui fonctionne comme une mise en garde. L’art des jardins représente ainsi pour Poe l’illustration, et même la mise en pratique de sa philosophie esthétique, conception idéaliste qui confie à l’artiste le rôle d’agencer le monde pour en révéler le dessein et l’énigme.

Document intégralement accessible en version PDF (340.79 Ko) sur Hal-Shs.

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