ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour août, 2017

Journées d’études Archives de paysagistes et projet de paysage

Journée d’études,19-20 octobre 2017 – Archives Nationales de Pierrefitte-sur-Seine, ENSP Versailles (France)

A l’heure où l’activité humaine soit-disant dématérialisée produit paradoxalement toujours plus de documents à archiver, dans une époque où tout devient patrimoine, il est un domaine professionnel qui est peu représenté dans les fonds archivistiques, qu’ils soient privés ou publics. Les paysagistes, dont la profession s’est lentement organisée, ont longtemps entretenu une relation difficile à leur mémoire et ils ont rencontré des difficultés à effectuer ces dépôts. Archives encore orphelines, appelées à se multiplier rapidement, elles représentent pourtant le témoignage d’un rapport nouveau au projet sur le paysage de la part d’une génération qui quitte aujourd’hui progressivement la vie professionnelle après avoir forgé un enseignement, étoffé une discipline et fait rayonner l’approche française du projet de paysage dans le monde entier. Sources précieuses pour reconstituer l’histoire des paysages péri-urbains et urbains depuis la fin du XIXe siècle, pour établir la constitution d’une profession et tracer des filiations à travers les pratiques et les générations, elles sont surtout un élément crucial pour la possibilité de prolonger ce mode d’intervention sur le paysage vivant, et de fonder l’enseignement sur le paysage.
Regardant nécessairement les logiques et méthodes qui ont présidé à la constitution d’archives de l’architecture et de l’art des jardins, et conscientes des différences de statut, de moment historique, des voix s’élèvent néanmoins pour demander une véritable stratégie pour les archives de paysagistes et pour inviter à explorer l’ancrage que ces archives pourraient offrir à un renouvellement de l’enseignement du projet.

Voir le programme de la journée ici.

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De l’écriture du paysage au déchiffrement du monde : Art des jardins et création chez Edgar Poe

Article de Isabelle Krzywkowski, version présentée au colloque Edgar Allan Poe de Cerisy-la-Salle, 2008

L’article réfléchit sur la fonction du jardin dans l’œuvre d’Edgar Poe. La première partie propose une analyse renouvelée des sources, qui fait apparaître l’influence déterminante des théories du second pittoresque (Gilpin, Paine, Knight). Dans un second temps, il analyse les raisons qui incitent Poe à défendre le parallèle entre le jardinier-paysagiste et l’artiste : l’art des jardins (et singulièrement sa variante pittoresque) fait écho à sa théorie esthétique (le rapport à l’imitation, la place centrale du principe de composition, la fonction d’évocation et de révélation, le principe stylistique de l’arabesque, etc.). Enfin, l’étude revient, à l’aune de ces sources, sur la place des deux contes, « The Domain of Arnheim » et « Landor’s Cottage », qu’on invite à lire comme un triptyque autour d' »Eureka » : le voyage initiatique que décrit « Arnheim » (nekhya qui révèle la fonction réelle de l’art telle qu’elle sera présentée l’année suivante dans « Eureka ») est repris de manière ironique un an plus tard dans « Landor », récit d’une initiation ratée qui fonctionne comme une mise en garde. L’art des jardins représente ainsi pour Poe l’illustration, et même la mise en pratique de sa philosophie esthétique, conception idéaliste qui confie à l’artiste le rôle d’agencer le monde pour en révéler le dessein et l’énigme.

Document intégralement accessible en version PDF (340.79 Ko) sur Hal-Shs.

Diversité et connaissance ethnobotanique des espèces végétales de la forêt sacrée de Badjamè et zones connexes au sud-ouest du Benin

Article de Hounto G.; Tente B.; Yabi F.; Yabi I.paru dans Revue Scientifique et Technique Forêt et Environnement du Bassin du Congo. Volume 7, pp.. 28-36, 2016

La forêt sacrée de Badjamè (Aplahoué, Couffo) ne bénéficie presque d’aucune mesure de protection et de gestion malgré son importance écologique. La présente étude met un accent sur la diversité des espèces végétales de cette forêt au Bénin en vue de proposer les stratégies de gestion et de conservation durable de cette forêt sacrée. Une prospection de terrain nous a permis d’observer la physionomie générale de la forêt sacrée et de ses zones connexes. Des sites d’inventaire floristique ont été retenus. Les relevés phytosociologiques ont été faits dans 35 placeaux de 30 m x 30 m chacun. La classification des relevés sur la base de l’algorithme de Ward et de la distance Euclidienne a permis d’obtenir trois (03) types de faciès floristiques : le groupement végétal G1 à Ocimum americanum, Elaeis guineensis et Tectona grandis ; le groupement végétal G2 à Adansonia digitata, Senna siamea1 et Piliostigma thonningii et le groupement végétal G3 à Cola millenii, Milicia excelsa et Deinbollia  pinnata. Les résultats obtenus ont permis d’inventorier 89 espèces végétales (ligneuses et herbacées) regroupées en 40 familles. L’indice de diversité de Shannon (H) varie de 1,71 à 4,40 bits et l’équitabilité (E) de Pielou varie entre 0,34 et 0,81. L’analyse des indices montre que les groupements étudiés ont subi de profondes modifications. Il est  donc urgent de mettre en œuvre un certains nombre de mesures pour la protection et la sauvegarde de la diversité biologique de la forêt sacrée de Badjamè.

Article intégralement accessible en version PDF (2.3 Mo) sur Zenodo.

Etude ethnobotanique sur les plantes médicinales spontanées poussant dans le versant nord de l’Atlas d’Azilal (Maroc)

Article de Abderrazak El Alami, Farouk Loubna, Abderrahman Chait paru dans Algerian Journal of Natural Products, vol. 4, n°2, 2016, pp. 271-282.

Dans ce manuscrit, l’inventaire ainsi que les usages thérapeutiques des plantes médicinales spontanées poussant dans le versant nord de l’Atlas d’Azilal (Maroc) ont été répertoriés. 66 espèces végétales spontanées sont utilisées en phytothérapie dont 14 espèces ont un usage fréquent. Les Gymnospermes ne sont représentées que par trois espèces, tandis que les Angiospermes sont représentées par 63 espèces dont 55 sont des dicotylédones et huit sont des monocotylédones. Les familles végétales, bien représentées dans la région explorée, sont les Lamiaceae et les Asteraceae. A la base de l’enquête ethnobotanique, nous avons recensé 25 plantes médicinales spontanées destinées au traitement  des affections digestives, huit plantes pour traiter les troubles uro-génitaux, cinq espèces sont connues pour leurs effets sur le système nerveux, 14 plantes sont utilisées contre les affections métaboliques, 11 plantes pour soigner les maladies de l’appareil respiratoire  et 26 plantes sont employées pour les soins la peau et les cheveux.

Article intégralement accessible en version PDF (504 Ko) sur le site du journal.

Enquête ethnopharmacologique et ethnobotanique sur les plantes médicinales dans le Haut Atlas central du Maroc

Article de Abderrazak El Alami, Abderrahman Chait paru dans Algerian Journal of Natural products, vol. 5, n°1, 2017, pp. 427-445

Cette étude ethnopharmacologique et ethnobotanique a été réalisée entre janvier 2012 et juillet 2016 dans le Haut Atlas central d’Azilal. Dans cette région, 172plantes sont utilisées en phytothérapie. Cinq espèces appartiennent à l’embranchement des gymnospermes. L’embranchement des angiospermes est représenté par 167 espèces, réparties en 62 familles dont 140 espèces sont des dicotylédones et 27 espèces sont des monocotylédones. Les familles les plus représentées par des plantes utilisées en phytothérapie sont : les Lamiaceae (19 espèces), Apiaceae (14), Asteraceae (13), Fabaceae (8), Liliaceae (7), Rosaceae (7), Poaceae (6), Solanaceae (6) et les Zingiberaceae (5). Le grand nombre de plantes médicinales est utilisé pour la prévention et pour traiter les affections digestives, les troubles respiratoires et les soins de la peau et des cheveux. Les modes de préparations les plus utilisées sont le séchage-broyage, la décoction et l’infusion et le mode d’utilisation le plus fréquent et l’administration par voie orale. 

Article intégralement accessible en version PDF (811 Ko) sur Zenodo.

Le jardin partagé de Jacques Lenoir, une oasis pour les réfugiés de Vichy

Article de Maryline Baumard, Le Monde, 18.08.2017

« Un matin, Jacques Lenoir a été tiré de son sommeil par une idée fixe. Celle que Rezan devait être protégé par la France. C’est ce qu’il s’est encore répété en avalant un petit-déjeuner et en s’attelant au dossier de ce jeune Kurde pour qui il prépare un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).

À 67 ans, ce Vichyssois d’adoption né à Paris vient de finir une formation pour défendre les migrants qui font appel de leur refus du droit d’asile. Durant des semaines, il a observé et interrogé une bénévole chevronnée de la Cimade, à Clermont-Ferrand, retenant ses arguments juridiques, sa façon de monter les dossiers. À la rentrée, après un stage en droits des étrangers à Paris, il ouvrira à Vichy une annexe de l’association pour que les exilés de sa ville aient un espace juridique où se référer. Un nouveau combat pour cet homme qui en est déjà à sa seconde vie. Avant 2013, ce maître d’œuvre en bâtiment, qui gagnait bien sa vie dans le Jura, n’avait rien contre la société de consommation. « Je ne renie pas cette période où j’évoluais dans le confort matériel, mais je suis passé à autre chose », explique celui qui, il y a quatre ans, a troqué l’avoir pour se centrer un peu plus sur l’être et porte désormais sur le monde un regard plus protecteur, plus respectueux de la terre et des hommes.

« Avant, je n’aurais sans doute pas prêté attention aux réfugiés. Aujourd’hui ils font partie de mon environnement », commente celui qui, comme eux, a vu la mort de près. Son ennemi à lui, ce n’était pas un gouvernement liberticide, mais une maladie. Une expérience qui les rapproche sans doute, inconsciemment, et les rend plus enclins à célébrer ensemble la première « fête de la vie » que Jacques veut organiser dans le jardin partagé, à l’automne, quand la terre aura donné ses récoltes estivales.

Car pour les réfugiés, Jacques est devenu l’homme du jardin, celui qui a mis à leur disposition un lopin de terre et tout ce que celui-ci peut offrir : des herbes aromatiques, des tomates ou des courges. Des cultures bios, respectueuses du sol. Ce n’est pas pour rien que Jacques s’est offert une semaine de stage chez le pionnier de l’agriculture biologique Pierre Rabhi. Il n’en est pas sorti expert mais il a appris « à aimer la terre », dit-il. « Et j’essaie aujourd’hui de transmettre cet amour. »

Lire l’intégralité de l’article ici.

Étude ethnobotanique des plantes médicinales utilisées dans le traitement du diabète dans le Département de Zouénoula (Côte d’Ivoire)

Article de AS Gnagne, D Camara, K Bene, GN Zirihi paru dans Journal of Applied Biosciences, n°113, 2017

Le but de cette étude est de contribuer à une meilleure connaissance des plantes médicinales antidiabétiques utilisées dans le département de Zouénoula. Des enquêtes ethnobotaniques ont été réalisées à l’aide de questionnaires auprès des guérisseurs du département. Les résultats obtenus ont permis d’inventorier dix-sept espèces de plantes médicinales appartenant à quatorze familles botaniques et réparties en seize genres. Parmi ces espèces, Ageratum conyzoides (Herbe aux sorciers), Anthocleista djalonensis (Arbre chou) et Bidens pilosa (Piquant noir) sont les plus recommandées. Les feuilles sont les organes les plus utilisés. La décoction est le mode de préparation le plus sollicité et l’administration se fait majoritairement par voie orale. Ce travail constitue une source d’informations pouvant servir de base pour des études pharmacologiques afin d’évaluer l’efficacité thérapeutique et l’innocuité de ces trois plantes à effet antidiabétique traditionnel.

Article intégralement accessible en version PDF (1.5 Mo) sur le site de la revue.