ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de mai, 2017

1 730 nouvelles plantes découvertes en 2016

Article de Pierre Le Hir, Le Monde, 18.05.2017

« L’organisation scientifique Les Jardins botaniques royaux de Kew dresse un nouvel inventaire de la flore mondiale. De possibles aliments du futur y figurent.

C’est une publication qui ravira les naturalistes et, plus largement, les amoureux du monde végétal. Les Jardins botaniques royaux de Kew, organisation scientifique qui gère notamment les célèbres Kew Gardens de la banlieue londonienne, inscrits au patrimoine de l’Unesco, livrent, jeudi 18 mai, la deuxième édition de leur rapport annuel sur l’état des lieux mondial des plantes. Un « herbier » auquel ont contribué 128 scientifiques de 12 pays.

On y apprend que 1 730 nouvelles espèces de plantes ont été découvertes en 2016 sur la planète, dont certaines constitueront peut-être des aliments du futur. C’est le cas de onze variétés brésiliennes de manioc (Manihot esculenta), la denrée de base la plus répandue dans le monde après le maïs et le riz. Ces nouvelles variétés pourraient contribuer à diversifier la production du manioc, estiment les auteurs, en permettant sa culture sous des climats plus arides que ceux où il pousse aujourd’hui… »

Lire l’article sur le site du journal.

Du court, du local ! Une sociologie du gouvernement de la filière fruits et légumes

Thèse de Pierre Naves, Sociologie. Université de Bordeaux, 2016, 420 p.

La filière des fruits et légumes frais est aujourd’hui confrontée à la mise en question des institutions gouvernant ses rapports institués de distribution. De plus en plus, une partie des acteurs intervenant dans le gouvernement de cette filière (collectivités territoriales, producteurs, distributeurs, organisations professionnelles) cherchent à promouvoir de nouvelles formes de distribution, caractérisées par la réduction des distances sociales et / ou relationnelles entre producteurs et consommateurs. La fin des années 2000 a notamment été marquée par la mise en œuvre d’une politique publique nationale destinée à développer les« circuits courts » de commercialisation des produits agricoles, caractérisés par l’absence ou la présence d’un seul intermédiaire entre producteurs et consommateurs. Ces circuits courts sont, en outre, souvent associés par les acteurs à des dynamiques de relocalisation des processus de distribution. Historiquement peu concernée par ces modes de distribution, dont les titulaires de son gouvernement ont au contraire cherché à l’affranchir en les marginalisant économiquement, la filière des fruits et légumes frais redécouvre aujourd’hui de nouvelles manières d’organiser ses marchés et de qualifier les produits. Doit-on pour autant conclure au triomphe des challengers du gouvernement de cette filière, parce qu’ils auraient réussi à institutionnaliser de nouveaux rapports institués de distribution ? Nous prétendons justement montrer, à partir d’une sociologie du gouvernement de la filière inspirée des travaux de la sociologie économique et de l’économie politique, que la réalité est plus complexe et ambigüe. En effet, si, à l’échelle locale, ces challengers parviennent à mieux contrôler les opérations de problématisation, d’instrumentation et de légitimation des enjeux associés à l’institutionnalisation de nouveaux modèles de distribution des fruits et légumes, aux échelles nationale et communautaire, le gouvernement de la filière demeure contrôlé par les acteurs les plus puissants : producteurs spécialisés, organisations de producteurs, enseignes de la grande distribution. Finalement, plutôt qu’à une relocalisation des circuits de distribution de la filière, on assiste en réalité à une évolution des dynamiques de qualification, marquée par la stabilisation du « local » comme une nouvelle institution marchande, dont l’usage stratégique permet aux titulaires du gouvernement de conserver la mainmise sur la définition des enjeux légitimes à traiter, en particulier ceux relatifs aux modèles de développement agricoles à soutenir et encourager.

Thèse intégralement accessible en version PDF (3.67 Mo) sur Tel.

Quand la musique adoucit l’esprit du vin

Documentaire de Lydia Ben Ytzhak, réalisé par Anna Szmuc, radio France Culture, 14.05.2017

On connaissait les vertus de la musique pour adoucir les mœurs. On s’était même laissé dire que les tomates rougissaient un peu plus lorsqu’elles étaient bercées par du Mozart. Michel Duhamel, lui, va un cran plus loin. Son petit air bougon, il ne faut pas s’y fier : lorsqu’il commence à expliquer comment fonctionne « la musique des protéines », son regard s’éclaire, sa parole prend le ton de la confidence… S’appuyant sur les découvertes de physiciens, avec la société Genodics,il met la mécanique quantique au service de la biologie. Par les vibrations de la musique, ils réussissent à lutter contre les maladies de certaines plantes (champignons, virus, bactéries…), limitant ainsi l’usage des pesticides, surtout quand ils sont peu efficaces sur ce type d’affections des plantes.

Ré-écouter l’émission ici.

 

Etude Ethnobotanique des plantes utilisées dans le traitement des maladies de l’appareil digestif à Kinshasa et ses environs, République Démocratique du Congo

Article de Marie-Cakupewa C. FUNDIKO, M. Angoyo MANDANGO, et Brigitte Mapendo MUTAMBALA paru dans International Journal of Innovation and Scientific Research, Vol. 31 No. 1 Jun. 2017, pp. 194-203

La présente étude, est consacrée exclusivement à l’étude  ethnobotanique des connaissances  traditionnelles sur les plantes utilisées pour soigner les maladies du tube digestif. Elle a pour objet principal la collecte des données sur les plantes utilisées, leurs noms, les parties utilisées, le mode de préparation des recettes et leur voie d’administration aux patients. Pour  ce  faire, les  enquêtes  ethnobotaniques  auprès des  tradipraticiens  et vendeurs  ont  permis  d’inventorier  87  plantes employées dans le traitement des maladies du tube digestif à Kinshasa. Les familles des Euphorbiaceae, les Zingiberaceae, les Asteraceae et les Rubiaceae sont les plus recherchées dans cette catégorie de maladie. Certaines espèces utilisées jouent un double rôle sur le plan traditionnel, alors que certaines plantes sont exclusivement à usage médicinal, d’autres par contre servent à la fois de médicament et d’aliments. Pour améliorer la compréhension de l’importance et de la valeur des plantes médicinales, la présente étude a décrit, dans la mesure du possible, les noms vernaculaires des plantes et les langues locales.  Tout en suggérant aux populations moins nanties une source importante de médicament à moindre cout, l’étude préconise une  exploitation  et  utilisation  rationnelle  des  plantes  pour  faciliter  l’accessibilité  aux  soins  de  santé  pour  tous  pour  le développement durable.

Article intégralement accessible ici.

Les plantes alimentaires de la Sardaigne : un patrimoine ethnobotanique et culturel d’ancienne origine

Article de I. Camarda, L. Carta, G. Vacca, A. Brunu paru dans Flora Mediterranea, n°27, pp.77-90

« L’importance de l’utilisation des plantes sauvages pour aide à celles cultivées à été déjà souligné depuis longtemps par Targioni-Tozzetti (1764) et il semble superflu d’insister sur cet aspect. Au cours du siècle dernier, en particulier en Europe, les grandes transformations sociales et la concentration de la population dans les grandes villes, a conduit à la disparition d’une grande partie des connaissances et de la pratique traditionnelle de recueillir les plantes spontanées d’intérêt alimentaire. Cependant, nous assistons aujourd’hui dans le monde entier  à  la  «redécouverte»  des  plantes  médicinales  et  alimentaires  sauvages  en général, un phénomène qui est devenu quelque chose de plus qu’une mode de notre époque lié  au  “désir  de  nature”,  impliquant  en  particulier  les  habitants  des  grandes  villes.  La connaissance des plantes alimentaires sauvages vit encore principalement dans les petites communautés qui préservent les usages traditionnels, non seulement en cas de besoin, mais aussi dans la pratique quotidienne et surtout pendant les fêtes traditionnelles… »

Lire, et télécharger, l’intégralité de l’article ici.

Mooc ProtéiNNOV

La prise de conscience d’une raréfaction des ressources en protéines animales dans les décennies à venir et la nécessité de produire plus durablement ces ressources alimentaires nous conduit à repenser aux autres sources de protéines, notamment les protéines d’origine végétale. Parmi les sources de protéines végétales, la plus employée comme substitut des protéines animales est le soja, mais le soja n’est pas la seule source de protéines végétales. Il est donc opportun de faire le point sur les autres sources de protéines végétales et sur leur utilisation. Le développement de nouveaux produits alimentaires riches en protéines végétales passe par la connaissance des atouts tant technologiques que nutritionnels de ces ingrédients, mais aussi des freins à leur introduction dans le régime alimentaire des européens.

Le MOOC proposé est donc ciblé sur les protéines végétales et sur leur utilisation dans l’alimentation humaine. Le cours a pour but d’apporter des connaissances dans quatre domaines ciblés sur l’utilisation des protéines végétales pour l’innovation de produits alimentaires : Agronomie, Nutrition, Technologie alimentaire et Innovation produits.

Informations sur ce Mooc sur la plateforme Fun.

La nature en ville, entre protection, communication et patrimonialisation : approches géographiques dans les territoires du Grand Lyon

Thèse de Inès Méliani, Géographie. Ecole normale supérieure de lyon – ENS LYON, 2013, 297 p.

À l’heure où la notion de ville durable s’inscrit au cœur des objectifs des politiques d’aménagement urbain, la nature revient sur le devant de la scène. Il en est ainsi pour ce qui concerne l’Agglomération lyonnaise où, dans leurs démarches visant à écrire la ville d’aujourd’hui et de demain, les acteurs confèrent à la « restauration » de la nature en ville une place majeure. En effet, alors que, longtemps, la présence de la nature dans les villes n’était regardée que comme l’un des éléments consubstantiels au tissu urbain, l’émergence des préoccupations écologistes dans le champ politique a, à partir des années 1990, changé la donne : aujourd’hui, les espaces de nature constituent l’une des pièces prépondérantes dans la panoplie des outils et des mesures mobilisés par les aménageurs pour répondre aux problématiques des villes contemporaines et concevoir la ville de demain. La question des relations entre ville et nature recouvre un champ sémantique complexe conduisant à soulever nombre d’interrogations, auxquelles la présente recherche tente de répondre. Comment et quand les politiques prennent-ils en compte la place de la nature dans la ville ? Au service de qui ? Au service de quoi ? Et à quelles fins ? Ce travail s’appuie sur deux études de cas, complémentaires l’une de l’autre. La première s’applique à analyser la façon dont les instances politiques lyonnaises communiquent sur la nature auprès de leurs administrés depuis vingt ans : de 1989 (élection de Michel Noir à la fonction de maire de Lyon) à 2009 (sous la mandature actuelle de Gérard Collomb). La seconde étude s’est appliquée à analyser les représentations, propres aux acteurs politiques, de la nature en milieu urbain : la patrimonialisation de la nature est apparue, simultanément aux préoccupations environnementales, comme un outil efficace pour prendre en compte la nature en ville.

Thèse intégralement accessible en version PDF (14.44 Mo) sur Hal-Shs.