ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Ethnobotanique médicinale des Fulbe Bande et des Nyokholonke

Rapport de Alain Epelboin et Sylvie Epelboin paru dans Musée de l’Homme, MNHN, CNRS. 1983 (6), pp.411, 1983, Documents du Centre de recherches anthropologiques du Musée de l’Homme, Robert Gessain, 412 p.

Sont présentées ici quelques 150 plantes et quelques centaines d’usages thérapeutiques. Ceux-ci ne constituent pas une liste exhaustive des connaissances des Fulbe bande (PL) et des Nyokholonke (NK) dans ce domaine. Il est bien entendu que les termes « thérapeutique »ou « médecine » sont pris dans l’acception que leur donne la pensée autochtone, le remède, peut être une écorce croquée pour soulager une toux ou une préparation savante destinée à faire gagner son procès à un plaignant. C’est parfois un rituel propitiatoire visant à assurer la réussite de la culture d’un champ nouvellement défriché . Sont englobées aussi sous ce terme des préparations qui protègent des voleurs. La plupart du temps, elles ont pour but de réparer ou de protéger la santé, mais elles peuvent être elles-mêmes causes de maladies ou de malheur soit qu’il s’agisse d’une action maléfique voulue, soit qu’en se défendant d’une maladie, d’un malheur, on le retourne contre son auteur qui, à son tour, tombe malade ou meurt . De la même façon qu’il est nécessaire de s’alimenter pour vivre, il est indispensable de fournir au corps un certain nombre de produits qui assurent l’entretien de sa santé . Aussi ne trouvons-nous pas, dans le champ thérapeutique traditionnel, une frontière très précise entre le remède « préventif », celui que l’on emploie avant que la maladie, le malheur ne vous saisissent , et toutes les préparations techniques auxquelles on a recours· une fois l’événement déclaré. Il est logique d’accumuler, sous forme d’amulettes portées, d’onctions, de substances absorbées, tout ce qui permet d’entretenir cet état éminemment précaire qu’est la santé. Les remèdes, ici essentiellement à base de végétaux, sont tous les moyens dont l ‘individu peut disposer pour s’assurer à lui- même et à sa famille un certain contrôle sur le déroulement de la vie . Ils permettent de soigner une maladie, d’assurer l a santé , de réaliser une entreprise, d’écarter le malheur ou la malchance, d’attirer le bonheur et la réussite. Ce faisant, une personne assure , non seulement son propre avenir, mais aussi celui de sa société . L’emploi des remèdes est régi par la logique du système de pensée médicale vernaculaire. Ils n’ agissent pas seulement sur le désordre biologique, mais traitent également la dimension sociale de la maladie. Les rituels thérapeutiques sont donc des dispositions secrétées par la société pour normaliser les troubles de l’ordre individuel et leurs répercussions sociales. Ils sont donc aussi des moyens de maintenir l’ordre social.

Rapport an accès libre et intégral, version PDF (10.58 Mo) sur Hal-Shs.

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