ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Vanille de Madagascar, le goût amer de la spéculation

Article de Pierre Lepidi , Le Monde, 05. 01 .2017

« Quand on demande à Cécile Zafy si ses affaires tournent bien, elle joint les mains contre sa poitrine et rit aux éclats. « En deux ans, j’ai fait construire une nouvelle maison en bois et suis en train d’en bâtir une autre avec un sol en béton, s’émerveille-t-elle. J’ai aussi acheté une moto, une sono et on varie les repas quasiment tous les jours à la maison. J’ai jamais été aussi heureuse… » Agée de 56 ans, Cécile Zafy cultive de la vanille dans la Sava, une région qui produit 85 % de la vanille malgache, depuis 1984. Dans son village de Tsaratanana, situé à une trentaine de kilomètres au nord de la ville de Sambava, elle n’est pas la seule à se frotter les mains : la plupart des Mobylettes sont neuves, les immortelles 4L sont impeccables et dans la rue principale, la première maison à étages est en construction.

Si l’argent circule dans la bien nommée Sava, c’est parce que 80 % de la vanille mondiale vient de Madagascar, qui devrait en exporter environ 2 000 tonnes cette année, contre 1 500 en 2015. Sur les pistes cabossées de cette jolie région du nord-est de la Grande Ile, on se surprend à fermer les yeux pour respirer l’air à pleins poumons et s’enivrer des arômes qui se mélangent. Parfois associée à des plants de café ou d’ananas, la vanille est ici partout. Et chaque gousse vaut désormais de l’or.

Depuis deux ans, les cours de la vanille ont explosé, passant de 65 euros le kilo en 2014 à 205 euros en 2015. Sur le marché international, il se négocie maintenant autour de 400 euros. Pour beaucoup, cette bulle spéculative est une aberration… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

 

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