ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Le magnan et l’arbre d’or. Regards anthropologiques

Ouvrage de Françoise Clavairolle, ed. MSH, Paris, 2003, 320 p.

La sériciculture – l’élevage des vers à soie – a été pratiquée en Cévennes à partir du XIIIe siècle. Françoise Clavairolle en restitue la mémoire, des débuts du XIXe siècle aux années 1960.Cependant, plus que relater des savoir-faire, elle rend compte de cette pratique dans la pluralité de ses dimensions : économique, sociale et symbolique.
L’auteur décrit ces multiples facettes avec une extrême minu­tie, soulignant la manière dont elles s’ajustent les unes par rapport aux autres. Après s’être livrée à une archéologie des savoirs relatifs au ver à soie, le magnan, ainsi que des savoir-faire à l’œuvre dans la sériciculture, elle met en évidence le rôle prépondérant des femmes auxquelles incombe la responsabilité de 1′ « éducation » des vers à soie. Son analyse de l’organisation sociale de la sérici­culture dévoile les relations complexes qui lient les éleveurs et les filateurs. Les continuités et les mutations de la société cévenole sont ainsi saisies à travers le prisme d’une activité qui apparaît comme une clé de voûte sociale et économique.
Ce faisant, Françoise Clavairolle ne cède pas à la tentation de confondre activité séricicole et culture cévenole. Inscrivant l’ana­lyse du système technique dans sa dynamique socio-historique, elle questionne la disparition de cette activité et s’interroge sur les conditions de son renouveau.

Ouvrage intégralement accessible sur OpenEditionBooks.

 

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