ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de août, 2016

La filière des algues dans le monde, en Europe, en France. Synthèse de résultats.

Synthèse de Marie Lesueur et Charline Comparini, projet Projet IDEALG, Agrocampus Ouest, 2015, 4p.

Étant donné l’intérêt croissant des consommateurs pour les produits aux algues d’inspiration française (voir synthèse de résultats intitulée « La consommation des algues alimentaires en France »), la filière des macro – algues possède un fort potentiel de développement en France. Il est, cependant, nécessaire de pérenniser la production nationale encore trop dépendante des importations. Deux solutions semblent envisageables : la culture de macro – algues ou l’exploitation de nouveau stocks d’algues sauvages .

Synthèse intégralement accessible en version PDF (1.34 Mo) sur Hal-Shs.

Guérisseurs, envoûteurs et exorcistes. Reflets contemporains

Colloque de la Société Française d’Ethnopharmacologie, 10 septembre 2016, Metz (France)

Par le passé la sorcellerie était une croyance qui donnait une explication à l’infortune, elle appelait des rites de délivrance en réponse à ce qui était vécu comme insaisissable, incompréhensible et ressenti comme injuste. Aujourd’hui lorsque la biomédecine fait défaut du point de vue des bénéficiaires, que les effets tardent à se manifester ou que la médication est trop éprouvante, le guérisseur, le désenvoûteur ou l’exorciste peuvent représenter des soignants dotés d’une expertise en matière de malheur, de maladie et de mal-être.

La prégnance de formes alternatives de soin dans nos sociétés invite les praticiens de santé et les scientifiques de divers horizons à réfléchir sur les difficultés de parcours, les impressions, les idéologies corporelles et les comportements contemporains presque ordinaires de patients.

À travers le prisme des différents modèles de recours aux soins, ce colloque abordera d’une part, les traitements thérapeutiques rituels habituellement inaccessibles à la compréhension des non-initiés et, d’autre part, il proposera une réflexion sur la diversité et la complexité des trajectoires médicales, des prises en charge et des relations soignants-soignés dans les différents champs de la médecine alternative.

Si aucun sujet ne sera tabou, bien qu’elle questionne les frontières, cette journée évitera les rapports de force entre le scientifique et le non scientifique, le bien et le mal, guérisseurs et envoûteurs,…

Des anthropologues et experts en communication – Emmanuelle SIMON, Françoise LEMPEREUR et Deborah KESSLER-BILTHAUER tracerons les contours (forme et fond) d’une réalité contemporaine qui concerne un nombre croissant d’individus. Christophe AURAY, vétérinaire, évoquera les outils – les plantes – et leur destination d’usage. Guy LESOEURS, anthropologue et psychanalyste, à partir des « objets » évoquera les représentations, il introduira la question de la relation. Renaud EVRARD, psychologue, interrogera la relation thérapeutique.

Voir programme et résumé des interventions sur le site de la SFE.

Le magnan et l’arbre d’or. Regards anthropologiques

Ouvrage de Françoise Clavairolle, ed. MSH, Paris, 2003, 320 p.

La sériciculture – l’élevage des vers à soie – a été pratiquée en Cévennes à partir du XIIIe siècle. Françoise Clavairolle en restitue la mémoire, des débuts du XIXe siècle aux années 1960.Cependant, plus que relater des savoir-faire, elle rend compte de cette pratique dans la pluralité de ses dimensions : économique, sociale et symbolique.
L’auteur décrit ces multiples facettes avec une extrême minu­tie, soulignant la manière dont elles s’ajustent les unes par rapport aux autres. Après s’être livrée à une archéologie des savoirs relatifs au ver à soie, le magnan, ainsi que des savoir-faire à l’œuvre dans la sériciculture, elle met en évidence le rôle prépondérant des femmes auxquelles incombe la responsabilité de 1′ « éducation » des vers à soie. Son analyse de l’organisation sociale de la sérici­culture dévoile les relations complexes qui lient les éleveurs et les filateurs. Les continuités et les mutations de la société cévenole sont ainsi saisies à travers le prisme d’une activité qui apparaît comme une clé de voûte sociale et économique.
Ce faisant, Françoise Clavairolle ne cède pas à la tentation de confondre activité séricicole et culture cévenole. Inscrivant l’ana­lyse du système technique dans sa dynamique socio-historique, elle questionne la disparition de cette activité et s’interroge sur les conditions de son renouveau.

Ouvrage intégralement accessible sur OpenEditionBooks.

 

L’atelier de la nature. Production des savoirs matériels, production matérielle des savoirs

Appel à communication, journée d’étude, EHESS (Paris), 10 novembre 2016

Cette journée d’étude vise à penser les relations entre l’expérience in situ en plein air, telle qu’elle a été construite par une variété d’acteurs (savants, voyageurs, peintres, habitants) en la mettant en relation avec le travail dans « l’atelier » pris au sens large de lieu de travail, dans lequel la nature peut être transformée (laboratoires) recréée (peintres), classifiée (savoirs antiquaires et collectionneurs).
Les sites naturels, « atelier de la nature », constituent des lieux de savoirs où les matériaux sont transformés par le biais de connaissances et de savoir faire et où réciproquement ces savoirs sont également transformés — à l’image des champs disciplinaires nouveaux comme la chimie, la minéralogie et la géologie de la seconde moitié du XVIIIe siècle — cultivés dans un espace qui est non seulement le théâtre mais aussi un élément actif de leur métamorphose.

Ainsi nous aimerions envisager la manière dont ces interactions entre les sites naturels et la production des savoirs de la matière qu’ils suscitent participent plus généralement d’un changement culturel de la perception de la nature et les éléments qui s’opère au long de la période moderne et particulièrement à la fin des Lumières. Comment s’effectue leur traduction dans la société et leurs réinterprétations ?

Nous souhaitons donc explorer ce lien entre le travail sur les sites naturel et celui des ateliers/fabriques/laboratoire, recréant des expériences similaires. Un site naturel, lieu de savoirs, est le produit d’une constante évolution des pratiques, imaginations, et négociations des utilisateurs du lieu donné. En portant attention à ces « lieux de savoir », il s‘agit de saisir les circulations qui s’opèrent entre la production matérielle des savoirs et la production des connaissances sur la matière, et la manière dont elles irriguent diversement les dimensions de l’imaginaire picturale et littéraire.
Cette rencontre vise à faire dialoguer historiens des sciences, des techniques et de l’environnement, historiens des arts et de la littérature.

Résumé de 250 mots (en anglais ou français) et courte biographie a faire parvenir avant le 20 septembre 2016 à Corinna Guerra corinna.guerra@ehess.fr et Marie Thébaud-Sorger Marie.THEBAUD-SORGER@cnrs.fr

Et si demain vous partagiez votre jardin avec moi ?

Émission « Et si demain ? » de C. Boullay, radio France Inter, 24 août 2016

« Pour certains d’entre vous, vous avez des terrains, parfois en friche dont vous n’avez pas le temps de vous occuper. Ou bien vous ne savez pas quoi en faire… Et moi la citadine, j’ai vraiment besoin de me mettre au vert.

Je pourrais venir chez vous avec mes graines, avec mes plants avec mes outils et je nous fait un potager ! A la fin on partagerait nos patates, nos tomates et nos fraises bio.

Sachez qu’en France depuis 6 ans, vous avez déjà une plateforme qui s’appelle Prêter son jardin.com qui rassemble ainsi quelques centaines de personnes.

Aux Etats-Unis, ça s’appelle Shared Earth et c’est la plus grande communauté de jardins partagés de la planète. C’est petite parcelle du rêve américain en 2016 : une agriculture moins centralisée, moins verticale, avec moins de fertilisants moins de pesticides et moins de gaspillage d’eau… »

Ré-écouter le reportage ici.

L’homme préhistorique et l’environnement

Article de Philippe de Carlos paru sur le carnet Didactica Préhistorica, 29/07/2016

« La question du climat (variations de température) et de la flore durant la préhistoire n’est pas abordée dans les manuels scolaires français. Celle de la faune n’est envisagée que du point de vue alimentaire. Les connaissances scientifiques sont quasi inexploitées et l’environnement est traité uniquement en tant que ressources (alimentation) ou problème (survivre dans un environnement hostile) : on retrouve le thème classique de l’Homme contre la Nature. Le discours est anthropocentriste ce qui interdit toute approche éco-systémique. La faune n’est ni située chronologiquement ni en fonction du climat ; elle est très souvent réduite à une liste de quelques animaux emblématiques ce qui favorise la vision d’un milieu pauvre en ressources. Les visuels proposés dans les manuels supplantent l’absence d’information en renforçant des représentations sociales erronées… »

Lire l’intégralité de l’article sur le carnet.

L’interface « habitat-forêt », une zone à risque pour les incendies

Article de Rémi Barroux, Le Monde, 11 août 2016

« Anne Ganteaume aime bien les vignes, ces parcelles qui, au cœur de la végétation méditerranéenne, ouvrent des espaces dégagés, offrant des coupe-feu utiles contre les incendies. Par contre, la chargée de recherche sur le risque incendies à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) ne goûte guère les « interfaces habitat-forêt », ces zones où la proximité de la végétation permet aux flammes de pénétrer dans les quartiers résidentiels ou de s’approcher des maisons isolées.

Avec une quinzaine de collègues, sur la centaine de salariés qui travaillent au centre Irstea d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Anne Ganteaume travaille sur ces interfaces qui sont définies par l’espace inscrit dans un rayon de cent mètres autour des bâtis résidentiels. Là où débute un grand nombre de feux dus aux négligences, aux travaux domestiques. Selon l’Irstea, « 92 % des feux de cause connue, en région méditerranéenne française, sont dus à des actions humaines (53 % par négligence, 39 % par malveillance, ces proportions variant d’un département à l’autre) »…

Lire l’intégralité de l’article ici.