ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de avril, 2016

L’ethnobotanique à l’épreuve de la nature en ville

Revue « Développement durable et territoires », vol. 7, n°1, avril 2016

Articles intégralement accessibles sur le site de la revue.

Des fleurs et des fusils

Émission « On ne parle pas la bouche pleine », radio France Culture, 17.04. 2016

Biologiste indépendant, George Oxley est un spécialiste de la vie des sols, passionné par le caractère bio-indicateur, alimentaire, médicinal des plantes et les symbioses qu’elles organisent avec leur socle naturel. Les plantes sauvages ont permis aux hommes de ne pas mourir en temps de guerre depuis Charlemagne. Elles pourraient aussi nous permettre de vivre en paix. George Oxley  propose des solutions écologiques aux entreprises cosmétiques et de construction et conseille les agriculteurs pour produire avec davantage de goût et de nutriments. Il agit notamment pour la biodiversité et l’agriculture du Bassin du Congo, dans l’optique de la création d’une fondation rassemblant les énergies autour de la nutrition et de la santé de l’Afrique.

« Il y a vingt ans à Sarajevo, les habitants ont survécu à quatre années de siège en consommant 90 plantes sauvages. Mais au-delà de cette fonction nourricière, ces herbes folles jouent un rôle de sentinelles de l’environnement. Elles sont le langage du sol, elles anticipent les effets des changements climatiques. Leur présence ou leur absence est significative des maltraitances que nous faisons subir à la planète. Depuis la découverte du biome humain, de notre incroyable biodiversité microbienne et fongique, nous prenons conscience de l’intime affinité que nous entretenons avec le sol vivant. Sachons reconnaître que de sa bonne santé dépend la nôtre, notamment à travers nos aliments, avant que nos enfants n’en subissent les dramatiques conséquences : autisme, dégénérescence nerveuse…Biologiste et homme de terrain, l’auteur décrit précisément les bienfaits multiples des plantes et s’appuie sur des faits scientifiques vérifiables pour montrer que les plantes ont continuellement été à nos côtés, qu’elles ont encore beaucoup de solutions à nous fournir et qu’il nous faut rapidement brandir la Fleur Au Fusil ! » (Quatrième de couverture).

Ré-écouter l’émission sur cette page.

La nature entre philosophies du « wild » et de l’ordinaire

Séminaire, Centre de Philosophie Contemporaine de la Sorbonne, Paris (France), le mercredi 16-18h, de janvier à juin 2016

Ce séminaire sera consacré à une analyse comparative des catégories de « wilderness », de « nature férale » et de « nature ordinaire », qui visera, notamment, à interroger le sens et les implications pratiques des références à la nature dans le contexte actuel caractérisé par des changements environnementaux rapides. Concept central de la pensée environnementale américaine, la « wilderness » semble rester ancrée dans une épistémologie moderne caractérisée par le dualisme de l’homme et de la nature. De ce point de vue, elle ne permettrait pas de penser les changements environnementaux actuels dans leur double dimension sociale et naturelle. Qu’en est-il du concept de « nature férale » que défendent, en France, les tenants d’un « principe de naturalité » valorisant les espaces voués à l’expression spontanée de la nature ? Cette conception de la nature s’inscrit-elle dans le paradigme de la wilderness ? Peut-on, au contraire, la rapprocher d’un changement de paradigme qui conduit à s’intéresser, non plus simplement à la nature sauvage des espaces dont les hommes sont par définition absents, mais aussi à une nature plus proche avec laquelle les hommes interagissent que l’on peut qualifier de « nature ordinaire » ? Il s’agira au fond de montrer de quelle façon ces catégories – « nature férale », « nature ordinaire » – peuvent contribuer à « desserrer l’étau du dualisme nature/culture » et à établir une épistémologie nouvelle au sein de laquelle le concept de nature conserve une place.

Programme

Séance du 13 janvier

  • Catherine Larrère (Université Paris 1/Fondation de l’Écologie Politique) « Y a-t-il un retour du sauvage ? »

Séance du 24 février

  • Virginie Maris (CNRS/CEFE – UMR 5175) « Le Grand Partage 2.0. – Repenser la dichotomie entre nature et culture à l’heure de l’Anthropocène »

Séance du 23 mars

  • Jean-Claude Génot (Sycoparc) « Quelle place pour le sauvage ? »

Séance du 13 avril

  • Raphaël Larrère (Ex-INRA) « Faut-il sortir de la protection du remarquable ? Oui, mais jusqu’où ? »

Séance du 11 mai

  • Nathalie Blanc (CNRS/LADYSS UMR 7533) « Parler nature »

Séance du 8 juin

  • Gérald Hess (Université de Lausanne)

[Info Calenda]

Cultiver son jardin numérique : métaphore et dispositifs éditoriaux : entretien avec Pascal Robert

Entretien entre Arnaud Laborderie, Samuel Szoniecky et Pascal Robert, « Interfaces numériques », Lavoisier, 2015, Cultiver le numérique ?, 4 (3), pp.351-368

L’analogie du jardin peut-elle nous aider à comprendre le concept « cultiver le numérique » ? Dans cet article sous la forme d’un entretien avec Pascal Robert, nous faisons l’hypothèse, à partir de fondements historiques et épistémologiques, que la culture numérique se déploie dans des écosystèmes d’information. Nous en examinons la pertinence en termes d’usages, de dispositifs et d’interfaces à l’aide d’exemples, et notamment : le « jardin » dans l’édition numérique enrichie de Candide publiée par la BNF et Orange, un livre hybride sous la forme d’une application iPad et d’un site web ; le « jardin des connaissances », une plateforme numérique pour l’ingénierie des connaissances et le développement des humanités numériques.

Entretien intégralement accessible en version PDF (605,84 ko) sur Hal-Shs.

 

Jardin d’ici et d’ailleurs, sur Arte

Émission « L’instant Télé » radio France Inter, 4 avril 2016

A l’heure du thé, tous les jours sur Arte, si vous n’êtes pas encore rentré du boulot, vous le regardez sur le site Arte+7 et vous piochez : France, Espagne, Italie, Portugal. 25 minutes d’histoire de l’art, du paysage et de l’architecture. Le jardin, maîtrise absolue de l’espace et du temps.

Plus qu’un exercice de style, une réflexion enchanteresse sur la façon dont les hommes ont fait dialoguer au cours des siècles la fleur et la pierre, l’eau et la lumière, le sauvage et le sublime, les saisons et l’éternité. Pour faire simple, la nature et la culture.

Un architecte paysagiste, Jean-Philippe Teyssier, vous servira de guide à la rencontre de botanistes, de jardiniers, de châtelains et d’urbanistes. Car l’intelligence de cette série tient à sa variété, alternant les espaces publics de grandes métropoles et les trésors cachés de monuments historiques. Le jardin, c’est donc – aussi –  une réflexion sur le rapport entre l’intérieur et l’extérieur, entre le clos et l’ouvert, entre le privé et le lieu partagé par tous.

Reste la question de la figuration. Beaucoup de cinéastes s’y sont frottés, beaucoup de revues de décoration, aussi. Comment montrer le jardin ? Faut-il le filmer du ciel, alors qu’il est pensé pour être vu à hauteur d’œil ? Faut-il le donner dans sa globalité, alors qu’il est conçu pour être découvert, espace après espace, au grès de la promenade ? Faut-il que l’image s’organise autour d’éléments manufacturés (fontaines, statues, treille, bancs, gloriette) ou que le végétal y trône en majesté ? Bref, comment remettre en scène sans la trahir une œuvre qui n’est déjà en elle-même que mise en scène ?

Arte ne s’en tire pas mal, même si la réalisation aurait pu être un peu plus créative. Ce n’est pas très dommageable. Vous l’aurez compris, pas besoin de savoir, ni d’aimer planter les choux.

Le jardinage et moi, on n’est pas copain du tout. Le jardin n’en demeure pas moins une expérience historique et esthétique absolument passionnante.

« Jardin d’ici et d’ailleurs », c’est sur Arte, tous les jours à 17h45, jusqu’au 28 avril 2016.

La nature au bord de la route et de la voie ferrée / 2 : Des jardins collectifs pour une conception soutenable des infrastructures de transports terrestres

Rapport de recherche de Grégoire Chelkoff et Magali Paris, Cresson, mars 2016, 279 p.

Les collectifs de jardins potagers installés aux abords d’infrastructures de transport, en même temps qu’ils se confrontent à des conditions difficiles et font preuve d’une résistance surprenante, créent des milieux spécifiques et portent des services inattendus. Pour explorer leur avenir dans la ville contemporaine, faisant suite aux précédents travaux menés sur leurs qualités d’ambiances et leur rôle écologique, nous poursuivons dans ce second volet les investigations en incluant les questions de pollution et les conditions de faisabilité urbaine. L’objectif est de mettre à jour et d’énoncer des critères à partir de la connaissance des situations étudiées et des modalités de transformation spatiales qui semblent émerger. Les critères transversaux et les leviers d’action définis à l’issue de ce travail visent à aider ces projets et à les mettre en discussion. Les terrains français (situés essentiellement en Ile-de-France pour la présente recherche) sont confrontés à d’autres situations, l’une européenne (Lisbonne), l’autre nord-américaine (San Francisco). Ces situations de confrontation entre infrastructures de transport et jardins cultivés amènent à se demander plus largement s’il est possible de concevoir la ville, plus globalement l’espace urbanisé et circulé, en incluant une composante agricole installée dans certains de ses interstices ?

Rapport intégralement accessible en version PDF (91,17 Mo) sur Hal-Shs.

Glissez vous dans la peau d’un agriculteur grâce à un site Internet

Émission Social Lab, radio France Inter, 2 avril 2016

Monpotager.com, est une plateforme qui permet aux citadins de se glisser dans la peau d’un agriculteur pour semer, cultiver et déguster des fruits et légumes de saison produits près de chez eux.Vous louez via le site une parcelle de terre 15 à 100 euros par mois pour 15 à 150 m2 , vous choisissez les fruits et légumes que vous souhaitez cultiver et vous voilà « ageekculteur » ! Et tout n’est pas virtuel : monpotager.com vous met en relation avec un agriculteur en chair et en os qui va vous permettre de suivre l’évolution de la récolte jusqu’à sa livraison en point relais…

Ré-écouter la présentation de ce site ici.