ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour mars, 2016

Conférences de la Fondation d’entreprise Hermès

Plusieurs conférences, en particulier sur le bois, à écouter et/ou regarder en ligne sur France Culture Plus

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En Californie, un culte qui fleure le cannabis

Article paru sur Big Browser, 31 mars 2016

« En Californie, deux sœurs ont fait un vœu particulier : soulager les peines du monde avec le cannabis et autres plantes médicinales. Leurs produits sont à vendre sur internet sous la marque « Sisters of the Valley » (« les sœurs de la Vallée »), et rencontrent un certain succès, sous forme d’huiles essentielles, de baumes ou de feuilles (de sauge) roulées à fumer.

Sœur Kate et sœur Darcy n’appartiennent à aucun ordre connu, ni même à aucune religion précise. Elles se revendiquent plutôt d’un mélange de croyances new age, et souhaitent faire communier « le peuple souffrant » avec la « Terre mère ». Un ordre sans tradition, à part peut-être celle du mouvement hippie, né, comme leur abbaye, en Californie. Leurs croyances sont suffisamment vagues pour englober des pratiques aussi diverses que la préparation des plantes au cours des cycles de la lune, « en accord avec la sagesse ancienne » ou les « prières » pendant la cuisine des plantes… »

Lire la suite de l’article ici.

De la « boisson des dieux » aux salons du chocolat. Variations sur le cacao américain

Colloque, Université de Paris Ouest Nanterre-La Défense, Nanterre (France), 2 et 3 juin 2016

Matière première du chocolat dont on sait le succès dans les sociétés européennes aux XVIIe et XVIIIe siècles en tant que boisson chaude, avant qu’il ne soit remplacé par le café et le thé, le cacao connaît actuellement un regain de vitalité sur son continent d’origine sous l’effet de l’évolution de la demande mondiale, de la recherche et de la promotion de variétés de fèves de qualité, destinées à une production « haut de gamme ». Par ailleurs, des fouilles archéologiques conduites dans la région amazonienne du sud-est de l’Équateur pourraient confirmer l’hypothèse d’une utilisation de l’« arbre aux cabosses » à des fins alimentaires dans les forêts tropicales de l’Amérique du Sud, en même temps qu’en faire reculer la datation. En effet, une poterie contenant des restes de cacao datant de 3 300 avant J.C a été récemment découverte (2013), donnant à penser que des fèves auraient été récoltées et consommées il y a plus de 5 000 ans.

C’est à la lumière de ces évolutions que la présente réflexion souhaite envisager le cacao américain en privilégiant trois pistes. Il s’agira en premier lieu de s’intéresser à son histoire dans son volet préhispanique (les vestiges archéologiques, les divinités, les représentations) ; durant la période coloniale (sa vision par les chroniqueurs, son commerce dont les Indiens méso-américains furent progressivement dépossédés, appréhendé dans sa double dimension économique et sociale) et dans ses nouvelles déclinaisons socio-économiques contemporaines depuis le début du XIXe siècle. Aujourd’hui, « biologique », «durable » ou « équitable », possible source de changements sociaux à l’échelle de certaines régions avec l’apparition d’un commerce « éthiquable » (Équateur, Pérou, Haïti, Nicaragua), associé la plupart du temps à la promotion d’un tourisme (gastronomique) national, il a été récemment déclaré « patrimoine naturel de la nation » par le gouvernement péruvien (2012), officiellement destiné à éradiquer la culture de la coca. 

Voir le programme du colloque sur Calenda.

 

La valorisation du végétal dans la trajectoire de mutation des friches urbaines : une approche socio-environnementale

Thèse de Virginie Anquetil, Géographie, Université de Nantes, 2016

Héritages de la mutation des tissus urbains, les friches représentent de véritables ressources foncières pour reconstruire la ville sur la ville. Ces espaces peuvent également être l’objet d’une recolonisation végétale spontanée. Certains projets de mutation valorisent cette végétation en la conservant, partiellement ou totalement. Comment se construit la persistance de cette végétation au cours de la trajectoire de mutation des friches ? En quoi cette persistance influence-t-elle le fonctionnement socio-spatial et environnemental des espaces publics ainsi créés ? Nous avons réalisé une évaluation compréhensive de trois projets de mutation de friches urbaines : la Courrouze (Rennes), le Transformateur (Saint-Nicolas-de-Redon) et Micheville (Villerupt). La persistance de la végétation a été notre fil conducteur pour comprendre la trajectoire de ces friches dans son ensemble, de l’abandon de l’espace (avant-friche) jusqu’à sa réappropriation sociale (après-friche). Nous pouvions alors comprendre les liens entre un fonctionnement endogène spécifique au temps d’attente de la friche, dont la végétation est un marqueur, et un fonctionnement nouveau instauré par le biais d’un projet de réaménagement. L’éthique et l’économie de l’environnement ont fourni les bases théoriques de cette évaluation : les valeurs d’usage, d’échange et d’existence ont été réinterprétées. Alors que les deux premières sont dites systémiques et caractérisent un fonctionnement nouveau de l’espace, la valeur d’existence exprime les potentialités du fonctionnement endogène, tant d’un point de vue environnemental qu’en terme d’appropriations physique, perceptive et émotionnelle.

Thèse intégralement accessible en version PDF (133,85 Mo) sur Tel.

La nature est un maître cruel. Quelques réflexions sur les rapports entre l’art et la nature depuis les années 60

Conférence de Gilles Tiberghien dans le cadre du séminaire « Du local au global » organisé par Gerd Rainer Horn, 24 mars 2016, Sciences Po, Paris.

L’inscription est obligatoire auprès de gerdrainer.horn@sciencespo.fr.

Les jardins et nous, des racines profondes ?

Émission « Un jour en France » de Bruno Duvic, radio France Inter, 21 mars 2016

Le jardinage et les Français, cette belle histoire d’amour : 89% des foyers de France possèdent un espace de jardinage que ce soit un jardin, un balcon ou une terrasse.

Cette passion française pousse les jardiniers à dépenser jusqu’à 290 euros par an pour des plantes, outils et autres décorations, un marché qui génère un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros.

Quelques petits dictons pour le jardin  ? : « Avril fait la fleur, mai en a l’honneur », « Sème tes haricots à la St Didier. Et prépare un grand panier » ,  » En Juin, beau soleil qui donne n’a jamais tué personne »,  « Qui veut bon navet le sème en juillet », « Pluie d’août fait truffes et marrons »….

Qu’est ce qui pousse les Français à bêcher, biner, planter, cueillir, flaner, siester, rêver dans leur jardin ? Existe t il un jardin idéal ? Pourquoi les jardins nous font-ils du bien ?  Comment le jardin peut-il créer du lien social ? Pourquoi est-on si attaché au jardin ?

Avec Michael Lonsdale, comédien et un des auteurs de « Des jardins et des hommes » avec Gilles Clément et Jean Marie Pelt Ed Bayard et Patrick Scheyder, pianiste, créateur du Festival « Musiques aux jardins », et Alain Baraton, jardinier en chef du domaine national de Trianon et du Parc de Versailles et auteur de « Petit dictionnaire amoureux des jardins » Ed Pocket.

Émission à ré-écouter sur la page de l’émission.

Jeux de nature, natures en jeu. Des loisirs aux prises avec l’écologisation des sociétés

Thèse de Ludovic Ginelli, Sociologie, Université de Bordeaux, 2015, 380 p.

Aujourd’hui massivement pratiqués, les « sports et loisirs de nature » sont traversés par des tensions majeures à l’œuvre dans nos sociétés. Comment sont-ils remodelés par l’écologisation des sociétés, analysée ici comme un processus à la fois cognitif, normatif et politique ? Cette problématique est traitée à partir d’usages différents par leur histoire, leurs publics et leurs techniques (chasses anciennes, kayak de mer, chasse sous-marine et chasse à l’arc) mais travaillés par des processus analogues (naturalisation des espaces, sportivisation des usages) dans deux « hauts lieux de nature » en partie protégés, le bassin d’Arcachon et les Calanques de Marseille. Pour l’analyse de tels processus socio-environnementaux, nous avons opté pour une démarche pragmatiste, en retenant notamment les concepts-clés d’expérience, de trouble, d’enquête et de prise. La thèse défendue prend à contrepied le consensus écologique apparent : lorsqu’on les observe « en action », les normalisations écologiques actuelles créent davantage de tensions et de clivages au sein des collectifs d’usagers qu’elles ne les fédèrent. En situations de co-présence au quotidien, les usagers inscrits dans d’autres mondes sociaux que ceux de l’écologie et contrariés dans leurs « passions cognitives » se montrent ambivalents envers les normalisations écologiques. Ils sont partagés entre l’impératif social d’adhésion à l’exemplarité écologique et le rejet de ses appuis normatifs, individualisants et experts (« impact », « écocompatibilité » «écoresponsabilité »). Ces appuis normatifs sont particulièrement présents dans les espaces protégés (parc national des Calanques, réserve naturelle sur le bassin d’Arcachon), où l’écologisation est portée par des acteurs mandatés, les normes sont légales ou réglementaires et traduites en dispositifs de gestion. C’est seulement en tant qu’experts que certains usagers et porte-parole peuvent se faire entendre, sans que ne changent véritablement ni le collectif des participants, ni les manières de formuler les enjeux et les réponses à apporter. Au plan théorique, ces résultats interrogent certaines propositions du pragmatisme. D’un point de vue plus politique, ils nous amènent également à discuter les appuis normatifs des écologisations contemporaines.

Thèse intégralement accessible en version PDF (5,91 Mo) su Tel.