ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de janvier, 2016

Paysages de l’olivier, études Knoleum

Études conduites par les 6 partenaires du projet Interreg III B Knoleum concernant la filière oléicole (Pierre-Michel Riccio, Manuel Vera Marquez, Antonio Luis Castillo Palomino Marinella, Kanella Katsilieri, Georgia Paloglou, Charles Haagensen, Marie-Hélène Schenck, Jacky Montmain, Jean-Michel Penalva, Nicola Beranzoli, Alfredo Manzi Juan Diego Iranzo, Alfayate Noemí, Molina Sanz), 2008, 186 p.

Les Paysage de l’Olivier partagent une vaste homogénéité culturelle, ainsi qu’une série de compétences socioéconomiques et de potentiels communs. Étant des régions du point de vue historique sous-développées, isolées et loin des grands réseaux européens de communication, elles vivent actuellement un rapprochement économique et social progressif vis-à-vis des autres régions européennes. Au sein de cette évolution complexe, il serait intéressant de signaler plusieurs facteurs stratégiques de changement : d’une part, surmonter les régionalismes par le transfert de connaissances, et la collaboration des différents acteurs locaux ce qui permettra d’acquérir des expériences utiles et d’établir toute stratégie d’action commune ainsi que de déterminer les caractéristiques à conserver ; d’autre part, renforcer l’identité culturelle des régions de l’olivier en tant qu’origine et facteur de changement de toute stratégie de développement ; en dernier lieu, aborder le processus de connaissance à travers une vision globale des Paysage de l’Olivier, tenant compte des apports nécessaires de tous les domaines et de leur connexion. KNOLEUM, Paysage de l’Olivier, dans le cadre et sous la philosophie de l’initiative INTERREG IIIB MEDOCC, prétend contribuer au renforcement de l’identité méditerranéenne oléicole et au développement et croissance du flux de communication entre les acteurs de développement dans les régions de l’olivier : chercheurs, techniciens, politiques, entrepreneurs, et habitants. Ces études constituent le premier résultat de ce processus, des visions multiples des territoires des six pays vis-à vis des six domaines rattachés : le patrimoine, l’innovation, l’économie, les stratégies de développement, l’environnement et les produits.

Présentation, étude détaillée et synthèse accessibles intégralement sur Hal-Shs.

La filière oléicole obstacle: adaptations et contournements socio-économiques palestiniens face à l’occupation israélienne

Thèse de Arnaud Garcette, Sociologie. Aix-Marseille Université, 2015, 443 p.

Cette recherche porte sur l’adaptation de la filière oléicole palestinienne face aux dispositifs de contrôle et de séparation israéliens entre 1993 et 2013. Elle s’attache à en analyser les répercussions en termes de structuration des rapports de pouvoirs et des réseaux relationnels au niveau local, régional mais aussi international, en interrogeant notamment la place qu’occupent les acteurs étrangers dans ce processus d’adaptation.

Thèse intégralement accessible en version PDF (13,73 Mo)  sur Hal-Shs.

La langue et la vigne dans le Gaillacois

Enquêtes orales de Manon Serres, déposées et mises en ligne sur le site des Archives Départementales du Tarn, janvier 2016

« Les Archives départementales du Tarn (France) ont mis en ligne 18 témoignages oraux, soit près d’une vingtaine d’heures, autour de La langue et la vigne dans le Gaillacois. Partant du constat qu’il ne semblait pas encore y avoir eu de travaux lexicologiques spécifiques sur la langue de la viticulture à Gaillac, mis à part les notices dans l’Atlas linguistique et ethnographique du Languedoc occidental, Manon Serres, étudiante au département Science du langage de l’université Toulouse Jean Jaurès, a préparé en 2013-2014 un mémoire de master 1 en linguistique occitane sur La langue et la vigne dans le Gaillacois.

Les enquêtes qu’elle a réalisées et la transcription de certaines d’entre elles ont servi de base à son travail, le but étant de recueillir la langue dans laquelle le métier de viticulteur s’exerce et de montrer que l’occitan parlé aujourd’hui par les hommes et les femmes du Gaillacois est bien plus qu’une survivance lexicale. Pour cette raison, il lui a semblé important de ne pas en rester à une description linguistique mais d’intégrer à son étude un aspect ethnolinguistique, en s’attachant à la vie des viticulteurs et à sa complexité… »

Lire la suite du billet de C. della Savia sur le site des Carnets de la phonothèque de la MMSH, et écouter les enquêtes sur le site des AD.

Un pêcher contre la douleur

Reportage de Jean-Philippe Camborde et Pascal Moret, Universcience, La Belle Société Production, Muséum national d’histoire naturelle, Inserm, CNRS, Ville de Senlis, France TV Education, Away to Wake up productions, 4min, 2016

Le neurobiologiste Michel de Waard (Inserm) nous raconte l’étonnante histoire d’une molécule synthétique anti-douleur, le Tramadol, dont on a trouvé après coup son équivalent naturel dans les racines d’un pêcher africain utilisées au Cameroun pour le traitement de la douleur et de l’épilepsie. Ou quand la chimie moderne rejoint sans le savoir la pharmacopée traditionnelle.

Reportage à voir sur Universcience.

Nathalie Machon, spécialiste en écologie urbaine

Émission de radio « Les Savanturiers », France Inter, 24. 01. 2016

Nathalie Machon aime la nature. Les vastes étendues des Pyrénées, les forêts, et elle s’est prise de passion, il y a une dizaine d’années, pour la nature en milieu urbain. On ne s’en rend pas toujours bien compte, mais des dizaines de plantes sauvages se sont imposées discrètement dans nos rues, ont réussi à se faire une place entre le béton et le bitume. Des centaines d’espèces d’insectes volent, se faufilent  et sautillent en ville. On peut même voir à Paris des ragondins, des poules d’eau, et des hérons.

La nature est de plus en plus présente dans nos cités, et Nathalie Machon, spécialiste de la flore, hante les abords des gares, et se penche sur les espèces qui ont pris le train. Elle examine ce qui se passe au pied des arbres. Elle identifie, compte, et essaie de comprendre comment la nature évolue. Elle aime aussi raconter tout le bien que les plantes font aux hommes : les plantes rafraichissent les villes en été, déstressent les habitants. Il paraît qu’on est moins malade dans une ville verte que dans une ville bétonnée.

Nathalie Machon, blonde et bavarde, a lancé le projet « sauvages de ma rue » : une opération de sciences participatives destinée aux citadins, pour recenser les espèces végétales sur les trottoirs, les pieds d’arbres, les murs… on peut trouver jusqu’à 40 espèces au pied de chez soi…

Nathalie Machon est l’auteur avec Philippe Clergeau de « où se cache la biodiversité en ville » aux éditions Quae.

Émission à ré-écouter sur la page de l’émission.

 

Comment la Nouvelle-Calédonie protège l’utilisation de sa nature

Article de Angela Bolis, Le Monde, 19.01. 2016

« Dans le maquis minier du sud de la Nouvelle-Calédonie, les sols rouges, pauvres et métalliques sont par endroits si chargés de nickel que la sève des plantes en devient bleue. C’est cette flore singulière, adaptée à des conditions extrêmes, que viennent explorer les chercheurs de l’équipe de chimie des substances naturelles de l’université de Nouvelle-Calédonie (UNC).

Guidés par un passionné de botanique, les chimistes prospectent la végétation éparse en quête de plantes à huile essentielle, de diospyros, étudiés pour leurs propriétés anticancéreuses, et d’hépatiques, classe aux multiples vertus, « antibactérienne, anticancéreuse, antiradicalaire », énumère le doctorant Benjamin Metoyer. Une fois un spécimen repéré, ils le localisent et le décrivent, avant de récolter quelques échantillons de feuilles, d’écorce ou de fruits.

Ces extraits végétaux seront ensuite testés en laboratoire pour déceler leur activité biologique. Si les résultats se révèlent prometteurs, des chimistes tenteront d’isoler les molécules actives afin de les identifier, puis éventuellement de les synthétiser. De la plante au médicament, toutefois, les étapes sont multiples et l’aboutissement à un produit fini rarissime. Il n’empêche : la biodiversité suscite toujours l’intérêt de la recherche et de l’industrie pharmaceutique, et le partage des bénéfices qui en découle baigne dans un grand flou juridique, entouré de soupçons de biopiraterie… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

MÉDECINE TRADITIONNELLE ET « MÉDECINE INTÉGRATIVE » À MADAGASCAR : ENTRE DÉCISIONS INTERNATIONALES ET APPLICATIONS LOCALES

Thèse de Perrine Didier, Anthropologie sociale et ethnologie, Université de Bordeaux, 2015, 600 p.

Depuis les recommandations de l’OMS de la fin des années 1970, de nombreux pays en Afrique ont mis en place des dynamiques de reconnaissance de la médecine traditionnelle et de ses praticiens. Cette thèse s’intéresse au projet de développement de la « médecine intégrative » à Madagascar, consistant en son intégration au sein du système de soins officiel et conventionnel. Ce projet a pour objectif l’amélioration de la santé des populations et passe par une double évaluation : au niveau social avec l’encadrement des activités des tradipraticiens et au niveau thérapeutique avec la recherche sur les plantes médicinales et le développement de remèdes traditionnels améliorés. Cette recherche est le fruit d’une démarche méthodologique qui s’appuie sur des enquêtes multi-situées, avec un terrain de recherche dans la capitale malgache et ses environs et avec l’ethnographie d’une localité rurale de la région Analanjirofo (côte est de Madagascar). Cette approche s’intéresse d’un côté aux tentatives d’applications des décisions politiques en matière d’encadrement de la médecine traditionnelle et de l’autre à la pratique concrète des soins traditionnels ainsi qu’aux comportements individuels et communautaires face à la gestion des maux, des malheurs et de la maladie avec des études de cas approfondies. Cette thèse s’inscrit dans le champ de l’anthropologie de la santé avec une orientation sur les dynamiques politiques et de développement. Un intérêt particulier est porté à la nature de la cohabitation entre praticiens (médecins, guérisseurs) se déclinant d’un simple référencement de patients à une plus rare collaboration. Cette étude met en exergue le décalage pouvant exister entre des décisions gouvernementales et leurs applications locales ainsi que les enjeux sociaux, politiques et économiques qui en résultent.

Thèse intégralement accessible en version PDF (7,57 Mo) sur Hal-Shs.