ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de juin, 2015

Une technique révolutionnaire permettrait de produire de la morphine à partir de sucre

Article de Paul Benkimoun paru dans Le Monde, 25.06.2015

« C’est une bonne nouvelle pour le monde du médicament, mais qui risque d’attirer l’attention des narcotrafiquants. Ces derniers mois, plusieurs équipes de chercheurs ont publié des articles détaillant les étapes permettant de faire produire de la morphine et d’autres opiacés par de la levure de bière modifiée génétiquement. Dans la revue américaine Science datée du jeudi 25 juin, des chercheurs de l’université de York (Royaume-Uni) apportent le chaînon manquant pour synthétiser des antalgiques majeurs. Une percée qui fait cependant craindre l’utilisation de ce procédé à des fins illicites.

La morphine est le traitement puissant de référence contre la douleur. Sa production s’effectue à partir du latex du pavot (Papaver somniferum), plus communément appelé opium, qui possède des vertus sédatives et analgésiques. L’opium contient en effet de nombreux alcaloïdes dont, outre la morphine, la codéine et la thébaïne. Précieuse pour la médecine, la culture de ce pavot restait jusque-là, comme toute production agricole, soumise aux aléas naturels… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

Le profane et le sacré dans les tradipratiques à l’île Maurice

Thèse de Maya De Salle-Essoo, Anthropologie, Université de la Réunion, 2011, 414 p.

Dans cette thèse nous avons abordé les tradipratiques à l’île Maurice et nous avons tenté de délimiter une zone d’interculturalité où se situent ces tradipratiques, partagées par les différentes communautés religieuses et ethnoculturelles de l’île et s’insérant dans un fonds commun mauricien. Ainsi, nous avons constaté qu’il existe une conception commune de la maladie, du corps, des Invisibles et des traitements qui font partie de cette zone interculturelle, issue du contact de cultures et de la créolisation. Nous avons ainsi été amenée à envisager l’imbrication du sacré et du profane au sein des tradipratiques et fait le constat que ces deux facettes sont indissociables et nécessaires à l’efficacité des traitements. Nous avons également envisagé les rituels de soins sous leur aspect identitaire, mettant en évidence le rôle central joué par les ancêtres dans les traitements, la transmission transgénérationnelle du don de guérison et de voyance, mais également comme agents à l’origine de certains syndromes. Ce qui nous amène à souligner l’aspect identitaire des rituels de soins venant répondre à la nécessité de réaffirmer les liens aux ancêtres, la filiation du patient et celle de sa famille, l’insérant dans un groupe et renforçant ainsi son identité.

Thèse intégralement accessible en version PDF (3,98 Mo) sur Hal-Shs.

Le Jardin des Lumières

Article de Philippe Jaussaud paru dans « Lyon au XVIIIème, un siècle surprenant ! », Somogny Éditions d’Art, pp.303-305, 2012

Créé sous l’Ancien Régime, le Jardin royal des plantes médicinales – ou Jardin du Roi – sera transformé par la Convention en Muséum national d’histoire naturelle. Ici sont évoqués quelques aspects de l’histoire de l’établissement au « siècle des Lumières ». Trois disciplines y sont professées dès la fin du XVIIe siècle : la chimie, la botanique et l’anatomie – associée à la chirurgie. Buffon est le grand intendant du « Jardin des Lumières », auquel il confère un prodigieux rayonnement. Il confie à son concitoyen Daubenton la garde du « Cabinet d’histoire naturelle « , dont les collections s’enrichissent beaucoup. De plus, Buffon encourage les expéditions de voyageurs naturalistes et recrute des enseignants de valeur. Parmi les professeurs du « Jardin des Lumières » figurent les botanistes Le Monnier et les frères Bernard et Antoine de Jussieu, le jardinier André Thouin, les chimistes Rouelle, Macquer et Fourcroy, les anatomistes Ferrein et Winslow.

Article intégralement accessible en version PDF (179,76 Ko) sur Hal-Shs.

Les impacts de la guerre du Việt Nam sur les forêts d’A Lưới

Article de Amélie Robert-Charmeteau paru dans VertigO, vol. 15, n°1, mai 2015

Au cours de la guerre du Việt Nam, l’actuel district d’A Lưới (province de Thừa Thiên Huế, Việt Nam central), traversé par la piste Hồ Chí Minh, subit de nombreux épandages d’herbicides et pilonnages. Les forêts sont une cible privilégiée. Mais les conséquences de ces pratiques militaires sur les sylvosystèmes sont sujettes à controverses. Pour identifier objectivement le poids de la guerre sur les dynamiques paysagères, l’étude se fonde sur une analyse diachronique régressive des paysages et privilégie les sources iconographiques, a priori non biaisées (images satellitales, photographies aériennes). La guerre n’est pas la seule période étudiée puisque les conséquences environnementales des pratiques militaires sont analysées autant à court terme qu’à long terme ; les impacts sur les paysages actuels sont interrogés. Par ailleurs doit être vérifiée l’hypothèse selon laquelle les pratiques pré et post-guerre ont aggravé le strict impact du conflit. Sont ainsi analysées les dynamiques paysagères et les pratiques anthropiques qui affectent la région d’A Lưới pour chaque période clé identifiée, de la colonisation à aujourd’hui. Au terme de la recherche, menée dans le cadre d’un doctorat, la guerre apparaît comme un facteur de recul des forêts mais loin d’être le seul ; elle ne marque aujourd’hui que ponctuellement les paysages.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

Versailles côté jardins ouvriers

Article de Pascale Krémer paru dans M le Monde Magazine, 19.06. 2015

« Au milieu des HLM, les jardins familiaux des Petits-Bois mettent des légumes dans les assiettes et du lien social dans le quartier. Un coin de verdure préservé des assauts des promoteurs grâce au label Jardin remarquable.

Il aura fallu 225 ans, mais c’est chose faite : à Versailles, la Révolution a gagné les potagers. Les jardins familiaux des HLM font jeu égal avec le parc du château du Roi-Soleil. En décembre 2014, ils ont, eux aussi, été labellisés Jardin remarquable par le ministère de la culture. Et c’est une première en France.

Sur la liste flatteuse, parmi 400 jardins botaniques, cloîtres d’abbaye et autres roseraies de palais épiscopaux rivalisant de sophistication végétale, figurent désormais les rangs de laitues d’Andrée Pauwels, les fraisiers d’Ali Lacem et les buttes à asperges de Marcel Saintonge. « Ça nous a fait tout drôle. On n’en est pas revenus… » L’incrédulité se mêle à la fierté chez les jardiniers des parcelles familiales du quartier Petits-Bois… »

Article en accès restreint sur le site du journal.

Les jardins secrets du cannabis

Article de Julien Guintard paru dans Le Monde, 19. 06. 2015

Dans leurs placards, cave ou potager, ils seraient de 80 000 à 200 000 en France à faire pousser du cannabis pour leur usage personnel. Rencontre avec ces fumeurs de joints devenus des botanistes éclairés.

Comme environ 17 millions de ses compatriotes qui s’adonnent, les beaux jours venus, à leur passion du binage, Jean-Luc aime tirer profit de son grand terrain enclos de 700 m2. Depuis dix ans qu’il habite un vieux corps de ferme picard, ce militaire de 56 ans – « encore d’active pour quelques semaines » – cultive des légumes et des arbres fruitiers. « Tout en bio » et avec du compost maison pour nourrir le sol. Pas exempt de fierté jardinière, il offre volontiers un tour du propriétaire à ses visiteurs.

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Il y a cependant un petit recoin que Jean-Luc évite soigneusement de montrer. Un espace invisible de l’extérieur. Son jardin secret. Derrière une rangée de maïs doux et de poiriers, bordés par une haie de forsythia et de cotonéaster, cinq à dix pieds de cannabis poussent chaque année en pleine terre. « Je taille pour que ça ne monte pas trop haut et je tire les branches au sol pour que ça parte en largeur, mais c’est à peu près tout. Je n’arrose même pas, ça pousse comme du chiendent. »

Lire la suite de l’article sur le site du journal.

Le Nutella qui cache la forêt

Reportage « Sciences », France Inter, 19. 06. 2015

La polémique sur le Nutella est-elle retombée un peu trop vite ? Depuis lundi, les propos de la ministre de l’Écologie Ségolène Royale sur la célèbre pâte à tartiner et les excuses qu’elle a présentées par la suite au fabricant italien font polémiques. Certes la marque semble verdir sa marque en respectant de nouvelles normes, mais sont-elles suffisantes ? La culture des palmiers à huile est durable ?

Pour en parler, Mathieu Vidard et Axel Villard reçoivent Sabrina Krief (Maître de conférence au Muséum National d’Histoire Naturelle) et Serge Bahuchet (Ethnobiologiste). Ils sont tout deux commissaires de l’exposition Sur la piste des grands singes, à Paris.

Reportage à ré-écouter ici.

Lire également l’article d’Amandine Réaux « En quoi la consommation d’huile de palme influe sur notre santé et notre environnement » paru dans Le Monde du 18. 06. 2015.