ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour mai, 2015

Un champ de Mars dans l’histoire du Maroc : Khandaq er-rîhân, le Ravin au myrte

Tiré à part de Jamal Bellakhdar et Abdelmalek Benabid paru dans Horizons Maghrébins n° 72, 2015, pp. 83-109.

Cette étude démontre que des sciences aussi éloignées entre elles que le sont la Botanique et l’Histoire peuvent néanmoins collaborer entre elles pour produire des effets de connaissance.

Les auteurs sont respectivement ethnobotaniste (J.B.) et botaniste (A.B.) et collaborent souvent dans des travaux d’inventaire portant sur les flores locales et sur les usages que leur ont trouvés les populations dans un territoire donné. Les recherches de ce type s’appuient obligatoirement sur un travail méthodique de terrain et sur des enquêtes à caractère ethnographique conduites auprès des personnes et des communautés qui détiennent le savoir traditionnel relatif aux plantes. Elles nécessitent par ailleurs un examen attentif des sources documentaires écrites afin d’arriver à déterminer si les usages végétaux recensés s’inscrivent dans une certaine continuité historique ou relèvent au contraire de l’innovation. La connaissance de l’histoire régionale s’impose donc, à un moment donné de l’avancement de ces travaux, comme l’une des compétences à acquérir nécessairement pour conduire la recherche à son terme.

C’est justement à l’occasion de l’une de ces consultations livresques, portant – dans le cas précis qui nous intéresse ici – sur un petit arbuste très présent dans la nature et dans la culture marocaines, le myrte, au sujet duquel une étude était en préparation, que l’un d’entre nous a relevé une information se rapportant à la fois à la botanique et à la science historique et susceptible donc d’être exploitée à des fins utiles aux deux disciplines.

En s’appuyant sur une démarche pluridisciplinaire confrontant des informations provenant de sources historiques écrites et des données recueillies sur le terrain, d’ordre géographique, topographique et botanique, les auteurs de cet article ont réussi à identifier le site exact de la bataille dite de Khandaq er-rîhân (Le Ravin au myrte) qui opposa en 1576, pour la prise du pouvoir, deux princes de la dynastie saâdienne, Abdelmâlek Abou Marwan et son neveu Mohammed Ben Abdallah dit Al Moutawakil. Ce même site abrita par la suite, à deux reprises, en 1907 et en 1908, le camp de retranchement d’une armée servant la cause du sultan régnant Moulay Abdelaziz, après sa mise en déroute par les tribus Chaouïa et les partisans du prétendant au trône Moulay Abdelhafid. La découverte sur place, au milieu des fourrées, des vestiges d’un ancien lieu de sépulture dont personne ne connaissait l’histoire, est venue confirmer notre identification.

Pour se procurer le tiré à part (fichiers pdf) : pour toute demande, s’adresser par mail aux auteurs.

(info Telabotanica)

Publicités

« L’arbre sans rival ». Palmiers dattiers et palmeraies au Moyen-Orient et en Égypte de la préhistoire à nos jours

Article de Margareta Tengberg, Claire Newton, Vincent Battesti paru dans la Revue d’ethnoécologie, n°4, 2013

Article d’introduction au numéro thématique de la la revue consacrée au palmier dattier.

Article intégralement accessible en version PDF (308,79 Ko) sur HAL-SHS.

Dinosaure à plumes, guêpe croque-mort, araignée roulante, dix étonnantes nouvelles espèces

Article de Nathaniel Herzberg paru dans Le Monde, 21. 05. 2015

C’est devenu une tradition. Chaque année, la prestigieuse université de Syracuse dresse la liste des dix plus étonnantes nouvelles espèces découvertes l’année précédente. Un choix particulièrement délicat. En 2014, pas moins de 18 000 animaux ou végétaux ont été mis au jour par les scientifiques du monde entier. Une goutte d’eau dans un océan d’environ 2 millions d’espèces inventoriées depuis que le grand Linné a entrepris la première classification. « Et on estime qu’il en resterait 10 millions à découvrir », précise Quentin Wheeler, directeur du Suny College of Environmental Science and Forestry (ou ESF) et créateur du classement… »

index

Parmi ces espèces, à noter une plante : la Bromelia de Noël (Tillandsia religiosa) du Mexique.

Article et photos ici.

A Montréal, des serres géantes sur les toits

Article de Robin Lambert paru dans Le Monde, 18. 05. 2015

« Dans la banlieue industrielle de Montréal, le bâtiment qui abrite les Fermes Lufa est semblable à tous les autres, une longue construction de briques rouges, à peine identifiée par un panneau. Pour atteindre la ferme historique de la société créée par Mohamed Hage en 2009, il faut monter deux volées de marche, enfiler des couvre-chaussures bleus qui glissent sur les bottes, et ouvrir une porte pour enfin déboucher sur le toit. Dans une atmosphère humide maintenue à 25 °C, ce sont 70 tonnes de piments, salades, tomates et poivrons qui sont produites ici, été comme hiver.

Pour faire pousser des légumes tout au long de l’année, même lorsque les températures descendent en dessous de – 20 °C, les Fermes Lufa se sont dotées d’une gigantesque serre sur le sommet du bâtiment. L’hiver, la serre ne peut pas se passer de chauffage. Mais pour diminuer ses besoins énergétiques, l’entreprise a choisi de s’installer sur le toit d’un immeuble déjà existant. Cela permet de profiter de sa chaleur, mais aussi de l’isoler de façon efficace : 25 % en moins sur la facture de chauffage pour tout le bâtiment.

4634721_6_a45d_tony-debout-s-occupe-des-fruits-et-legumes_4d2e583ee787337664655fb5e6dff59b

Économe mais pas biologique

Pour produire 190 tonnes de légumes par an sur une surface de 7 300 m² dans ses deux serres à Laval et Montréal, la start-up canadienne a fait le choix de l’hydroponie. Cette technique consiste à faire pousser des fruits et légumes en remplaçant la terre par un substrat, généralement de la fibre de coco. Ce substrat est ensuite trempé dans de l’eau qui contient les nutriments dont la plante a besoin, notamment du fer et du potassium. En circuit fermé, ces nutriments ne filtrent pas dans le sol et circulent jusqu’à ce qu’ils soient absorbés par les pousses… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

Preventing a Future Without Chocolate

Article (en anglais) de Nicola Twilley paru dans The New Yorker, 4. 05. 2015

« There is a corner of England where the weather is distinctly West African: the International Cocoa Quarantine Centre, in suburban Reading. Inside this newly built greenhouse, which transforms watery British sunshine into the shady conditions of a rain-forest understory, some four hundred varieties of cacao grow in orderly potted rows. The $1.5 million structure is about the size of an Olympic swimming pool and is almost entirely controlled by an octopus-like network of tubes and sensors, which monitor everything from the plants’ electrical conductivity to over-all humidity levels. Outside, however, is a messier affair. “It looks a little bit like the Somme at the moment,” Paul Hadley, a professor of horticulture at the University of Reading, said as he navigated a series of muddy trenches and gravel mounds on a recent spring afternoon. The earthworks, he explained, are not defensive; the site is merely being landscaped ahead of its ceremonial opening this month.

For years, newspaper headlines and industry reports have been gloomily predicting that chocolate will soon become a delicacy available only to the super-rich. Accelerating consumption is part of the problem, as epicures in China, India, and Russia develop a taste for the product, but the vulnerability of the cacao plant itself poses the greatest challenge… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

How Syrians Saved an Ancient Seedbank From Civil War

Article (en anglais) de Lizzie Wade paru sur Wired, 17. 04. 2015

« When civil war erupted in Syria, Ahmed Amri immediately thought about seeds. Specifically, 141,000 packets of them sitting in cold storage 19 miles south of Aleppo. They included ancient varieties of wheat and durum dating back nearly to the dawn of agriculture in the Fertile Crescent, and one of the world’s largest collections of lentil, barley, and faba bean varieties—crops that feed millions of people worldwide every day. If these seeds were decimated, humanity could lose precious genetic resources developed over hundreds, or in some cases thousands, of years. And suddenly, with the outbreak of violence, their destruction seemed imminent… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site.

 

Une plante pour détecter les diamants

Article de Pierre Barthélémy publié sur le blog Passeur de Sciences, 14. 05. 2015

« Jeune, Stephen Haggerty était attiré par la physique nucléaire. Mais il faut croire que son environnement a été le plus fort. Né en 1938 en Afrique du Sud dans le Bassin de Witwatersrand, qui héberge la moitié des réserves d’or mondiales, non loin des gisements de métaux du complexe du Bushveld et de la mine de diamants Premier, c’est la géologie que ce chercheur a finalement choisie. Pendant des années il a travaillé sur les roches lunaires, tant pour le programme Apollo américain que… pour le programme soviétique Luna de retour d’échantillons. Mais depuis que la Lune n’est plus explorée, le scientifique, aujourd’hui à la Florida International University, s’est intéressé à d’autres terrains, et notamment aux kimberlites, ces roches volcaniques qui, parfois, remontent à l’air libre les diamants qui se sont formés en profondeur, dans le manteau terrestre, sous des pressions gigantesques.

En 2013, Stephen Haggerty a découvert au nord-ouest du Liberia, non loin de la frontière avec la Sierra Leone, l’affleurement d’un diatrème, une de ces cheminées par où la kimberlite se fraie un chemin vers la surface. En réalité, les soupçons du géologue sur la nature du sous-sol remontaient… à la fin des années 1970. A l’époque, entre 1977 et 1980, Stephen Haggerty avait effectué de brefs voyages de reconnaissance au Liberia mais n’avait pu explorer méthodiquement la zone. Puis les guerres civiles que le pays a connues entre 1989 et 2003 l’ont empêché d’y revenir, mais l’endroit restait dans un coin de sa tête car on avait, dans les alluvions locales, retrouvé des diamants. Certains d’entre eux étaient sans doute devenus des « diamants de sang », ces gemmes exploitées dans des zones de conflits et dont le trafic sert à financer l’achat d’armes et de matériel militaire. Une fois le pays pacifié, Stephen Haggerty a donc découvert ce diatrème oblong, de 500 mètres de long sur 50 de large. Mais, comme il le rapporte dans le numéro daté de juin-juillet de la revue Economic Geology, ce n’est pas tout ce que ce chercheur a trouvé…

Avec ses 2,5 hectares, la zone en question s’avère d’une superficie modeste. Difficile d’accès, c’est une jungle marécageuse mais Stephen Haggerty y remarque un fait intrigant : sur le diatrème – et apparemment rien que sur le diatrème – pousse un végétal bien particulier. Avec ses racines aériennes, il évoque un arbre de mangrove. Pouvant monter jusqu’à 10 ou 15 mètres de hauteur, il porte de longues feuilles pointues – un peu semblable aux frondaisons des palmiers – sur des branches qui lui donnent l’allure d’un chandelier, d’où son nom de Pandanus candelabrum. La coïncidence est troublante et Stephen Haggerty, qui veut en avoir le cœur net, va vérifier, sur deux autres sites à kimberlite, si cette plante s’y retrouve. La réponse est oui… »

Lire l’intégralité de l’article sur le blog.