ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de avril, 2015

École thématique du CNRS : Archéologie des produits biologiques

École thématique du CNRS, du 1er au 5 juin 2015, Vannes et Carnac (France)

Les échanges de produits biologiques, leurs dimensions culturelles et techniques, représentent des problématiques archéologiques et historiques qui s’inscrivent dans la longue durée. L’histoire culturelle et l’évolution technique des produits biologiques tels que les produits alimentaires, les breuvages alcooliques, les substances médicinales, les produits de la ruche (etc.) de la Protohistoire à l’Époque moderne constituent actuellement le fondement d’une recherche pluridisciplinaire à la charnière des sciences humaines, des sciences naturelles et des sciences de la matière. Le domaine spécifique de l’archéologie biologique (archéosciences et archéobotanique) ne se substitue pas aux méthodes classiques de l’histoire et de l’archéologie (exploitation des sources textuelles, iconographiques, matérielles) mais permet de renouveler la documentation disponible. Les méthodes analytiques exploitées dans le cadre de l’ANR Magi et de l’ANR Perhamo qui l’a précédé représentent de nouvelles approches méthodologiques très bien adaptées à l’identification des matériaux organiques et de leurs techniques de fabrication, des périodes protohistoriques et historiques. Ces méthodes performantes, et de plus en plus faciles à mettre en œuvre, restent encore méconnues des archéologues et des historiens qui se heurtent au problème de l’insuffisance des sources. L’apport de nouvelles données leur offre l’opportunité de résoudre certaines problématiques mais aussi d’élargir considérablement leur champ de recherche.

Détails sur le site de l’Inrap.

Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique

Ouvrage de Catherine Larrère et Raphaël Larrère, ed. La Découverte, 2015, 280 p.

Que signifie « protéger la nature » ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d’affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de « nature » ne va plus de soi. On a pris l’habitude d’aborder l’environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine.
Ces oppositions tranchées n’ont plus lieu d’être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l’artifice. On peut continuer à parler de « nature » et même en parler mieux, parce qu’il n’y a plus à choisir entre l’homme et la nature, mais plutôt à se soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l’on s’intéresse à la protection de l’environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu’il y a moyen de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l’équité entre les hommes ; et qu’il existe aussi des manières d’agir avec la nature et pas contre elle.

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L’originalité de cet ouvrage tient à la démarche qui l’a inspiré : il s’agissait de conduire une enquête philosophique alliant l’exigence conceptuelle à des études empiriques et aux acquis scientifiques (en écologie, éthologie, biologie, etc.). Ce faisant, il articule des questions qui, trop souvent, s’ignorent : une réflexion sur la nature et une réflexion sur la technique – qui ne soit pas oublieuse de la nature.

Informations et table des matières sur le site de l’éditeur.

Les représentations médiatiques de l’agriculteur et de l’agriculture

Appel à article, revue Etudes Rurales

Ce numéro a pour objet les représentations qui entourent la figure de l’agriculteur depuis l’apparition d’une presse moderne à la fin du XIXe siècle. Ce dossier a pour objectif de répondre à la question suivante : Comment les médias contribuent-ils à un travail d’unification symbolique de cette profession ? Quelle est leur contribution à la construction d’une figure unitaire du monde agricole par-delà ces divisions ? Ce numéro s’articule autour de deux axes. Le premier s’attache à questionner à partir des représentations médiatiques la construction socio-historique du métier d’agriculteur dans sa pluralité et ses différentes temporalités. Le second se focalise sur les usages des médias et sur la question de la construction des groupes.

Les propositions d’articles d’environ une page (3 000 signes environ) sont attendues pour le 16 mai 2015.

Elles comprendront le titre envisagé,  un résumé, les coordonnées et  le rattachement institutionnel du ou des auteurs et seront envoyées simultanément aux  coordinateurs du numéro : Ivan Chupin (chupinivan@yahoo.fr) & Pierre Mayance (mayancep@gmail.com).

Voir le détail de l’appel sur Calenda.

Le végétal donneur d’ambiances : jardiner les abords de l’habitat en ville

Thèse de Magali Paris, Université de Grenoble (urbanisme), 2011, 688 p.

Qu’est-ce qui pousse les citadins à jardiner, dans des contextes souvent peu favorables, les abords de leur logement ? Guidé par cette question, notre travail se focalise sur les pratiques habitantes du jardin privé de type balcon, loggia, terrasse et pied d’immeuble. Parmi les nombreux travaux consacrés à l’étude des modes d’habiter urbains, peu se sont jusque-là spécifiquement intéressés au rôle du « petit » jardin. Comment ce petit jardin – et en particulier son jardinage – permet-il à la fois de se ménager un chez-soi et de cohabiter avec ses voisins ? C’est cette problématique que nous avons explorée en inscrivant notre travail dans le champ des ambiances architecturales et urbaines, c’est-à-dire en faisant de l’environnement sensible une clé de lecture privilégiée des pratiques habitantes jardinières. Notre enquête a porté sur quinze ensembles de logements grenoblois et parisiens situés en milieu urbain dense. Sur une période de quatre ans, elle s’est déployée autour du recueil de la parole habitante, couplée à des observations ethnographiques. Adoptant une approche pluridisciplinaire qui croise les dimensions spatiales, horticoles, sociales et sensibles du jardin, l’analyse s’attache à élaborer une typologie de configurations de jardins à partir de quatre critères : la morphologie (horticole et paysagère) des jardins, leur imaginaire, les perceptions sensibles et les tactiques habitantes dont ils sont le support. Cette typologie propose une rhétorique jardinière explicitant les formes de liens et de ruptures que les habitants créent entre eux et leurs voisins, entre leur logement et leur jardin, entre leur jardin et le voisinage et entre leur jardin et la ville. Elle intéresse directement la programmation et la conception des abords de l’habitat en questionnant les manières de composer le jardin et ses articulations au logement, d’agencer les logements entre eux et de penser le rapport du logement à la ville par le biais du jardin. Deux expériences pédagogiques réalisées à la fin de la recherche rendent compte de ce potentiel. Plus largement, cette recherche ouvre vers l’hypothèse selon laquelle les enjeux de l’habiter urbain se situeraient à la lisière jardinée entre un chez-soi (qu’il soit privé ou public) et la ville.

Thèse intégralement accessible en version PDF (33,69 Mo) sur Tel.

Agricultures urbaines

Revue Pour, 2014/4, n°224, ed. Grep, 442 p.

Après la reconnaissance lente et inachevée des agricultures périurbaines depuis les années 1990, c’est au tour des agricultures urbaines de se trouver sous le feu des projecteurs des chercheurs (géographes, agronomes, architectes paysagistes, économistes, sociologues, etc.) et aujourd’hui des médias, sans oublier les attentes des collectivités locales et les initiatives privées, émanant souvent d’acteurs non issus du monde agricole (entrepreneurs, associations, établissements publics). Le terme « agriculture urbaine » inclut dans ce dossier les pratiques agricoles d’urbains à proximité de la ville ainsi que les exploitations professionnelles et/ou associatives situées aux lisières immédiates du front urbain.

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Dans cette effervescence nouvelle pour ce sujet, pourtant vieux comme la ville, ce dossier tente de clarifier la diversité des situations évoquées, au nord comme au sud, en s’interrogeant sur les fonctions associées, attendues ou constatées dans ces initiatives d’agricultures urbaines. Même si la plupart des expériences s’avèrent multifonctionnelles, se questionner sur la fonction première de ces agricultures permet de mieux comprendre leur diversité d’objectifs, de gestion agronomique et foncière, d’acteurs, de modèle économique et d’appropriation par les riverains ou par d’autres « usagers ». Nous avons ainsi distingué et illustré par des expériences variées les fonctions alimentaires, marchandes, sociales, écologiques, et de structuration urbaine.

Ce tour d’horizon des fonctions des agricultures urbaines, des problèmes posés et des innovations techniques, économiques, politiques et sociales développées doit permettre de mieux traduire les attentes et demandes souvent floues et plurielles exprimées envers une agriculture au secours ou au service d’un projet de vie, de ville, de territoire ou de société.

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Aline Raynal-Rocques, la fine fleur de la botanique

Émission « La marche des sciences », radio France Culture, 16. 04. 2015

Elle n’est pas du genre à occuper le devant de la scène médiatique, mais si vous demander à la communauté scientifique quelle botaniste fait autorité en son domaine, son nom vient aux lèvres comme une évidence…
Depuis sa prime enfance, et la découverte du livre « La Flore » de Bonnier durant la seconde guerre mondiale, Aline Raynal-Rocques a la passion des plantes et elle n’hésita pas à braver les idées reçues de son époque pour assouvir son rêve, devenir chercheur en botanique, un métier alors réservé aux hommes !
Devenue chercheur et professeur au Museum d’Histoire naturelle de Paris, elle parcourut des terres insolites en Afrique et en Amérique tropicale, à la recherche de plantes marginales, à biologie particulière, comme les plantes parasites des cultures vivrières du Sahel ou encore des plantes de marécages méconnues. Spécialiste des plantes à fleurs, les friches sont pour elle des merveilles, consciente que de la diversité végétale dépend le futur de l’homme. Pour cette botaniste reconnue, la dualité « homme-nature » n’est pas une relation d’opposition ou de dépendance, mais une complémentarité nécessaire pour notre avenir.
Emission spéciale « Grand portrait » dédiée à la botaniste Aline Raynal-Rocques, plongée dans son univers public-privé, son parcours, ses découvertes, son regard sur une vie consacrée aux fleurs et à notre relation avec la nature…

A ré-écouter sur le site de la radio.

Le business du jardin

Émission « Service public » de Guillaume Erner, radio France Inter, 24. 04. 2015

Les astuces pour prendre soin de son jardin dans Service Public et le reportage de Thomas Chauvineau qui s’est rendu dans une jardinerie en micro caché. Il a acheté une plante qui ne meurt jamais, pour les moins soigneux avec leur jardin. Verdict ?

A ré-écouter sur le site de la radio.