ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de mars, 2015

Céréales

Colloque, Museum d’Histoire Naturelle, Toulouse (France), 18 au 20 juin 2015

Le jardin botanique Henri Gaussen et le Muséum proposent un colloque sur les céréales. Voir l’affiche sur le lien et le programme sur celui ci.

La médiation ethnobotanique au service de patients en milieu hospitalier

Créer du lien, accompagner autrement les patients, valoriser un patrimoine végétal en lien avec les thématiques thérapeutiques, tels sont les objectifs d’un parcours ethnobotanique original créé dans le cadre d’un partenariat entre l’Hôpital d’Instruction des Armées Robert Picqué de Villenave d’Ornon et l’Inra Bordeaux-Aquitaine.

« Sortir les patients de leur contexte hospitalier et pathologique »

L’HIARP a initié depuis 2004 une série de projets autour des vertus médicinales de l’ethnobotanie,au travers d’expositions et en mobilisant le parc de l’hôpital comme support. Ces différents projets ont mis en lien les patients affectés par diverses pathologies et les thérapeutes ainsi que le personnel de l’Hôpital avec la création d’un parcours de santé et d’informations sous la forme de fiches de botanique simplifiées.D’un parcours pédagogique à un parcours thérapeutique La collaboration des services de l’hôpital avec l’Inra a permis de concrétiser la mise en place de parcours thérapeutiques avec des ambitions pédagogiques autour des plantes médicinales ; différents parcours ont ainsi été imaginés en lien avec les spécialités médicales existantes sur le site.Ces parcours botaniques ouverts à tous les patients se trouvent être particulièrement utiles pour la prise en charge des patients de psychiatrie ou de pneumologie. Ils sont également ouverts à la patientèle de l’hôpital et aux familles dans le but de sensibiliser à la botanique, ainsi qu’au rôle des plantes médicinales.Le parcours physique s’est accompagné de la conception d’outils permettant aux patients résidents de découvrir le parc de l’hôpital par le biais d’outils numériques spécifiques. Ces outils, destinés à un usage sur tablette, valorisent les données ethnobotaniques, présentent les 46 espèces végétales plantées et initient plus largement à la botanique. L’existence de ce parcours génère un premier effet de détente et d’appropriation de l’espace extérieur par les patients. Il suscite également une réelle curiosité pour la botanique, comme il joue un rôle plus social en constituant un outil d’animation collective et de communication entre patients, ainsi qu’entre patients et équipes soignantes.

Ce parcours constitue une démarche pilote au sein du réseau français des neuf Hôpitaux d’instruction des armées et un projet partenarial novateur à l’échelle de l’Inra. La démarche développement durable du centre Inra Bordeaux-Aquitaine

Référence

Jean-Michel Limiñana, (2014) : Création d’un outil pédagogique environnemental au service des patients en milieu hospitalier militaire, Mémoire de Master « Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation », IUFM Agen/ESPE Bordeaux 4, 53p.
[Source: INRA et vidéo sur Youtube.

Forêts de Cochinchine et « bois coloniaux », 1862-1900

Article de Frédéric Thomas paru dans Autrepart, IRD éditions / Armand Colin, 2000, 15, pp.49 à 72

L’histoire des quarante premières années de sylviculture coloniale en Cochinchine permet de corriger les représentations que l’on se donne aujourd’hui de l’état des boisements en Indochine au début de la colonisation. Loin d’être des forêts vierges encore à peine exploitées, les archives coloniales de la fin du 19ème siècle montrent un couvert déjà largement entamé par des exploitations forestières destructrices. Le régime forestier colonial naissant, pragmatique et libérale, a ensuite laissé libre cours à une extraction non contrôlée pour répondre au formidable appel d’air de la demande coloniale. Ce n’est qu’en 1891, quarante ans après le début de la colonisation, que des premières mesures conservationnistes tentent de mettre en place des exploitations méthodiques en périmètres réservés.

Article intégralement accessible en version PDF (320,07 Ko) sur HAL-IRD.

Dites-le avec des fleurs. Objet de la nature, nature des objets

Journal des Anthropologues, n°128-129, 2012

Comment l’anthropologie construit-elle ses objets lorsque ceux-ci, comme la fleur, sont investis de représentations plus qu’ils n’en sont le support ? Lorsqu’ils sont des productions sociales originales dans lesquelles s’enchevêtrent des enjeux autant territoriaux, politiques, identitaires qu’idéologiques ou symboliques ? La fleur, appréhendée ici comme un révélateur d’une diversité d’approches, invite non seulement à une plongée au cœur de problématiques associées à l’environnement, mais surtout elle offre un bouquet de développements anthropologiques contemporains, où se reflète autant la vitalité de la discipline que la fécondité de démarches interdisciplinaires. L’apport décisif de l’anthropologie tient in fine dans sa faculté de re-totaliser son objet dans des univers de sens articulés.

Sommaire

Numéro thématique entièrement accessible gratuitement sur Cairn et sur le site de la revue JDA.

Etudier les forêts métallurgiques : analyses dendro-anthracologiques et approches géohistoriques. L’exemple des forêts du mont Lozère et du Périgord-Limousin

Thèse de Sandrine Paradis-Grenouillet, Géographie, université de Limoges, 2012, 460 p.

Les forêts ont toujours été au cœur d’enjeux sociétaux et parmi eux les activités métallurgiques, grosses consommatrices de bois, ont joué un rôle important dans leur évolution. Considérées généralement comme « prédatrices » des espaces boisés, les activités métallurgiques peuvent aussi être considérées comme « protectrices » des forêts, comme un moyen de valoriser des espaces délaissés. Les relations entre les activités métallurgiques et les forêts sont d’une extrême complexité et intéressent de nombreuses disciplines, chacune utilisant des documents et des méthodes spécifiques. Approches historiques, géographiques, archéologiques ou encore archéobotaniques et paléoenvironnementales permettent d’évoquer la question des « forêts métallurgiques ». Cette thèse aborde la question des « forêts métallurgiques » à travers ces différents champs disciplinaires et thématiques. En combinant approches méthodologiques et théoriques, démarches expérimentales et applications sur des contextes régionaux et historiques privilégiés, de nouvelles approches sont proposées pour parler de la question des « forêts métallurgiques » de manière transversale. Centré sur l’étude des documents historiques des établissements sidérurgiques modernes et contemporains du Périgord-Limousin et sur l’analyse anthracologique des plateformes de charbonnage médiévales du mont Lozère, ce travail est l’occasion de développer de nouvelles démarches. La mise en place de ratios pour évaluer les surfaces de taillis consommés à partir de quantités de métal produites et l’étude des cadastres napoléoniens permettent d’évaluer l’emprise des activités sidérurgiques sur le couvert forestier. D’autre part la démarche expérimentale conduite sur trois charbonnières permet d’affiner et de développer de nouvelles méthodes pour restituer le diamètre des bois afin d’envisager plus sereinement l’étude des sylvofaciès charbonnés et leur mode de gestion imposé pour produire le charbon de bois nécessaire au fonctionnement des ateliers de réduction. Cette thèse, propose aujourd’hui une nouvelle façon de penser l’étude des « forêts métallurgiques ».

Thèse intégralement accessible en version PDF (76,96 Mo) sur Tel.

Il y a nature et nature, ville et ville : de l’horizon naturel de la villa au jardin de la maison

Communication de Daniel Pinson, Deuxièmes rencontres internationales de recherche en urbanisme de Grenoble : La ville-nature contemporaine : quelle réalité, quel projet ?, Fev. 2004, Grenoble, France

L’association ville-nature suggère de multiples interprétations. L’homme a pu entretenir l’illusion de se détacher, de se désolidariser de la nature au cours des temps modernes. Cette dissociation est une chimère, mais elle est en même temps une attitude par laquelle l’homme des sociétés modernes a prétendu se soumettre la nature, faire comme si elle était un corps étranger à lui-même, en exploiter les richesses hors de toute retenue, précisément en « exploitant » la nature, comme il semble si « naturel » de dire qu’on exploite une carrière ou une forêt. Cette exploitation se retourne aujourd’hui contre lui. Le développement soutenable est dès lors un appel à nous réassocier la nature pour la « ménager ». La présente contribution est largement consacrée à des travaux sur le rapport des péri-urbains aux « campagnes urbaines ».

Communication intégralement accessible en version PDF (1,2 Mo) sur HAL-SHS.

Le peuple de la forêt. Nomadisme ouvrier et identités dans la France du Centre-Ouest aux Temps modernes

Ouvrage de Sébastien Jahan et Emmanuel Dion, Presses universitaires de Rennes, 2003, 280 p.

L’historien de l’Ancien Régime est comparable aux pionniers de la photographie : il peine à saisir le mouvement. Les sources dont il dispose sous forme de séries les plus complètes (aveux et dénombrements, minutes notariales) privilégient les tenanciers, les propriétaires, les sédentaires. Si les flux et reflux des migrations saisonnières – les « remues d’hommes » – ont pu progressivement être reconstituées, il reste aujourd’hui très difficile de percevoir les circulations volatiles, diffuses et non répétées, pourtant tout aussi fréquentes. Le « peuple de la forêt », celui des bûcherons, charbonniers ou fendeurs, travaillant au gré des chantiers d’abattage, appartient à ces populations nomades qui sillonnent les routes de France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ils ne sont connus que par le prisme de l’histoire de la sylviculture, celle du droit forestier aussi, et de ces conflits, avec le pouvoir ou avec le monde paysan, qui établissent leur réputation de turbulence. Même les ouvrages plus spécifiquement consacrés au travail des taillis et des futaies laissent d’eux une vision partielle et inachevée : les cognées résonnent, les arbres tombes, les meules cuisent sans que les hôtes des bois soient l’objet d’un portrait social étoffé. Les techniques sont décrites, guère le manoeuvre… Ce livre a pour ambition de chercher à combler cette lacune historiographique en partant de l’exemple des forestiers qui ont traversé le Poitou et le Berry. Grâce à la minutieuse reconstitution des trajets individuels et familiaux, fondée sur les registres paroissiaux d’une quinzaine de départements du Centre Ouest français, un milieu professionnel sort des ombrages avec ses solidarités, son mode de vie, son insertion dans la société du finage qui ne sont pas toujours conformes à l’image convenue des rapports d’administrateurs. Une France des routes et des marges, nomade et oubliée, apparaît ici. Sa confrontation avec l’autre France, celle plus stable et bien connue des bourgs et des terroirs, nous offre l’occasion supplémentaire d’un regard, d’ensemble mais « périphérique », sur les mécanismes et les fondements de la société d’Ancien Régime.

Possibilité de lire des extraits du livre sur le site OpenEdition Books.

la société du finage qui ne sont pas toujours conformes à l’image convenue des rapports d’administrateurs. Une France des routes et des marges, nomade et oubliée, apparaît ici. Sa confrontation avec l’autre France, celle plus stable et bien connue des bourgs et des terroirs, nous offre l’occasion supplémentaire d’un regard, d’ensemble mais « périphérique », sur les mécanismes et les fondements de la société d’Ancien Régime.