ETHNOBOTANIQUE

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La représentation du jardin dans l’œuvre de Gustave Caillebotte : une peinture documentaire, entre illustration et art

Mémoire de Master 1 de Fabienne Boursier, Université Panthéon-Sorbonne – UFR Histoire de l’art et archéologie, E. Pernoud (Dir.), 2014, 101 p.

Le peintre Gustave Caillebotte (1848-1894), longtemps considéré comme simple mécène, est aujourd’hui reconnu comme peintre grâce, notamment, au premier catalogue raisonné de Marie Berhaut paru en 1978. Ce catalogue, réédité en 1994, a été un outil essentiel à notre étude qui s’attache à renforcer cette reconnaissance au travers des œuvres au jardin. Passionné d’horticulture, Caillebotte a peint tout au long de sa vie des jardins, part non négligeable de son œuvre, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Ce sont principalement des jardins privés, celui d’Yerres, propriété de campagne de son enfance entre 1860 et 1879 et celui de la maturité au Petit Gennevilliers. Ce dernier fut conçu par le peintre lui-même dans la propriété où il vécut de 1887 à sa mort. Le jardin, alors lieu emblématique de la modernité, au même titre que la ville, les transports ou les loisirs, offre aux impressionnistes le plein air dans un lieu d’intimité, l’occasion de peindre l’instant présent et les variations de la lumière. Ici, la singularité et les spécificités de l’œuvre de Caillebotte sont pointées au regard de l’œuvre de Claude Monet (1840-1926) avec qui il partagea sa passion pour l’horticulture. Plus réaliste que ce dernier, Caillebotte, sensible à la technique, peint avec précision, ce qui nous amène à qualifier sa peinture de « documentaire ». La comparaison avec des illustrations de publications de l’époque renforce ce constat. L’analyse du jardin permet de nombreuses interprétations et d’aborder la serre, le travail et le loisir, la femme et l’homme au jardin, l’arbre et le paysage, ainsi que la temporalité et la spatialité dans la peinture. La contextualisation et l’étude documentée de l’horticulture et du jardinage y sont essentielles. Enfin, l’analyse approfondie de certains tableaux met en lumière l’évolution de l’œuvre, depuis les grands formats naturalistes du parc d’Yerres aux panneaux décoratifs destinés à la salle à manger du Petit Gennevilliers.

Thèse et annexes intégralement accessibles en version PDF sur Dumas.

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