ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour décembre, 2014

Savoir-faire de la culture du mastiha à l’île de Chios

Le Comité de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a décidé, en novembre 2014, à l’unanimité d’inscrire sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel « Le savoir-faire de la culture du mastiha à l’île de Chios ».  Le Comité a décidé que la culture traditionnelle et la production du mastiha sont une tradition particulière de Chios, elles constituent un exemple exceptionnel de croissance viable qui perdure au fil des années, et elles ont la capacité de s’adapter aux changements et évolutions.  Il est à noter que la Grèce est membre du Comité pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel depuis 2006, elle a été élue au Comité intergouvernemental et à l’Organe Consultatif du Comité.  

Matsiha, Stratis Voyatzis

Le mastiha, résine aromatique extraite de l’arbuste pistacia lentiscus, est cultivé sur l’île de Chios. La culture traditionnelle du mastiha est une occupation familiale : les hommes s’occupent de la fertilisation naturelle et de l’élagage des branches en hiver, et les femmes préparent le sol autour du tronc en été, avant de recueillir les larmes de mastiha. La culture du mastiha représente un fait social global, autour duquel se sont tissés des réseaux d’entraide et d’alliance.  

Voir la page du site de l’Unesco ainsi qu’un film, ou encore la page du site de l’Ambassade de Grèce qui lui est consacrée.

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Enquête ethnobotanique sur les plantes utilisées dans le traitement traditionnel des contusions musculaires au Togo

Article de B. Hele, K. Metowogo, AP. Mouzou, R. Tossou, J. Ahounou, K. Eklu-Gadegbeku, P. Dansou, AK. Aklikokou paru dans la Revue Ivoirienne des Sciences Technologiques, n°24 (2014), pp. 112 – 130.

La traumatologie musculaire est principalement d’origine sportive et représente 10 à 55 % de l’ensemble des blessures sportives. Les connaissances sur le traitement sont encore limitées. Ce travail a été entrepris dans le but d’identifier les plantes les plus couramment utilisées dans le traitement traditionnel des affections liées à l’appareil musculaire. L’enquête ethnobotanique est menée auprès des tradipraticiens et des herboristes de marchés. Chez les tradipraticiens, la méthode utilisée est celle de l’interview semi structurée. Les herboristes sont visités dans les marchés. Le protocole pour la collecte des échantillons est basé sur l’achat de recettes de plantes utilisées dans le traitement des contusions musculaires. Après l’achat, des informations sur les modes et milieux de préparation, la voie d’administration, la posologie et la durée du traitement sont demandées et notées pour chaque recette. Quarante un tradipraticiens et soixante herboristes ont été visités. Cent douze recettes ont été obtenues dont quarante-six soit 41,07% des recettes chez les tradipraticiens et soixante-six soit 58,93% des recettes chez les herboristes. Soixante-dix-neuf espèces ont été ainsi répertoriées. Deux de ces plantes présentent un fort taux d’utilisation : Thonningia sanguinea Vahl. (11,88 %) et Paullinia pinnata L. (10,89%).
L’enquête ethnobotanique a permis d’interroger 101 personnes et de recenser 79 espèces végétales réparties en 76 genres et 49 familles. Les racines sont les organes les plus utilisés. L’écrasement des organes prélevés est le mode de préparation dominant et l’administration se fait majoritairement par voie topique.

Article intégralement accessible sur le site de la revue et sur Google Scholar.

Londres veut construire un « pont-jardin » au-dessus de la Tamise

Article de Eric Albert paru dans Le Monde, 22.12.2014

« L’idée d’un pont-jardin au-dessus de la Tamise a fait un grand pas en avant, vendredi 19 décembre. La mairie de Londres a attribué le permis de construire final à ce projet de pont piétonnier, d’une surface équivalente à un terrain de football, couvert de 270 arbres, de fleurs et de verdure. Il se situera en plein cœur de la capitale britannique, reliant South Bank (près de la gare de Waterloo) à Temple (près du quartier des théâtres du West End). Il doit ouvrir en 2018. C’est, en principe, la naissance d’une « oasis de tranquillité » au cœur de Londres, pour reprendre la description qu’en fait Boris Johnson, le maire de la ville et fervent partisan du « garden bridge ». En principe seulement, car le financement n’est pas encore bouclé. Le budget de 175 millions de livres (225 millions d’euros) est pour l’instant assuré aux deux tiers : environ un tiers vient des pouvoirs publics et un autre tiers de financements privés. Reste un troisième tiers à trouver, qui devra venir de donations de particuliers ou de sponsors.

Garden BridgeCritiques

Le chemin a été long depuis 1998, quand l’actrice Joanna Lumley avait rêvé ce jardin suspendu, en hommage à la princesse Diana. Pendant une quinzaine d’années, l’idée a végété, d’autant que l’ancien maire de Londres Ken Livingstone n’y était pas favorable… » [suite de l’article protégée]

Voir également l’article paru dans Metro.

La représentation du jardin dans l’œuvre de Gustave Caillebotte : une peinture documentaire, entre illustration et art

Mémoire de Master 1 de Fabienne Boursier, Université Panthéon-Sorbonne – UFR Histoire de l’art et archéologie, E. Pernoud (Dir.), 2014, 101 p.

Le peintre Gustave Caillebotte (1848-1894), longtemps considéré comme simple mécène, est aujourd’hui reconnu comme peintre grâce, notamment, au premier catalogue raisonné de Marie Berhaut paru en 1978. Ce catalogue, réédité en 1994, a été un outil essentiel à notre étude qui s’attache à renforcer cette reconnaissance au travers des œuvres au jardin. Passionné d’horticulture, Caillebotte a peint tout au long de sa vie des jardins, part non négligeable de son œuvre, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Ce sont principalement des jardins privés, celui d’Yerres, propriété de campagne de son enfance entre 1860 et 1879 et celui de la maturité au Petit Gennevilliers. Ce dernier fut conçu par le peintre lui-même dans la propriété où il vécut de 1887 à sa mort. Le jardin, alors lieu emblématique de la modernité, au même titre que la ville, les transports ou les loisirs, offre aux impressionnistes le plein air dans un lieu d’intimité, l’occasion de peindre l’instant présent et les variations de la lumière. Ici, la singularité et les spécificités de l’œuvre de Caillebotte sont pointées au regard de l’œuvre de Claude Monet (1840-1926) avec qui il partagea sa passion pour l’horticulture. Plus réaliste que ce dernier, Caillebotte, sensible à la technique, peint avec précision, ce qui nous amène à qualifier sa peinture de « documentaire ». La comparaison avec des illustrations de publications de l’époque renforce ce constat. L’analyse du jardin permet de nombreuses interprétations et d’aborder la serre, le travail et le loisir, la femme et l’homme au jardin, l’arbre et le paysage, ainsi que la temporalité et la spatialité dans la peinture. La contextualisation et l’étude documentée de l’horticulture et du jardinage y sont essentielles. Enfin, l’analyse approfondie de certains tableaux met en lumière l’évolution de l’œuvre, depuis les grands formats naturalistes du parc d’Yerres aux panneaux décoratifs destinés à la salle à manger du Petit Gennevilliers.

Thèse et annexes intégralement accessibles en version PDF sur Dumas.

« Eloge des arborinidés » de Julien Nouveau

Émission de radio Les Bonnes Feuilles, France Culture, 19.12.2014

Chaque jour,  un auteur lit les premières pages de son dernier livre.

« C’est au cours d’un voyage que ma sensibilité aux végétaux s’est éveillée. Une parcelle intime s’anima en moi, la fascination me saisit et me tint coi, me dévoilant le foyer d’un attachement, d’ordinaire amuï par la rigueur de l’habitude, se révéla dans la découverte d’arbres inconnus. Ils s’imposèrent à moi, semblant taire une lointaine filiation qui me liait à eux pour mieux la laisser battre dans la force de leur présence. »

eloge-des-arborinidés

Julien Nouveau, « Eloge des arborinidés » (ed. Intervalles, 2014)

Conservation de la nature : quel rôle pour les sciences sociales ?

Revue d’ethnoécologie, n°6, 2014, sous la direction de Marie Roué et Serge Bahuchet

Initié par un atelier international réuni en 2007, ce numéro réunit des études de cas, des analyses et des réflexions sur les problèmes sociologiques ou anthropologiques que posent les politiques de conservation de la biodiversité, tout en proposant des lignes de collaboration entre biologie de la conservation, ethnoécologie et anthropologie de la conservation. Les contributions abordent des terrains d’Europe, d’Afrique, d’Asie du sud-est et d’Amérique du sud. Nous poursuivrons cette réflexion par des dossiers dans les numéros suivants de la Revue d’ethnoécologie.

– Conservation de la nature : quel rôle pour les sciences sociales ? Vers une anthropologie de la conservation (Richard Dumez, Marie Roué et Serge Bahuchet)

-De l’« efficacité » symbolique des interdits à leur fonctionnalité écologique. Variations sur le « tabou » en milieux maritimes (Hélène Artaud)

– Reconciliation ecology, from biological to social challenges. L’écologie de la réconciliation, du défi biologique au défi social (Denis Couvet et Frédéric Ducarme)

– Protéger les humains et les non-humains. L’exemple des Bunaq de Lamaknen (Claudine Friedberg)

– « Used » Landscape’s Cultural Heritage Contra « Virgin » National Nature (Kenneth R. Olwig)

– La difficile « naturalisation » du causse Méjean. Logiques de participation et dynamiques d’appropriation des enjeux de gestion de la biodiversité dans le Parc national des Cévennes (Julien Blanc)

– Local perceptions of forest, conservation and logging in Papua New Guinea (Paul Sillitoe)

– The role of ethnoscience in the build-up of ethnoconservation as a new approach to nature conservation in the tropics. The case of Brazil (Antonio Carlos Diegues)

– La gestion participative des forêts en Afrique centrale. Logique développementiste, gouvernance antiparticipative et stratégies d’acteurs (Daou Véronique Joiris, Patrice Bigombe Logo et Séverin Cécile Abega)

Articles intégralement accessibles en ligne sur le site de la revue.

Les représentations de la nature, études de Vincent Battesti

« Dessinez-moi la nature »: numérisation de dessins d’enfants issus d’un travail ethnographique sur la représentation de l’environnement à Siwa, oasis égyptienne du désert libyque, par Vincent Battesti. Ateliers réalisés avec les enfants berbérophones de l’oasis de Siwa (Égypte), garçons et fillettes de 8 à 12 ans, réalisés le 21 février 2006 près de l’école du village d’Aghurmi (proche de Siwa) et le 22 février 2006 près du souk Siwa même. Une seule demande leur a été faite (en leur fournissant le matériel de dessin) : dessinez la nature. Objectif : voir ce que représente la nature pour eux et ce qu’ils en représentent

Maryam Abd el-Qader Sheyta Ahmed

Dessins accessibles en libre accès sur MediHal.

Voir également sa collection de posters de natures idéales et paysages imaginaires.

Salon de Muhammed Khaled et son poster mural