ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour novembre, 2014

Les fleurs et nous

Émission de radio « La tête au carré » de Mathieu Vidard, France Inter, le 24.11. 2014

Les fleurs nous accompagnent dans toutes les étapes de notre vie aussi bien dans les moments heureux que malheureux, dans notre intimité comme dans notre vie sociale. Elles sont tellement omniprésentes que l’on a oublié qu’elles avaient aussi une histoire.

Depuis quand date notre passion pour les fleurs ? Que nous racontent les fleurs dans l’art ?

Cet amour des fleurs n’est cependant pas sans conséquences et l’on peut s’interroger sur son coût écologique, sur les causes de la disparition de certaines fleurs et sur la naturalité de nos jardins. Y aura-t-il encore des fleurs demain ?

Avec Valérie Chansigaud et Catherine Lenne.

A (re) écouter sur la page de l’émission.

Et si on essayait l’agriculture sur toit ?

Reportage interactif d’Antonin Sabot, Le Monde, 11. 2014

« On se croirait presque dans un jardin comme un autre. Peut-être pas dans un champ à la campagne, mais dans un de ces jardins ouvriers qu’on trouve encore dans les anciennes villes minières ou industrielles. Il y a de la verdure partout. Des plantes aromatiques, des salades, quelques pois dans un coin. La végétation est dense, mais on est en plein Paris. Ce petit potager pousse sur le toit du collège Henri-Matisse, dans le XXe arrondissement, où l’association Veni Verdi a décidé de mener son premier projet d’agriculture sur toit, une des dernières déclinaisons des expériences d’agriculture urbaine qui se multiplient dernièrement.

Début avril, une douzaine de bénévoles s’y sont mis. Il fallait monter sur le toit du collège les quelque 600 litres de terre pour remplir 120 sacs à plantes dans lesquels devaient ensuite pousser les salades. Les jours suivants, Nadine Lahoud, fondatrice de l’association, et Paco Friez, en charge de ce jardin, sont revenus pour mélanger terre et terreau et remplir les sacs.

C’est la première contrainte de qui souhaite monter un potager sur le toit : y amener son propre sol. Veni Verdi a choisi d’acheter de la terre et du terreau, d’autres essaient des solutions à base de marc de café et de copeaux de bois. Certains encore préféreront l’aquaponie (une technique hors-sol), souvent en fonction des contraintes relatives à leur toit.

« Pour le moment, il n’y a pas de normes spécifiques » concernant l’installation d’un toit transformé en potager, explique Nicolas Bel, une des références françaises en matière d’agriculture sur toit et fondateur de l’entreprise Topager. L’ingénieur explique s’appuyer sur les normes des toits végétalisés classiques, prenant en compte principalement les contraintes en termes de portance et d’étanchéité. Pour un toit où l’on pose des sacs de culture, il n’y a pour le moment aucune contrainte particulière… »

Regarder l’intégralité du reportage sur le site du Monde.

Offre de stage de Master 2 : Apercu du paysage végétal du territoire marseillais de la fin du XIXème siècle au début du XXème siècle

Offre de stage pour Janvier/Juillet 2015

Objectifs du stage

Le stage s’inscrit dans un projet de recherche intitulé « Natures en ville et mémoires végétales », et est financé par la fédération de recherche ECCOREV Ecosystèmes continentaux et risques environnementaux. Le projet de recherche, porté par Carole Barthélémy, maître de conférence en sociologie de l’environnement au sein de l’UMR 151 AMU/IRD LPED, se propose d’élaborer une méthodologie interdisciplinaire visant à documenter les changements écologiques et paysagers d’un site urbain à partir de « restes matériels » relevant d’herbiers et de documents retraçant la mémoire des deux ou trois siècles  derniers  en  matière de distribution  des  espèces  végétales,  d’organisation  spatiale  du  territoire  et  des paysages. Cette méthode sera élaborée à partir d’un ou deux sites de la ville de Marseille, dans un objectif de reproductibilité.

L’objectif de ce stage est donc de produire, à partir de l’analyse des publications des sorties botaniques des sociétés savantes, un aperçu du paysage végétal du territoire marseillais entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle: Qui étaient les botanistes qui parcouraient le territoire marseillais ? Sur quels lieux, quartiers de la ville et sa périphérie les botanistes réalisaient leurs sorties d’herborisation ? Quelles étaient les espèces végétales rencontrées au cours de ces sorties? Que nous apprennent ces espèces sur le paysage végétal de l’époque ?

Méthodologies et Résultats attendus

  • Lecture des bulletins et revues des sociétés savantes marseillaises : analyse des comptes rendus des sorties d’herborisation sur le territoire marseillais.
  • Elaboration d’une cartographie des lieux d’herborisation.
  • Constitution d’une base de données des cortèges floristiques rencontrés.
  • Analyse des résultats : aperçu botanique du paysage végétal.

Pré-requis

Etudiants en M2 recherche ou professionnel liés aux domaines suivants : Histoire, Archivage, Documentation, Ethnobotanique, Ecologie.

Un intérêt pour le végétal  est fortement souhaité.

Qualités requises : autonomie et rigueur notamment sur la recherche et l’analyse documentaire, expérience dans l’analyse des documents historiques.

Encadrement du stage

Responsables : Chiara Santini, Ingénieur de Recherche et Docteur en histoire et civilisations
Archiviste et paléographe, Audrey Marco, maître de conférences en écologie végétale

Renseignements pratiques

Lieu du stage : Ecole Nationale Supérieure de Paysage – Marseille

Durée : 6 mois / Poste informatique non fourni

Stage financé selon les conventions collectives

Envoyez un CV et une lettre de motivation avant le 30 novembre 2014 à :

a.marco@ecole-paysage.fr ; c.santini@ecole-paysage.fr  / 04 91 91 81 82

Cultiver une terre nourrie par la pourriture des corps et celui de l’azote des explosifs

Reportage de Denis Cheissoux, émission « CO2 mon amour », radio France Inter, 09.11. 2014

Denis Cheissoux est allé à la rencontre de Noël Genteur, agriculteur bio installé à Craonne, sur le chemin des Dames. Comment vit-il cette terre, qui a été une terre de douleur ? Les coquelicots et les bleuets y poussent bien à cause d’un engrais particulier : la terre y est certes retournée, mais elle est surtout nourrie par la pourriture des corps et celui de l’azote des explosifs et du salpêtre. Noël Genteur travaille et vit dans le vallon de Bonneval, sur le chemin des Dames qui sépare la vallée de l’Aisne de celle de l’Ailette. Ici, ce sont les filles de Louis XV qui étaient les Dames qui empruntaient ce chemin pour se rendre au château de la Bove. Mais l’histoire a retenu l’existence de ce chemin des Dames pour le massacre des troupes françaises durant la Première Guerre mondiale. En avril 1917, il y a eu 96 000 Français qui ont été massacré en l’espace de 10 jours. Comment vivre aujourd’hui, cultiver avec cette histoire ?

Il faudra quatre à cinq générations pour revenir à un aspect visuel et agronomique à peu près normal. Le sol a été complètement perturbé. Au 19e siècle, sur cette terre il y avait des maraîchers et des vignerons. Les obus ont perturbé les horizons agricoles. Ils ont remélangé la roche mère en dessous avec les surfaces. C’est devenu une terre pleine de cailloux… Et c’est cela, au-delà même de toutes les traces physiques que la guerre a laissé – morceaux d’obus et autres cartouches que la terre ne veut pas digérer – qui pertube les agriculteurs aujourd’hui. « Il y a un endroit où on ne peut pas arracher les pommes de terres avec les machines tellement il y a de pierres » explique Noël Genteur. « C’est une conséquence de la guerre qui va durer encore des siècles parce qu’il n’y a plus personnes pour ramasser les pierres. »Cette histoire de la terre est aussi ce qui a amené Noël Genteur à l’agriculture bio : « Pour faire du bio maintenant, il faut avoir une certaine dose d’inconscience, ou un excès de passion pour la terre – et en même temps un certain désintérêt pour l’argent. » Il cite aussi son grand-père :  » « Celui qui plante une épine, il ne peut pas récolter de pommes ». À 80 ans, un paysan plante encore des arbres pour les générations à suivre. C’est ça, la vraie paysannerie. Eux, on leur a tout détruit. Et ils ont gardé cet espoir-là, cette force de la vie. C’est le contraire de leur société maintenant. Maintenant on veut avoir du profit avant d’avoir travaillé. »

Denis Richard, pharmacien au CHU de Poitiers, a écrit « Plantes de poilus » (éditions Plume de carottes, 2014). Il explique pourquoi on appelait le coquelicot « la fleur des batailles », et évoque quelques plantes de batailles moins connues comme le bleuet, le myosotis, le coquelicot violet…

A écouter ici.

Étude floristique et ethnobotanique des plantes médicinales utilisées au niveau de la préfecture d’Agadir-Ida-Outanane (Maroc)

Article de M. El Hafian, N. Benlandini, H. Elyacoubi, L. Zidane, A. Rochdi paru dans Journal of Applied Biosciences, vol. 81, 2014

Cette étude ethnobotanique a été menée dans la préfecture d’Agadir Ida-Outanane afin de recueillir des informations sur les usages thérapeutiques des plantes médicinales pratiquées dans cette région. A l’aide de 270 fiches questionnaires, une série d’enquêtes ethnobotaniques a été réalisée durant les années 2012 et 2013, et a été menée en collaboration avec la population locale. L’étude a été complétée par l’identification au laboratoire des échantillons de l’herbier collecté. Le dépouillement des résultats a permis d’inventorier 98 espèces appartenant à 93 genres et 46 familles dont les plus importantes par leur nombre d’espèces sont : les Lamiaceae, les Fabaceae, les Apiaceae, les Poaceae et les Asteraceae. Le thym (Thymus satureioides) est l’espèce la plus utilisée par la population locale. Les résultats obtenus dans cette étude ont aussi montré que le feuillage constitue la partie la plus utilisée suivi par les graines. Les recettes sont essentiellement préparées par décoction ou en poudre. En outre, parmi l’ensemble des maladies traitées, les affections digestives sont les plus fréquentes. Les enquêtes effectuées ont permis d’inventorier les espèces médicinales et de collecter un maximum d’informations concernant les usages thérapeutiques traditionnelles locales. Par ailleurs, ces résultats peuvent être considérés comme une source d’information pour les recherches scientifiques dans le domaine de la phytochimie, et de la pharmacologie.

Article intégralement accessible en version PDF (720 Ko) sur le site d’Ajol.

Le centenaire de la Première Guerre mondiale à Londres

Billet de Fatima El Ouasdi paru sur le blog London Blogging, 10. 11. 2014

“We are proudly supporting Poppy day with Transport for London. As we mark the century of the First World War, please support the Royal British Legion who continues to help all those who have given up so much for us.” résonne entre deux stations de métro. Le Poppy appeal est porté par les voix de personnes célèbres à Londres tels que le coach français Arsène Wenger, le comédien Stephen Fry ou le footballeur anglais John Terry. Littéralement « l’appel du coquelicot », le Poppy appeal est une campagne de dons organisée chaque année par la Royal British Legion, en souvenir des combattants et pour venir en aide aux vétérans et mutilés de guerre.

J’ai entendu parler du Poppy appeal pour la première fois pendant un cours d’anglais au collège. L’enseignante arborait un coquelicot sur sa veste et nous a demandé ce qu’il signifiait. Personne n’a su répondre: le coquelicot est devenu un symbole que l’on porte en soutien et mémoire de tous les soldats tombés pour le Royaume-Uni pendant la Première Guerre mondiale, à l’image du bleuet en France. Des femmes et des hommes, devant les stations de métro, dans les grandes rue piétonnes, nous sollicitent pour troquer un coquelicot contre une donation… »

Lire la suite du billet sur le blog.

 

Comment structurer un nouveau rapport à la nature ?

Emission de radio « La Grande Table », France Culture, le 10. 11. 2014

Caroline Broué et Antoine Mercier reçoivent l’anthropologue Philippe Descola pour son livre d’entretiens, qui vient de paraître chez Flammarion, « La Composition des Mondes ». 

A (ré-)écouter sur le site de la radio.