ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Botanique à la Renaissance. Leonhart Fuchs, ou le plus ancien livre conservé à la bibliothèque de sciences Saint-Charles

Billet de Sophie Astier paru dans le Carnet Tresoramu, 10.10.2014

« Leonhart Fuchs, De Historia stirpium commentarii insignes, Bâle, Michael Isengrin, 1542.

N° d’inventaire BU : 14 / langue : Latin

Il s’agit du plus ancien document conservé par la bibliothèque universitaire Saint-Charles [Marseille, France]. Cet ouvrage de botanique est une somme qui décrit 400 plantes européennes et 100 plantes exotiques. Il comprend 511 xylographies.

Ces dernières sont remarquables, et témoignent des progrès techniques de la gravure sur bois dans le deuxième tiers du XVIe siècle. L’exemplaire conservé à la bibliothèque Saint-Charles est en noir et blanc, tel qu’il est sorti de la presse en 1542 ; cependant, il existe aussi plusieurs exemplaires en couleurs. Les techniques de l’époque ne permettaient pas l’impression des illustrations en couleurs : tout au plus pouvait-il y avoir deux passages des feuilles sous la presse typographique, une fois pour l’encre noire, une fois pour l’encre rouge, le tout demandant des opérations de calage assez complexes. Cependant, les gravures de l’ouvrage de Fuchs ont été réalisées en prévoyant qu’elles seraient par la suite enrichies de couleurs, ce qui a été fait sur un certain nombre d’exemplaires, parfois dans l’atelier même. C’est ainsi que la bibliothèque de Glasgow conserve un exemplaire dont les planches ont été coloriées à l’aquarelle (l’exemplaire a été numérisé et peut être consulté à cette adresse.

Ces illustrations présentent un grand intérêt pour leur réalisme, les apports nouveaux qu’elles fournissent dans la connaissance et la façon dont elles sont utilisées comme vecteur d’information. En effet, le livre savant de la fin du Moyen-Age et de l’aube de la Renaissance ne contient généralement que du texte, disposé parfois de manière très dense. L’image est vue comme un outil de vulgarisation, pour l’instruction de ceux qui ne savent pas lire. Sa fonction relève de l’évocation, et non de la représentation ; elle n’est pas là pour transmettre de façon pédagogique un savoir reposant sur des faits concrets. C’est ainsi qu’on utilise des bois stylisés, passe-partout, souvent répétés, et qui ne permettent pas forcément d’identifier l’objet décrit avec précision. Parfois, ces images n’ont qu’un rapport vague avec le texte qu’elles accompagnent… »

Lire la suite sur le site du Carnet.

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