ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour juillet, 2014

Retour dans le marais de Saint Omer : La complainte du chou fleur

Emission « L’heure du documentaire », radio France Culture, documentaire de Claire Pouly et Yvon Croizier (rediffusion de Sur les Docks du 29 décembre 2010), 5 août 2014

En 1970, l’ethnologue-cinéaste Colette Piault signait un film, intitulé « Le Brouck », sur le travail des maraîchers dans le marais audomarois de Saint Omer (Pas-de-Calais). En 2009-2010, elle décide d’y retourner pour voir ce que sont devenus les anciens « jeunes maraîchers », et tourne un nouveau film sur la situation économique et écologique de ce marais aujourd’hui. L’occasion pour nous de réfléchir sur ce qu’on pourrait appeler le  « cinéma d’observation » ou le « cinéma du réel » : comment le travail de cette ethnologue est-il perçu dans le marais et quel effet a-t-il eu sur la vie des gens ?

A (re) écouter sur la page de l’émission.

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10es Rencontres d’archéobotanique

Rencontres organisées par l’INRAP, auditorium du Musée de Préhistoire, aux Eyzies-de-Tayac (Dordogne), 24 au 27 septembre 2014

Comme chaque année, ces rencontres sont l’occasion pour tous les carpologues de se réunir. Elles permettront d’aborder des problématiques méthodologiques, d’engager des réflexions et des débats sur l’actualité, de présenter les travaux universitaires récents et de développer des axes de recherches.
EXPLE AFFICHE

Les thématiques proposées cette année sont les suivantes :

  1. Les assemblages carpologiques, reflets des activités humaines à l’échelle du site
  2. Boissons et autres produits élaborés à partir de plantes
  3. Plantes et insectes
  4. Actualité de la recherche

Une session poster complète ce quatrième thème.

Inscription des auditeurs avant le 15/09/2014.

Y a-t-il une place pour la phytothérapie dans la prévention des maladies cardiovasculaires ?

Thèse d’exercice de pharmacie de Olivier Berthet,09/07/2014, Christine Demeilliers (Dir.), 148 p.

Depuis quelques années, les patients recherchent des approches complémentaires telles que l’utilisation de substances naturelles, y compris dans le cas de pathologies métaboliques ou cardiovasculaires. Face à cet engouement pour le « naturel » à l’officine, le pharmacien est de plus en plus sollicité pour ses conseils et doit être à même de disposer d’un maximum d’arguments pour répondre au plus près des besoins des patients. Il doit notamment veiller à la pertinence scientifique de ses conseils, et bien évidemment à la qualité et à la sécurité des produits qu’il référence. Il est difficile pour la phytothérapie traditionnelle basée sur l’empirisme de trouver sa place dans la pratique clinique. On peut néanmoins se réjouir de voir de plus en plus de publications rigoureuses évaluant les plantes médicinales. Cette phytothérapie, appuyée par des études cliniques, basée sur les évidences (en référence à l’evidence-based medicine ou « médecine factuelle ») a, quant à elle, le potentiel de trouver sa place dans la pratique clinique s’il est démontré que la plante a une indication fondée. L’ail (Allium sativum L.), les feuilles d’olivier (Olea europaea L.), l’aubépine (Crataegus oxyacantha L.), l’ispaghul (Plantago Ovata Forsk.) ou encore l’artichaut (Cynara scolymus L.) et le fenugrec (Trigonella foenum-graecum L.), entre autres, seront abordés dans ce travail.

Thèse intégralement accessible en version PDF (3,8 Mb) sur Dumas.

Des forêts sans partage- Dynamique de l’espace et utilisation des ressources dans un district de montagne au nord Viêt Nam

Thèse de Marie Mellac, Université Michel de Montaigne – Bordeaux III (Géographie), 06/12/2000, Georges Rossi (Dir.), 607 p.

Depuis la période collectiviste, l’Etat vietnamien intervient de plus en plus directement dans la gestion des terres « forestières « . Sans connaissance préalable des pratiques locales de gestion et de leur impact sur la forêt, sa vision de la déforestation repose sur une relation linéaire entre accroissement démographique et augmentation des superficies de culture sur brûlis. Le travail réalisé dans le district de Chî §ån a pour but d’apporter une lecture différente de l’évolution et des facteurs de transformation du couvert végétal. Dans la première étape de ce travail qui est qualifiée d’exogène, les activités humaines et leurs empreintes sont abordées sans que la « parole » ne soit donnée aux hommes. Les données statistiques communales ne permettent pas de faire ressortir les facteurs de transformation et d’organisation du couvert végétal mais une analyse spatiale plus fine révèle le lien qui existe sans se manifester quantitativement, entre la population, ses activités et la répartition de la végétation. Cette analyse met en évidence les principes d’organisation du couvert mais n’est pas suffisante, elle non plus, pour comprendre sa dynamique d’évolution. La seconde étape correspond à une approche endogène et s’intéresse, par le biais d’enquêtes rétrospectives, à la signification sociale de l’organisation du couvert. Elle montre une forte continuité, depuis la période coloniale, des logiques locales de mise en valeur. L’Etat, par ses interventions, ne remet pas en cause ces logiques mais joue un rôle important sur la dynamique d’évolution de la mise en valeur. Son action est à l’origine de discontinuités temporelles dans l’évolution de la mise en valeur et le couvert végétal qui est rapidement transformé par les activités humaines, reflète ces discontinuités. Celles-ci sont au cœur du problème forestier aujourd’hui. 

Thèse intégralement accessible en version PDF (35,2 Mb) sur TEL.

Les amoureux massacrés : Attis, le pin émasculé

Emission « Nous serons comme des Dieux » de Catherine Clément, France Culture, 14 juillet 2014

Son grand-père était Zeus, Jupiter à Rome. Sa grand-mère, une roche qu’on appelait Cybèle. Et son père était un dangereux hermaphrodite nommé Agditis.

Reprenons.  Un jour, Zeus tomba amoureux de la roche Cybèle et chercha comment la pénétrer. Son désir n’était pas désintéressé : la roche avait été formée avec les pierres échappées au déluge, et qui furent les premiers humains. Voici donc Jupiter  cherchant un trou dans la roche, et n’en trouvant aucun. Furieux, il répand sa semence sur la roche et un enfant en naît, en hurlant. C’est l’hermaphrodite Agditis.

Il hurle, viole les déesses, les femmes, les garçons. Réunis en conseil, les dieux décident de lui enlever son sexe mâle, supposé le plus dangereux. Dionysos veut bien s’en charger, parce que le dieu de l’ivresse sait comment abrutir n’importe qui.

Donc, Dionysos fait boire l’hermaphrodite. Une fois qu’il est endormi, Dionysos lui ligote les testicules et les relie à deux cordes bien serrées autour des chevilles. Au réveil, Agditis se redresse et se châtre lui-même. De son sang jaillissant sur la terre sort un grenadier, aussitôt couvert de grenades bien mûres….

Ré-écouter sur la page de l’émission.

La ruralité entre savoirs et imaginaires

Colloque, 25 et 26 septembre 2014, Collège doctoral européen  et MISHA, Strasbourg

L’année 2014 marque les 25 ans de la parution de l’ouvrage dirigé par Nicole Mathieu et Marcel Jollivet, Du rural à l’environnement : la question de la nature aujourd’hui, faisant suite à un important colloque qui s’était tenu à Strasbourg, en liaison avec l’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional (IUAR). Le présent colloque cherche à la fois à rebondir sur les conclusions de l’ouvrage de 1989 et à dégager un état des lieux des problématiques qui ont pu émerger depuis lors (justice environnementale, transition socio-environnementale, « dé-ruralisation » de la sociologie de l’environnement, etc.). Se trouve-t-on dès lors face à un trop plein ou un déficit de catégories pour penser la nature telle qu’elle se présente aujourd’hui ? Parler de « rural » et de « nature » est-il devenu désuet face à l’irruption d’autres mises en mots, dont celles, prêtant à débat, de la « durabilité ».

Voir la totalité du programme ici.

Plantes invasives : des écosystèmes bouleversés

Documentaire de Ingo Thöne (Allemagne 2014), Arte, vendredi 11 juillet 2014, 53 min.

La flore européenne est menacée par des espèces invasives, qui prolifèrent de façon exponentielle et accaparent les habitats traditionnels des plantes endémiques. Nombre de ces plantes invasives sont originaires de pays lointains et n’ont quasiment pas de parasites naturels en Europe. Et elles sont souvent toxiques. Ces espèces menacent de précieux biotopes en France et en Allemagne. Comment maîtriser l’expansion massive des plantes invasives dans nos régions ?

En Europe, les forêts, champs, bordures d’autoroute et de voies de chemin de fer, parcs et jardins particuliers sont le théâtre d’une lutte sans merci entre les espèces végétales. Des plantes endémiques et des espèces exotiques luttent pour les meilleurs emplacements et aires de répartition. Très souvent, ce sont les variétés exotiques et toxiques qui l’emportent. Avec des conséquences néfastes pour l’homme et l’environnement. 

Si la berce du Caucase, le séneçon du Cap ou l’ambroisie sont bien agréables à regarder, ces plantes exotiques, introduites en Europe centrale au cours des siècles derniers, sont pourtant nuisibles. Envahissantes, elles représentent une menace pour l’équilibre des milieux naturels locaux, en accaparant l’espace vital des plantes indigènes. Elles sont également nocives pour l’homme. Le pollen de l’ambroisie déclenche en effet des allergies extrêmement handicapantes : selon les prévisions des chercheurs, cette plante occasionnera à elle seule des dépenses de santé de plusieurs millions d’euros. Des champs allemands jusqu’à la côte atlantique française en passant par le plus ancien jardin botanique de France, à Montpellier, des spécialistes de toute l’Europe analysent les conséquences de la prolifération des plantes invasives.

Voir un extrait sur le site d’Arte.