ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de juin, 2014

Étude floristique et ethnobotanique de la flore médicinale du Haut Atlas oriental (Haute Moulouya)

Article de Noureddine Benlamdini, Mohamed Elhafian, Atmane Rochdi et Lahcen Zidane paru dans « Journal of Applied Biosciences », 30 juin 2014, n°78, p. 6771-6787

La présente étude est une contribution à la connaissance des plantes médicinales utilisées en phytothérapie traditionnelle par la population locale de la Haute Moulouya.
Méthodologie et résultats : A l’aide de 320 fiches questionnaires, une série d’enquêtes ethnobotaniques a été menée sur le terrain durant les années 2012 et 2013. La localisation des différents milieux, d’enquêtes ethnobotaniques et de relevés floristiques, a été repérée par la méthode d’échantillonnage stratifié et aléatoire. L’étude de la flore médicinale a fait ressortir une richesse floristique de 115 espèces médicinales réparties en 45 familles et 99 genres avec une prédominance des familles suivantes : Lamiaceae (20), Asteraceae (11), Apiaceae (8), Fabaceae (7), Rosaceae (6), et Poaceae (5). Les résultats de cette étude ont montré aussi que le feuillage constitue la partie la plus utilisée, et la majorité des remèdes est préparée sous forme de décoction. Les plantes médicinales sont souvent utilisées pour soigner les affections digestives (44%), et 40% de ces plantes ont provoqué des intoxications.
Conclusion et application de la recherche : Les enquêtes effectués ont permis de recueillir les informations sur les plantes médicinales (les données floristiques, la partie utilisée, le mode de préparation et la toxicité) et sur le profil de l’informateur (sexe, âge, le niveau d’instruction) et ont permis également d’évaluer l’impact de la collecte des plantes médicinales sur l’environnement. Par ailleurs, cette étude pourrait avoir une grande valeur bibliographique pour les recherches dans les domaines de la phytochimie et de la pharmacologie et une assise de base pour les générations futures.

Article intégralement disponible en version PDF sur Elewa.

Recherches sur la mythologie du frêne

Mémoire de Jérôme Cappello, Master 1 (Littérature)- 14/06/2012, Philippe Walter (Dir.), 70 p.

Le frêne est un arbre à l’allure solennelle connu de tous les peuples et qui, notamment sous la forme d’Yggdrasil, l’arbre cosmogonique scandinave, semble avoir profondément marqué leur imaginaire. Le but du présent essai est de tenter de retracer les origines d’une possible mythologie du frêne en explorant les textes de l’ancienne Europe et la survivance des concepts véhiculés au sein de contes, rites et croyances populaires qui ont perduré jusqu’à nos jours. Il faudra avoir à l’esprit le postulat suivant, qui restera le fil conducteur de l’essai : la symbolique générale de l’arbre en tant que figure elle-même générique, objet d’étude des décennies précédentes, est un sujet qui aujourd’hui s’épuise ; il n’y a pas une « mythologie de l’Arbre », mais une mythologie des arbres, chaque espèce possédant son propre vivier de croyances et de mythes affiliés L’étude débutera par un examen des principales littéraires sources anciennes, allant de l’antiquité grecque au Moyen Âge. S’en suivront des considérations philologiques, étymologiques et folkloriques par l’observation des différents noms du frêne dans les langues indo-européennes ainsi que des vertus qui lui sont octroyées par la sagesse populaire, pour finir par les rites et la magie qui lui sont associés. La recherche se terminera par une investigation herméneutique révélant les paradoxes et les réalités de l’imaginaire du frêne.

Mémoire intégralement accessible en version PDF (2,5 Mb) sur Dumas.

Les représentations contemporaines du travail agricole de 1930 à nos jours

Appel à communication, ISH, Lyon, 15 juillet 2014

L’équipe Passages XX-XXI et le laboratoire d’études rurales organisent, dans le cadre du projet « imaginaires et représentations du travail en région Rhône alpes » deux journées d’études interdisciplinaires consacrées à l’évolution contemporaine des représentations du travail agricole dans la France de la seconde moitié du XXe siècle. Si une attention particulière est apportée à la littérature et à l’espace Rhône-Alpin, la volonté des organisateurs est de confronter les regards et de les mettre en perspective avec les transformations profondes qu’ont connu les sociétés rurales depuis le milieu du siècle et la place qu’occupe aujourd’hui l’agriculture dans la société contemporaine.

Thématiques suggérées

– Comment la vision du travail agricole s’est-elle transformée depuis les années 1930 dans les œuvres littéraires et artistiques ?

– Comment le roman régional rhônalpin, s’il existe en tant que tel, s’articule-t-il avec le roman de terroir national ou même européen ? Les spécificités de l’agriculture régionale (viticulture, agriculture de montagne) transparaissent-elles dans les approches et les thématiques des œuvres contemporaines ?

– Les codes du récit de terroir ont-ils évolué ? Comment un certain réalisme critique s’oppose-t-il  à l’ancienne mythologie de la terre ? De quelle manière les œuvres récentes intègrent-elles les nouvelles préoccupations liées à l’environnement ou à l’écologie ?

– Comment des écritures éclatées, distanciées, polyphoniques ou blanches rendent-elles compte des nouvelles réalités du travail paysan ? Quels dispositifs d’écriture sont mis en place dans les œuvres contemporaines ? Comment sont traités les problèmes de langage (parler populaire, campagnard) ?

Voir l’argumentaire et les contacts sur Calenda.

 

En Bretagne, le combat d’une jeune paysanne crée un buzz inattendu

Article de Anne-Sophie Novel publié sur le blog « Même pas mal », 25 juin 2014

« La réalisatrice Marion Gervais ne s’attendait pas à un tel succès : son premier documentaire diffusé depuis fin avril 2014 sur TV Rennes et son site web associé a été visionné plus de 340 000 fois. Anaïs Kerhoas, la jeune agricultrice bretonne qu’elle a suivie pendant un an, y témoigne de son combat pour trouver un terrain où cultiver ses plantes. Vivifiant.

Elle est fraîche, dynamique et résolument déterminée à mener à bien son projet… au point de crever l’écran ! Petite, les odeurs et les fleurs l’attiraient déjà. Elle voulait être nez, puis fleuriste. C’est après son bac et suite à un voyage de six mois en Inde qu’elle se décide à suivre une formation de deux ans pour devenir herboriste – métier qui n’est plus reconnu officiellement mais permet d’accéder à des emplois très divers, dont celui de producteur de plantes alimentaires et médicinales, ce que fait Anaïs.

En 2011, un producteur de tisanes de la région de Quimper où elle est en stage la pousse à s’installer. « Je pensais que c’était plus pour les hommes, je n’y connaissais rien » confie celle qui se décide à suivre une formation agricole avant de suivre ce conseil.

Et c’est là qu’elle se confronte à la dure réalité des paysans d’aujourd’hui. Le premier terrain qu’elle loue ne lui permet pas d’avoir accès à l’eau ou à l’électricité. Ce qui l’a fait pester (« Je peux te dire, le plus beau village de France, ils vont le garder pour les touristes ») et l’incite à se défouler en désherbant, comme le montrent les premières minutes du documentaire…. »

Lire la suite (et visionner le documentaire) sur le blog.

Communiquer sur le patrimoine naturel. Discours de presse locale dans les Ramières de la Drôme, Rhône-Alpes (1981-2008)

Article de Emeline Comby et Yves-François Le Lay paru dans « Développement Durable & Territoires », 5, 2 (2014), p. 17

Les représentations drômoises envers un espace patrimonialisé ont connu d’importantes mutations entre 1981 et 2008. 85 articles et 56 images d’un hebdomadaire local montrent comment se forment les images d’un espace singulier et celles de politiques d’aménagement et de gestion. Des figures animales et végétales sont utilisées tour à tour, dans une optique de marketing territorial. Ce choix d’emblèmes témoigne du passage d’un espace protégé valorisant l’espèce menacée à un vecteur du développement local. Les attentes du public à l’égard de leur patrimoine peuvent alors se distinguer de ce que les scientifiques considèrent comme patrimonial. Les définitions du patrimoine naturel dépendent certes du contexte environnemental, mais aussi politique (avec l’appropriation d’une protection de type top down), économique (avec la mise en tourisme) ou socioculturel.

Accessible intégralement en version PDF (2,9 Mb) sur HAL-SHS.

Le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum L.) : études botaniques, chimiques et thérapeutiques

Thèse d’exercice de pharmacie de Cécile Vieu, 06/06/2014, Serge Krivobok (Dir.), 78 p.

Le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum L.) est un arbre appartenant à la famille des Hippocastanacées ; originaire des Balkans, il a besoin d’un ensoleillement et d’une terre humide pour sa croissance. Ses grandes feuilles composées palmées comportent en général sept folioles dentées. Ses fleurs blanches tachées de rose forment des thyrses pyramidaux. Cet arbre empreinte divers noms vernaculaires tels que faux-châtaignier, châtaignier de mer. De nombreuses études normalisées en fonction de l’aescine démontrent les effets thérapeutiques anciennement connus (anti-œdémateux, anti-inflammatoire, veinotonique). D’autres activités thérapeutiques ont été démontrées in vitro, in vivo ou lors d’études cliniques: anticancéreux, anti-radicalaire, traitement de l’infertilité par varicocèle ou des troubles de perfusion de l’oreille interne ainsi qu’en cosmétique. Le marronnier d’Inde est par ailleurs inscrit sur la liste A des plantes médicinales de la Pharmacopée française (11e édition) et y fait l’objet de cinq monographies, le marron (graine) étant la principale partie de la plante utilisée. Les indications sont validées par la Note explicative de l’Agence du médicament (France), la Commission E (Allemagne), ou encore l’Agence européenne du médicament. L’aspect botanique du genre Aesculus, la composition chimique des différentes parties du marronnier d’Inde sont abordés dans ce mémoire ainsi que ses effets thérapeutiques et sa toxicité. Sur le plan thérapeutique, les médicaments et compléments alimentaires à base de cette plante y sont détaillés.

Thèse intégralement accessible en version PDF (2,9 Mb) sur Dumas.

Les mauvaises herbes sont bonnes !

Emission « On va déguster », radio France Inter, 22 juin 2014

En 2013, Diana Ubarrechena, photographe food designer et George Oxley biologiste et cuisinier, les foodingues, ont publié avec le botaniste Gérard Ducerf, le « Manifeste Gourmand des Herbes Folles » cuisiner les plantes sauvages pour se faire du bien éd. du Toucan, Meilleurs Livres Gourmand 2013 du Figaro, 3 étoiles du Frankfurter Allgemeine Zeitung, prix des Gastronomades 2013 d’Angoulême, Prix Saveur de la Forêt des Livres.

Se faire du bien en dégustant les plantes sauvages
Gratuit c’est meilleur !
Nous avons tous à notre portée, au moins à certains moments de l’année, un véritable trésor gustatif et thérapeutique, un trésor totalement gratuit : les plantes sauvages.
Ce livre veut nous les faire découvrir ou plutôt redécouvrir car l’Homme, depuis qu’il est sur terre, s’est en réalité bien plus longtemps nourri de ces « sauvageonnes » que de plantes cultivées.
Ce Manifeste gourmand des herbes folles est un livre aussi riche, libre et savoureux que son objet.
Pour découvrir la spécificité des plantes, les auteurs présentent quelques apparitions emblématiques de chaque variété dans l’histoire des hommes, permettant ainsi de décrypter son nom scientifique et son « rôle » dans la nature. Le livre expose ensuite, de façon très simple, le fonctionnement des principes actifs, les propriétés chimiques et les vertus thérapeutiques de chaque espèce.
Mais cet ouvrage est surtout l’occasion de livrer de nombreuses recettes, savoureuses et inédites, pour apprivoiser ces plantes sauvages par une cuisine légère, locavore et pleine d’énergie.
Enfin, on trouvera les fiches descriptives de toutes les plantes pour les reconnaître sur le terrain grâce à des clés d’identification photographiques et à une signalétique simple.

Et avec le cuisinier Franck Ballanger.

A écouter sur la page de l’émission.