ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Pratique et perception des feux de végétation dans un paysage de vergers. Le pays sèmè (Kénédougou, Burkina Faso)

Communication de Anne Fournier, Manaka Douanio, Ali Bene au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Comme bien d’autres populations de savane en Afrique de l’Ouest, les Sèmè du Burkina Faso (appelés Siamou en langue dioula) utilisent le feu pour gérer la brousse depuis des temps immémoriaux. L’introduction de l’arboriculture depuis une cinquantaine d’années a bouleversé les paysages : champs et vergers couvrent désormais près de 90 % du territoire. Nos observations au sol en 2009 et 2010 montrent que les feux continuent d’être utilisés dans cette nouvelle mosaïque paysagère. En début de saison sèche à partir de fin novembre, ils servent à protéger les bâtiments (maisons, écoles), les pistes et les zones de stockage des récoltes et pour créer des pare-feu autour des champs et vergers. On les emploie également souvent comme technique agricole de  » nettoyage  » de ces mêmes champs et vergers, le matériel végétal retiré lors des sarclages étant ensuite brûlé sur place de décembre à début mai. Bien qu’on défriche peu aujourd’hui, le feu continue d’intervenir dans l’opération. Les quelques fragments de brousse qui subsistent dans ces paysages fortement humanisés sont également brûlés à partir de fin novembre. Seuls quelques galeries forestières et bosquets sacrés échappent presque toujours au feu. Au total, 30 % de la surface environ sont soumis au feu sous une forme ou une autre. Par ailleurs le feu semble intervenir dans des activités rituelles dont certaines ont toujours lieu. Pour les Sèmè, le feu semble ainsi rester un outil de gestion incontournable de leur environnement, qu’il soit naturel ou cultivé, et de leurs représentations.

Communication intégralement accessible en version PDF (3,2 Mb) sur HAL-SHS.

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