ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de février, 2014

Les forêts périurbaines : des espaces récréatifs à la fonction prophylactique : le cas des aires urbaines d’Alençon, de Blois et du Mans

Thèse de Pascal Papillon, Université du Maine (Géographie), 31/01/2014, Rodolphe Dodier (Dir.), 451 p.

En France, les espaces boisés périurbains font l’objet d’une forte demande sociale en tant qu’espaces récréatifs. Ces nouvelles demandes sont exprimées notamment par des pratiques renouvelées,sportives ou de ressourcement. De leur côté, les collectivités territoriales ont su aménager de nouveaux espaces forestiers plus proches des villes, très appréciés des habitants. Des usagers ont été interviewés dans les espaces boisés de trois villes moyennes, sur leurs usages et sur la justification de ces pratiques. Cela a permis de préciser des différences entre les espaces boisés suburbains et les forêts domaniales plus vastes mais plus éloignées des villes. De même, on observe l’émergence d’un nouvel usage lié à la santé, tant au niveau des individus qu’au niveau des établissements de soins. Ces nouvelles pratiques conduisent à considérer les espaces forestiers périurbains comme des espaces prophylactiques.

Thèse intégralement accessible en version PDF (6,4 Mb) sur TEL.

Ancient Herbs in the J. Paul Getty Museum Gardens

Ouvrage (en anglais) de Jeanne D’Andrea et illustrations de Martha Breen Bredemeyer, Getty Publications, 1982, 98 p.

The Getty Museum building re-creates an ancient Roman villa on the shores of the Pacific Ocean, where guests can feel that they are visiting the Villa dei Papiri before it was buried by the eruption of Mount Vesuvius in AD 79. The climate of Southern California has made it possible to plant the gardens with dozens of herbs, flowers, and fruit trees known to the Greeks and Romans. In classical times they were practical as well as beautiful, providing color, perfume, home medicines, and flavorings for food and drink. 
Martha Breen Bredemeyer, a San Francisco Bay area artist, was inspired to paint two dozen of the garden’s herbs. Her watercolor gouaches combine vibrant color with the fragile delicacy of these short-lived plants while her pen-and-ink drawings share their wiry grace. Jeanne D’Andrea discusses twenty-one of the herbs in detail after presenting their place in myth, medicine, and home in the introduction.

Ancient Herbs in the J. Paul Getty Museum Gardens

A lire en intégralité ou à télécharger gratuitement en version PDF (10,5 Mb) sur la librairie virtuelle du Getty Museum.

Gardens of the Roman World

Ouvrage de Patrick Bowe (en anglais), Getty Publications, 2004, 176 p.

Romans loved their gardens, whether they were the grand gardens of imperial country estates or the small private spaces tucked behind city houses. They treasured gardens both as places for relaxation and as plots to grow ornamental plants as well as fruits and vegetables. The soothing sound of bubbling fountains often added further to the pleasures of life in the garden. Romans constructed gardens in every corner of their empire, from Britain to North Africa and from Portugal to Asia Minor. Long after their empire collapsed, the gardens they had so carefully planted continued to exert influence in the farflung corners of their former world.
This book describes the variety of Roman gardens throughout the empire, from the humblest to the most lavish, including such well-known places as Hadrian’s Villa in Tivoli and the gardens of Pompeii and Herculaneum. The continued influence of Roman gardens is traced though Arabic, medieval, and Renaissance gardens to the present day. Many of the lavish illustrations were commissioned for this book.

Gardens of the roman world

A lire ou à télécharger intégralement et gratuitement en version PDF (135 Mb) sur la librairie virtuelle du Getty Museum.

Nourritures jardinières dans les sociétés urbanisées

Au Centre Culturel International de Cerisy, se tiendra un colloque sur cette thématique du 6 au 13 Août 2014. Dirigé par  Sylvain Allemand et Edith Heurgon, ce colloque prolonge la décade Renouveau des jardins : clés pour un monde durable ? qui a fait paraître l’enjeu crucial des jardins (individuels et collectifs) pour se nourrir dans les sociétés urbanisées, mais aussi leur rôle de réconciliation en accompagnement des transitions spatiales et sociales. Portant plus spécifiquement sur les Nourritures jardinières, cette rencontre se propose d’étudier à quelles conditions les diverses initiatives prises lors de ce renouveau peuvent monter en généralité et apporter des réponses à certains problèmes actuels, alimentaires comme urbains.

Les thématiques abordées :

-la capacité des jardins à faire face aux défis alimentaires – les modalités permettant de se nourrir en ville – les savoirs et les pratiques des architectes, paysagistes, gestionnaires qui s’engagent ensemble pour construire la ville nourricière – les enjeux de gouvernance alimentaire et d’adaptation des politiques publiques – les jardins comme une réponse possible aux peurs alimentaires, comme une réponse aux inquiétudes urbaines.

À côté de conférences-débats, de projection de films, d’un visite dans le bocage normand, une Exposition Forum Initiatives présentera, toute la semaine, des travaux de jeunes chercheurs et de divers collectifs paysagistes, ainsi que des réalisations territorialisées. Ces divers éléments nourriront la synthèse générale qui tentera de répondre aux questions initiales en précisant les possibles apports des jardins au monde de demain.

Programme provisoire sur le site du centre.

[Info Cresson]

L’identité d’une ville au travers de ses artefacts : Grasse, de 1860 à nos jours : étude de la co-construction d’un imaginaire touristique et d’une identité locale

Thèse de Chloe Rosati-Marzetti, Université Nice Sophia Antipolis (Anthropologie), 03/07/2013, Joel Candau et Philippe Hameau (Dir.), 442 p.

Cette recherche aborde la question de la production et de la réception d’un imaginaire touristique. Résultant d’une enquête ethnographique effectuée sur la ville de Grasse dans les Alpes-Maritimes, ce travail met en lumière la construction de l’ambivalence Grasse/parfum et dépasse ce modèle en montrant que l’association Grasse/Provence est également prégnante. Après une présentation évolutive de l’essentialisation des caractéristiques de la ville, de certains traits topologiques, culturels et sociaux, qui l’érigent aujourd’hui comme un territoire singulier et reconnaissable, on montre comment, à travers divers aménagements urbains et productions locales, les municipalités et les professionnels du tourisme mettent en spectacle l’essence de la cité. Ainsi, les objets-souvenir syncrétisent les discours transmis autour et au sujet de la ville et participent à la création et à la transmission des représentations de soi, pour soi et pour les autres. Etudier les représentations de la localité grassoise met en évidence les logiques identitaires locales, sous tendues par la promotion touristique, et qui passent par la culture matérielle (affiches, cartes postales, objets-souvenir) et idéelle (discours, littérature, idées véhiculées) soumise aux touristes. Le processus de patrimonialisation lui-même influe sur les habitants. La parole leur est alors donnée pour comprendre la manière dont ils se positionnent face à cet imaginaire touristique omniprésent.

Thèse intégralement accessible en version PDF (5,2 Mb) sur TEL.

Archéobotanique et sources textuelles : un enrichissement mutuel pour la restitution du rapport homme-milieu

Article de Linda Herveux, « ArchéOrient-Le Blog » (Hypotheses.org), 14 février 2014

« Les disciplines archéologique et historique ont pour objectif commun de restituer l’histoire des sociétés passées. Cependant, leur matériel d’étude diffère : l’archéologue base ses interprétations sur les vestiges matériels produits par les activités humaines alors que l’historien utilise principalement les sources écrites qui apparaissent dès la fin du IVe millénaire av. J.C. au Proche-Orient. Travaillant chacun de leur côté, l’archéologue et l’historien sont pourtant complémentaires dans la restitution des modes de vie passés. Les recherches archéobotaniques apportent des éléments à l’histoire du rapport entre l’homme et le milieu végétal à travers l’étude des végétaux fossiles retrouvés sur les sites archéologiques. C’est une discipline qui relève à la fois des sciences du vivant et des sciences humaines. L’histoire des plantes est, depuis la domestication végétale, indissociable des activités humaines, que se soit à travers les pratiques agricoles, l’exploitation du milieu pour défricher, s’approvisionner en combustible ou en denrées alimentaires. Dans ces domaines aussi, l’étude de la documentation écrite est un outil primordial de l’archéologie lorsqu’il s’agit de cultures lettrées, ce qui est le cas des périodes auxquelles je m’intéresse plus particulièrement (IIIe, IIe et Ier millénaires av. J.-C.) et dont le corpus des sources textuelles, épigraphiques ou autres, est très important.

 Ce billet a pour objectif de rendre compte d’une collaboration qui a été engagée à la faveur du projet européen FLORIENTAL (ERC-2010-StG263783, R. Hawley, CNRS, UMR 8167 Orient et Méditerranée)… »

Lire l’intégralité de l’article sur le blog.

La guerre des forêts…

Article de Eric Fournier paru sur le carnet Aggiornamento hist-geo, 9. 02. 2014

 « L’homme y passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec un regard familier ».

« Correspondances » de Baudelaire semble des plus appropriés pour introduire La Guerre des Forêtsde Thompson, l’auteur de La Formation de la classe ouvrière anglaise[1], non seulement pour sa métaphore évoquant taillis et futaies disant plus qu’elles-mêmes, mais essentiellement parce qu’il sera bien question ici de fructueuses correspondances entre histoire savante et histoire scolaire.

Histoire érudite, La Guerre des forêts l’est assurément. Thompson revient sur le terrible mais méconnu  Black act  de 1723 qui promet à la pendaison ceux qui pénètrent dans les forêts pour braconner le cerf, le visage souvent enduit de suie pour être méconnaissable (d’où le nom « Black act »). La peine de mort est ensuite étendue au seul fait de ramasser des brindilles ou de la tourbe. Thompson expose alors ce qui se joue dans les bois : les luttes sociales rurales, l’affirmation d’un État moderne, la question de la propriété et du droit. Histoire si érudite manifestement que les éditions La Découverte – élaguons d’emblée ce qui chagrine – ont jugé bon d’en offrir une traduction abrégée ; puis longuement commentée par Philippe Minard, dont le texte, au demeurant fort clair et utile sur le contexte épistémologique, est hélas parfois redondant avec Thompson. Voici donc une belle pépite historiographique exhumée. Et ensuite ? So What ? Comme aurait rétorqué un Black au garde forestier prétendant l’arrêter… »

Lira la suite de l’article sur le carnet.

Compléter avec l’émission de France Culture « Les Lundis de l’Histoire » (17 mars 2014).