ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour janvier, 2014

Le médicament à base de plantes en Europe : statut, enregistrement, contrôles

Thèse de Hélène Lehmann, Université de Strasbourg (Pharmacie), 05/04/2013, Jean-Yves Pabst ; Christiane Heitz (Dir.), 112 p.

La phytothérapie consiste en l’utilisation thérapeutique de plantes ou de médicaments à base de plantes, sous forme de spécialités pharmaceutiques, de préparations (magistrales ou officinales) ou de produits officinaux divisés. On entend par médicament à base de plantes (MABP)  » tout médicament dont les substances actives sont exclusivement une ou plusieurs substances végétales ou préparations à base de plantes ou une association d’une ou de plusieurs substances végétales ou préparations à base de plantes « . Il s’agit donc de médicaments à part entière qui sont ainsi soumis aux mêmes exigences de qualité que celles requises pour tout autre médicament. La directive 2004/24/CE, permet toutefois quelques assouplissements autorisant à fournir des données toxicologiques et cliniques purement bibliographiques, lorsque les conditions requises pour pouvoir bénéficier d’un tel « enregistrement de l’usage traditionnel » sont remplies. Quant aux médicaments dont l’usage médical est « bien établi », ils peuvent également faire l’objet d’une dispense d’essais cliniques, mais les données toxicologiques les concernant doivent néanmoins être fournies. Cette législation européenne vise à garantir au patient la qualité, la sécurité et l’efficacité des remèdes qu’il consomme, à permettre le libre choix thérapeutique, la libre circulation des médicaments au sein de l’Union Européenne ainsi que la préservation des ressources naturelles végétales et le respect de la propriété intellectuelle et pourrait inspirer d’autres pays du monde qui ne disposent pas à ce jour des outils législatifs nécessaires à la réglementation de leurs remèdes traditionnels, en particulier les pays africains.

Thèse intégralement accessible en version PDF (3,5 Mb) sur HAL-SHS.

Atelier Histoire du végétal

CERHIO – Centre François Viète, 31 janvier 2014, Maison des Sciences Humaines d’Angers, 14h-17h
Programme 
 

– Cristiana Oghina-Pavie et Stéphane Tirard – Présentation des programmes en cours 

– Anne –Elisabeth Le Boulc’h – doctorante, Centre François Viète, Université de Nantes
La greffe végétale au XIXe siècle. Sources et éléments de réflexion.

– Céline Briée – post-doctorante FlorHIGE au CERHIO Université d’Angers, chercheur associé au Centre François Viète Université de Nantes
Étude de la classification des rosiers au XIXe siècles : premiers résultats

– Benjamin Buisson – doctorant, CERHIO, Université d’Angers,   
Le fonds d’archives du Pôle de recherche et d’innovation à Angers : 20 ans d’histoire du végétal 1983-2003

– Stéphane Wandriesse doctorant, CERHIO, Université d’Angers,  
Le jardin potager en quête d’archives

[Info Horticombio]

L’art du bois à Sanaa. Architecture domestique

Ouvrage de Guillemette Bonnenfant et Paul Bonnenfant, Iremam, ed. Edisud, 1987, 192 p.

Sanaa… Ébloui par la blancheur du plâtre, admirant la richesse des vitraux et des motifs de briques, le visiteur perçoit souvent mal les décors de bois. Il a bien des excuses. Leurs volumes visuels sont modestes par rapport à la masse des façades : limités aux portes et menuiseries de fenêtres, ils sont souvent situés en hauteur et peu visibles de la rue. Il n’occupent pas de surfaces considérables comme sur les façades de la mer Rouge. Pourtant les décors de bois existent dans l’architecture domestique de Sanaa. Mais ils sont discrets et, de fait, s’apprécient surtout de l’intérieur. Seule, la porte d’entrée sur la rue peut vraiment être appréciée par le passant qui doit franchir le seuil pour goûter le reste. Dans la pénombre, au bas de l’escalier, il devine une autre belle porte. Aux étages, des portes parfois somptueuses séparent le vestibule des escaliers et des pièces qu’il dessert. Entré dans l’intimité d’un dîwân ou d’une chambre, le visiteur peut alors apprécier ce qu’il n’avait pas vu de la rue : des volets de bois aux décors sculptés ou peints commandent l’accès aux moucharabiehs, la richesse de leurs motifs apparaît pleinement dans le contre-jour. L’ouvrage, agrémenté d’une abondante illustration – plus de 400 dessins, 161 photos en noir et blanc, 17 en couleurs -, expose les divers aspects de l’Art du bois à Sanaa. Portes et volets, grilles et moucharabiehs : après l’étude des décors et de leur genèse, le livre entraîne dans un musée imaginaire où seraient rassemblées les plus belles œuvres de la capitale yéménite, un des fleurons du patrimoine arabe, désormais objet d’une campagne de sauvegarde de l’UNESCO.

Ouvrage intégralement accessible sur OpenBooks Editions.

 

Herbes, drogues et épices en Méditerranée. Histoire, anthropologie, économie du Moyen Âge à nos jours

Ouvrage collectif, Iremam, ed. CNRS, 1998, 186 p.

Des jardins d’Adonis aux tiroirs des apothicaires et aux boutiques des commerçants, les herbes, drogues et épices ont toujours nourri les rêves et entretenu les comptes. Elles furent l’objet d’une curiosité particulière puis d’un engouement et d’un commerce aussi actif que lucratif ; la cause aussi de grandes rivalités entre marchands. Ainsi les retrouvons-nous dans les livres de commerçants juifs, dans les souks du Caire, dans les entrepôts de Smyrne, dans les cales des clippers américains ou dans les containers du port de Marseille. Mythes et réalités se côtoient dans cet ouvrage comme ils furent toujours liés dans le quotidien à travers les siècles et les continents. Par les aspects économiques mais aussi botaniques, sociaux et culturels de leur histoire, se précise le rôle important qu’ont tenu et que tiennent encore les Herbes, Drogues et Épices dans les sociétés méditerranéennes. L’Institut de Recherches Méditerranéennes d’Aix-en- Provence et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille ont entrepris depuis une décennie l’étude des grands produits de consommation tels le café, l’huile d’olive, le sucre, les céréales, qui, malgré leur usage quotidien, restent finalement peu ou mal connus du public.

Accès intégral au livre sur OpenBooks Edition.

¿Por qué se invierte en plantaciones de Jatropha? Respuestas desde Costa Rica

 Rapport (en espagnol) de Abigaïl Fallot et David Palacios Palacios, CIRAD Montpellier, 18/03/2013, 19 p.

In a global context of incomplete information and controversies about the development of Jatropha curcas plantations for biofuel production, we analyze the case of Costa Rica where diverse actors have gotten involved in the promotion and the plantation of Jatropha, and abandoned it quite soon afterwards, without significant production. Trying to explain the renewed interest for Jatropha in spite of the observed disillusions, we identified a specific role for the plant in different strategies. We analyze that for reasons of competition between actors of research on Jatropha, there is little interest in systemizing and sharing knowledge about the plant and its potential for the production of energy. We conclude about the possible evolutions of the Jatropha situation according to alternatives for the different key actors of the plant development.

Rapport intégralement accessible en version PDF (762 Kb) sur HAL-SHS.

Les forêts de pente de la haute vallée de la Dordogne: enjeux écologiques et énergétiques d’une ancienne forêt charbonnée (Auvergne, Limousin, France)

Thése de Romain Rouaud, Université de Limoges (Géographie), 22/11/2013, Philippe Allée (Dir.), 450 p.

La nouvelle politique forestière française a pour principal objectif d’accroître la récolte nationale de bois en mobilisant les forêts non exploitées. Il s’agit au travers d’une filière bois-énergie de répondre aux engagements de l’Etat en terme de lutte contre le réchauffement climatique ainsi que de dynamiser un secteur économique largement déficitaire dans son commerce extérieur. Cette ressource en bois se trouve majoritairement dans les forêts dont l’exploitation a été abandonnée dans le mouvement de la déprise rurale du 20e siècle. Or, par une maturation de leurs écosystèmes, ces forêts en friches sont devenues des espaces de biodiversité remarquables. Au travers de l’exemple de la haute vallée de la Dordogne, nous interrogeons les possibilités d’une conciliation des enjeux énergétiques et écologiques dans ces forêts. Leur physionomie est celle d’un ancien taillis abandonné contenant dans le sous-bois des centaines de plateformes, vestiges d’un charbonnage intense durant les Temps Modernes. Marquées par leur important passé énergétique, elles sont paradoxalement considérées aujourd’hui comme des espaces de nature à protéger. Par une approche géohistorique et ethnographique, nous abordons le cadre socio-économique et territorial dans lequel s’est mis en place ce charbonnage. L’anthracologie des plateformes de charbonnage permet d’étudier les effets de cette exploitation pluriséculaire sur les sylvofaciès. Cette histoire sociale des forêts en friches montre l’intérêt d’intégrer les pratiques forestières anciennes aux actions de protection de la nature pour concilier enjeux énergétiques et écologiques dans des projets de développement durable des territoires en déprise.

Thèse intégralement accessible en version PDF (27,6 Mb) sur HAL-SHS.

L’insertion de la caféiculture dans les structures de production en Guinée forestière

Thèse de Daniel Lamah, Université Toulouse le Mirail – Toulouse II (Géographie), 25/09/2013, Laurien Uwizeyimana ; Bernard Charlery de La Masselière (Dir.), 488 p.

Cette thèse d’Études rurales en Géographie-Environnement est consacrée à l’ « insertion de la caféiculture dans les structures de production en Guinée Forestière ». Introduite dans les systèmes de production paysans par les colons entre 1902 et 1920, la caféiculture a évolué sous l’influence des contextes socioéconomiques, politiques et démographiques variés. Sa dynamique spatiale se présente comme un paradoxe. Les superficies de cultures pérennes à base du café augmentent en effet au détriment des cultures vivrières à base du riz, cependant les rendements et revenus de ces plantations (désormais individuelles) restent généralement faibles. La reconversion de ces parcelles de café en d’autres systèmes de cultures pérennes ou vivrières est rare . Or, il existe d’autres cultures (le palmier à huile amélioré, l’hévéa etc.) plus rentables aujourd’hui que le caféier. Les ressources foncières s’amenuisent dans un contexte de forte croissance de la population régionale qui se situe à 4,3% par an contre 3,1% pour le pays. Cette population vit essentiellement d’une agriculture extensive. L’insécurité foncière s’accroît à travers des conflits complexes parce que l’application en milieu rural du code foncier moderne promulgué en 1992 reste encore limitée. Ainsi, en vue de maximiser la rentabilité des parcelles, les paysans privilégient la polyculture sur les coteaux, en association avec le café. Pour les jeunes, ce choix s’inscrit souvent dans le cadre du processus de leur autonomisation. Cette thèse montre qu’au-delà de sa rentabilité économique, c’est surtout le besoin de sécurisation foncière qui détermine le choix de la culture caféière par la plupart des paysans.

Thèse intégralement accessible en version PDF (8,6 Mb) sur TEL.