ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

« Haures terres » : l’anthropisation des monts d’Aubrac et du Lévezou (Massif Central, France) durant l’holocène : approche palynologique des dynamiques socio-environnementales en moyenne montagne

Thèse de Élodie Faure, Université Toulouse le Mirail – Toulouse II (Géographie de l’environnement), 17/09/2012, Jean-Paul Métailié;Didier Galop (Dir.), 309 p.

L’étude des interactions sociétés-milieux sur la longue durée, à l’origine de la construction des paysages de l’Aubrac et du Lévezou, a été menée à partir d’une démarche largement pluridisciplinaire dans laquelle la palynologie constitue l’outil principal. La constitution d’un référentiel actuel a conduit, dans un premier temps, à discriminer les principaux taxons polliniques représentatifs des activités humaines et d’en préciser la représentativité spatiale et fonctionnelle. L’étude multi-proxy de six séquences sédimentaires, étayées par 24 datations radiocarbones, a, dans second temps, permis de retracer l’histoire de la végétation et de l’anthropisation, notamment par l’identification des rythmes, des seuils et des ruptures durant l’Holocène. L’évolution des paysages en lien avec le développement des déboisements et des activités agricoles a pu être appréhendée à une échelle locale grâce aux apports combinés des pollens, des macrocharbons, des microfossiles non polliniques, de la confrontation avec les données archéologiques disponibles et de l’examen des sources archivistiques. Les premiers indices tangibles de fréquentation du massif de l’Aubrac apparaissent au cours du Néolithique moyen et les pratiques semblent se généraliser au Néolithique final sur l’Aubrac et le Lévezou. L’âge du Fer et le début de l’Antiquité marquent les premiers déboisements importants sur le plateau de l’Aubrac, concomitants d’une hausse de la pression agropastorale observée dans tous les sites. Enfin, les périodes médiévales et modernes contribuent à ancrer les formes du paysage esquissées aux époques plus anciennes. L’ensemble de ces dynamiques suggère avant tout l’importance des variabilités territoriales qui renvoient à des modes d’occupation temporaires jusqu’à l’âge du Bronze et à une grande mobilité des pratiques. Ces territoires présentent également des tendances communes qui répondent pour une part aux grandes trajectoires de colonisation des espaces montagnards. A l’examen de ces dynamiques d’anthropisation, le forçage climatique ne semble pas avoir été un facteur limitant et pourrait constituer un stimulus positif favorisant le développement de nouvelles stratégies adaptatives.

Thèse intégralement accessible en version PDF (19,7 Mb) sur HAL-SHS.

Publicités

%d blogueurs aiment cette page :