ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Le bois de la guerre : quand l’anthracologie contribue à l’histoire des forêts du Nord-Pas-de-Calais (1803-1805)

Mémoire d’ingénieur (Sciences agronomiques) de Germain Hello, 09/09/2013, Aurélie Salavert (Dir.), Agnès Grapin (Pres.), 37 p.

Cette étude anthracologique porte sur l’identification taxonomique de 1758 fragments de charbons de bois provenant de la fouille INRAP de 16 baraques du camp napoléonien du 69e de ligne à Étaples. Elle a pour but de comprendre les modes d’acquisition du bois de feu par les troupes napoléoniennes et participe à la compréhension de l’histoire des forêts du Nord-Pas-de-Calais. L’intégration des résultats anthracologiques et des sources historiques indiquent deux sources d’approvisionnements : la première provenant des taillis et taillis sous futaie de type hêtraie, chênaie et charmaie, entretenus par l’entrepreneur général, et la seconde issue de boisements situés autour des camps et composés principalement de bouleaux, d’aulnes, de saules et de peupliers. Ces essences, identifiées par l’anthracologie, correspondent donc principalement au bois prélevé par les combattants. D’après les textes, ces prélèvements, parfois illégaux, s’avèrent être la conséquence de pénuries et de privations que subissent les troupes, engendrant des dégâts des biens d’autrui et le détournement de bois non destinés à l’usage du chauffage. Selon nos estimations, près de 1000 ha/an de forêts auraient été exploités par les fournisseurs pour pourvoir aux besoins de l’armée en bois de construction et de chauffage. Cette étude anthracologique vient appuyer les données historiques et initie de nouveaux axes de recherche pour une période (contemporaine) et un contexte (camp militaire) encore trop peu explorés par l’archéobotanique.

Accès intégral au mémoire en version PDF (8,9 Mb) sur Dumas.

Publicités

%d blogueurs aiment cette page :